Tout ou rien

Tout ou rien

Tout ou rien

J’ai connu un chien qui se nommait « Rien », il ne répondait pas souvent à son nom, ni au mien non plus… à rien en fait. J’aurais préféré « Foulcan » mais il serait resté, ça n’aurait rien changé. On l’appelait « Toutou Rien ». Il faisait ce qu’il voulait, souvent rien de bien.

Il était moche et ressemblait à tout autre chose qu’un chien…  « Il est pourtant gentil » disait Jean et tous les gens d’ailleurs, ici, si si…

Et on le trouvait un peu sot aussi. Ah! des sauts, il en faisait, il sautait haut et s’accrochait aux bras et aux bas des manches des dames, à leurs bracelets et leurs sautoirs, elles sursautaient, leurs cris fusaient comme des pétoires, les perles tombaient par terre; elles, les femmes se laissaient choir, et leurs brillants roulaient dans les coins sombres. Lui avait compris qu’il serait puni et filait dans l’ombre.

Il faut qu’j’vous dise, Rien, il était noir. De l’ombre et du sombre, il y en avait, c’était l’été! Mais quel été! Il pleuvait tant qu’on sentait bien que l’hiver était proche. L’eau du ciel était gelée alors qu’on aurait dû manger des glaces. Y a plus d’saisons. Tout était gris, même les idées et les pensées et d’autres fleurs, on les cueillait pour égayer et Toutou Rien les déterrait, on se fâchait et rien n’était panser.

« Trois beaux jours suffiraient », disait Jean qui revenait de brousse, « du jaune du chaud et du soleil ». Je sais ce qu’il souhaitait en regardant sa mousse « un verre, du rhum et du sommeil » mais je répliquai en souriant : « Trois fois rien en somme » Et là j’ai vu son œil vert viré au fauve… !!?? Tel un dogue, sinistre et bête comme le chien « Faudrait pas m’épuiser? Je calcule peut-être comme un pied, mais si j’enfile deux chaussures tous les matins c’est que j’en ai deux et c’est pas rien. Alors ne me prends pas pour un pingouin. Si c’est trois fois c’est pas une somme ».

Ce quelque chose l’avait assis. Était-ce la flotte ou le mauvais temps ? Étaient-ce les mois et les ans ?  Il était là à bouger ces doigts comme arthrosés. Dix tentacules qu’il pliait et qu’il comptait. Et je riais intérieurement: « Quel con tu es ».

Je suis partie. Je gardai le silence le laissant là, peut-être las un peu grisé et imbibé. On a beau dire, les Jean et les genres des gens sont différents. Un peu de mots c’est beaucoup trop parfois, un presque rien avait tout effacé. Rien de lui ne m’a suivi, mais Rien, lui, me suivit. Ce chien, je l’aimais bien.

Chez Carnets Paresseux c’est l’AI de juin avec Tout et son contraire ! mais attention, pas tout, tout de suite, ni tout de même, ou tout et n’importe quoi, encore moins tout le monde cherche son chat… On pourra glisser des mots et une photo, les siens ou la sienne, ou pas. Chez moi, c’est le chien et plutôt que Tout, j’ai choisi Rien.

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Se mettre à nu

Se mettre à nu… c’est pas facile, j’ai hésité bien entendu. Je ne voulais pas être vue.

Se mettre à nu

Le bon moment j’ai attendu. Turlututu chapeau pointu, je ne sais comment ce jour est venu.

Je n’avais pas mis mes bas et je sortis une jambe: elle fut gelée. Puis j’ai tendu un bras et j’ai pris froid. Et là j’ai toussé mouché craché… ça a continué et bien duré deux ou trois mois.

J’ai réessayé en juin et enlevai mes lunettes. Sans elles rien était net. Je voyais trouble mais j’étais bien. Je restai au dehors, je me sentais pousser des ailes, j’étais légère comme un oiseau dans l’air.

L’air de rien, toujours en juin il faisait chaud, j’ai quitté le haut et montré mes seins. Juste un collier au ton bleuté autour du cou. Collet monté, me direz-vous. Pourquoi pas bien ? Et du coup, si peu vêtus, les autres aussi. Combien ? qu’importe le nombre et les formes, ceux-ci étaient gros tant pis et ceux-là tous riquiqui.  Dommage, aurais-je du cacher les miens ? Non ma foi, c’est chouette ainsi et si tout va bien j’enlève le bas demain.

Se mettre à nu

Oser et divaguer pour répondre à Valentyne et l’agenda ironique et sourire avec une page de mon body-flip-book.

Il fallait que je t’en cause

Mon cher ami, cette fin d’année ne sera plus comme avant, il fallait que je t’en cause.

Il fallait que je t’en cause

Attends-toi à de grands changements quand tu prendras ma relève la semaine prochaine.

Quand je suis entrée dans l’atelier lundi dernier, Anne a dit plose. Je l’ai trouvée un peu fatiguée comme chaque année à cette période, pas de quoi s’alarmer. Elle semblait prête, mais je sentais qu’elle avait besoin d’air, mais elle ne les prononçait plus, elle préférait les ailes apparemment et en mettait partout, sur son dos, dans sa bouche…

– Pose, a répété le père, pose ça là et va-t-en.

Tant bien que mal, alors j’ai posé. Surprise aussi car je ne l’avais pas vu lui. Il était près d’elle. Il était prêt comme elle, le moustachu. Mais son ton était las. Le thon était là aussi, mais c’est une autre histoire. Ça tombait bien, j’avais besoin d’une pause. Enfin façon de parler quand j’ai posé tout a chu et ce fut soudain le grand bazar dans le verger. La grande boite à dessert que j’apportais s’est ouverte et tous les flonflons contenus versèrent sur le sable. Cette boite, à qui était-elle ? De carton m’étais-je trompée ? Ce n’était pas la tenue habituelle et j’en restais bouche bée. Les arbres aussi car leurs fruits sont tombés. Une grosse pomme trop vite a roulé pour s’arrêter trop près du bassin. Elle cogna la Vénus du jardin, qui de tout son long s’étala. J’ai couru, me dis-je : « tu l’aideras », mais elle était déjà assise et lui étaient poussés des bras. Elle avait dans cette position meilleure allure près des poissons. Seulement maintenant elle causait, et en boucle répétait. Dans son dos sous ses boucles j’ai regardé, et des boutons j’ai trouvés. J’ai actionné et inversé un rouge à peine visible et un vert éclairé. C’était mieux ainsi, j’avais agi puis j’ai souri, parce qu’elle me souriait pardi, mais était figée, ça tue, et son sourire malin me semblait malsain. Ma surprise et la tienne, je parie, continuent car, attends, je n’avais pas tout vu. Je ne comprenais plus, on s’était moqué de moi, était-ce du lard ou du cochon ? la moutarde me montait au nez. « Non d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes »

Car de sirène elle avait la queue maintenant, de la couleur de l’eau du bassin. Aussitôt ma bouche prit la forme de cette lettre, puis changea très vite quand je vis l’arbre changé en réverbère, ma voix s’ouvrit donc sur l’initiale du végétal. Tu vois, pourquoi je te parlais du thon. Statue et ça pue. Ah berk ces drôles effluves fétides grandissaient habillement ici et ma tête tournait. Tournait le parapluie que j’avais ouvert au-dessus de ma tête. Le temps allait-il changer à ce point? Je le repliai et le tins par la canne, c’est qu’on attendait la neige, ici, pour fumer une pipe au coin du feu. Pour qui étaient ces bottes ? Pour celui qui porte la hotte ? J’étais baba au rhum. Rom peut-être, les bottes noires de cuir vernis et bordées de rouge avec les lacets de même couleur. Le chapeau était melon. Pff, on avait l’air de couic avec un tel couvre chef.

Le cheptel attendait. Le père, près des cotillons dans le pré, était prêt à se parer de la tenue d’apparat. J’étais désemparée, presque dés-empaillée. C’est que le père est nouveau, cette année, tu sais. Il me regardait d’un air nar quoiqu’il dise «Ne t’en fais pas, je serai belle et bien beau». Je me suis sentie bizarre. Comment te dire ? Comme une envie de me fourrer des crayons dans les narines. J’avais l’impression que la fête tant attendue des enfants allait changer. Et ça m’est passé.

Je suis lutin depuis toujours, tu sais. Enfin lutine, je suis une fille. Il faut que tu saches, c’est vrai, ce ne sera plus du tout comme avant.

On a bossé comme des fous toute la semaine. Il y avait une ambiance de folie. Le nouveau s’appelle Léon. On a plaisanté sur son nom, on a joué avec ses lettres, on les a briquées. On a bien rigolé. On a frotté et fait briller les lettres de la grande enseigne. Et toutes lues, les lettres des enfants. On leur a répondu aussi, avec des mots et des belles lettres. Des petits mots, et des grandes lettres. Pas de gros mots, oh non, enfin pas écrits mais on en a dit ici, ça oui. Pas lis no dits, c’est bien, tu verras. Et ce collage… fièrement revendiqué par Madame Anne ! Voilà, tu sais pratiquement tout. Fais moi plaisir, fais toi secrète sur c’que j’écris, fais toi surprise quand tu iras. Je t’embrasse et à bientôt pour la grande distribution de Léon.

Il fallait que je t’en cause

En cette fin d’année 2017, les Narines des crayons et Anne de Louvain-la Neuve ont été désignées pour présider l’Agenda ironique #12.17.

 

Pour écrire un peu et sourire surtout

Pour écrire un peu et sourire surtout.

Pour écrire un peu et sourire surtout

Dans le pays, les Bougons étaient depuis toujours des producteurs de fromage. Fromage au lait de chèvre à pâte molle et croûte naturelle. Naturelle aussi était connu leur manque d’amabilité.
De père en fils, et de mère en fille, ils restaient boudeurs, grognons et ronchons. Seulement leurs fromages étaient bons. Mais eux, jamais contents, par contre ils bichonnaient leurs chèvres et préservaient la matière première. La première fois, l’ancêtre avait commencé avec deux sèvres dans le département éponyme. Ce gars-là avait un cheveu sur la langue quand il parlait. Un poil, sans doute. Il était moche, et ceux de la lignée d’aujourd’hui très beaux non plus. Ils avaient la face blanche toute ronde de la taille de leurs fromages, à la peau lisse et molle et ils sentaient la noisette. La noisette ou la bibine, car ils s’arrosaient le gosier dans la famille. Du côte de Beaune ou des côtes du Rhône, beaux jolais, ils l’étaient d’avril à novembre, car «il faisait chaud et que c’était à cette saison qu’il fallait les apprécier» à ce qu’ils disaient.

Il y avait les Macabre aussi. Si un patronyme était connu dans la contrée, c’était bien celui-ci. Si les compter était difficile, tant ils étaient, les conter fut facile pour Emile. La plupart était enseignants au fil des générations. Ils étaient surtout très attachés à la notation et en causaient comme une tendance à la sanction dans l’examen. Ils disaient qu’elle mettait en échec certains élèves. C’est une tante qu’il fallait entendre à ce sujet. Sujet réel, la Cons Tante. Un phénomène. Il y avait aussi le Grand Macabre qui est parti un jour pour une grande balade dans les ruines de l’abbaye et qu’on a jamais revu dont l’ancêtre utilisait un ivrogne pour monture et auquel la mort avait fait une farce lors d’une promenade dans ces ruines.

Les Bougon et les Macabre avaient croisé plusieurs fois leurs branches sous la plume et les récits du Milo. L’un m’a mis l’eau à la bouche et l’autre a mis l’eau dans son vin.  Vingt et cent, ils étaient des milliers. Lier pour une nuit encore, sur la dernière page du dernier volume, quand un rejeton à face blanche est tout juste né. Aura-t-il une chaire et fera-t-il un fromage ? Mages et fées l’ont vu, il tétait sa mère «dans un tiède silence et une paix solitaire, en dressant son petit bras en l’air comme un drapeau d’appel à la vie.»

C’est pour écrire un peu et sourire surtout que je me suis amusée à utiliser l’anadiplose et répondre à l’agenda ironique de novembre chez Ecriturbulente.

 

 

Mes aiguilles à tricoter

Mes aiguilles à tricoter

Mes aiguilles à tricoter

L’or est notre couleur préférée et nous fait penser au soleil.
Elle a choisi d’en mettre juste un peu mêlé à la couleur du ciel.
Ses deux mains nous serrent et nous croisent quand le fil court sur son index droit.

Comme au combat de sabres, on entend le cliquetis du métal froid
Harmonique, harpaillant le fil plusieurs fois pour terminer le rang.
A toute vitesse, les mailles courent sur l’une et dégringolent sur l’autre.
Un jeté par ci, un trou-trou par là, les nœuds s’étirent et se vautrent
Sur le rythme endiablé des vagues et de point mousse, s’étalant
Sur nos deux bras à la fois.
On ne le dirait pas, mais nous vivons de ce mouvement
Ne résistons pas très longtemps
Sans ouvrage sur les épaules

Dans sa boite où elle nous range, on étouffe, on meure
Et nous l’appelons, nous tempêtons en jumelles sœurs.

Malgré tout ça elle ne nous répond pas toujours
Avec les autres aussi, son ouvrage est en cours.
Ravie en tout cas aujourd’hui
C’est avec nous qu’elle rêve, qu’elle crée et qu’elle sourit
En décidant tout de go de tricoter une paire pour ce petit
Assortie à ses yeux, du moins  c’est ce qu’elle dit
Une paire, c’est pas beaucoup, enfin c’est notre avis.

Mes aiguilles à tricoter, je les aime. Ce sont des outils utiles et indispensables. Ils font ma vie, comme mes aiguilles à coudre, mes ciseaux et mon dé. Je raccommode et rafistole. Comme mes lunettes et les livres. Je vois, j’admire et je souris. Comme des casseroles, des assiettes et mes couverts. Je vis quoi, et j’aime ça. Mes outils aussi vivent et parlent. Leurs mots sont en vers, leurs phrases en acrostiche et ma prose en alexandrins quelquefois, car  ici elle nous dit de les laisser parler de nous.

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Pourquoi vivons-nous ?

Pourquoi vivons-nous ?

Pourquoi vivons-nous ?

Ah les papiers blancs. Pourquoi vivons-nous ?
Bureaux abandonnés. Je pense que nous connaissons le score.
Sans cesse. Est-ce que quelqu’un sait ce que nous cherchons ?
Tiens-tu ton héros ou autre idée stupide ?
Et derrière le rideau dans la pantomime
Ne lâche pas. Est-ce que quelqu’un peut encore y arriver ?
Ton spectacle doit continuer.
Il me semble que nos cœurs sont en train de se briser
Ou nos maquillages sont juste en train de s’écailler
Non, vois, nos sourires restent encore
Non, laissons tout ça à la chance.
Il y a comme un vent de chagrin d’amour ou une romance ratée…
Sans cesse.
Mais est-ce quelqu’un sait donc pourquoi nous vivons ?
En tout cas, je devine qu’on apprend.

On en sera plus aguerri désormais
Un faux pas et ce sera la fin peut-être.

Voyez dehors, le soir commence à poindre
On se languit à l’intérieur de rester libres
Ton âme et la mienne sont peintes comme les ailes des papillons
Et les contes d’hier grandiront et ne mourront pas.

Bientôt, on pourra peut-être voler et rire encore, mes amis,
Le spectacle doit continuer
Avec une grimace ou un sourire, on fera face
N’abandonnez jamais, on tiendra l’affiche.
Continuer, trouver la volonté, même si ça doit en tuer.

Juste d’actualité en acrostiche avec les paroles (un peu revues, c’est sûr) de « The show must go on » avec sourire et bonne humeur.
On verra ce soir,
ou pas.

Pour le tricot, c’est un peu pareil. Beaucoup de restes, beaucoup d’hésitations aussi. Alors j’ai commencé, redéfait aussi.

Je dois faire quelque chose. Exactitude. Je devais me décider. Certitude.
Alors j’ai sauté dans le bateau à pieds joints. Décrépitude. J’ai peur de l’eau.
Immensitude de la mer et l’océan. Sombres et profonds, je sais nager pourtant.

Vastitude je le vois… Foultitude de choix. Infinitude des couleurs de laines et des vagues.
Oh mais je me suis décidée, sablitude en couleur d’abord et promptitude pour une autre.
Tout simplement parce que la couleur de ses cheveux clairs était au fond du sac. Douce attitude.
Embarquée dans ma galère, j’ai alterné et continué en similitude

Et je m’y suis habituée. Zénitude.
Très vite, mes aiguilles volaient telles des ailes de papillons.

Folle beauté de l’ouvrage et du mochitude de ce que j’entendais
Amplitude du travail et enflitude du discours, tout se mélangeait
Ils grandissaient le tricot et la campagne, car les mailles et les mots ne meurent pas.
Tsst, tsst, bien sûr j’ai du rêver, mais les ai entendus…

Un tout petit peu, mais j’ai rêvé et tricoté…
Non, pas grand chose, mais c’était trop long… trop dur à entendre.

Ça ne ressemblait à rien. Nullitude.
He oui, par inexactitude de latitude et longitude, j’ai donc défait, mais eux que feront-ils?
Oh  c’est sûr, pour l’un l’effet était joli et régulier, l’autre était triste et niais, mais
Inutile dans l’instant, pour l’autre intolérant à jamais. Alors j’ai repris mes aiguilles…
Xiphoïdes ces outils, xénophobes leurs paroles…

j’ai rêvé, oui oui, j’ai du rêver par habitude au lieu de ramer et compter. En tout cas, multitude de rangs jusqu’à la finitude. Arrivée à bon port, je n’ai jamais de lassitude ressentie, que de la béatitude, je vous le garantis… avec sourire et bonne humeur

Pourquoi vivons-nous ? Pour l’avenir de nos petits et des moments sympas comme ici, l’agenda ironique.

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Le coffre est ouvert

Le coffre est ouvert.

Le coffre est ouvert

Oui, le coffre à souhaits est ouvert. A-t-il été ouvert ou s’est-il ouvert tout seul ? Je ne saurais le dire, bien sûr, puisque je n’étais pas là. Je repassais et j’arrive juste. Passe-poil, le chat, jouait avec ma patte-mouille et m’a attirée ici. Ces pattes sont humides et son poil passe partout.  Oh si c’est lui, misère, il a intérêt à filer droit. Ce n’était pas un coffre-fort, non, un truc tout simple, et je vois bien que ça n’était pas comme ça avant.

Avant quoi ? Ben, il y a peu de temps, j’aplatissais les lisières et suivais le droit-fil sur le linge que je pliais. Regarde et respire. L’air est envahit d’odeurs pâles et de couleurs tendres. Je ne peux pas définir correctement ce qui est apparu. Sans appât rance et de belle apparence. Ça se sent pourtant et ça se voit pour sûr. C’est léger et agréable. Y es-tu sensible? Bof. Vois, ces volutes roses, bleu mauves et orangées qui s’en échappent et qui grandissent. Tiens une petite maison s’élève au dessus d’une brume, la vois-tu maintenant ?

Le coffre est ouvert

Oui. La petite maison, c’est important. C’est le principal pour être à l’abri. Son toit est un livre. Oh ! Les livres qui s’ouvrent et qui étalent leurs pages. Certaines s’en détachent. Il n’y a pourtant pas de courant d’air. Les collines qui se forment ont un air de velours vert. Elles se retournent et offrent des pages à l’intérieur. Des cahiers en tissus comme mes portes-aiguilles. Des mots sont brodés. Lis, les phrases deviennent des poèmes au fur et à mesure que tout grandit. J’étends les bras sur mes aiguilles. Du point mousse pour les bordures, et de la mousse à l’orée du bois. Des arbres apparaissent près d’une barrière, des feuilles tombent et jonchent le sol, des graines ont germées, des tiges poussent et bourgeonnent, leurs feuilles et des fleurs éclosent. Des pétales s’en détachent et s’envolent. Je tourne sur moi-même et regarde en l’air. Des champignons éclatent, le pollen vole emporté vers les nuages en boules de coton. Je ne respire plus depuis un moment, mes oreilles bourdonnent, les muqueuses de mon nez et ma gorge sont irritées, les yeux me démangent et soudain j’éternue violemment. Tout à disparu. Je ne peux rien vous montrer. Il ne reste plus une miette. J’étais toute seule. Mais vous me croyez, hein, que tout peu disparaître après un éternuement ? J’ai cherché pour vous montrer et ça ressemblait un peu à ça.

Le coffre est ouvert

Chez Monesille, cette fois, ce sont les fous qui ont rendez-vous pour l’agenda ironique, c’est ici, et c’est un dessin des chosettes qui m’a inspiré. A tes souhaits, qu’on me dit quelquefois, mais mon plus grand souhait c’est que ce pollen arrête de voler dans les rayons du soleil, ça me rend folle.

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