Porter une paire de gants

Elles voulaient presque toutes porter une paire de gants qu’elles auraient tricotés. Envie, désir…

Je leur avais expliqué qu’il valait mieux déjà faire un gant comme le modèle, pour pouvoir ensuite l’adapter à leur main.

Chacune avait apporté sa pelote de laine fine pour apprendre à tricoter ses gants au point mousse à 2 aiguilles.

Et toutes sont parties avec leur gant-gabarit et l’envie d’apporter une laine de couleur à son goût pour la prochaine fois.

Rien de plus facile, les explications sont là

pour répondre au grand défi de Noël éco-responsable sur une idée de Stella mes petites créations.

Entendre à nouveau le cri des kangourous

Me tarde-t-il vraiment d’entendre à nouveau le cri des kangourous ?

Je pense souvent à cette rencontre d’antan. Énorme défi qu’on accepte bon gré mal gré. Il y a eu le défilé aux invalides… et des pique-assiettes, bien sûr. Fameux vestige ! Je sens un sourire monter. N’empêche qu’il y aura toujours cette étincelle dans les yeux de nos petits. Et puis j’entends: « plus d’espoir ! », mon visage s’éteint.

Ressentir cette dualité intérieure, enserrée dans une situation indicible, où les souvenirs se bousculent et les projets restent et attendent… Mais attendre quoi grand dieu puisque d’aventure on ignore ce que demain sera. Je voudrais calmer cette révolte au creux de mon ventre. Mes épaules sont lourdes comme si tous les méandres de la vie y reposaient soudain. J’ai l’impression d’avoir vécu ce moment… Est-ce une répétition ? Drôle d’interprétation, ça va sans dire. Je serais incapable de sortir trois mots de suite sans zézayer. Alors je me tais. J’écoute.

Chaque expiration est un soupir et sa respiration est régulière. Est-ce pour ça que le Finistère porte ce nom ? Faut-il aller au bout du bout pour s’envoler ? Le cygne le fait bien, lui. Fais-moi un signe… les paroles de la chanson trottent dans ma tête et apportent un sourire sur mes lèvres. Il va falloir… ou ne plus falloir y penser… Penser au canard et préparer son foie une dernière fois. Déposer la brioche sous le torchon et la laisser s’enfler sans l’oublier. Ouvrir la bouteille pour que le vin s’oxyde et prenne tous ses arômes.

Ne plus penser et se laisser explorer les méninges comme si des milliers de mains les trituraient en douceur. Sans sursauter, se souvenir des claquements de portes et surveiller l’arrivée des amis, des claquements de langues des convives à la découverte des saveurs, des claquements de glace sur le lac gelé, des claquements de fouet du traîneau qu’on ne verra peut-être jamais dans le ciel…

C’est ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés de ces dernières semaines et mes idées grises.

Gants de raphia pour peeling réussi

Gants de raphia pour peeling réussi

J’avais déjà fait un tout premier gant pour montrer qu’on pouvait tricoter tout lien autre que le fil à tricoter, comme du raphia ici.

Ce premier gant que j’avais utilisé comme contenant ou cache pot et posé sur une table ou à suspendre contre un mur ou un grillage.

Le raphia résiste à l’humidité, mais n’est pas très agréable au toucher, ça gratte un peu. Alors j’en ai faits d’autres pour être mouillés et servir de grattoirs. C’est pour ça (et pour l’avoir utilisé) que j’ai intitulé mon article gants de raphia pour peeling réussi. Il y en a déjà toute une ribambelle pour notre prochain marché de Noël.

Pour le grand défi de Noël éco-responsable sur une idée de Stella mes petites créations.

 

Le froid revient et mes mains souffrent

Le froid revient et mes mains souffrent. J’ai ressorti mes gants presque inusables…

et s’ils se détériorent je défais et re-tricote le doigt abîmé.

J’en ai fait une petite collection pour notre marché de Noël, tous en restes de fils à tricoter accommodés.

Voici les derniers en laine duveteuse, et légers comme deux plumes.

La réalisation est simple et facile, et les explications sont ici .

 

 

On tend souvent la main juste par habitude

On tend souvent la main juste par habitude vers un quotidien,

sans espoir forcément d’y découvrir quelque chose en particulier. C’est pour moi un motif de lecture rapide du matin en attendant que les rayons du soleil tardif de l’automne réchauffent l’air frais au dehors.

J’ai donc tendu la main vers la gazette laissée sur le coin de la table, et l’ai dépliée à la page des bulles. Mes épaules se détendaient et je souriais à l’idée d’y lire un truc plaisant. Mais cette fois encore c’était partie remise, car je sentais le regard soupçonneux presque inquiet de Mémé, arrivée clopin-clopant dans le hall d’entrée et marquant déjà son impatience avec sa canne sur le carrelage.

Je levai la tête et lui fis un clin d’œil. Je ne suis pas sûre qu’il faille lui répéter sans fin les mêmes mots. L’ordre dans sa tête n’est plus le même qu’avant et il faudra s’y faire. Elle se frottait les mains de contentement. Elle portait les gants roses qu’elle avait tricotés avec pleins de petits restes de laines et qui lui allaient si bien.

C’est ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots récoltés : souvent – ordre – soupçonneux – gazette – espoir – bulle – particulier – faille

Le grand prisme de l’univers

C’est un peu comme si le grand prisme de l’univers fonctionnait à l’envers en absorbant les couleurs et ne rejetant qu’un camaïeu de gris.

La grisaille cache le soleil et recouvre toujours notre ciel et les choses.
– Ce n’est pas grave, répètent jour après jour nos anciens, c’est comme ça à l’automne.
Nous sommes partis et avons quitté notre pays d’origine depuis bien longtemps maintenant. Quand nous avons jeté l’ancre dans cette immense baie, c’était avec l’espoir d’y revoir les couleurs où l’atmosphère semblait dégagée. Le lieu bordé de collines nous a paru accueillant. Mais le gris persistait, alors nous sommes repartis, vers l’ouest d’après la boussole. Le trajet à pied a été assez difficile pour arriver jusqu’ici. On a escaladé des cols pour passer les montagnes avec l’idée de retrouver à nouveau l’orange des couchers de soleil. Notre effort paraissait vain quand nous avons rencontré les indiens avec qui nous vivons aujourd’hui. Ces gens sont généreux, ils nous ont encouragés et accompagnés jusqu’à cette cascade merveilleuse qui tombe d’en haut comme un arrosoir. On partage l’endroit et nos points de vues. Ils nous ont aidés à bâtir nos maisons et à accepter avec eux, notre nouvelle vie. Parfois, on entend les enfants rire à nouveau, car quand on s’approche de la chute, les gouttelettes forment un magnifique arc-en-ciel de couleurs oubliées avant de disparaître à tout jamais dans l’abîme d’une terre aride.

Pour répondre à Des mots, une histoire chez Olivia avec les mots récoltés de la semaine : arrosoir – automne – trajet – ancre – retrouver – indien – cascade – orange – grisaille.

Quand l’orage éclairait notre ciel du soir

Hier quand l’orage éclairait notre ciel du soir, je mettais les derniers points à mes gants arc-en-ciel.

Aujourd’hui, on est sur la plage sous un ciel d’azur et un soleil ardent. La lumière est intense et l’atmosphère détendue. On n’est pas en maillot de bain, car on porte tous l’uniforme, un costume ou un tailleur. On pourrait presque entendre les cigales si elles avaient choisi de débarquer ici elles-aussi. Pour ne rien perdre de chaque instant des cérémonies dans les villes de la côte et voir en direct et en simultané l’accueil des différents chefs d’états invités à l’occasion de ces commémorations, tout est retransmis sur de grands écrans installés devant les arbres au bord des routes. Personne ne foulera les pelouses vertes et entretenues des cimetières autour des croix blanches alignées là par milliers depuis des années pour le long repos de ceux d’en dessous. Aucune nostalgie anime les cœurs, mais une immense émotion, beaucoup de respect et une énorme soif de liberté et de paix envahit nos âmes en ce jour d’anniversaire de soixante quinze ans.

Pour répondre aux Plumes 10 d’Asphodèle chez Emilie avec les mots imposés et une pensée pour mes parents et grands parents,

et pour celles qui viendraient pour les gants tricotés en mousse à deux aiguilles, les explications sont là.