Elle avait le sommeil léger

On ne peut pas parler d’insomnie, mais elle avait le sommeil léger. A cette saison, elle se laissait réveiller par la fanfare des oiseaux, tôt le matin, bien avant que le soleil ne se lève. Elle n’avait jamais activé la sonnerie de son réveil, même au temps où elle travaillait. D’ailleurs, quelle heure aurait-elle choisie pour l’entendre ? Aurait-elle aimé sursauter comme le disaient ses collègues ? Elle ne le saura pas. Elle ouvrit les paupières et passa ses pieds hors du lit chaud. Une fois debout, elle lissa, de ses deux mains, sur son ventre et sur ses reins, sa combinaison de satin avant de s’approcher de la fenêtre. Elle passa sa robe de chambre avant d’entrouvrir les rideaux, et à pas de velours elle se dirigea vers la cuisine. Elle hésita. Elle ressentait un besoin soudain de renouveau. Allait-elle sortir et profiter de la verdure du jardin avant de préparer et savourer son café du matin ?

Pour répondre aux Petits Cahiers d’Emilie et aux Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et des mots proposés.

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Elle pose son ouvrage à côté d’elle

Au loin, elle entend un chien aboyer. Elle pose son ouvrage à côté d’elle sur le banc où elle a passé l’après-midi et se lève. D’un geste habituel, elle apporte sa main en visière sur son front pour se protéger du soleil et mieux voir. Son regard parcourt l’horizon de l’ubac aux pentes éclairées et verdoyantes. Elle ne voit rien. Son regard revient sur les pentes de l’envers un peu plus sombres, et là, bien plus près d’elle au bout du chemin, le berger avance, précédé de ses moutons. Elle sourit et admire cette onde laineuse que font les dos des animaux en marchant. Ils bêlent, mais elle ne voit toujours pas le chien, il aboie pourtant, et soudain il apparaît, noir au milieu des bêtes blanches. Il se range aux côtés de son maître pendant que l’autre fait entrer son troupeau dans l’enclos. A cette saison et à cette heure, c’est le retour à la bergerie, elle aurait du y penser. Le jour baisse, le temps est passé sans qu’elle ne s’en rende compte et il ne fait plus très chaud. Elle réajuste son châle, prend son panier et s’apprête à rentrer. Mais elle voit l’homme se tourner vers elle et venir à sa rencontre, il marche bon train. Ses yeux ont une fluidité particulière. Alors quand il arrive, sans un mot, elle l’invite à l’intérieur de sa maison. Elle avance vers la cheminée et essaie de calmer son cœur qui battait déjà la chamade, elle dépose son ouvrage sur la table en passant, prend une bûche pour raviver le feu avant qu’il ne s’éteigne, puis essuie la poussière de bois sur ses mains dans son tablier en se retournant vers son hôte. Il est assis à la table et l’attend, il a rempli deux verres d’une orangeade faite maison, elle lui sourit. Il a toujours ces clartés pâles dans le regard, mais il est moins grave et admire les deux chaussettes dépareillées dans le panier qu’elle a terminées. « C’est pour ton petit » lui dit-elle.

Pour répondre à Des mots une histoire chez Olivia Bellington, avec les mots proposés de la semaine…

Il fallait créer des événements

J’avais intitulé ça, la JMBP. Puisqu’il fallait créer des événements, allons-y !

Journée mondiale du bouquet et patchwork – édition 2019.
On allait donc passer tout un après-midi et une soirée à bricoler.
Un début d’année à l’atelier Patchwork pour assembler des initiales en tissus
Réunit pas moins de douze lettres pour une banderole sur fond rouge.
Ne manquant pas d’idées, Marianne proposa de confectionner des bouquets
Euh oui, mais de quelles fleurs disposerons-nous en début du mois de mars ?
En regardant bien, les premières fleurs sur un lit de mousse allaient faire l’affaire
Mêlées à quelques brindilles et de belles branches récoltées au cours des randos.
On a donc glané tout ce qui était à notre portée pour le jour J
N’oubliant pas les récipients de toutes sortes et mousses pique-fleurs
Décidées à rendre cette journée la plus ensoleillée possible.
Il faisait d’ailleurs très beau ce jour-là dehors
Alors, dès le matin, chacune confectionna quelques gâteaux
Les visiteurs allaient être nombreux
Et le goûter improvisé serait apprécié.
Dès le début d’après-midi, l’accrochage des ouvrages textiles commença,
Une table fut mise à disposition de l’étalage des brassées de fleurs et de brindilles.
Bientôt tout fut prêt pour l’ouverture des portes.
On est venu en curieux, d’abord, puis
Une grande partie des visiteurs s’est laissée prendre au jeu,
Quelque soit l’activité, les gens riaient.
Une table fut réservée aux joueurs de cartes, pourquoi pas,
Et deux autres à la distribution du goûter,
Tant et si bien qu’une cinquantaine de bouquets ornaient les tables
Et d’autres se sont mis à chanter et fredonner,
Tous semblaient heureux.
Danser avec le pantin fabriqué aux Thursdays Fiber n’était pas
Une chose facile. Il fallait savoir le tenir
Puis enfiler ces drôles de chaussons, et
Arriver à se coller à lui pour faire un couple et
Tenter quelques pas, en harmonie.
C’est comme ça qu’on a mis la musique !
He oui, ça faisait plus festif.
Waouh, je n’aurais pas cru que la journée fut aussi belle.
On a laissé les bouquets à admirer pour ceux qui n’avaient pas pu venir,
Ramassé et rangé le reste, en pensant déjà à une prochaine fois.
Kiffer, ça pour sûr que c’était réussi !

Mots pour maux

Des petits poèmes lus et déversés dans les ateliers, mots pour maux.

C’est comme ça que j’ai découvert Marlène Tissot. Elle partage ses états de bien et de mal être, ses insomnies et des tas de petites choses. Le monde de tous les possibles est au bout de son stylo, avec les mots connus de tous mais écrits comme personne.

Objet trouvé
Je suis coincée là
dans un repli du monde
entre un vieux parapluie
aux couleurs passées
une poupée borgne
une montre qui ne tourne plus
très rond et
un bouton de manchette
divorcé
je suis de la grande famille
des objets trouvés
dont on se contrefout
ceux que personne ne
viendra jamais réclamer
et pourtant j’en suis toujours
à espérer
que papa soit au moins
un petit peu
fier de moi
et que maman m’aime
malgré tout

En attendant le générique de fin
Parfois la vie m’emmerde
autant qu’un mauvais film
mais je ne suis pas du genre
à quitter la salle avant
la fin de la projection
est-ce seulement
pour éviter de faire chier
les gens sur les sièges
d’à côté ?

La solitude paisible
A l’hosto on demande des
chambres individuelles
on cherche des
appartements sans vis-à-vis
au restau on voudrait
la petite table à l’écart
dans les transports
on évite de se regarder
de se frôler et
dans l’air moite
de l’ascenseur bondé
on entend presque s’échapper
de nos corps pressés
le besoin violent
de retrouver enfin
un peu d’espace
regagner la solitude paisible
de nos parcelles de terrain très très vague

Extraits de ce petit recueil « Nos parcelles de terrain très très vague » édité chez Asphodèle-éditions et son site est ici.

Meilleurs vœux pour l’an dit neuf

Adieu l’an dit huit et lundi vieux, et Meilleurs vœux pour l’an dit neuf

Meilleurs vœux pour l'an dit neuf

 

J’avais écrit tout au long de décembre pour l’Aönd et annoncer la fin du mois, de l’année et le début d’une autre saison : Quand la nuit tombe, en fin de journée, la maison est tranquille, on entend la neige tomber doucementTout le monde s’affaire pour confectionner un bon repas, préparer des chants et décorer le sapinDes petites choses à ne pas oublier : écrire une lettre au Père Noël, emballer les cadeaux, accrocher les chaussettes à la cheminée, allumer les bougiesUne fête sous les lumières, une arrivée préparée tout au long du mois. Avec des gourmandises, des douceurs, de la tendresse et la fête sera parfaite. Avent, il y a l’après : Hiver de ma vie. Dans l’interminable jardin d’hiver, un peu avant minuit, nous irons où le soleil vient tard .

Je fais le vœu de ne pas perdre de temps, faire ce que j’aime, suivre mes désirs, profiter de la vie jusqu’au dernier flocon… Je vous souhaite une très belle et bonne année 2019.

Adieu l’an dit huit et lundi vieux, et Meilleurs vœux pour l’an dit neuf, que cet an dit neuf apaise nos peines et nos douleurs, qu’il fasse rejaillir sourires et rires et bonheur dans notre cœur pour toute une année de douceur… ¸¸.•*¨*• ☆

(¯`v´¯)
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Nous irons

Nous irons rêver pour l’hiver…

Nous irons

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,
– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
– Qui voyage beaucoup…

d’Arthur Rimbaud

Jardin d’hiver

Jardin d’hiver

Jardin d'hiver

Je voudrais du soleil vert, des dentelles et des théières, des photos de bord de mer, dans mon jardin d’hiver

Je voudrais de la lumière comme en Nouvelle Angleterre, je veux changer d’atmosphère dans mon jardin d’hiver

Ta robe à fleur sous la pluie de novembre, mes mains qui courent, je n’en peux plus de t’attendre
Les années passent qu’il est loin l’âge tendre, nul ne peut nous entendre

Je voudrais du Fred Astaire, revoir un Latécoère. Je voudrais toujours te plaire dans mon jardin d’hiver

Je veux déjeuner par terre comme au long des golfes clairs, t’embrasser les yeux ouverts dans mon jardin d’hiver

Ta robe à fleur sous la pluie de novembre, mes mains qui courent, je n’en peux plus de t’attendre
Les années passent qu’il est loin l’âge tendre, nul ne peut nous entendre

Jardin d’hiver de Henri Salvador