Celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine

Corps de moineau dans l’embrasure, celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine avec des motifs à fleurs.

Celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine

Cheveux bouclés et permanentés, le visage de Madame Tout le monde préparant tranquillement le repas du soir. Elle devait avoir quarante-cinq ans et vivait dans une HLM qui n’avait rien à voir avec les barres sombres parasitant les banlieues des grandes villes. L’immeuble, à quelques minutes du centre, était situé face à l’océan et abritait quelques commerces au rez-de-chaussée.

Un vent chaud s’engouffrait dans l’entrée principale, tandis qu’à quelques kilomètres seulement le tonnerre grondait, accompagné d’éclairs. L’orage se gonflait d’électricité, soulevant les vagues à coups de bourrasques.

Extrait de [Angor] de Franck Thilliez, un livre qui se laisse dévorer. Ne vous en faites pas, ici, pas de vague, juste un peu de brouillard et sans vent, si bien qu’on attend les rayons du soleil… et le réveillon. Ben oui, je fais encore mes boutonnières à la main.

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Recevoir un cadeau

« Mémé, que faut-il faire pour recevoir un cadeau pour Noël ? »

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– Eh bien, il faut écrire une lettre au Père Noël, pour lui faire ta demande…
– C’est tout ?
– Et je pense qu’il faut avoir été sage. Très sage et obéissant, et il faut le lui écrire aussi.
– Ah ! Tant pis alors… mais j’aurais bien aimé des patins à roulettes. Seulement…

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– Quel est ton problème ?
– Et bien, pendant que tu cousais j’ai piétiné sur les plates-bandes de Papilou et il s’est fâché, alors je suis rentré tout seul, et j’ai laissé des traces dans l’entrée avec mes chaussures crottées que je n’ai pas pu enlever…
– Oh ! Petit garnement, il faut que j’aille voir ça…
– Attends Mémé, c’est qu’après, j’ai eu l’envie de me préparer tout seul un chocolat chaud, mais la boite de cacao était trop lourde et elle tombée par terre
– Oh misère, il faut aller nettoyer…
– Pas tout de suite Mémé, j’ai pas fini…
– Quoi ?
– C’est une blague Mémé ! Je voulais te raconter une histoire qui te fasse peur. Et c’est réussi, non ?
– Peur ou colère, je ne sais pas. Mais viens que je t’embrasse, Petit Filou de mon cœur.
– Mémé, m’aideras-tu à écrire ma lettre sans faute?

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– Oui, bien sûr, donne-moi juste le temps de finir cette petite couture, et ensuite on se fera un bon chocolat chaud.

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Arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides

Rien n’est plus excitant que l’arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides. Le premier à les apercevoir pousse des cris, part en courant le long des berges pour prévenir les habitants du village.

Arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides

Bientôt ils sont des dizaines, massés sur le rivage, grimpés dans les arbres, à tenter d’apercevoir celui qui pilote le radeau en tête, debout à l’arrière de l’embarcation de rondins géants reliés entre eux et agrippé des deux bras au gouvernail. Premier à passer les rapides et entrer dans la ville, et à revenir en héros, le lendemain ou plus tard, dans la réserve.

Arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides

La drave commence dans le haut-pays, chaque année vers la mi-mai. Avec leurs perches, leurs pioche et des bâtons de dynamite, les hommes dégagent de leurs prisons de glace les troncs coupés l’été précédent et jetés dans les rivières.
Les billes de bois dévalent les cours d’eau, forment des bouchons qu’ils faut faire sauter, s’assemblent dans les fleuves et les lacs.
Sur les rives du lac, à cinq cent kilomètres à l’ouest, des millions de mètres cubes de chênes et de pins sont assemblés, attachés en immenses radeaux. Sur ces villes flottantes, les hommes campent dans de grandes tentes, dorment, mangent, rament, tirent, poussent pendant des semaines.
Il faut déjouer les sortilèges du fleuve, utiliser la force du courant sans se laisser emporter, éviter les bras morts d’où il est difficile de s’extirper. En équilibre sur les rondins, surtout ne pas glisser, ne pas tomber entre deux troncs qui vont vous broyer.
Ils sont draveurs et passent leur vie au fil du fleuve, en savent tous les détours, mais mourraient en quelques minutes si un faux-pas les précipitait dans l’écume.

Extrait de « Ciel d’acier » de Michel Moutot, qui raconte la belle histoire de John Laliberté, ironworker comme ses ancêtres, qui sectionne l’acier à la recherche de survivants. Un peu plus de quatre cents pages à lire avec plaisir et admiration pour ces hommes courageux. La légende dit qu’ils n’ont pas le vertige. Peut-on apprendre à maitriser sa peur?

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On a des pieds pour aller danser

– On a des pieds pour aller danser, et puis des hanches à balancer, et des épaules à remuer…

On a des pieds pour aller danser

– Monsieur, tous mes procès allaient être finis, il ne m’en restent plus que quatre ou cinq petits: l’un contre mon mari, l’autre contre mon père et contre mes enfants; ah Monsieur la misère.

– On a des pieds pour aller danser, et puis des hanches à balancer, et des épaules à remuer…

On a des pieds pour aller danser

– Je ne sais quel biais ils ont imaginé, ni tout ce qu’il ont fait, mais on leur a donné un arrêt par lequel, moi vêtue et nourrie, on me défend, Monsieur, de plaider de ma vie.

– Certes, tu vas pas rester dans le canapé à regarder les gugus à la télé, te dire que la vie c’est moche, que t’as plus rien dans tes poches

– Le trait est noir, j’en suis surprise…

On a des pieds pour aller danser

– Tu vas pas rester dans le canapé à regarder les gugus à la télé, te dire de voter pour eux, qu’il y a que ça qui rend heureux

– Monsieur, j’en suis au désespoir…

– « T’as le bridon » dirait le hanneton, « t’as le cafard » dirait le canard, on a des pieds pour aller danser et puis des hanches à balancer et des épaules à remuer. Tu vas pas rester dans le canapé à regarder les gugus à la télé, te dire qu’faut faire gaffe à tout y a du mauvais temps partout…

On a des pieds pour aller danser

Chanson (de P Sébastien) et scènette (de J Racine) mêlées pour cette broderie sur le devant d’un sac pour Bébé.

Guide touristique

Guide touristique pour un voyage extraordinaire

Une fois à l’intérieur, c’est un festival de couleurs.

Petits conseils : Pour pouvoir admirer totalement les lieux, penser à emporter un coussin gonflable en U, car vous devrez lever constamment les yeux pour vous repérer et celui-ci calera votre tête et vos épaules sans fatigue.

Et sur les indications de votre médecin, il serait bien vu toutefois de se faire vacciner pour ne pas s’enliser, suivre très précisément un des itinéraires brodés sur cette carte textile et marquer votre chemin parcouru à votre tour à votre retour. Un dessin vaut mieux qu’un long discours.

Guide touristique

Pas à pas vous descendez à dans les pas des autres sur une pente à 10% sans escalier et sans rampe de maintien. Vous pénétrez dans la première salle, et c’est l’étonnement  : une voute de reliefs s’offrent au regard ! Toute notion de distance devient relative sous des plafonds dont la hauteur est à ce jour encore inestimable !

Le parcours débute sitôt l’entrée, au pied d’un énorme cône d’éboulis situé à l’aplomb du puits d’entrée naturel par lequel les premiers explorateurs ont pénétré… L’amas de sédiments formé par tout ce qui est tombé ou a été jeté dans ce trou livre de précieux indices sur les évolutions du monde en surface. Les ossements d’animaux mis au jour lors des campagnes de fouilles révèlent par exemple que tyrannosaures et brontosaures vivaient dans la région pendant la dernière époque glaciaire.

Les concrétions sont ici d’une profusion et diversité remarquable entre gigantisme et extrême finesse. De mystérieuses formes de la caverne transportent dans un monde féerique d’où jaillissent forêts de piles d’assiettes, palmiers géants dont les pétales sont nés de l’éclatement des gouttes d’eau à leur sommet. Plus loin, un rideau de stalactites a rejoint les stalagmites situées dessous pour former un imposant buffet d’orgues.

Vous êtes au cœur de la plus grande découverte et pour en sortir car vous n’êtes pas légion à ce jour, il vous restera donc à compter vos pas de couleur comme ceux que vous avez suivis en entrant, en levant la tête, car vous serez sans dessus-dessous.

A votre retour, vous aurez envie de les noter à votre tour de couleurs différentes sur le site de voyages pour les futurs inscrits en partance.

Dernières remarques avant de partir : Il est nécessaire de se munir de pochettes étanches pour l’électronique tant le champ magnétique est intense à l’intérieur de la Terre et il est fortement indiqué de ne pas s’accrocher aux fils libres au risque de glisser et disparaitre à jamais.

… pour ma 3ème participation au défi du printemps proposé par « Tu dines ce soir » en toute liberté et inspiré d’un Aven tout proche…

Mon péché mignon favori

Mon péché mignon favori, ce n’est pas un mets. Bien sûr que je suis gourmande, je le reconnais volontiers.

C’est simplement prendre du temps pour faire ce que j’aime. Faire le tour de mon jardin en buvant mon café après le repas et redécouvrir telle ou telle fleur d’une année sur l’autre.

Écouter de la musique qui me plait en lisant un bon livre, le dos calé sur mon coussin préféré.

Assembler une petite confection avec l’idée de faire plaisir à l’un ou à l’autre en écoutant une histoire que l’on me lit. Oui c’est possible avec les livres audio maintenant. Une sacrée trouvaille ça encore.

Mon péché mignon favori

Voilà mon petit bonheur, mon péché mignon, parce que c’est vraiment personnel et ça ne fait du bien d’abord qu’à moi.

… pour les 53 billets en 2015 chez Agoaye.

Épaule contre épaule

Épaule contre épaule, huit hommes dansent sur le plateau. Leurs bras noués forment de longues tresses humaines et leurs corps se mesurent plus qu’ils se combattent.

Épaule contre épaule, c’est une vision de la beauté simple et concrète. Il n’y a pas de guerre entre eux, ni de sexe. Une amitié robuste les attache les uns aux autres. Liens de sang, liens de peuple.

Épaule contre épaule, un jour de fête sur une place. Ils pourraient avoir bu. Leur danse a l’odeur des mains au travail, l’odeur des champs. Terre et soleil et courage et pudeur.

Épaule contre épaule, ils laissent surgir le souvenir lointain de danses anciennes et chatoyantes. Ils surgis­sent des farandoles aussitôt dispersées, en cercle, une ronde, vite avalés par la nuit et l’oubli. Les figures éclatent. Les corps exultent. Les têtes volent.

Épaule contre épaule, abandonnés à la seule ivresse de danser comme des vagues déchaînées.

Épaule contre épaule

« d’après une histoire vraie » de Christian Rizzo, amoureux habituel de couleurs, de tissus, pour le challenge AmeGraphique chez le carré jaune de ce jeudi. Voilà ce à quoi j’ai pensé en ajustant son costume coloré pour son prochain spectacle. Je ne suis intervenue pourtant que sur les côtés, les épaules étaient bien faites, et le tomber reste impeccable.