Se mettre à nu

Se mettre à nu… c’est pas facile, j’ai hésité bien entendu. Je ne voulais pas être vue.

Se mettre à nu

Le bon moment j’ai attendu. Turlututu chapeau pointu, je ne sais comment ce jour est venu.

Je n’avais pas mis mes bas et je sortis une jambe: elle fut gelée. Puis j’ai tendu un bras et j’ai pris froid. Et là j’ai toussé mouché craché… ça a continué et bien duré deux ou trois mois.

J’ai réessayé en juin et enlevai mes lunettes. Sans elles rien était net. Je voyais trouble mais j’étais bien. Je restai au dehors, je me sentais pousser des ailes, j’étais légère comme un oiseau dans l’air.

L’air de rien, toujours en juin il faisait chaud, j’ai quitté le haut et montré mes seins. Juste un collier au ton bleuté autour du cou. Collet monté, me direz-vous. Pourquoi pas bien ? Et du coup, si peu vêtus, les autres aussi. Combien ? qu’importe le nombre et les formes, ceux-ci étaient gros tant pis et ceux-là tous riquiqui.  Dommage, aurais-je du cacher les miens ? Non ma foi, c’est chouette ainsi et si tout va bien j’enlève le bas demain.

Se mettre à nu

Oser et divaguer pour répondre à Valentyne et l’agenda ironique et sourire avec une page de mon body-flip-book.

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Changer le monde

Changer le monde !

Changer le monde

Ce serait prétentieux de vouloir changer le monde
Lui qui tourne depuis si longtemps et poursuit sa ronde.
On attend toujours qu’une idée fuse ou que la poule ponde
Pour faire une omelette géante ou un super truc en fonte. Et la ponte
Quelle honte, c’est l’affaire de tous, alors ouvrez grand la porte
Avec forte énergie et l’esprit bien farci, changez l’œuf en bœuf, souhaitez que la poule parte.
Une fois partie ou farcie, saisissez et de votre main abattez la carte
Qu’aviez-vous parié ? Votre joue pâlit ! Serrez la palme, tenez bien la carne
Quoi ? pas de plans ! ça bouge pourtant, piquez la fourche et sortez le couteau à crans
Quand on parle de mise en commun et de partage à l’intérieur des clans
C’est une mise à mort, du pur individualisme et du chacun pour soi, céans
Restez conscients, ouvrez les yeux, tournez-vous vers la mer et voyez l’océan.

Mon monde transmuté et mon ouvrage du moment. Un carré granny aux couleurs de l’océan qui en aura peut-être un jour la grandeur si je continue de tourner, tourner… sur une idée de Filigrane, ici, qui demande une transmutation.

Poisson bleu farci aux carottes nouvelles

Je vous propose : Poisson bleu farci aux carottes nouvelles. Encore du poisson ! C’est bon le poisson, alors pourquoi changer ?

Poisson bleu farci aux carottes nouvelles

Mais attention aujourd’hui ce plat ne se mange pas. On le regarde et il se garde.

D’abord mesurer précisément l’ouverture du fermoir ouvert. Ben oui parce qu’un fermoir c’est fait pour s’ouvrir. Et ce fermoir donne une belle gueule au poisson.

Alors monter un nombre de mailles suffisant pour une telle gueule avec quelques brins de laine dans un camaïeu de bleu. Car je me suis dit : « Mon Dieu, c’est vraiment merveilleux, tant de bleu. Plus bleu que le bleu de tes yeux, je ne vois rien de mieux, même le bleu des cieux…. » Oups, je sais me retenir pourtant, mais là ça m’a échappé, et oui l’EP me trotte à l’intérieur.

Après trois ou quatre rangs au point mousse, augmenter plus ou moins dix mailles pour continuer au point de vagues, cela s’entend. Mousse, vagues et flots… Ne pas quitter le navire, j’explique:

Pour des flots de quatre trous, il faudra prévoir un nombre de mailles divisible par douze, pour un trou supplémentaire trois mailles en plus seront nécessaires, c’est à dire pour cinq trous, le nombre sera divisible par quinze. Quelle galère ! Mais non, je reprends, selon la grosseur de la laine choisir des flots de quatre, cinq ou six trous. On n’a pas traversé le golf(e), cependant je rappelle qu’un trou se fait par un jeté, des trous par des jetés mais pas trop gros quand même car quand c’est troué c’est béant et c’est parfois bon à jeter. Galère, jetée… entre baie et golfe, c’est juste une question de taille ! Restons sur la jetée pour pêcher et tendons le filet (lire: le fil et… )

Après avoir tricoté une dizaine de centimètres de hauteur de corps de poisson, prévoir des diminutions réparties pour former la queue puis ré-augmenter plus rapidement pour la nageoire caudale. Dit plus simplement, il faut évider la bête de telle manière à obtenir une sorte de pochon pour contenir la farce. Et quelle farce ! Non non ce n’est pas une blague.

On prépare les carottes nouvelles. Et là comme un grand chef, il faudra un peu plus de temps que pour aller les acheter au marché ou même les rapporter du jardin. Néanmoins avec de la douceur, de la patience et un brin de fantaisie, on pourra les choisir colorées et bien dodues. Prendre des pelotons de laine orange pour les racines et l’équivalent en vert pour les feuilles et le tour est joué. Pour le croquant, c’est la bourre qui le fera, si on choisit d’y mettre du papier froissé ou pas.

Pour la mise en scène, quelques doubles brides crochetées et deux perles en bois pour les yeux du poisson et lui donner un air frais, des petits points cousus et brodés pour fixer tout ça au bon endroit et voilà. C’est une recette pour occuper mon temps libre et préparer la JMT2018.

J’ai pris beaucoup de plaisir pour sourire « à vos claviers #7 » dans l’atelier sous les feuilles et les branches.

 

Doux cachemire

Du plus doux cachemire à la plus belle laine j’avais une idée de leurs destins.

Doux cachemire

J’ai caressé mes fils à tricoter.

Au lieu de les laisser mourir ou se faner dans les pochons, j’ai pris tout ça à bras le corps et apporté ces couleurs dans la lumière.

Avec beaucoup de soins et l’énergie habituelle, un petit poisson orange est né, puis deux puis trois.

Ma tisse est là, Mai c’est demain pour ainsi dire.

Pour sourire à Estelle qui propose « à vos claviers #6 »

 

Je me suis endormie au soleil

Je me suis endormie au soleil sur la plage. La marée montante a commencé à me  caresser les pieds. J’étais bien.

Je me suis endormie au soleil

Puis il a tellement plu et le niveau de l’océan a tant monté que les flots m’ont embarquée au loin sur mon matelas pneumatique, très loin. Combien de temps ? Je n’en sais rien, je dormais toujours. Plusieurs jours en tout cas, car les reflets de la lune et du soleil étaient restés imprimés sur les flots à côté de moi. Ça paraît incroyable mais je ne raconte pas des bobards, j’ai une photo comme preuve de ce que j’écris là.

J’étais restée tellement longtemps que mon corps en était brûlé. Je vais mieux maintenant, merci de vous en inquiéter, je n’en garde aucune séquelle.

Tout mon corps était rouge, sauf mes bras et mon visage qui avaient du être protégés par mon grand chapeau. Genre sombrero, mais celui-là on ne l’a jamais retrouvé.

Des tas d’animaux marins m’ont accompagnée. Et sauvée en fin de compte ! Ce sont eux qui ont dû attirer l’attention des sauveteurs qui me cherchaient.

Une énorme jument verte de mer empêchait que mon embarcation ne chavire. Une bouée à tête de cheval, c’est ce qualificatif que mon mari emploie quand on parle de ce souvenir.

Et un grand thon protégeait mon sac qu’il avait enduit de bave scintillante et le poussait à la surface avec une de ces nageoires pour l’empêcher de couler. C’est sûrement comme ça qu’ils ont su qui je suis.

Des sirènes nageaient en profondeur et faisaient un tel cirque autour de moi qu’elles éloignaient les gros navires et déviaient les paquebots de leurs routes habituelles. C’est ce qu’évoquent les vagues quand on souffre d’insolation que me répète le gars à tête de mérou qui passe régulièrement.

Je n’en sais pas plus sur tout ce petit monde car il a disparu juste après ce cliché que l’infirmier m’a confié il y a quelques jours quand j’ai éparpillé par mégarde le contenu de mon sac à paillettes sur mon lit. Il m’a demandé de le garder dans mon sac, d’arrêter d’en parler si je veux reprendre une vie normale, et d’aller un jour au musée voir d’autres clichés de Marc Ch. Alors je vous écris, c’est tellement extraordinaire ! Non, non, ce n’est point une carabistouille.

Pour les sourires de l’Ai d’avril à l’Atelier sous les feuilles.

Je me suis endormie au soleil

 

Si j’étais toi

Si j’étais toi…

Si j’étais toi, je serais bobine
Bien remplie j’aurais bonne mine
et chatoyante pour tes ouvrages
et attrayante, j’aurais pas d’âge

Si j’étais toi
Je viendrai me voir plus souvent
Qu’il fasse beau temps ou temps de vent
Approche-toi sous mon toit

Si j’jette étoile tout là haut
Ce serait les soirs ou nuits d’été
Pour admirer le ciel et sa beauté
Pour aimer la vie et boire ton eau

Si j’étais tout à deux euros
Je serais petits livres évidemment
De haïku et poésie pour ma Maman
Ou de nouvelles pour toi et pleins de mots

Si j’étais toit
Je serais d’ardoise , de chaume ou autrement
Je serais solide à tout moment
Ce serait bien, et toi ?

Si j’étais toile
Ce serait de lin ou crêpe ou soie
Pour des tentures et voiles
ou une chemise et bien chez soi

Si j’étais tout azimut
Je ne serais pas toi mais moi bien sûr
Jamais en rythme, pas à ta mesure
Je me dépêche, voilà la chute

C’est pour répondre à celle qui est loin, Victorhugotte qu’avait sorti son turban, sa boule de cristal et son vieux paquet de cartes.
Et voilà ce qu’elle avait pêché : l’Arcane XVII : l’Etoile. Les consignes étaient celles-ci: « Vous n’y connaissez rien en Tarot ? Moi non-plus. Alors bonne occasion d’imaginer ce que veut bien vous dire cette jeune femme blonde au brushing assez réussi, agenouillée sous une pluie d’étoiles multicolores et peut-être filantes. Elle vous donne dix conseils pour la nouvelle année. Vos dix bonnes résolutions en quelque sorte. Peut-être de boire plus d’eau ? (la main droite) ou de vin rouge ? (la main gauche). A vous de nous dire tout ça sous forme de poème à forme fixe ou non. Il devra commencer par : Si j’étais toi… » Je n’ai pas suivi toutes ces consignes, j’avoue mais j’ai joué, et me suis bien amusée.

Bonjour 2018

Bonjour 2018

2018

Ah, elle commence bien, cette année-ci

Une pleine lune, un beau bébé chez les amis

Gardez la forme, profitez des jours et des nuits

Unissez-vous contre le vent, restez au chaud

Souriez, riez et partagez votre joie

Tenez bon, serrez les mains tendues

Il est là le bonheur, dans les mots des uns et les paroles des autres

Ne fermez pas les yeux, admirez les étoiles et aimons la vie.