Meilleurs vœux pour l’an dit neuf

Adieu l’an dit huit et lundi vieux, et Meilleurs vœux pour l’an dit neuf

Meilleurs vœux pour l'an dit neuf

 

J’avais écrit tout au long de décembre pour l’Aönd et annoncer la fin du mois, de l’année et le début d’une autre saison : Quand la nuit tombe, en fin de journée, la maison est tranquille, on entend la neige tomber doucementTout le monde s’affaire pour confectionner un bon repas, préparer des chants et décorer le sapinDes petites choses à ne pas oublier : écrire une lettre au Père Noël, emballer les cadeaux, accrocher les chaussettes à la cheminée, allumer les bougiesUne fête sous les lumières, une arrivée préparée tout au long du mois. Avec des gourmandises, des douceurs, de la tendresse et la fête sera parfaite. Avent, il y a l’après : Hiver de ma vie. Dans l’interminable jardin d’hiver, un peu avant minuit, nous irons où le soleil vient tard .

Je fais le vœu de ne pas perdre de temps, faire ce que j’aime, suivre mes désirs, profiter de la vie jusqu’au dernier flocon… Je vous souhaite une très belle et bonne année 2019.

Adieu l’an dit huit et lundi vieux, et Meilleurs vœux pour l’an dit neuf, que cet an dit neuf apaise nos peines et nos douleurs, qu’il fasse rejaillir sourires et rires et bonheur dans notre cœur pour toute une année de douceur… ¸¸.•*¨*• ☆

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Les plumes du 15

Elle découvrait les nouvelles pages de son mensuel « des pattes et les plumes du 15 Rue du Cheptel ».

Les plumes du 15

Elle se régalait des blagues et des bulles et souriait en dégustant sa faisselle avec un peu de miel qui accompagnait son thé du matin.

Ces épisodes actuels mettaient en scène une kyrielle de bestiaux : une tourterelle jouvencelle et cruelle et une vieille sarcelle caractérielle. Sur cet archipel artificiel, des poules y vivaient avec un coq exceptionnel, qui flattait ces donzelles mais ne se privait pas de dire combien ces femelles lui broyaient la cervelle et lui rebattaient les oreilles. L’ambiance était conflictuelle à souhait. C’était un duel perpétuel et un flot d’injures torrentiel entre ces demoiselles. Elles s’évertuaient pourtant à pousser telles des brelles pour pondre toujours la même voyelle et con-sonnaient avec leur voix de crécelle : « mais Keskeskeskessebordeeeeeel ».

Elle aurait voulu que cette lecture soit éternelle.

Mais il fallait se mettre en selle après cet instant très personnel. Elle attendait qu’Annabelle l’appelle pour aller faire 2 ou 3 pas avec elle. Où iraient-elles ? … à la chapelle, leur petit tour habituel où la vue était imprenable.

Elle sortit donc la grande gamelle. Un pique-nique pour deux, avec des radicelles de légumes qu’elle avait mis à suer dans du gros sel, des vermicelles de riz et quelques fruits coupés en cubes, tout ça bien ficelé pour une salade colorée. Elle glissa de la ficelle pour rapporter des bagatelles, et son gilet de flanelle si la couleur du ciel chancelle.

Accompagnées du chien Fidèle, elles partirent quand sa jumelle arriva. Celle-ci avait pris son matériel usuel avec l’intention de peindre une aquarelle pour Adèle. C’est vers la petite stèle dans la roche du castel qu’elles stoppèrent. Sous une tonnelle de feuilles, la lumière était bonne et elles apercevaient la passerelle au loin, c’était parfait. Au retour elles sifflaient et causaient rapportant un fameux cadeau dans un sac à dos aux nouvelles bretelles confectionnées de la veille.

Au détour d’une ruelle, elles s’attardèrent à admirer le va et vient d’une d’hirondelle sous le préau de la maternelle. Puis sa sœur la quitta pour son cours de violoncelle. Elle cueillit quelques nigelles et fit un beau bouquet.

La promenade de l’après-midi était vraiment la plus belle de la semaine.

Maintenant, assise sur la balancelle en profitant des branches qui lui servaient d’ombrelle, elle sirotait une citronnelle et dégustait des mirabelles des yeux, celles qui prenaient formes sur l’arbre en face d’elle.

Elle avait étalé la nappe en dentelle sur la table et préparé le goûter des petits qui passaient en sortant de l’école : des croquants aux brimbelles embaumaient la cuisine et la cannelle infusait dans du lait. Pour une grosse faim, il restait du flan au caramel.

Elle les entendait : ils arrivaient en ribambelle claironnant la ritournelle actuelle des voyelles qu’ils préféraient. Quand ils ouvrirent le portail dans un battement d’ailes, des étincelles brillaient dans leurs yeux.

Un joli clin d’œil à Asphodèle que propose Mindthegap

 

 

Tout ou rien

Tout ou rien

Tout ou rien

J’ai connu un chien qui se nommait « Rien », il ne répondait pas souvent à son nom, ni au mien non plus… à rien en fait. J’aurais préféré « Foulcan » mais il serait resté, ça n’aurait rien changé. On l’appelait « Toutou Rien ». Il faisait ce qu’il voulait, souvent rien de bien.

Il était moche et ressemblait à tout autre chose qu’un chien…  « Il est pourtant gentil » disait Jean et tous les gens d’ailleurs, ici, si si…

Et on le trouvait un peu sot aussi. Ah! des sauts, il en faisait, il sautait haut et s’accrochait aux bras et aux bas des manches des dames, à leurs bracelets et leurs sautoirs, elles sursautaient, leurs cris fusaient comme des pétoires, les perles tombaient par terre; elles, les femmes se laissaient choir, et leurs brillants roulaient dans les coins sombres. Lui avait compris qu’il serait puni et filait dans l’ombre.

Il faut qu’j’vous dise, Rien, il était noir. De l’ombre et du sombre, il y en avait, c’était l’été! Mais quel été! Il pleuvait tant qu’on sentait bien que l’hiver était proche. L’eau du ciel était gelée alors qu’on aurait dû manger des glaces. Y a plus d’saisons. Tout était gris, même les idées et les pensées et d’autres fleurs, on les cueillait pour égayer et Toutou Rien les déterrait, on se fâchait et rien n’était panser.

« Trois beaux jours suffiraient », disait Jean qui revenait de brousse, « du jaune du chaud et du soleil ». Je sais ce qu’il souhaitait en regardant sa mousse « un verre, du rhum et du sommeil » mais je répliquai en souriant : « Trois fois rien en somme » Et là j’ai vu son œil vert viré au fauve… !!?? Tel un dogue, sinistre et bête comme le chien « Faudrait pas m’épuiser? Je calcule peut-être comme un pied, mais si j’enfile deux chaussures tous les matins c’est que j’en ai deux et c’est pas rien. Alors ne me prends pas pour un pingouin. Si c’est trois fois c’est pas une somme ».

Ce quelque chose l’avait assis. Était-ce la flotte ou le mauvais temps ? Étaient-ce les mois et les ans ?  Il était là à bouger ces doigts comme arthrosés. Dix tentacules qu’il pliait et qu’il comptait. Et je riais intérieurement: « Quel con tu es ».

Je suis partie. Je gardai le silence le laissant là, peut-être las un peu grisé et imbibé. On a beau dire, les Jean et les genres des gens sont différents. Un peu de mots c’est beaucoup trop parfois, un presque rien avait tout effacé. Rien de lui ne m’a suivi, mais Rien, lui, me suivit. Ce chien, je l’aimais bien.

Chez Carnets Paresseux c’est l’AI de juin avec Tout et son contraire ! mais attention, pas tout, tout de suite, ni tout de même, ou tout et n’importe quoi, encore moins tout le monde cherche son chat… On pourra glisser des mots et une photo, les siens ou la sienne, ou pas. Chez moi, c’est le chien et plutôt que Tout, j’ai choisi Rien.

Se mettre à nu

Se mettre à nu… c’est pas facile, j’ai hésité bien entendu. Je ne voulais pas être vue.

Se mettre à nu

Le bon moment j’ai attendu. Turlututu chapeau pointu, je ne sais comment ce jour est venu.

Je n’avais pas mis mes bas et je sortis une jambe: elle fut gelée. Puis j’ai tendu un bras et j’ai pris froid. Et là j’ai toussé mouché craché… ça a continué et bien duré deux ou trois mois.

J’ai réessayé en juin et enlevai mes lunettes. Sans elles rien était net. Je voyais trouble mais j’étais bien. Je restai au dehors, je me sentais pousser des ailes, j’étais légère comme un oiseau dans l’air.

L’air de rien, toujours en juin il faisait chaud, j’ai quitté le haut et montré mes seins. Juste un collier au ton bleuté autour du cou. Collet monté, me direz-vous. Pourquoi pas bien ? Et du coup, si peu vêtus, les autres aussi. Combien ? qu’importe le nombre et les formes, ceux-ci étaient gros tant pis et ceux-là tous riquiqui.  Dommage, aurais-je du cacher les miens ? Non ma foi, c’est chouette ainsi et si tout va bien j’enlève le bas demain.

Se mettre à nu

Oser et divaguer pour répondre à Valentyne et l’agenda ironique et sourire avec une page de mon body-flip-book.

Six nuages s’étirent dans le ciel bleu

Six nuages s’étirent dans le ciel bleu
Deux oiseaux volent et combattent le vent
Le soleil brillera toute la journée.

Six nuages s'étirent dans le ciel bleu

Six adultes qui vivent souvent autour de moi
Deux petits garçons font le bonheur de ma vie
Un nouveau jour commence plein de joie.

Six amis  (et plus) auxquels je tiens infiniment
Pour deux jours de weekend partagés affectueusement
Et une vie entière qui continue allègrement.

Six visages sont terminés
Deux pages seulement sont assemblées
Pour un body flip book de fous rires.

Juste pour remercier toutes les personnes qui m’entourent, avec lesquelles je vis et je ris, à celles qui me liront et celles qui m’ont écrit. Juste pour une journée que l’on voudrait comme les autres.

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On est en 1831 et Mary aura bientôt 16 ans

On est en 1831 et Mary aura bientôt 16 ans.

On est en 1831 et Mary aura bientôt 16 ans

Dans son journal, elle nous décrit la dernière année qu’elle vient de vivre.  Réaliste, elle se dépêche d’écrire avec ses mots et son franc parler.
Si elle partageait une vie difficile de labeur et de misère dans la campagne anglaise entre ses trois grandes sœurs, un père dur, une mère insensible et son grand-père tendre, elle nous raconte combien sa vie a changé quand elle fut placée au service de la famille du pasteur.
Si elle a pu découvrir la douceur auprès d’une femme fragile, elle sera dévouée et fera preuve d’obéissance.
Si elle apprend rapidement à lire et à écrire auprès du pasteur, elle doit accepter d’être humiliée et avilie… jusqu’à ce que sa vie bascule tragiquement.

On est en 1831 et Mary aura bientôt 16 ans

C’est sans doute la couverture de ce roman en format poche qui a attirée mon attention. « La couleur du lait »… Je l’ai mis dans mon sac pour le lire, comme les autres, dans le bus.
Mary a tout juste quinze ans au début de la première saison. Elle écrit tout ce qu’elle pense, comme elle le pense. Le style est spécial, mais c’est elle qui écrit et elle en est fière. Sans majuscule, elle note ce qu’elle vit, ce qu’elle voit et ce que lui disent les autres aussi, tel quel, mis bout à bout.

Je lis vite, au rythme de ses mots. Mais le trajet est court ce jour-là, et je dois descendre.
Mary vient d’une famille pauvre où le fait de savoir lire et écrire n’a pas vraiment d’intérêt.
Elle est la petite dernière d’une fratrie de quatre filles. Elle a une patte folle et les cheveux couleur de lait.
Elle n’est jamais allée beaucoup plus loin que la ferme où elle a grandi et la terre qui l’entoure.
Elle doit travailler du matin au soir sans exprimer de sa fatigue.
Elle se méfie d’un père menaçant et parfois brutal qui ne pense qu’au rendement.
Elle connaît peu d’amour dans sa famille, sauf avec son grand-père paternel avec qui il partage des moments tendres.
Il est paralysé et fataliste, et vit avec eux, sous le même toit. Dans la remise aux pommes, il l’attend chaque jour.
Ces instants touchants de leur vie quotidienne l’aident à garder sa bonne humeur.
Pleine de bonté, elle n’a pas la langue dans sa poche et dit tout ce qu’elle pense sans prendre de gants, même quand son aïeul essaie de lui faire comprendre que tout n’est bon à dire.
Leur quotidien va changer quand son père va décider de vendre ses services au pasteur pour s’occuper d’une épouse malade. Elle devient donc domestique. Si elle comprend les richesses de l’instruction et espère sûrement qu’elle pourrait avoir une meilleure condition, elle reste elle-même et la vie de la ferme lui manque.

J’ai lu ce livre durant mes trajets. Pas de façon continue. Certains jours, mes voisins de voyage ressentaient le besoin de m’adresser la parole et je me sentais obligée de ne pas ouvrir ce roman. S’ils avaient su…
Les voyages où je pouvais lire me paraissaient courts. Ces moments de lecture m’étaient précieux, ou simplement la douce compagnie de Mary ?
Pleine de fraîcheur et de vivacité dans les cent cinquante premières pages, elle change petit à petit dans l’empressement de ces tas de choses qu’elle veut dire et sous l’écriture habile de son auteur.

C’est pour répondre à l’Agenda Ironique de Février 2017 chez JoBougon que je vous parle de ce livre de Nell Leyshon.

On est en 1831 et Mary aura bientôt 16 ans

J’ai fini ce petit roman et l’ai posé tout près de moi.
J’ai choisi mes tissus et cousu les pages de mon livre textile tout en pensant à Mary.
En fait c’est elle que j’ai voulu garder tout près de moi.
Pas de mots sur mon livre, que des points. Des visages souriants et des cheveux aux couleurs de cendres.
Notez « La couleur du lait » dans votre PAL. Juste parce que Mary est attachante, et que je voudrais que vous la rencontriez.
Mais je ressens encore le malaise qui m’a envahit dans les trente dernières pages.

 

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C’est toute la face du monde qui serait changée

C’est toute la face du monde qui serait changée si chacun de nous était conscient de l’immense valeur qui est la sienne.

C’est toute la face du monde qui serait changée

Mais on vit dans une société où l’on dit rarement aux gens le bien que l’on pense d’eux. On a beaucoup de pudeur à l’exprimer et, finalement, beaucoup de retenue : chacun garde secrètement en soi ses opinions positives comme des graines qu’on laisserait se dessécher au fond de sa poche au lieu de les semer ou de les confier au souffle du vent, a la terre et à la pluie.

C’est peut-être la raison pour laquelle les gens ne sont pas habitués à recevoir de tels messages, et c’est difficile de faire un compliment sincère à quelqu’un sans que ce soit mal interprété ou que l’on vous prête des intentions sournoises. Et si par une chance inouïe votre sincérité n’est pas mise en cause, alors cette personne va souvent tenter de minimiser par tous les moyens la qualité que vous lui prêtez, dans un élan de modestie qui cache l’embarras à recevoir un cadeau aussi inhabituel.

C’est toute la face du monde qui serait changée

Pour contourner ces travers, Il avait une solution imparable : complimenter et disparaître. S’accorder juste le temps d’apercevoir la surprise, la naissance d’un sourire ou un début d’illumination dans les yeux, puis s’éclipser après avoir livré ce petit bout de miroir positif. C’était jouissif et Il adorait ça.

Nouvel extrait de « Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle.

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