Les mondes invisibles

Les mondes invisibles ?

Les mondes invisibles

Et si c’était faire un sapin pour Noël et décorer la maison comme on ne le fait jamais tout au long de l’année.
Entre nous, c’est vrai qu’en juillet ça serait bizarre. Et, on passerait pour original. Aux yeux des adultes, surtout.
Tiens, laissez les petits choisir des boules rouges pour décorer l’arbre, et ça n’est pas grave s’ils caressent les guirlandes dorées et charnues. Elles se dépoilent un peu, et alors?
C’est le pied de ne pas voir que la journée est passée quand le soleil va bientôt se coucher.
Et rire et apprécier la compagnie des petits et grands jusqu’à penser très fort et dire tout haut qu’on coule des jours heureux, c’est encore mieux.
Et vous verrez qu’ouvrir des livres et raconter des histoires, c’est le summum. Regardez les yeux émerveillés des enfants quand vous leur dites que leur doudou vit la nuit et qu’il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers.
Il faisait bon hier, quand on a visionné en famille un documentaire et admiré l’arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides, pendant que de la cuisine s’échappait l’odeur alléchante de gâteaux chauds que j’avais mis à cuire.

Et si les mondes invisibles, c’était la lumière que renvoient des étoiles accrochées au sapin ou le regard rieur et lumineux de celui qui vous tend un bouquet dont le parfum des fleurs lui chatouillait les narines en attendant sur le seuil.
C’est toute la face du monde qui serait changée si l’on vivait chaque jour dans un univers de paix et de joie.

J’ai découvert les mondes invisibles dans les livres, le jour où j’ai aimé lire. Il y a eu celui où l’histoire se passait dans un village de la campagne russe où vivait une petite fille, dont la vie fut un vrai conte de fée. C’est parce que le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé, qu’un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage, elle a su recevoir un cadeau et quelques luxes de la vie.

C’est ma concierge, aussi, qui en a plein la bouche, de ces mondes invisibles. Elle me parlait de son père hier encore. Ses paroles deviennent  tout de suite des histoires extraordinaires. Son père, donc, dont le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin arriva jusqu’ici, et lui offrit, à elle et sa famille, une vie de princesse. L’appartement du boulevard était prêt à les accueillir, quand ils sont arrivés, celui même qu’elle habite à son tour aujourd’hui… Et, comme toujours, la conversation s’est interrompue. Elle était pressée. Heureusement. Ça tombait bien pour moi-aussi. Elle a dit subitement qu’elle devait cuisiner la volaille alors que l’oie battait puissamment des ailes, bien vivante encore dans ses mains.

Ils étaient dans ma tête et ma mémoire, les mondes invisibles d’odeurs et de bruits que je reconnaissais quand il me semblait entendre dans un dédale de rues étroites, le traîneau qui continuait à filer, alors que déjà la clarté s’insinuait par les fenêtres de ma chambre.
Soudain, je ne sais plus si j’avais passé beaucoup de temps à lire, ou si je lisais encore, en tout cas, celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine, et surtout, il était temps de me préparer car une douceur était annoncée.

Les mondes invisibles

J’avais juste l’impression de revenir du futur quand je lus ces lignes « Tandis qu’à l’horizon apparaissait la première lueur rose d’une nouvelle aurore,  il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale. Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance. Quand il revint les invités étaient là, il leva son verre une fois seulement après avoir déposé une bûche dans la cheminée et alors il comprit que le dîner aurait lieu à la maison. »

C’est sur une fameuse idée de Bizarreries & Co pour l’Agenda ironique de décembre que j’ai fait une histoire de tous les titres de mes articles de ce mois de décembre jusqu’à Noël. C’est dans les livres et dans les histoires que l’on raconte, ou dans la mémoire des jours vécus, que se trouvent les plus beaux mondes invisibles et propres à chacun.

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Depuis ce 8 mai ils attendaient tous leur libération

Depuis ce 8 mai ils attendaient tous leur libération.

Depuis ce 8 mai ils attendaient tous leur libération

L’information leur était arrivée par la hargne renforcée des gardiens devenus encore plus méchants. Les journées de travail étaient plus longues et les réveils plus tôt. Les ordres étaient plus forts dans leurs oreilles trop sensibles et pour certains, des coups reçus plus durs sur les corps fatigués. Il ne fallait pas réagir à tout ça, il fallait espérer en silence.

Je n’ai jamais sollicité notre père pour qu’il nous raconte ces instants, j’étais trop jeune et il est parti trop tôt. Mais des bribes de paroles ont formé quelques images restées collées dans mon esprit. Je me souviens par contre du ton sérieux de sa voix et ce petit tremblement ému dans le fond de sa gorge. Je n’ai jamais perçu cet évènement dans son intégralité ni sa durée, mais il fallait être bien téméraire en ce temps là.

Ils continuaient jour après jour à vivre dans ces baraquements non loin de Munich et se levaient chaque matin pour aller travailler. Ils attendaient dans leurs cœurs et leurs visages devaient rester impassibles au dehors. Ils n’avaient d’ailleurs aucune idée de la façon ni quand ça allait se passer. Il en parlait avec modestie et soulagement.

Et ça s’est passé en juin, par une fin de chaude journée. Ils étaient déjà rentrés et à peine assoupis quand les avions sont arrivés de l’est. Le ronronnement au loin les avaient faits sursauter. Ils sont sortis et ont très vite imaginé le cauchemar que ça allait être dans peu de temps. Lui avait pris sa valise avant de suivre les autres, et s’était toujours demandé pourquoi il avait eu ce réflexe. Il fallait sortir du camp et ils ont couru. Les engins volaient bas, les bombes éclataient et les rafales les frôlaient. Lui fut projeté à plat ventre et s’est protégé la tête de son bagage un court instant avant de se relever et repartir. Il en parlait avec une pointe d’humour il me semble, comme de tout ce qui s’était bien passé là-bas. C’était la débâcle, qu’il disait. Ils ont traversé les terrains vagues qui entouraient le lieu, puis des champs. Ils couraient encore et sont arrivés vers une forêt. Ils étaient vulnérables et pour éviter de se faire repérer, ils se sont enfoncés dans les bois et ont dit adieu aux lisières des rivières et des arbres. Ils ont trouvé de l’eau et se sont arrêtés pour boire. Bouleversés ils se sont comptés. Il étaient seulement trois du même baraquement que lui. Pris de vertige ils se sont terrés là pour y passer la nuit. Ils n’ont pas dormi, et pas parler non plus. Ils n’étaient pas très inspirés, plutôt vidés. Entendre la respiration des uns et des autres leur suffisait.

Cette nuit-là il était un homme libre, et le lendemain, à ce qu’il disait, il n’avait jamais vu soleil plus brillant et ciel plus bleu. Ils ont marché, ce lendemain et les suivants à travers bois en direction de l’ouest ou du sud. Plus tard ils ont décidé qu’ils ne marcheraient que la nuit et resteraient cachés dans les sous-bois pendant la journée, protégés de celle qu’ils avaient nommée la femme en vert. Certains savaient s’orienter avec les étoiles, ils en avaient parler entre eux, et lui avait repéré une étoile d’argent qui lui porterait chance. Elle lui avait porté chance et il nous l’a montrée. Je la regarde encore les nuits d’été. Ils en avaient arpenté des champs, longé et traversé des rivières, en attendant le prochain pont, le vrai.

C’est ma participation aux Plumes 52 chez Asphodèle avec les mots inspirés du mots Peur: bleu, cauchemar, vertige, avion, tremblement, sursauter, vulnérable, coller, ventre, eau, téméraire, inspirer, méchante, bouleverser, et les trois titres de livre à insérer dans le texte: L’adieu aux lisières (de Guy Goffette) (poésie), L’étoile d’argent (Jeannette Walls) (roman) et La femme en vert (d’Arnaldur Indridaso,) (policier).

C’est aussi ma participation à l’Agenda ironique (mais pas comique du tout et je m’en excuse, j’espère que la douceur de ces chaussons adoucira l’ambiance un peu grise) pour ce mois de mai chez Camille et Émilie, en attendant le prochain pont.

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile.

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile

J’ai atterri sur la table. Juste à côté d’un accroche-cœur ambré. Ça m’avait l’air comestible. Et alléchant, en tout cas.
Je m’agenouillai et goûtai. C’était du jus d’abricot. Et délicieux en plus de ça ! J’aspirai et me délectai.
Je m’abreuvais, et ça me détendait. Je fermai les yeux un moment pour mieux apprécier.
Quand je les rouvris, quel fut mon étonnement d’apercevoir l’anamorphose de ma face ahurie sur le dos d’une cuillère.
Cette surprise fut de courte durée. J’aspirais encore, car la soif ne me quittait plus.
L’ambiance était calme dans cette maison, et je sentis soudain ma fatigue.
C’est que j’avais arpenté la campagne tout l’après-midi. J’avais viré de ci de là et zigzagué en tous sens.
J’aime ma vie en plein air. Je peux même ajouter que j’adore quand le vent promène mon arrière-train sur un itinéraire approximatif aux allures d’arabesques.
D’ordinaire, on dit affirmativement de moi que je suis une abeille active. Mais là, je suis toute azimutée. J’ai surtout le ventre bien plein. Et il va falloir repartir. Vite, il faut agir avant que quelqu’un ne rentre dans la pièce. Ouf! me voilà ressortie d’où j’étais venue: par la fenêtre.

Oui, je me suis prise pour une abeille gourmande le temps d’écrire ces phrases pour les Plumes 51 chez Asphodèle avec les mots qui étaient ici. Et un gros plan sur un sac à tissus en crazy et brodé de petites bêtes, de feuilles et de fleurs.

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette.
Elle vit l’insecte s’étirer de sa larve à demi-prisonnier,
Et dans l’instable circonstance, à une herbe, s’agripper.
Elle l’observa puis salua cette fée vrillée d’un signe de tête.

Dans un délire évanescent de liberté,
Une libellule un peu froissée était née.
Encore nouée, elle hésitait entre voler et respirer.
Elle admirait
Ses ailes dépliées et irisées
Elle ignorait
Les bovins qui pacageaient
Et remarqua deux yeux tout près
Qui la lorgnaient.

Avec enthousiasme, ce fut l’oiseau qui lui parla
D’errance et de bohème. Il en causait comme un paria,
Il débitait et promettait
De baguenauder.

Un vent léger se mit à souffler,
Le temps était à la flânerie et au vagabondage,
Ils montèrent en vol céleste entre prairies et blancs nuages,
Mais cette rencontre ne put durer,
Gironde était l’une, trop belle était l’autre
Et c’est la faim de l’une qui fit la fin de l’autre.

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Avec les mots et pour les Plumes chez Asphodèle, c’est ma participation pour ce mois-ci. C’est « la colombe et la fourmi » de Jean de la Fontaine qui m’a inspiré aujourd’hui, avec un clin d’œil au thème du mois pour AmeGraphique chez le petit carré jaune.

Dialogue avec le Sphinx

La fée vrillée va bientôt nous quitter et je dois un dialogue avec le Sphinx. Cette pauvre bête m’accompagne dans tous les mouvements que je fais et je n’en suis pas toujours consciente. J’étais trempée quand je suis rentrée ce soir, je rouspétais tout haut quand j’ai senti sa présence.
– Ah tu es là toi, et depuis quand ?
– Je suis rentré comme toi, pourquoi ?
– J’ai vu ta maison aujourd’hui.
– J’en ai plusieurs, tu sais. Où es-tu allée ?
– Je te propose une devinette et tu sauras dans quelle ville je suis passée.
– D’accord, mais énonce ta question en trois parties, comme les parties de mon corps.
– On y trouve quelque chose de blanc comme tes ailes, cette chose a la douceur de ton visage, mais elle demande parfois des dents de fauve. As-tu une réponse ?
– Je peux te répondre avec une charade, le veux-tu ?
– J’aime le jeu et tu le sais, vas-y et je te montrerai la photo que j’ai faite
– Mon premier est le contraire de descendre, il fait bon s’allonger sur mon deuxième et les canards se plaisent dans mon troisième.
– Tiens, regarde ! quand j’ai vu ça, j’étais contente d’avoir mon téléphone à portée de main. La reconnais-tu ?
– Oui, me dit-elle, bien sûr, elle a un peu vieilli comme mon poil chenu. Et toi, je vois que tu restes dans le blanc, encore ce mois-ci !

Dialogue avec le Sphinx

C’est juste pour répondre au dialogue avec le Sphinx pour l’Agenda ironique de février, et les autres textes sont listés ici.

 

Je t’offrirai

Je t’offrirai la pluie dans les plus grands déserts,
T’offrirai le soleil au milieu de la nuit,
T’offrirai le silence et ses plus grands concerts,
T’offrirai l’horizon qui au lointain s’enfuit.

Je t’offrirai des fleurs aux parfums inconnus,
Je t’offrirai le froid au milieu des volcans,
T’offrirai la chaleur quand l’hiver est venu,
T’offrirai des poèmes, t’offrirai des romans.

Je t’offrirai la mer au beau milieu du ciel,
T’offrirai l’océan au dessus des étoiles,
T’offrirai un baiser au petit goût de miel
Et l’oiseau qui s’envole pour terminer la toile.

Je t’offrirai le monde et bien plus grand encore,
T’offrirai l’univers au-delà du néant,
Si ce n’est pas assez je t’offrirai de l’or,
Et t’offrirai mon cœur, mon amour est dedans.

Je t’offrirai

de Alain Verdure. Un poème pour ce mois de février que j’aurais bien aimer écrire.
Un poème d’amour infini.
Ce poème pour la poésie du jeudi chez Asphodèle

Petits chaussons tricotés boutonnés

Tout se tricote au point mousse pour ces Petits chaussons tricotés boutonnés. Mes pensées s’évadent quand je tricote, je pense d’abord à suivre mes idées…

Monter 31m, Tricoter 15m, placer un marqueur, 1m, placer le 2ème marqueur, 15m

Petits chaussons tricotés boutonnés

Au 2ème rang augmenter 1m en début de rang, et tricoter jusqu’au 1er marqueur, augmenter 1m, tricoter 1m, augmenter 1m, tricoter jusqu’à la fin du rang et augmenter 1m en fin de rang
Tricoter le 3ème rang tout au point endroit.
Aux 4ème, 6ème et 8ème rangs : augmenter 1m en début de rang, et tricoter jusqu’au 1er marqueur et augmenter 1m, tricoter les mailles jusqu’au 2ème marqueur, augmenter 1m, tricoter jusqu’à la fin du rang et augm 1m en fin de rang
Tricoter les 5ème et 7ème rangs comme le 3ème
On a 51m et 5 cotes mousse.

Mais tout s’envole, je pense à ce que je vais de mes nouveaux tissus…

Du rang 9 au rang 19, enlever les marqueurs, tricoter au point mousse
Au rang 20 : Tricoter 15m, 2m ens 5fois, 1m, 2m ens 5fois, tricoter 15 m
Les rangs 21 à 23, tricoter au point mousse
Au rang 24 : Tricoter 10m, arrêter 21m, tricoter les 10 dernières mailles
Sur le côté droit,
Au rang 25 : tricoter 10m, augmenter 10m et
Du rang 26 à 27 tricoter sur ces 20m
Au rang 28, arrêter les 20m.

Et j’ai tricoté sans même faire attention, et je suis allée chercher de l’autre laine pour un autre projet…

Faites la même chose du côté gauche.

C’est le bazar, et je ne retrouve plus mes boutons…

Faites une bride-boutonnière au bout de chaque petite « bretelle » et coudre les boutons sur le chausson en croisant les attaches, comme sur la photo

Petits chaussons tricotés boutonnés avec un brin d‘évasion en photo pour AmeGraphique du carré jaune proposé par Aifelle.