Les plumes du 15

Elle découvrait les nouvelles pages de son mensuel « des pattes et les plumes du 15 Rue du Cheptel ».

Les plumes du 15

Elle se régalait des blagues et des bulles et souriait en dégustant sa faisselle avec un peu de miel qui accompagnait son thé du matin.

Ces épisodes actuels mettaient en scène une kyrielle de bestiaux : une tourterelle jouvencelle et cruelle et une vieille sarcelle caractérielle. Sur cet archipel artificiel, des poules y vivaient avec un coq exceptionnel, qui flattait ces donzelles mais ne se privait pas de dire combien ces femelles lui broyaient la cervelle et lui rebattaient les oreilles. L’ambiance était conflictuelle à souhait. C’était un duel perpétuel et un flot d’injures torrentiel entre ces demoiselles. Elles s’évertuaient pourtant à pousser telles des brelles pour pondre toujours la même voyelle et con-sonnaient avec leur voix de crécelle : « mais Keskeskeskessebordeeeeeel ».

Elle aurait voulu que cette lecture soit éternelle.

Mais il fallait se mettre en selle après cet instant très personnel. Elle attendait qu’Annabelle l’appelle pour aller faire 2 ou 3 pas avec elle. Où iraient-elles ? … à la chapelle, leur petit tour habituel où la vue était imprenable.

Elle sortit donc la grande gamelle. Un pique-nique pour deux, avec des radicelles de légumes qu’elle avait mis à suer dans du gros sel, des vermicelles de riz et quelques fruits coupés en cubes, tout ça bien ficelé pour une salade colorée. Elle glissa de la ficelle pour rapporter des bagatelles, et son gilet de flanelle si la couleur du ciel chancelle.

Accompagnées du chien Fidèle, elles partirent quand sa jumelle arriva. Celle-ci avait pris son matériel usuel avec l’intention de peindre une aquarelle pour Adèle. C’est vers la petite stèle dans la roche du castel qu’elles stoppèrent. Sous une tonnelle de feuilles, la lumière était bonne et elles apercevaient la passerelle au loin, c’était parfait. Au retour elles sifflaient et causaient rapportant un fameux cadeau dans un sac à dos aux nouvelles bretelles confectionnées de la veille.

Au détour d’une ruelle, elles s’attardèrent à admirer le va et vient d’une d’hirondelle sous le préau de la maternelle. Puis sa sœur la quitta pour son cours de violoncelle. Elle cueillit quelques nigelles et fit un beau bouquet.

La promenade de l’après-midi était vraiment la plus belle de la semaine.

Maintenant, assise sur la balancelle en profitant des branches qui lui servaient d’ombrelle, elle sirotait une citronnelle et dégustait des mirabelles des yeux, celles qui prenaient formes sur l’arbre en face d’elle.

Elle avait étalé la nappe en dentelle sur la table et préparé le goûter des petits qui passaient en sortant de l’école : des croquants aux brimbelles embaumaient la cuisine et la cannelle infusait dans du lait. Pour une grosse faim, il restait du flan au caramel.

Elle les entendait : ils arrivaient en ribambelle claironnant la ritournelle actuelle des voyelles qu’ils préféraient. Quand ils ouvrirent le portail dans un battement d’ailes, des étincelles brillaient dans leurs yeux.

Un joli clin d’œil à Asphodèle que propose Mindthegap

 

 

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Ecrire deux ou trois mots pour dire quelque chose de bien

J’ai juste envie d’écrire deux ou trois mots pour dire quelque chose de bien.

Ecrire deux ou trois mots pour dire quelque chose de bien

Sans rêver d’emblée à un récit complet ou au premier roman « j’ai chargé mon Beretta » car il faut commencer ou introduire.

C’est à autre chose que je pense  d’ailleurs « Sa peau est ambrée et ses cuisses sont musclées » ça commence peut-être mieux, seulement l’histoire dure depuis longtemps. Le vent est passé, les êtres sont bien érodés « des gens aux cheveux blanchis aux yeux opaques de cataracte » et je sens que ça ne fonctionnera pas encore cette fois-ci.

Je prends mes couleurs au bout d’une aiguille enfile mon nouveau dé cuivré et brode des E comme les œufs que j’ai cassés pour le clafoutis et des L comme les ailes des oiseaux qui piaillent dans le jardin pour inviter leurs petits à sortir du nid et à voler.

Ces formes s’accrochent, se suivent et se penchent comme des lettres sur la ligne d’un cahier, comme des notes de musique sur une portée. Des points terminent les phrases, légers s’échappent et flottent, jouent et s’envolent.

Ecrire deux ou trois mots pour dire quelque chose de bien

Pour le devant d’une petite trousse que je viens de terminer sur le modèle de la simplette de KA.

Tout ou rien

Tout ou rien

Tout ou rien

J’ai connu un chien qui se nommait « Rien », il ne répondait pas souvent à son nom, ni au mien non plus… à rien en fait. J’aurais préféré « Foulcan » mais il serait resté, ça n’aurait rien changé. On l’appelait « Toutou Rien ». Il faisait ce qu’il voulait, souvent rien de bien.

Il était moche et ressemblait à tout autre chose qu’un chien…  « Il est pourtant gentil » disait Jean et tous les gens d’ailleurs, ici, si si…

Et on le trouvait un peu sot aussi. Ah! des sauts, il en faisait, il sautait haut et s’accrochait aux bras et aux bas des manches des dames, à leurs bracelets et leurs sautoirs, elles sursautaient, leurs cris fusaient comme des pétoires, les perles tombaient par terre; elles, les femmes se laissaient choir, et leurs brillants roulaient dans les coins sombres. Lui avait compris qu’il serait puni et filait dans l’ombre.

Il faut qu’j’vous dise, Rien, il était noir. De l’ombre et du sombre, il y en avait, c’était l’été! Mais quel été! Il pleuvait tant qu’on sentait bien que l’hiver était proche. L’eau du ciel était gelée alors qu’on aurait dû manger des glaces. Y a plus d’saisons. Tout était gris, même les idées et les pensées et d’autres fleurs, on les cueillait pour égayer et Toutou Rien les déterrait, on se fâchait et rien n’était panser.

« Trois beaux jours suffiraient », disait Jean qui revenait de brousse, « du jaune du chaud et du soleil ». Je sais ce qu’il souhaitait en regardant sa mousse « un verre, du rhum et du sommeil » mais je répliquai en souriant : « Trois fois rien en somme » Et là j’ai vu son œil vert viré au fauve… !!?? Tel un dogue, sinistre et bête comme le chien « Faudrait pas m’épuiser? Je calcule peut-être comme un pied, mais si j’enfile deux chaussures tous les matins c’est que j’en ai deux et c’est pas rien. Alors ne me prends pas pour un pingouin. Si c’est trois fois c’est pas une somme ».

Ce quelque chose l’avait assis. Était-ce la flotte ou le mauvais temps ? Étaient-ce les mois et les ans ?  Il était là à bouger ces doigts comme arthrosés. Dix tentacules qu’il pliait et qu’il comptait. Et je riais intérieurement: « Quel con tu es ».

Je suis partie. Je gardai le silence le laissant là, peut-être las un peu grisé et imbibé. On a beau dire, les Jean et les genres des gens sont différents. Un peu de mots c’est beaucoup trop parfois, un presque rien avait tout effacé. Rien de lui ne m’a suivi, mais Rien, lui, me suivit. Ce chien, je l’aimais bien.

Chez Carnets Paresseux c’est l’AI de juin avec Tout et son contraire ! mais attention, pas tout, tout de suite, ni tout de même, ou tout et n’importe quoi, encore moins tout le monde cherche son chat… On pourra glisser des mots et une photo, les siens ou la sienne, ou pas. Chez moi, c’est le chien et plutôt que Tout, j’ai choisi Rien.

La vie est belle

La vie est belle

La vie est belle

La vie est belle pour Lili qui vit heureuse dans sa maison-pomme
Enfin, jusqu’au jour où une femme vient cueillir les fruits du verger.
Très vite, sa maison dérobée disparait dans un immense panier,
Et sa vie bascule. Elle se jure de la retrouver et de lui faire comprendre son désarroi,
Même si les pommes existent pour être mangées. Elle part donc chez la voleuse.
Petite souris et noir corbeau, outrés, l’accompagnent chez cette
Sorcière qui les ignore quand ils arrivent, trop affairée auprès d’un pêcheur
Qui s’est échoué dans la nuit, sur les berges devant son manoir.
Un homme simple, qui avait une vie paisible jusque là, reprend ses esprits.
Il s’est fait attaquer et dévaliser par les pirates des mers sur
Le lac du nord qui ont ensuite coulé son bateau.
Faible mais conscient, il explique sa mésaventure aux trois amis
Avec ardeur et précision, et leur demande de l‘aide pour sortir d’ici.
Il est visiblement captif de cette femme un peu louche, voudrait sortir au plus vite et
Trouver un nouveau navire pour ne pas être en galère trop longtemps.
Les trois amis et compère réussissent à quitter l’endroit discrètement et sans bruit.
En dédommagement de sa maison volée, Lili rafle des provisions
Tant et tant qu’ils en auront pour tout l’hiver et toutes leurs familles.
Rapidement leur bonne humeur est revenue quand il croisent
Oiseau gris, le vieux corbeau, arrivant à tire d’aile de la grande forêt.
Ivre de colère et de vent, éméché et déplumé, il a du mal à s’exprimer.
Ses enfants et cousins vont mourir, un homme coupe tous leurs arbres.
Sans branches, sans feuilles, pas de nid ! où loger maintenant ?
Et sans fleurs, plus insectes ! que vont-ils manger ? que vont-ils devenir ?
Rassurante, Lili montre la quantité de nourriture qu’ils possèdent : « Il y en
Aura pour tout le monde. Allons voir, malgré tout, si on peut arrêter ce massacre ».
L’individu fait ronfler sa tronçonneuse, les arbres tombent bruyamment
En effrayant les animaux qui s’enfuient. Mais il ne voit pas venir l’énorme tempête
Tourbillonnant au dessus de sa propre maison qui se disloque et s’envole en morceaux
Emportés dans le ciel sombre. Les amis trouvent refuge dans un terrier de lapins.
Muets et désolés, ils fixent l’énergumène maintenant surpris par la colère des cieux,
Puis la peur le prend à son tour, alors gêné et contrit, il leur demande le gîte, .
Soudain, il réalise… Il réparera: il est menuisier et refera l’endroit plus beau,
Des oiseaux pourront à nouveau nicher et vivre en famille et en paix.
En entendant ces mots, un petit poisson heureux saute hors de la rivière proche
Tout excité. Il crie qu’il va voir la mer. Il a toujours vécu dans un bocal
Où il ne croisait jamais personne. Un jour, il sauta dans la cuvette des toilettes.
Une chance ! Si le chemin était semé d’embûches, il a tenté l’aventure et il est là,
Terrorisé au début, il est libre maintenant. Il agite ses nageoires et reprend sa route.
Les chemins de la liberté ne sont pas sans danger ! se disent les amis.
Et c’est là qu’un petit agneau déboule de la forêt pleurant, ayant perdu sa
Mère en se sauvant devant les arbres qui tombaient sous la lame
Ou s’élevaient dans la tornade. Mal à l’aise, l’homme sort une petite flûte de sa poche,
Il joue d’abord doucement pour s’excuser. Les animaux et leurs amis retrouvent le sourire.
Sa musique est gaie. Des larmes et la pluie qui tombe mouillent ses joues. « Si j’avais … »

Sur les consignes d’Estelle et pour l’Atelier sous les feuilles, je voulais dire que la vie est belle au défi d’A vos claviers #8 de juin. Il fallait utiliser un dicton, trouvez-le !

Deux mots pour toi

Des fleurs de mon jardin et deux mots pour toi !

Deux mots pour toi

Juste deux mots pour toi que je ne veux pas
Oublier aujourd’hui. Si le bonheur est dans ton cœur
Y a du soleil ici, il fait bon au jardin,
Et comme toi, je verrai les miens à midi.
Une journée d’amour, de sourires et de jeux,
Xérès et dessert au repas partagé entre plus ou moins
8 convives heureux autour de la table,
0 pluie ni orage, des blagues uniquement et de la bonne humeur,
Avec du chocolat et des fleurs. Bon anniversaire !
Nous pensons à toi, avec humour et amour,
Sois en sûre. Mille bises de nous tous.

Ma vie est comme un tricot

Ma vie est comme un tricot

Ma vie est comme un tricot

Mais elle est aussi… encombrée d’autres essais tricotés.

Avec un rien ou juste un tout petit quelque chose
Vert ou bleu, jaune ou rose
Il est joli, mon tricot de vie, parfois drôle
Et plein de fantaisie
En nouant la laine en mailles.

S’entortillent entre doigts et aiguilles
Tissent mille points au fil de
Chaque jour qui passe
Obvient aux chagrins et mes peines
Mailles endroit et mailles envers
Mêlent mousse et jersey
Emportés au rythme de la vie.

Un brin compliqué mon ouvrage
Néanmoins précieux et construit jour après jour
Tricoté aux couleurs de ceux qui m’entourent
Raccommodé pour ceux que j’aime
Invariablement il avance, plus ou moins vite bien sûr
Comme un bateau à voiles sur les flots
Ondulant dans l’air et dévié par les vents
Tire-bouchonnant le fil de mes jours et mes nuits.

Je tricote n’importe quoi pour fabriquer des choses impossibles. Ce matin, c’est du raphia que j’avais dans les mains pour nouer et tenir les pousses vertes de mon jardin, mais comme il pleut encore, c’est autour de mes aiguilles que ces brins se sont noués en entourés…

Se mettre à nu

Se mettre à nu… c’est pas facile, j’ai hésité bien entendu. Je ne voulais pas être vue.

Se mettre à nu

Le bon moment j’ai attendu. Turlututu chapeau pointu, je ne sais comment ce jour est venu.

Je n’avais pas mis mes bas et je sortis une jambe: elle fut gelée. Puis j’ai tendu un bras et j’ai pris froid. Et là j’ai toussé mouché craché… ça a continué et bien duré deux ou trois mois.

J’ai réessayé en juin et enlevai mes lunettes. Sans elles rien était net. Je voyais trouble mais j’étais bien. Je restai au dehors, je me sentais pousser des ailes, j’étais légère comme un oiseau dans l’air.

L’air de rien, toujours en juin il faisait chaud, j’ai quitté le haut et montré mes seins. Juste un collier au ton bleuté autour du cou. Collet monté, me direz-vous. Pourquoi pas bien ? Et du coup, si peu vêtus, les autres aussi. Combien ? qu’importe le nombre et les formes, ceux-ci étaient gros tant pis et ceux-là tous riquiqui.  Dommage, aurais-je du cacher les miens ? Non ma foi, c’est chouette ainsi et si tout va bien j’enlève le bas demain.

Se mettre à nu

Oser et divaguer pour répondre à Valentyne et l’agenda ironique et sourire avec une page de mon body-flip-book.