Six nuages s’étirent dans le ciel bleu

Six nuages s’étirent dans le ciel bleu
Deux oiseaux volent et combattent le vent
Le soleil brillera toute la journée.

Six nuages s'étirent dans le ciel bleu

Six adultes qui vivent souvent autour de moi
Deux petits garçons font le bonheur de ma vie
Un nouveau jour commence plein de joie.

Six amis  (et plus) auxquels je tiens infiniment
Pour deux jours de weekend partagés affectueusement
Et une vie entière qui continue allègrement.

Six visages sont terminés
Deux pages seulement sont assemblées
Pour un body flip book de fous rires.

Juste pour remercier toutes les personnes qui m’entourent, avec lesquelles je vis et je ris, à celles qui me liront et celles qui m’ont écrit. Juste pour une journée que l’on voudrait comme les autres.

Enregistrer

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours, et oui…

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours

Bien sûr, il faudrait que je mette les bouchées doubles
Ou que j’ignore les autres à peine ébauchés.
N’en faire qu’à ma tête, je connais ça,
Avec la manie d’en griffonner d’autres.
Nouvelle idée est bienvenue
Nul essai n’est écarté.
Il me faudrait sûrement cent ans encore…
Voir plus loin me fait du bien.
Envie de toucher mes fils, envie de vivre, je continue
Riez si vous voulez, mais c’est comme ça, et je souris
Sans fin, toujours soif
Avec faim et goinfrerie, j’assemble sans cesse
Ici, c’est la jungle textile, je suis ravie, c’est mon
Rayon de soleil malgré la neige d’aujourd’hui, j’aime la lumière
Et je t’embrasse qui tu sais, et vous aussi qui me lisez.

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours

C’est blanc, c’est beau et dans l’assiette, il y aura cœur de radis noir rémoulade, purée de céleri-rave et filet de poisson puis cheese-cake.
C’est beau, c’est blanc, ça continue et c’est dimanche, alors ils ont tous leur chance d’être empoignés aujourd’hui pour quelques points supplémentaires.
C’est blanc, c’est beau, mais quelle allure aura ce body flip? Bientôt trois pages, c’est un jeu bien parti et qui plait, je crois.
C’est beau, c’est blanc, aujourd’hui ici. Et chez vous aussi?

Enregistrer

Enregistrer

Mon vœu

Mon vœu le plus cher, c’est que le monde soit heureux durant toute cette année 2017, au moins. Qu’il retrouve cette joie de vivre.

Mon vœu

Être heureux. Juste ça. Sans méfiance envers l’autre. Gardez votre bonne humour et retrouvez un peu d’humour et beaucoup d’amour. Je vous le souhaite, de tout mon cœur. Évadez-vous dans vos lectures ou au cours de voyages, trouvez du plaisir à vivre et restez attentifs à ce et ceux qui sont à côté de nous, partagez vos créations et réalisations culinaires ou de bricolages avec les autres.

Mon vœu, c’est de pouvoir m’évader sur le Net (pas toujours très net) dans vos articles, et sourire encore.  Le plus cher, pourtant, c’est de passer des jours heureux à voir grandir mes petits, et à penser à eux et à ceux qui m’ont offert ces moments de tendresse.

Et voici juste un petit paragraphe que j’ai recopié de ce livre que j’ai relu en cette fin d’année et auquel je n’avais pas porté plus d’attention que ça lors de ma première lecture.
« Quelle étrange folie. Pendant toutes ces années j’ai respecté mon vœu. Lequel de ne jamais revisiter cet hiver-là, de ne jamais relire les mots que j’ai écrits cette année-là. J’ai respecté ce vœu à la lettre, mais aujourd’hui, pour une raison qui m’échappe totalement, quand je suis entré dans mon bureau… j’ai instinctivement ouvert le tiroir où repose mon vieux journal et je l’ai placé sur la table, où je le regarde en cet instant sans y toucher.
Pourquoi après tant d’années, pourquoi me démange-t-il de l’ouvrir à la première page ? C’est tout juste si je peux me retenir de sauter dessus et de le dévorer. D’où vient ce désir fatal ?
Et bien, je vais l’enterrer. Oui. Quelque part, ici, sous des piles de livres et de notes. Ou peut-être l’enfermer dans un de ces placards, où je pourrai l’oublier, où il ne me distraira plus. Ou bien, je vais le lire. Je vais l’ouvrir et le lire. Juste une phrase. Juste un paragraphe.
Après tout, si on y réfléchit, à quoi ça sert de traîner avec moi ces quarante mille mots si leur destin est de ne jamais être lus ? Qui s’offusquera si je romps mon vœu ? Peut-être que les vœux ne sont-ils faits que pour être rompus… » Extrait de « Tokyo » de Mo Hayden, pas toujours très tendre.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage, à force de patauger dans l’eau glacée, l’ours brun s’est enrhumé. De retour dans sa grotte, il se met à éternuer.

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage
Une fois, deux fois, trois fois… Tant et tant de fois, qu’un rocher finit par se décrocher et boum ! vient bloquer l’entrée de sa grotte. L’ours pousse et pousse encore, mais rien à faire, le rocher ne bouge pas d’un poil.
– Au secours ! crie l’ours brun paniqué. Aidez-moi ! Je suis coincé dans ma grotte car un rocher est tombé et l’air va me manquer.
– Me voici ! dit une petite voix
– Qui donc ?
– Moi, la petite fourmi, je vais t’aider !
– Toi ? mais tu ne sauras jamais t’y prendre. Il faut aller chercher quelqu’un de plus gros et de plus fort. Fais vite, sans quoi, je serai bientôt mort !
– Ok, ok, ne t’inquiète pas, ours brun, je vais trouver un animal plus gros et plus fort.

Aussitôt la fourmi grimpe sur une branche et appelle à l’aide :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
– Pas de panique, me voici, clame le blaireau. Laisse-moi régler cette affaire.
Le blaireau tire, tire et grimace d’effort. De son côté, l’ours pousse et pousse encore, mais rien à faire le rocher ne veut pas bouger.
– Il nous faudrait quelqu’un d’autre et plus gros, bougonne le blaireau. Tout seul, je ne suis pas assez fort.

La fourmi grimpe à nouveau sur sa branche et appelle au secours :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
– Rassurez-vous, je suis là, dit une grosse voix, et à pas de velours, le loup rejoint le blaireau.
– A deux, cela ne devrait poser aucune difficulté, dit-il. Blaireau et Loup tirent de toutes leurs pattes. De son côté, l’ours pousse et pousse encore, mais rien à faire le rocher ne bouge pas d’un millimètre.
– A deux, nous ne sommes pas assez forts à deux, il nous faudrait quelqu’un d’autre et plus gros, avoue le loup.

La fourmi grimpe encore une fois sur sa branche et appelle au secours de toute sa voix :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
– Ne vous inquiétez pas, me voilà, dit un élan qui arrive à grandes enjambées.
– Vous allez voir, à trois, le rocher ne devrait pas résister. Blaireau, Loup et Élan s’essoufflent à tirer. De son côté, l’ours s’épuise à pousser, mais rien à faire le rocher ne veut toujours pas bouger.
– Nous ne sommes pas assez forts, il nous faudrait quelqu’un d’autre et plus gros pour venir à bout de ce rocher.

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage

La fourmi se précipite à nouveau sur sa branche d’arbre et hurle aussi fort que possible :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
Son cri retentit dans toute la forêt et même au-delà jusqu’à la prairie et jusqu’aux oreilles d’un bison. Personne dans les environs n’est aussi fort et aussi puissant que lui. En quelques instants le voilà prêt à apporter son aide.
– Avec moi, le rocher va bouger, affirme-t-il, et l’ours sera bientôt délivré. Blaireau, Loup, Élan et Bison tirent, les muscles tendus et les mâchoires serrées. De son côté, l’ours pousse de ses pattes, de sa tête et de son nez, mais rien à faire le rocher reste bloquer.

Sur sa branche, la fourmi n’a plus de voix tant elle a crié. Que faire ? Que va devenir l’ours brun ? Ils essaient à nouveau tous ensemble, des fois et des fois… Le temps passe, le soleil descend, descend vers l’horizon… et bientôt, c’est la nuit. Le rocher n’a toujours pas bougé. Blaireau, Loup, Élan et Bison, épuisés, se sont endormis. Dans sa grotte, Ours brun s’est assoupi aussi. Mais la fourmi le sait bien, si le rocher reste là, l’air va lui manquer et l’ours va s’étouffer. Alors, elle s’élance dans la forêt pour trouver de l’aide. Elle y passera la nuit…

Au petit matin, le soleil à peine levé, chacun se réveille et … Surprise !
– Incroyable, s’exclame l’élan.
– Le rocher a bougé, s’écrie le loup.
– Qui donc a pu faire ça ? s’étonne le blaireau.
– Certainement pas l’ours, regardez, il dort encore, constate le bison.
– C’est moi, répond la fourmi, Moi et mes amies !

Et aussitôt on entend cent mille petites voix qui crient :
– Oui, c’est nous, c’est nous. Toute la nuit, nous avons œuvré et rassemblé nos efforts pour déséquilibrer le rocher et le faire basculer et rouler.
Sous ces cris, l’ours se réveille, heureux de voir le jour et de pouvoir respirer à pleins poumons. Il remercie ses nouveaux amis, gros et petits, ému de s’être trompé sur la force de chacun et émerveillé par tant d’entraide.
Blaireau, Loup, Élan et Bison, éberlués, restent bouche bée et les yeux ronds.

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage

 

Décidément, la tâche n’était pas pour eux, pourtant gros et forts. C’était un vrai travail de fourmis. C’est une histoire de Zemanel, que vous pouvez raconter aux tout-petits et un peu plus.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides

Rien n’est plus excitant que l’arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides. Le premier à les apercevoir pousse des cris, part en courant le long des berges pour prévenir les habitants du village.

Arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides

Bientôt ils sont des dizaines, massés sur le rivage, grimpés dans les arbres, à tenter d’apercevoir celui qui pilote le radeau en tête, debout à l’arrière de l’embarcation de rondins géants reliés entre eux et agrippé des deux bras au gouvernail. Premier à passer les rapides et entrer dans la ville, et à revenir en héros, le lendemain ou plus tard, dans la réserve.

Arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides

La drave commence dans le haut-pays, chaque année vers la mi-mai. Avec leurs perches, leurs pioche et des bâtons de dynamite, les hommes dégagent de leurs prisons de glace les troncs coupés l’été précédent et jetés dans les rivières.
Les billes de bois dévalent les cours d’eau, forment des bouchons qu’ils faut faire sauter, s’assemblent dans les fleuves et les lacs.
Sur les rives du lac, à cinq cent kilomètres à l’ouest, des millions de mètres cubes de chênes et de pins sont assemblés, attachés en immenses radeaux. Sur ces villes flottantes, les hommes campent dans de grandes tentes, dorment, mangent, rament, tirent, poussent pendant des semaines.
Il faut déjouer les sortilèges du fleuve, utiliser la force du courant sans se laisser emporter, éviter les bras morts d’où il est difficile de s’extirper. En équilibre sur les rondins, surtout ne pas glisser, ne pas tomber entre deux troncs qui vont vous broyer.
Ils sont draveurs et passent leur vie au fil du fleuve, en savent tous les détours, mais mourraient en quelques minutes si un faux-pas les précipitait dans l’écume.

Extrait de « Ciel d’acier » de Michel Moutot, qui raconte la belle histoire de John Laliberté, ironworker comme ses ancêtres, qui sectionne l’acier à la recherche de survivants. Un peu plus de quatre cents pages à lire avec plaisir et admiration pour ces hommes courageux. La légende dit qu’ils n’ont pas le vertige. Peut-on apprendre à maitriser sa peur?

Enregistrer

On coule des jours heureux

« Tout est tranquille à cette adresse. On coule des jours heureux. Les habitants se sentent bien.

On coule des jours heureux

C’est une résidence sans histoire, Les immeubles ont toujours abrité une petite dizaine de familles. Avec le temps, les parents ont vu leurs enfants quitter le nid. Restent désormais des vieilles dames seules, dans des appartements devenus trop grands pour elles.

On coule des jours heureux

Dans la courette, seuls résonnent les ronronnements du chat de ma voisine, ou les chants des canaris de la concierge, ou encore les bruits de mastication gourmande de son chihuahua, engloutissant les biscuits de sa maîtresse.

On coule des jours heureux

Chaque jour, après le déjeuner, on peut entendre le caquètement d’un attroupement de vieilles dames, qui, attablées dans la cour intérieure, papotent au soleil, une tasse de breuvage chaud au creux des mains. Elles passent des heures à piailler, à partager les derniers potins, à refaire le monde. Une tradition établie depuis des décennies.

On coule des jours heureux

Tous ces gens semblent être faits pour vivre ensemble. Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais un son plus fort que celui du téléviseur. C’est le paradis sur terre. »

On coule des jours heureux

Extrait de « Mémé dans les orties » de Aurélie Valognes. Elle sait rudement bien observer et écouter les gens. C’est un pur bouquet de vie.

Jeter sa langue au chien

J’ai cherché… et trouvé ça: Autrefois, on disait « jeter sa langue au chien ».

Jeter sa langue au chien

Cette expression avait un sens dévalorisant car à l’époque, on ne « jetait » aux chiens que les restes de nourriture. « Jeter sa langue aux chiens » signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l’expression s’est transformée pour devenir « donner sa langue au chat », au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets. Sa parole serait donc de valeur considérable, et il pourrait s’agir en « donnant sa langue au chat », de lui prêter la parole pour qu’il nous donne la réponse à une devinette.

C’est parce que l’Agenda ironique de Septembre voit double et s’énonce en deux parties chez Carnets paresseux et chez l’Écrevisse que cet article débute ainsi.

– Il était une fois… , commença Papa.

Papa avait l’habitude de raconter des histoires sans livre. Les pages étaient seulement dans sa tête. Et il ne retrouvait pas toujours le livre de la veille. Mais ça n’avait pas l’air de gêner les trois fillettes.

– Dis, Papa, tu vas continuer l’histoire d’hier soir ? demanda L.
– Moi j’aime bien les histoires qui font peur, tu sais, ajouta F.
– Y aura-t-il un animal ? osa A.
– Oh oui, un loup. Méchant. Et qui fait peur, continua la cadette.
– Oh j’aimerais mieux un autre plus doux, se permit la plus jeune.
– Mais tu sais Papa, c’était une fillette qui aimait bien les confitures… Tu ne vas pas changer ? s’assura l’aînée.
– Non, bien sûr que non. Je parlerai de cette petite fille… Et il y aura un animal tout doux, bien entendu. Et… ça fera un peu peur…
– Oh non, beaucoup peur! Elle pourrait être dans la forêt. Perdue. Et elle verrait des yeux jaunes et brillants dans la nuit.
– Tais-toi! c’est Papa qui raconte. Et d’abord, elle était dans la cuisine, cette fille. Toute seule. Et sa mère s’était absentée…
– Chut, calmez-vous et je reprendrai l’histoire. D’ailleurs, savez-vous pourquoi elle aimait tant les confitures ?

Il me semble que Papa a retrouvé la page de la veille. Je me suis arrêtée derrière la porte pour entendre ce petit monde. Mon dos a glissé contre le mur sans bruit. Je suis maintenant assise sur mes talons pour écouter à mon tour ce calme de la nuit qui commence. Je perçois leurs respirations régulières et les battements de mon cœur se sont apaisés aussi. Personne ne répond et chacune attend la suite.

– Il faut que je vous dise, poursuivit Papa,  que les confitures qu’elle préférait étaient celles aux fruits rouges. Savez-vous donc pourquoi ?

Je ne pense pas que leur père ait « jeter sa langue aux chiens », mais plutôt qu’il testait à tout moment si ce petit monde était bien à l’écoute ou s’il dormait déjà.

– Plop ! fit le pouce de la cadette arraché de sa bouche avant qu’elle se dépêche d’annoncer: C’est qu’elle aime faire peur et se barbouille de rouge pour effrayer sa mère, peut-être.
– Non, dit Papa en riant très fort, c’est une fameuse idée, mais ce n’est pas l’exacte raison.
– Je donne ma langue au chat, dit soudain la benjamine.
Ce qui ravit Papa qui enchaina.
– C’est que la fillette était née dans une forêt de roses allant du rose le plus pâle au rouge le plus foncé. Elle était toute petite, toujours vêtue de rouge, et avait été nourrie de nectar de fleurs et de fruits par les plus petits animaux des bois. Elle était petite mais un énorme secret entourait  le jour de sa naissance. Bien peu de gens connaissent la vérité. Mais je vous raconterai cela demain. Je vous souhaite une très bonne nuit.
– C’est toujours pareil, émit la grande en recevant le bisou de son père.
– Que veux-tu, tes sœurs sont fatiguées, et toi-aussi je crois, Et vous auriez vite marre de mes histoires si j’en disais trop un même soir, répondit Papa en souriant, et en bordant les draps de ses demoiselles.

Jeter sa langue au chien

Affaire à suivre… pour un agenda tendre.

Enregistrer

Enregistrer