Mémé avait peur d’oublier

Mémé avait peur d’oublier…

Elle craint toujours, et chaque jour doit trouver assez d’énergie pour stimuler sa mémoire. Le changement a déjà été énorme pour elle quand elle n’a plus pu voyager autant qu’elle l’aurait voulu et a du abandonner sa fonction de sniper. Elle a bien sûr mesurer le pour et le contre. Elle a évalué cette vaste fatigue accumulée au fil des mois et années, de ses rapides allers et retours, sous diverses latitudes. Elle a pesé entre la liberté qu’elle allait perdre et sa santé à préserver, ce trésor, qu’elle pourrait garder. Et elle a finalement opté pour le côté positif de cette affaire. Elle allait rester et profiter enfin. Mais aujourd’hui, à la longue, elle redoute l’abêtissement.

Mémé n’a jamais beaucoup parlé de son métier, beaucoup ignoraient même ce qu’elle faisait, elle a toujours été une femme réservée. Aussi quand je lui dis que j’avais retrouvé ses carnets dans le grenier, je vis là une aubaine à lui donner ce courage dont elle avait besoin pour garder le cap, et partager encore de bons moments conviviaux et familiaux. Son œil brilla et un rire enchanteur découvrit ses dents jusqu’au fond de sa gorge. Une larme de joie et un éclat de tantale sur sa molaire gauche firent apparaître des étoiles dans ses yeux et sa bouche.

Mémé a sauté à pieds joints de son fauteuil et me demanda expressément d’arrêter de tergiverser et de cesser d’être pinailleuse à ce point. Elle insista alors pour que j’aille chercher tout ça tout de suite et que je l’apporte dans son cabinet, qui n’est autre que notre salon de famille, où nous sommes quotidiennement. Il faut la voir ! Elle a les yeux d’un bleu profond, attirant et c’est extrêmement difficile de fuir son regard envoûtant. Convivial, oui, ça va l’être ! Familial, un peu moins car certaine chose restera entre nous deux. Je crois comprendre qu’il y a quelque secret à ne pas divulguer.

Mémé passe la main sur le paquet avant de l’ouvrir. Le tout est comme je l’ai trouvé, bien conservé et ficelé dans un emballage kraft qu’elle défait avec soin. Elle prend son temps et savoure chaque seconde, elle empile les cahiers suivant un ordre très personnel en formant des petits tas bien parallèles, comme si elle cherchait un dossier précis. Subitement et précieusement, elle pince une double feuille entre deux doigts, la tire et me fait signe d’approcher ma chaise en silence. C’est un courrier…

Mémé sourit, son visage est devenu rouge et étincelle. On dirait qu’elle a rajeuni soudain, et ressemble à un cardinal parti conquérir une contrée inconnue au delà de l’équateur.

Je remercie d’abord les proposeurs de défis et de mots, avec beaucoup de plaisir, je réponds là :
au défi 119 chez Ghislaine avec les mots proposés (regard, fuir, peur, réserver, donner, énergie, famille, cap, stimuler) et sur le thème du face à face,
à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots de la récolte 46 (cabinet, tergiverser, tantale, abêtissement, pinailleuse, emballage, partager, convivial, sniper)
et aux Plumes 10.20 chez Emilie  avec les mots recueillis d’après le thème latitude (changement, voyager, étoile, mesurer, équateur, positif, vaste, parallèle, liberté, trésor, cardinal courrier, conquérir) 

et je continue mes ouvrages avec mes plus petits bouts de laines et tissus.

Le ciel s’est couvert

Le ciel s’est couvert de Raymond Queneau

Le ciel s’est couvert de boue et de brume
L’asphalte pâlit
Tous les pieds sont noirs
Un cerceau jaillit propageant l’écume
Le ruisseau s’étend face au boulevard

Le ciel s’est couvert de pluie et d’enclumes
L’asphalte verdit
Tous les troncs sont noirs
L’abeille alertée a soigné son rhume
Ça cocotte un peu près de l’urinoir

Le ciel s’est couvert de rage et de plumes
L’asphalte blanchit
Tous les chats sont noirs
Un train se déplace en criant tummtume
Un flic s’est mouché dedans son mouchoir

Le ciel s’est couvert de pus d’apostume
Le ciel a fondu
Tous les trous sont noirs
Une fille embrasse un aimé jeune hume
Un vendeur veut vendre un journal du soir

Les neuf chats sur cet ouvrages sont tous verts, couleur apaisante, rafraîchissante et même tonifiante, qu’on associe souvent ici à l’espoir et à la chance.

Beaucoup de plaisir à être en retraite

On lui avait dit qu’elle aurait beaucoup de plaisir à être en retraite, qu’elle n’aurait plus besoin de se lever aux aurores, qu’elle pourrait prolonger comme elle le voudrait ses petits-déjeuners du matin dans la chaleur douce de sa maison, qu’elle apprécierait sa vie tranquille au bord du lac… et quand le jour de gloire est arrivé, tout était faux, on nous apprit qu’elle n’avait pas survécu au confinement.

… Pas rigolo tout ça, hein !? Attends je recommence…

Chaque matin, elle se levait à l’aube et quittait bien vite sa maison pour être chez son premier patient dès l’aurore. Elle enchaînait comme ça toute la journée les visites chez les uns et les autres. Ils savaient lui dire combien elle leur apportait chaleur et confort pour vivre parfois seuls ces longues heures jusqu’au lendemain. Elle leur répondait qu’elle aurait beaucoup plus de plaisir à les revoir en forme s’ils restaient tranquilles sans aucun faux-pas de leur part. Mais un soir, sa voiture glissa dans le lac. Et tous voulurent lui rendre gloire.

…C’est triste et ça perd toute chaleur, dis-tu ! Aucun plaisir pour toi et pas même un soupçon de gloire pour moi, me fais-tu comprendre. Tant s’en faut ! Attends que je fouille dans mes sacs… et hop, un entrelacs. C’est que je me suis levée très tôt ce matin. Si ! c’est vrai ! les lueurs de l’aurore n’avaient pas encore pris de couleur, puis devinrent roses…  Je savourais un café noir dans la pénombre, mon premier de la journée, bien tranquille dans un fauteuil… J’avais simplement ouvert les volets. Non ! ici, je n’ai pas de vue sur un lac. J’hésite à ouvrir mon livre… je vais attendre encore un peu, car j’aime bien ces lueurs du jour qui se lève, et je n’ai pas envie d’allumer la lumière… ni de découper des têtes… pour mon petit peuple et les êtres verts de la semaine. Mais non y a rien de macabre! Attends j’ai trouvé…

Et bien ce sera donc l’histoire de la Belle au bois dormant. Celle du Pèr’O et pas des Gremlins. D’abord les personnages… Ah non !? Comme tu voudras… Alors voilà :

C’est l’histoire d’un Roi et d’une Reine qui voulaient un enfant, car ils n’en avaient pas.
Ils voulaient absolument un enfant, car ils étaient mariés depuis longtemps (et parce qu’une famille sans enfant… ).
Puis un jour, la Reine fut enceinte et elle accoucha d’une petite fille.
Ils allaient enfin connaître le plaisir d’être parents, et toute la chaleur que cela procure dans un foyer.

Toutes les fées du pays furent nommées marraines, tant les parents étaient heureux.
Chacune des fées qui défilèrent devant le berceau, donna un don à la Princesse.
La vieille fée, qui n’avait pas compris ce qui se passait, et avait reçu la nouvelle un peu en retard, lui jeta un mauvais sort : l’enfant se percerait la main d’un fuseau et elle en mourrait.
Une jeune Fée modifia ce mauvais sort, car la Princesse se percerait bien la main d’un fuseau, mais au lieu d’en mourir elle dormirait pendant cent ans.
Les parents ne vécurent pas si tranquilles que ça, car… l’enfant demandait beaucoup d’attention.

Elle grandit pourtant, et devint jeune fille, et vous connaissez les ados… ils veulent toujours faire ce qui leur plait et échapper à la vigilance des adultes, une façon de s’épanouir sans doute… si bien que la Princesse se perça donc la main et tomba d’évanouissement ou d’épanouissement, et avant que tous furent ébahis, la bonne Fée qui lui avait sauvé la vie en lui donnant le don de dormir cent ans, réussit aussi à endormir tous les habitants du château…
C’était une façon de sortir les souverains d’un faux pas et la meilleure manière pour que la vieille fée n’en ressente aucune gloire.

Et cent ans plus tard, un Prince vint à passer dans ce château et se trouvait justement là, dans cette chambre, quand la Princesse qui dormait se réveilla, et que toutes les autres personnes se réveillèrent aussi.
Le Prince et la Princesse se marièrent et patati-patata… devinrent parents à leur tour et eurent (Non! pas beaucoup)  seulement deux enfants (même si j’en connais qui disent que deux c’est déjà beaucoup !), une première fille qu’on appela Aurore et le second, un fils qu’on nomma Matin.

Le premier jour de l’été arriva et le Prince dut s’absenter pour aller à la guerre.
C’est là que la Reine Mère Ogresse alla voir son Maître d’Hôtel et lui demanda pour le dîner la petite Aurore, le petit Matin et la Princesse. Mais la Princesse, mère d’Aurore et de petit Matin étaient sous protection dans la loge du Maître d’Hôtel. Et le Prince, qui était parti pour simplement superviser une bataille et qui connaissait bien l’appétit de sa Reine Mère, arriva dans la Cour sur ces entre faits. Alors l’Ogresse enragée se jeta dans le lac et s’y noya.

Quoi ? que dis-tu ? Tu ne comprends pas tout et ça ne correspond pas à ce que tu connais déjà ! Evidemment si tu avais voulu que je te parle des personnages, je t’aurais dit que :

La Princesse était la jeune fille, qu’on nomme « la Belle au bois dormant », qui se pique la main sur un fuseau ensorcelé et qui s’endort pendant cent ans. Elle est très jolie, pleine d’énergie mais un peu étourdie. C’ est la fille du Roi et de la Reine du début de l’histoire. C’est aussi la mère de la petite Aurore et du petit Matin qu’elle a conçus avec son mari le Prince.

Le Prince, c’est celui qui se trouve près de la Princesse quand elle se réveille et qui part pendant l’été pour la guerre. Il est vaillant et beau. C’est aussi le fils du Roi et de la Reine ogresse. Il est aussi le père de la petite Aurore et du petit Matin qu’il a conçus avec sa femme la Princesse.

La Reine Mère Ogresse, c’est la Mère du Prince et belle-mère de la Princesse. C’est une méchante ogresse qui est Reine et qui veut par là ne manger que des mets majestueux comme la Princesse, la petite Aurore et le petit Matin.

La vieille fée, c’est une fée très âgée qui jette un mauvais sort à la Princesse.

La petite Aurore, c’est la fille du Prince et de la Princesse qu’on appelle la « Belle au bois dormant », et la sœur de Matin. Je dirais qu’elle a quatre ans à la fin de l’histoire. Et c’est elle que la Reine Ogresse veut la manger avec sa mère et son frère.

Le petit Matin, c’est le fils de la Princesse et du Prince, et le frère d’Aurore. Je pourrais dire qu’il a trois ans quand la Reine Ogresse veut le manger, et devenu grand Jour à l’heure qu’il est maintenant.

Pour répondre quatre fois (oh j’aurais pu faire plus 😉 ) au défi d’écriture 116 chez Ghislaine avec les 8 mots proposés (aurore, plaisir, lac, faux, gloire, tranquille, matin, chaleur) où sur le thème « Scène de Vie », parce que le confinement donne des idées noires, parce que j’aime les histoires qui font peur, et parce que « raconter des histoires » fait partie de nos scènes de vie. C’est ça, le con… finement.

Directions

Quelles directions prendre après les fêtes quand la maison se vide des êtres et des choses ?

Je range mes armoires… et mes pensées s’envolent. Les souvenirs reviennent comme un boomerang… Le vent souffle fort ici, et vient souvent du Nord. Il chasse les nuages et apporte le froid. S’il vient du Sud, il fait relativement doux mais la pluie est évidemment de la partie. Mais ce n’est pas de vent et de pluie dont il est question cette fois-ci, c’est de la direction.

Et puisqu’il y est l’heure des bonnes résolutions, il est temps que je matelasse ce top pleins d’étoiles des vents et racontant le magicien d’Oz, car il n’est toujours pas terminé en courte-pointe. J’espère que le jour supplémentaire de 2020 m’aidera dans cette entreprise.

Et c’est pour répondre au projet 52-2020 chez Ma à qui je dis merci pour me booster dans mes travaux en cours (les autres participations sont ici). Je vous tiendrai au courant, mais le vent souffle fort ici, et vient souvent du Nord. Il chasse… Quelles directions prendre après les fêtes quand la maison s’est vidée des êtres et des choses ?

S’asseoir sur une margelle et profiter du soleil

S’asseoir sur une margelle et profiter du soleil. Étendre ses plumes et apprécier la chaleur. Fermer les yeux trop éblouis par la lumière.

Oui, mais… On dirait bien que les impératifs du monde contemporain coupent court au plaisir de bien vivre.
Quel est ce désir décadent de l’immédiateté qui dévore la planète de nos jours ?
On communique plus. Mais avec qui, grand dieu ? On consomme plus. Oui, et plutôt, à tort et à travers. Le délai n’existe plus, on est pressé. Pressés de tous côtés. La prolifération de mails augmente le poids des boites… virtuelles certes, mais c’est un outil indispensable aujourd’hui. On stresse. Les autres n’y voient rien puisque c’est virtuel.
Comment rester serein, quand il faut faire du tri, ne pas répondre au hasard, cueillir la bonne info sans gober le poisson ? Ne pas se noyer, supporter cette masse et garder les épaules droites. Les esprits sombrent, seule reste la couleur de la matière… grise.
Comment voir la vie en rose, quand on sait que ce sera pareil le lendemain ? Il y a de quoi perdre son latin.
Dis, pourquoi ne pas s’asseoir sur une margelle et profiter du soleil ? Je ferme les yeux… entourée soudain par des lucioles en formes de triangles, reflets des écrans au soleil que les gens tiennent dans leurs mains en marchant.

C’est Emilie, dans ses cahiers, qui suggère d’étendre ses plumes et apprécier la chaleur, avec quelques mots imposés et beaucoup de liberté.

Une nouvelle envie de patch

Une nouvelle envie de patch parcourt mes bras et mes mains,

Une envie très forte…
N’écoutant plus que ce frémissement jusqu’aux bouts de mes doigts,
Et parce que mes ouvrages tricotés étaient presque terminés, mon regard
Ne se baladait qu’entre mes ciseaux et mes boites à tissus.
Oh, bien sûr, il manquait encore quelques points ça et là,
Un petit rien, pas grand chose. Surtout que j’en avais reçu d’autres (des tissus, pardi) qui
Viendraient faire déborder les tiroirs et les armoires, il fallait agir…
Et c’est ce que j’ai fait ! J’avais déjà plusieurs idées, et ce bloc était facile à réaliser.
Le tourniquet, c’est comme ça que je nommais ce dessin,
Le carré partagé en deux à l’horizontal, en vertical
Et par ses diagonales,
Et tous ces traits formaient une étoile en son centre
N’empêche qu’il ne suffisait que de deux couleurs pour assembler et
Voir les coloris tourniquer. Alors j’ai taillé…
Il ventait ce jour-là, comme d’habitude sûrement,
Et ça me plaisait de faire virevolter mes tissus
De toutes sortes, unis, à fleurs ou à motifs,
Et des rayures ou des carreaux. Alors j’ai assemblé…
Pour la plupart, ce sont des récupérations de chemises ou
Anciens tabliers ou nappes et rideaux…
Tous lavés, et relavés, ils ne perdront pas leurs
Couleurs, et ne déteindront plus. Et j’ai cousu pendant des
Heures… pour en faire le dessus d’une courte-pointe.

Le rêve de cette nuit

Le rêve de cette nuit, c’était un monde gris où le vert et le bleu dominaient. Les poissons étaient oranges et les papillons roses…

Le rêve de cette nuit

Cette nuit j’ai fait un rêve,
Des gens de partout se regroupaient
Et ils semaient des graines d’amour,
Éradiquaient la haine pour toujours Depuis je prie, depuis j’espère
Que mon rêve un jour verra le jour
Je n’en peux plus de ces guerres, toute cette colère
La planète Terre sans frontières,
Le même Dieu pour qui veut des repères
Oh non non, je ne vais plus faire marche arrière,
j’ai fait un rêve,
Enfin le soleil se lève Imagine, plus personne n’a plus jamais faim,
A chaque être humain
Offert petit bout de terrain
Et à chacun qui naît
Le choix de vivre en paix,
C’était, oh non, pas la peine de venir
Si c’est pour déjà partir
On n’a pas besoin de martyre. Sont admis au paradis sur Terre
Ceux qui évitent tous conflits
Et tolèrent,
On bannit tyrannie dès aujourd’hui
Xénophobes sur ce globe exclus
Qui violent et s’entretuent,
Au monde de demain
On tend la main.j’ai fait un rêve,
Enfin le soleil se lève Oh non! Toute cette colère
Ses victimes de guerre
Prisonniers, rancuniers
Brutalité, cruauté
Liberté, honnêteté
Fidélité, égalité
Fragilité, stabilité
Responsabilité
Oh! j’ai fait ce rêve
J’ai fait ce rêve
Où le soleil se lève
Enfin se lève. Faudrait pas, faudrait pas
Qu’on me l’enlève,
J’ai fait ce rêve Et j’suis pas la seule
J’suis pas la seule
A faire ce rêve…Je prie, j’espère
Que mon rêve était visionnaire.

… pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye  cette jolie composition chantée par A Red. J’avais, pour cette photo, déposé mon dessus de courte-pointe sur mon canapé pour admirer ces chats avec un certain recul. Aujourd’hui, le matelassage est commencé… ces trois petits points ne suffisent pas à exprimer la longueur de temps qu’il me faut encore pour terminer l’ouvrage.

Vive le 1er mai et vivent mes travaux d’aiguilles

Vive le 1er mai et vivent mes travaux d’aiguilles.

Aujourd’hui, il pleut  et le vent souffle très fort ici. Le muguet s’est ouvert au jardin, depuis quelques jours déjà. D’autres fleurs sont bien belles aussi, et se basculent affreusement au gré des bourrasques. J’irai me cueillir un bouquet de fleurs de lilas et d’iris, ou de pervenches et boules de neige, cet après-midi, pour en profiter un peu plus. Je continuerai mes travaux d’aiguilles et j’aurai tout le temps pour préparer le matelassage de ma courte-pointe.

A tous ceux qui me liront, à tous ceux que j’aime, à tous ceux qui m’aiment je souhaite autant de petits bonheurs que les gouttes de pluie d’aujourd’hui.

Vive le 1er mai et vivent mes travaux d'aiguilles

Vive le 1er mai et vive la pluie après tout, puisque c’est elle qui me permet de passer toute une journée sur mes travaux d’aiguilles et qui m’offre de si belles fleurs au jardin.

Les souris et les chats ont de drôles de couleurs

Je dois vous les montrer. Il faut les ressortir. Les souris et les chats ont de drôles de couleurs, je sais, les papillons aussi, et les poissons, ma foi, n’ont rien à leur envier.

Les souris et les chats ont de drôles de couleurs
Bien sûr comme toujours, elle n’y voit rien ou pas grand-chose et elle s’écrie qu’elle ne voit pas tout ça. Elle ne voit pas les chats.
Des chats verts, mais pourquoi? Quelle idée vous a prise de les faire comme ça?
Je ne sais pas, je ne sais pas. J’ai pioché là dedans et ça s’est fait comme ça.
Mais que me dites-vous là? y’a plein d’autres couleurs et ça serait plus heureux d’avoir fait des chats bleus!
Je ne répondis rien, mon ouvrage était bien.
Je le continuerai, bon gré mal gré. Et elle a enchainé sur une histoire de génie.
Elle n’avait pas de lampe, que nenni, mais elle avait envie.
Envie de quoi? Elle ne le savait pas.
Elle semblait perdue, ne se rappelait plus.
Elle avait entendu, c’est sûr, mais n’avait rien vu. Et j’ai compris qu’elle hésitait. Elle avait fait trois vœux et regrettait un peu.
En riant et n’y croyant pas trop, elle avait souhaité et vite énuméré amour, gloire et beauté. Quelle idée?
Et puis elle me parlait, toujours pas calmée de fraternité et puis d’égalité, et très agitée elle avait ajouté le mot liberté.
Je n’osais la regarder. Je n’avais rien prononcer.
Trois vœux, à son avis, ce n’était pas assez!
J’ai levé la tête, nos yeux se sont croisés.
Elle a respiré fort et m’a bien regardé.
Les souris et les chats ont de drôles de couleurs. Pleins d’humour et d’humeur?
Je continuerai, lui dis-je, et je le lui promis de poster des articles et parler d’Atelier, du bonheur partagé et des fous-rires aussi, de cette tendresse infinie qui nous unit et ne pourra cesser.
Je me suis approchée, le ciel s’est éclairci. Les souris et les chats ont de drôles de couleurs, je sais, les papillons aussi, et les poissons, ma foi c’est vrai, n’ont rien à leur envier. Tant pis.

Les souris et les chats ont de drôles de couleurs

Et puis voilà, le soleil était là, alors avec tout ça, pas de photo de chat. Ce sont les 3 vœux (ou plus) pour ma  quatrième participation au défi des 53 billets pour 2015

Suffit-il d’aimer pour inventer un style

Suffit-il d’aimer pour inventer un style
Un bon roman a toujours besoin d’une histoire
Zigzaguant de découpes en confections futiles
Avec des assemblages imprévus du hasard
Nos coutures folles dingues et ces jeux fertiles
Ne forment pas seulement un monument de l’art
Et de cet amour nait un jardin subtil

Suffit-il d'aimer pour inventer un style

Une poussine est née il y a quelques jours, des poussins dansent dans mes tissus et c’est un poème de Santos Duval qui m’inspire cet ascrostiche pour cette occasion toute particulière.

Peut-être qu’un jour la mer sera à notre porte

Il pleut encore aujourd’hui, et si ça continue peut-être qu’un jour la mer sera à notre porte. J’enlève mes lunettes pour les essuyer et comme je n’y vois rien, mes idées s’accélèrent et s’embrouillent. Et je pense qu’il y a bien longtemps, deux frères vivaient en Chine au bord de la mer à l’autre bout du monde…

L’aîné était le plus fort et ignorait le plus jeune. À la mort du père, les choses ne se sont pas arranger. L’aîné prit tout l’héritage du père : la belle maison, le buffle et tout le bien. Le cadet n’eut rien du tout et s’installa avec la misère et sa femme dans sa nouvelle maison.
Un jour, il ne lui resta plus un seul grain de riz. Il crut se rendre chez son frère pour ne pas mourir de faim. Arrivé sur place, il le salua et lui dit : « Frère aîné, prête-moi un peu de riz. Je n’ai plus rien à manger.» Mais son frère refusa tout net de l’aider et le cadet repartit sans rien dans sa besace.

Peut-être qu’un jour la mer sera à notre porte

Ne sachant que faire, Le cadet s’en alla pêcher au bord de la mer jaune qui était bleue ce jour-là. Il y avait tant de poissons parfois, que ça lui donnait des reflets dorés. La chance n’était pas de son côté, car il n’attrapa pas le plus petit poisson. Il rentrait chez lui les mains vides, la tête basse, le cœur lourd quand il vit une meule au milieu de la route. « Ça pourra toujours servir ! » pensa-t-il en ramassant cette grosse pierre à moudre, et il la porta jusqu’à la maison.

Dès qu’elle l’aperçut, sa femme lui demanda : « As-tu fait bonne pêche ? Rapportes-tu à manger ?
Non, femme ! Il n’y a pas de poisson. Je t’ai apporté une meule.
Le cadet, tu sais bien que nous n’avons rien à moudre : il ne reste pas un seul grain à la maison. »

Peut-être qu’un jour la mer sera à notre porte

Le cadet, honteux, posa la meule par terre et, de dépit, lui donna un coup de pied. La meule se mit à tourner, à tourner et à moudre. Et il en sortait du sel, des quantités de sel. Elle tournait de plus en plus vite et il en sortait de plus en plus de sel.
Le cadet et sa femme étaient tout contents de cette aubaine tandis que la meule tournait, tournait et le tas de sel grandissait, grandissait. Le cadet commençait à avoir peur et se demandait comment il pourrait bien arrêter la meule. Il pensait, réfléchissait, tournait autour et repensait, il ne trouvait aucun moyen pour l’arrêter de tourner. Soudain, il eut l’idée de la retourner, et elle s’arrêta.
À partir de ce jour, chaque fois qu’il manquait quelque chose dans la maison, Le cadet poussait la meule du pied et obtenait du sel qu’il échangeait avec ses voisins contre ce qui lui était nécessaire. Ils vécurent ainsi à l’abri du besoin et le cœur léger, lui et sa femme.

Peut-être qu’un jour la mer sera à notre porte

Mais le frère aîné apprit comment son cadet avait trouvé le bonheur ce qui le rendit fou d’envie. Il vint voir son frère et ordonna : « Le cadet, prête-moi donc ta meule. » Le cadet aurait préféré garder sa découverte pour lui, mais il avait un profond respect pour son frère aîné et il n’osa pas refuser.
L’aîné était tellement pressé d’emporter la meule que son frère cadet n’eut pas le temps de lui expliquer comment il fallait faire pour l’arrêter. Lorsqu’il voulut lui parler, ce dernier était déjà loin, emportant l’objet de sa convoitise.
Très heureux, le frère aîné rapporta la meule chez lui et la poussa du pied. La meule se mit à tourner et à moudre du sel. Elle moulut sans relâche, de plus en plus vite. Le tas de sel grandissait, grandissait sans cesse. Il atteignit bien vite le toit de la maison. Les murs craquèrent. La maison allait s’écrouler.
L’aîné prit peur. Il ne savait pas comment arrêter la meule. Il eut alors l’idée de la faire rouler hors de la maison, qui était sur une colline. La meule dévala la pente, roula jusque dans la mer et disparut dans les flots.

Peut-être qu’un jour la mer sera à notre porte

Depuis ce temps-là, la meule continue à tourner au fond de la mer et à moudre du sel, car personne n’est allé la retourner.
Et c’est pour cette raison que l’eau de la mer est salée.

Ma MAC aussi a tourné comme vous le voyez.

Il y a 2000 ans ou plus maintenant

Il y a  2000 ans ou plus maintenant que j’ai commencé cette courte pointe sur le thème du magicien d’Oz. Je l’ai laissée dans mes paniers avec un trou en son milieu, en panne d’idée ou ne sachant opter pour le carré central. J’ai fait le choix ce week-end. J’ai sorti mes tissus vert et découpé cette étoile.

Il y a  2000 ans ou plus maintenant

2000 ans et un jour,
On fait le bilan, il est lourd.
Sans perdre de temps, ça repart pour un tour.
Faut pas se miner, s’faire de bile
Car, pour les années, paraît-il,
Ce sont toujours les premières deux mille les plus difficiles.

2000 ans et deux jours,
On rase les cons et les tours
On voit mieux les gens, les couleurs, les contours.
On passe du venin au velours
Et on rend la main à l’amour
Et on voit que c’est bon, que c’est beau et on est plutôt pour.

C’est peut-être la dernière chance,
On n’a plus le droit de se planter.

Il y a  2000 ans ou plus maintenant

2000 ans et trois jours,
On chasse le smog et, bonjour,
Il y a de nouveau du soleil dans la cour.
On met de l’ozone tout autour
Et puis après, on fait l’amour
Et ça va de mieux en mieux et on est de plus en plus pour.

2000 ans, quatre jours,
Fini Marignan, Pearl Harbour.
On jette les flingues et le fric n’a plus cours.
On a fait la peau aux tambours.
L’humeur de l’humain, c’est l’humour
Et n’importe quand, n’importe où, n’importe qui fait l’amour.

C’est peut-être la dernière chance,
On n’a plus le droit de se planter.

2000 ans et cinq jours,
Y a tant de boulot à la bourre
Qu’il y en aura bien pour tout l’monde, pour toujours
Mais, du sixième au septième jour,
On baille et on bulle, on savoure
Ce monde nouveau, pourvu qu’il dure un peu plus de huit jours.

Cette chanson de M Fugain me trottait dans la tête au rythme de ma mac, aujourd’hui l’ensemble est assemblé et repassé prêt à être matelassé.

Patchwork – Barjo Quilt

Patchwork – Barjo Quilt

Patchwork - Barjo Quilt

Technique du Barjo Quilt

  • Préparer six tissus de couleurs différentes d’un format minimum de 45x45cm lavés et repassés
  • Empilez les six tissus et les numéroter au dos (endroit face contre table de travail et envers face à vous)
  • Tracer une ligne en biais sur la face envers du 1er carré de la pile
  • Coupez les six tissus ensemble avec un cutter suivant cette ligne tracée (tous les carrés sont partagés de la même façon en deux morceaux )
  • Passez l’un des deux morceaux du tissu 1 en dessous du tissu 6.
  • Coudre ensemble les nouveaux tissus (composés de deux tissus différents).
  • Repassez chaque morceau en faisant attention à bien garder l’ordre.
  • Continuez à tracer une ligne comme vous le souhaitez sur la face envers du 1er « carré reconstitué » (qui n’est plus carré) et à couper les six épaisseurs suivant cette ligne. Passez à chaque fois 1 des 2 morceaux du tissu du dessus, en dessous.
  • Faire cinq coupes en recousant à chaque fois les nouveaux tissus obtenus et en les repassant (en faisant toujours attention à l’ordre).
  • Après les cinq coupes de cette manière, égalisez les six morceaux obtenus avec un gabarit ou une dimension voulue (rectangulaire ou carré, comme vous le souhaitez, avec les dimensions de départ on peut obtenir des carrés de 30x30cm).
  • Assemblez les six morceaux nouveaux selon votre goût
  • Après découpes, recoupe, repassage et assemblage, ils formeront le top de votre ouvrage
  • Mettre un molleton et une doublure.
  • Quiltez de la façon la plus folle, ce qui donnera à l’ensemble un air très Barjo !

Patchwork - Barjo Quilt

Pourquoi dit-on que le chat a 9 vies ?

Pourquoi dit-on que le chat a 9 vies ?

Il existe au moins 2 légendes qui font penser que les chats ont 9 vies.

La première c’est qu’il y a environ 3000 ans les Égyptiens avaient remarqué que les chats étaient très résistants à la mort.

Ils vénéraient ces bêtes et disaient que les chats avaient 9 vies, car ils étaient capables de se sortir de situations critiques…

Pourquoi dit-on que le chat a 9 vies ?

Mais pourquoi 9 ?

A cette époque, on croyait que le 9 était un chiffre mystique et, par là même, porte-bonheur. En effet, le 9 est composé de trois trois, une triple trinité en quelque sorte.

Le nombre de vies des chats découle donc de cette croyance.

Pourquoi dit-on que le chat a 9 vies ?

Dans le monde arabe, on dit que le chat n’a pas 9 vies même 7 âmes, enfin on le dit, et on peut écrire peut-être qu’il y a une vie neuve pour cette âme…

C’est une courte pointe que j’ai confectionnée pour Léa et qu’elle dépose souvent sur ses genoux les soirs d’hiver.

 

File la laine et filent les jours

File la laine et filent les jours, c’est la chanson que j’ai chantonnée en regardant à nouveau ce granny que nous avions crocheté, ma sœur et moi, quand nous étions enfants.

File la laine et filent les jours

Dans la chanson de nos pères
Monsieur de Malbrough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n´en dirait rien encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d´images des rêves lourds
Ouvre la page à l´éternel retour.

File la laine et filent les jours

Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du jolie tambour
Dans la grande cheminée
S´éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son cœur.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d´images des rêves lourds
Ouvre la page à l´éternel retour.

Croisés des grandes batailles
Sachez vos lances manier
Ajustez cottes de mailles
Armures et boucliers
Si l´ennemi vous assaille
Gardez-vous de trépasser
Car derrière vos murailles
On attend sans se lasser.

File la laine, filent les jours
Garde ma peine et mon amour
Livre d´images des rêves lourds
Ouvre la page à l´éternel retour.

De Robert Marcy

Je dépose un murmure à jamais sur tes lèvres

Je dépose un murmure à jamais sur tes lèvres,
et une grave beauté sur le chemin des rêves.
Je dépose un secret à ta nuque embrassée,
un tremblement de doigts à tes doigts effleurés.
De ma bouche à ta bouche, le rêve se précise,
en un grand tourbillon de rires, de caresses et de rivières exquises.
Bel amour emmêlé
de larmes et de frissons par ton cœur accepté.

Je dépose un murmure à jamais sur tes lèvres

Garde mon ombre en toi comme un parfum tenace,
éclaire de tes mains mon cœur et retiens sa trace.
Quand la nuit t’emplira de ses étoiles d’or,
quand tu auras aimé puis haï et aimé encore,
tu sauras revenir aux regards partagés,
à ce premier murmure à tes lèvres enlacé.
Tes rêves brilleront de toute la beauté,
si grave et si sereine au chemin déposée.

Je dépose un murmure à jamais sur tes lèvres

de Jivago. Patchwork d’après le baiser de Klimt.

Des cravates en pointillés

Je suis revenue et il me reste d’agréables souvenirs de joyeuses retrouvailles… et de cet ouvrage, ces photos des cravates en pointillés coupées dans la soie et piquées sur un grand carré de laine, comme si j’avais voulu dessiner ou écrire …

cravates

sans oublier leurs petites étiquettes pour la ponctuation… pour leur souhaiter une longue vie de chaleur et de douceur…

Elle les a reconnues… émue d’abord, elle a souri et eu soudain l’envie de me tracer sur la joue un tatouage rose et éphémère laissé par un énorme baiser.