Allumer des bougies

Certains commerçants ont choisi d’allumer des bougies dans les vitrines… Il fait bon se promener dans les rues de la ville en décembre.

Allumer des bougies

Avec Sam, nous marchons le long du fleuve, histoire de nous réchauffer. Le froid se fait cruel. Cette nuit, il sera sans pitié. Je ne sens plus mes orteils, malgré les chaussettes en laine que Vicky m’a offertes.
Mes yeux se posent sur les fenêtres éclairées, j’imagine les gens derrière. Attablés devant des mets savoureux, en train de rire, de boire et de faire la fête! J’imagine les enfants fébriles qui attendent leurs cadeaux et vont passer une nuit merveilleuse.
Ces gens normaux qui ne vivent pas dans la rue.
Qui ont déjà oublié que j’existe.
Que j’ai froid. Que j’ai faim.
Que je me sens seul.
Que je pleure, parfois.
Mais jamais devant eux. Il n’y a que Sam qui peut me voir chialer. Dans ces moments-là, il se blottit contre moi, comme s’il cherchait à me consoler.
Je tombe sur ma couverture et termine ma bière. Il parait que ma mère était infidèle. Pendant que j’étais au foyer, mon père m’a envoyé une lettre où il me demandait pardon.
Suis-je capable de lui pardonner la vie qu’il m’a donnée?
Il est sorti de prison l’an dernier, il a peut-être essayé de me retrouver. Peut-être pas.
… Le bruit de l’eau me bercera et je finirai par m’endormir de froid, dans les bras des étoiles…

Autre extrait de « dans les bras des étoiles » écrit par Karine Giebel.

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