Bien curieuse rencontre

Bien curieuse rencontre lors d’une promenade en famille dans la nature.

Quand j’ai lu sa proposition et ces mots pour l’Agenda Ironique de Novembre, j’ai souri et j’ai repensé à l’histoire que mon grand-père nous avait racontée le jour où nous avions trouvé ce drôle d’animal sur l’écorce d’un arbre. Je vais essayer de vous la répéter ici, sans turlupinade, promis.

« C’était il y a bien longtemps quand les animaux, les arbres et les plantes parlaient encore (non non ce n’est pas une carabistouille).

L’hiver approchait et tous les arbres de la forêt avaient perdu leurs feuilles.
Tous… sauf un petit noisetier.
Il lui restait une feuille, une seule, accrochée au bout d’une branche.
Elle résistait au vent de l’automne. Elle ne voulait pas tomber.
Les autres arbres de la forêt regardaient méchamment le noisetier, ils pointaient leurs branches nues vers lui et se demandaient pourquoi il ne laissait pas tomber sa dernière feuille.
-Si ça continue, l’Hiver ne viendra pas…

Le pauvre noisetier était bien ennuyé et disait souvent :
-Feuille, ton heure est venue, tu dois tomber…

Mais chaque fois la feuille impugnait et répondait :
-Non, non ! Je ne veux pas mourir.

L’histoire se répandit à travers la forêt et même au-delà.
Si bien que l’Automne, avec sa longue barbe ambrée, vint en personne voir la feuille.
-Alors comme ça, tu ne veux pas tomber.
-Non, non et non !
-Et pourquoi donc ?
-Parce que j’aime trop la vie.
-Sais-tu ce qui arrivera, si tu ne veux pas tomber de l’arbre ?
-Euh… non
-Eh bien, l’Hiver ne pourra pas arriver. Le Printemps ne viendra pas non plus ! Ton caprice bouleversera le cycle des Saisons. Et tous les arbres resteront nus à cause de toi jusqu’à la fin des temps.

La petite feuille hésita et ajouta :
-Bah… J’ai bien réfléchi et c’est encore non. J’aime les Saisons, mais j’aime encore mieux la vie. C’est décidé, je reste.

L’Automne s’en alla, l’air pensif. Comme l’affaire était grave, il appela l’Hiver, le Printemps et l’Eté. Les quatre vieillards se réunirent au sommet d’une montagne pour débattre du cas de cette réactionnaire et des conséquences pour la nature et la biodiversité.

-Les feuilles ne sont plus ce qu’elles étaient…déclara l’Automne (rendu riche par nature et couvert d’or, comme un gros marchand un peu paterne qui se laisse vite éplapourdir).

-Elle mérite la mort ! cria froidement l’Hiver (gris et parfois glaçant, souvent déterminé à chafourer, tabuter et affolir la nature et les êtres).

-Moi, je la comprends un peu, dit le Printemps (doux et fleuri, plein de sapience, toujours prêt à détraper les uns et les autres sans les embabouiner forcément).

-Moi-aussi, ajouta l’Eté (suant et transpirant, perdu dans ses évagations, il était loin de tout ça. Parti coqueter dans l’hémisphère sud pour s’y installer quelques temps et plutôt attiré par des amusoires de toutes sortes, appréciant les rimbobos des joies populaires en plein air et savourant les nombreuses frioleries à sa portée, il avait dû revenir à ce conseil et ça lui donnait encore plus chaud).

Les Saisons (période assez longue, où ce réunit le conseil et qui dure pour ainsi dire toute la vie, où l’on causaille et lantiponne pour débiter des balivernes) palabrèrent toute une semaine, jours et nuits.

Puis, pour ne pas s’éterniser quand même ni bloquer le cycle des Mois (période plus ou moins courte, où le conseil peut, mais pas forcément, se réunir pour chamboler et se routiner au fil des Saisons), le Printemps proposa de laisser la vie à cette feuille.

-Mais comment ?
-En la transformant en animal. Ainsi, elle pourrait quitter sa branche sans mourir.

L’Eté, pressé d’en finir, applaudit à cette idée. L’automne et l’Hiver restaient dubitatifs, un peu quinauds.
Ils se rendirent au pied du noisetier.
L’Automne expliqua qu’ils avaient trouvé une solution , que la feuille allait devenir un animal et pourrait garder la vie au fil des Saisons.
La feuille frissonnait de joie.
Alors, je crois que les Saisons prononcèrent une formule magique, et jetèrent une ou deux poignées de poudre de vie.
Instantanément des pattes d’insectes apparurent sous la feuille, et des yeux aussi.
Mais la quantité de poudre était telle, qu’elle donna vie à la brindille sous la feuille, et des pattes et des yeux lui poussèrent.
La feuille et la brindille sautaient de joie autour des Saisons en les remerciant.

Et c’est là que la feuille demanda son nom de nouvel animal. Et la brindille aussi.
Le Printemps, jamais à court d’idées, sortit un sac de sa poche et demanda à chacun de tirer trois lettres qui formeraient leur nouveau nom en commun. La feuille tira le P, le H, puis le A. La brindille piocha le S, le M, puis le E. Et c’est ainsi que le mot phasme apparut.

-Quel joli nom ! dirent ensemble la feuille et la brindille.
-Parfait, dirent les Saisons.
Depuis ce jour, la famille étrange des phasmes vit dans la nature sans jamais trop se faire remarquer (restez discrets s’il vous arrive de faire vous-aussi cette bien curieuse rencontre) et le cycle des Mois ne fut jamais bloqué. »

C’est ma participation à l’Agenda Ironique de Novembre. Oui, quand j’ai lu sa proposition et ses mots pour l’Agenda Ironique de Novembre, j’ai souri et je crois avoir compris la règle du jeu. Seulement cette belle histoire me trottait dans la tête encore et encore, le tirage des lettres ne venait qu’à la fin, et il n’y avait que six lettres à piocher, alors je l’ai écrite quand même et j’ai fourré tous les mots proposés dans mon texte parce que je crois que c’est aussi comme ça dans l’Agenda Ironique… je fais ce que je veux… et qu’il neige… neige ici quand je pose ces mots… et qu’il faut que je poste avant toute autre chose, car quand vous lirez ces mots… de l’eau aura coulé sous les ponts…

J’ai le droit de rêver

J’ai le droit de rêver, et j’aimerais être payée pour ça. Je plaisante comme toujours, tu le sais bien, tu y es accoutumée. Il n’y a pas très longtemps que je t’ai fait signe, mais il y a toujours une raison dans ma vie qui me font penser à toi.

Fleurs, plantes, je sais que c’est ton truc. Chez toi, y en a partout. La moindre petite graine de ta main mise en terre donne un arbre en très peu de temps. Et ton jardin est magnifique.

Alors, les Floralies, j’y suis allée en pensant à toi. On en parlait partout comme quoi c’était l’évènement à ne pas louper. J’ai vu que lundi c’était en nocturne, ça allait à point, il ne fallait pas hésiter. C’était la pleine lune, et un aller et retour à moitié prix, c’était une affaire à ne pas manquer.

C’était merveilleux, des animations de toutes sortes, de grands halls décorés des plus belles compositions, des variétés de plantes les plus curieuses venues d’une multitudes exploitations de tous les continents. J’avais mis le dernier foulard que tu m’as offert, il va bien avec ma couleur de cheveux. Et j’avais pris ma deuxième batterie d’appareil photo, mais, arrivée sur place j’ai constaté que j’avais oublié mon appareil, alors voici une carte textile des belles fleurs que j’ai vues. Je te l’offre de tout mon cœur que j’ai apposé au dos et brodé plusieurs fois tout au long des pétales.

J'ai le droit de rêver

J’ai trouvé quelques graines magiques et je te les donnerai quand on se reverra. Comme celles que tu avais dans ton sarrau quand on était petite. J’ai rempli mon sac compressible et tout est à l’abri de l’air et de l’humidité avec mon protège sac pour avion dans l’attente de notre prochaine rencontre.

J’avais emmené mes amies. Je n’avais pas à chercher tous les arguments possibles ni proposer de référendum pour les convaincre de venir avec moi à cette expo sur la Lune. Elles ont cousu elles-aussi ce qu’elles ont admiré. J’aurais envie de transformer mon jardin de la même manière. Ce sont mes copines qui me l’ont suggéré.

J’ai le droit de rêver, et j’aimerais être payée pour ça. Je plaisante et ce courrier arrivera en retard, comme toujours, tu le sais bien.

A bientôt, Mémé. Mille bises.

… pour les 53 billets en 2015 chez Agoaye et pour un défi en quatre étapes proposé par « Tu dines ce soir » avec un peu de retard (je rêvais, sans doute).

Broderie blanche – Monogramme sur drap de lit bleu

Ne dit-on pas jamais deux sans trois ? Et oui, j’en ai brodé un bleu!

Je crois que c’est celui que je préfère,

j’ai dessiné les lettres, je n’ai peut-être pas trop respecté la distance entre les lettres, je n’étais pas pro en broderie,

je ne le suis pas plus aujourd’hui, c’était pour moi un plaisir d’essayer cette broderie et de personnaliser mes draps,

j’aime les défis, c’en était un,

et je ne suis pas mécontente du résultat.

Broderie blanche – Monogramme sur drap de lit rose

C’est en repassant ce retour de drap de lit rose brodé que j’ai pensé à le montrer aujourd’hui

Monogramme en broderie blanche sur drap en coton et lin rose… un passe-temps facile à faire au soleil… il n’est pas tout jeune, et c’est peut-être dépassé après tout…

mais il y a déjà quarante ans, et il n’y aura peut-être plus de soleil non plus dans notre ciel,

et mes yeux étaient jeunes encore…

Petits points – Des mots, une histoire 78

Des mots, une histoire … me trottent dans la tête

patchcath

Il pleuvait très fort maintenant, et demain je n’allais pas pouvoir prendre le raccourci par la cambrousse

Mes pensées revinrent à lui, et je me surpris à pigouiller la terre d’un pot de fleurs.

Je n’étais investie d’aucune charge ministérielle, je n’avais aucun devoir envers lui et encore moins la prétention d’être son infirmière . Il avait d’ailleurs assez de vitalité et trouvera toutes les occasions pour ne pas tomber dans la pauvreté.

Sa vie n’était pourtant que marasme. Il avait connu l’irréparable dans un monde glauque au milieu de gens fourbes et  avait rencontré  de nombreux thuriféraires sur leur palanquin.

Edit : c’est ma participation à « Des mots, une histoire » 78ème édition sur le blog d’Olivia Billington. Les mots imposés sont ceux mis en gras.

patchcath