Le plaisir de tricoter

Les jours et les nuits se sont adoucis, je retrouve le plaisir de tricoter… Laine… moutons… chèvres…

Le plaisir de tricoter

« Dès que les chèvres ont brouté,
Certain esprit de liberté
Leur fait chercher fortune : elles vont en voyage
Vers les endroits du pâturage
Les moins fréquentés des humains :
Là, s’il est quelque lieu sans route et sans chemins,
Un rocher, quelque mont pendant en précipices,
C’est où ces dames vont promener leurs caprices.
Rien ne peut arrêter cet animal grimpant.
Deux chèvres donc s’émancipant,
Toutes deux ayant patte blanche,
Quittèrent les bas prés, chacune de sa part.
L’une vers l’autre allait pour quelque bon hasard.
Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche.
Deux belettes à peine auraient passé de front
Sur ce pont ;
D’ailleurs, l’onde rapide et le ruisseau profond
Devaient faire trembler de peur ces amazones.
Malgré tant de dangers, l’une de ces personnes
Pose un pied sur la planche, et l’autre en fait autant.
Je m’imagine voir, avec Louis le Grand,
Philippe Quatre qui s’avance
Dans l’île de la Conférence.
Ainsi s’avançaient pas à pas,
Nez à nez, nos aventurières,
Qui toutes deux étant fort fières,
Vers le milieu du pont ne se voulurent pas
L’une à l’autre céder. Elles avaient la gloire
De compter dans leur race, à ce que dit l’histoire,
L’une certaine chèvre, au mérite sans pair,
Dont Polyphème fit présent à Galatée;
Et l’autre la chèvre Amalthée,
Par qui fut nourri Jupiter.
Faute de reculer, leur chute fut commune.
Toutes deux tombèrent dans l’eau.

Cet accident n’est pas nouveau
Dans le chemin de la fortune. »

C’est à cette fable « Les deux chèvres » que j’ai pensé lors d’une randonnée cet été. Étais-je en si grande difficulté ? Assurément moins butée que ces animaux ou passage plus large, je n’avais en mémoire que quelques vers. J’ai cherché la suite, j’hésitais, je butais, l’avais-je vraiment sue, j’avais le temps pourtant… ce fut un long moment… Par chance, j’ignorais complètement la fin, celle de La Fontaine. Il me semblait qu’une chèvre se couchait pour laisser passer l’autre sur son dos, mais j’ai inventé pour me donner du courage sans doute. Les circonstances et des noms de cette fable m’échappaient, alors, j’ai trouvé un peu d’histoire: Jean de La Fontaine évoque l’événement de La Paix des Pyrénées en 1659
La paix dite des Pyrénées, est un traité signé le 7 novembre 1659, dans l’île des Faisans, sur la Bidassoa, par Mazarin, premier ministre de Louis XIV, et Luis Mendez de Haro, ministre de Philippe IV d’Espagne. La France, victorieuse à la bataille des Dunes, avec les armées dirigées par Turenne(1658), annexe Cerdagne et Roussillon, et reprend l’Artois cédé à Charles Quint en 1529. Le traité met fin aux hostilités entre la France et l’Espagne, en guerre depuis 1635. Il met surtout fin à la prééminence de la maison des Habsbourg, implantée à Vienne et à Madrid, au profit de la France, qui mène, sous Louis XIV, une ambitieuse politique d’expansion.
Le 9 juin 1660, la paix est scellée par le mariage de Louis 14 et Marie-Thérèse, Infante d’Espagne, en l’église Saint-Jean Baptiste, à Saint-Jean de Luz. (Louis XIV logea du 8 mai au 15 juin au second étage de Lohobiaguenea, qui prit le nom de Maison de Louis XIV, à Saint-Jean de Luz.)

La conclusion du mariage de Louis XIV avec sa cousine est l’une des plus importantes clauses du traité des Pyrénées, signé dans l’île des Faisans le 7 novembre 1659. Cinquante-quatre ans plus tard, elle permettra à Louis XIV de faire monter sur le trône d’Espagne son deuxième petit-fils, Philippe de France, duc d’Anjou.

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La vie est belle

La vie est belle

La vie est belle

La vie est belle pour Lili qui vit heureuse dans sa maison-pomme
Enfin, jusqu’au jour où une femme vient cueillir les fruits du verger.
Très vite, sa maison dérobée disparait dans un immense panier,
Et sa vie bascule. Elle se jure de la retrouver et de lui faire comprendre son désarroi,
Même si les pommes existent pour être mangées. Elle part donc chez la voleuse.
Petite souris et noir corbeau, outrés, l’accompagnent chez cette
Sorcière qui les ignore quand ils arrivent, trop affairée auprès d’un pêcheur
Qui s’est échoué dans la nuit, sur les berges devant son manoir.
Un homme simple, qui avait une vie paisible jusque là, reprend ses esprits.
Il s’est fait attaquer et dévaliser par les pirates des mers sur
Le lac du nord qui ont ensuite coulé son bateau.
Faible mais conscient, il explique sa mésaventure aux trois amis
Avec ardeur et précision, et leur demande de l‘aide pour sortir d’ici.
Il est visiblement captif de cette femme un peu louche, voudrait sortir au plus vite et
Trouver un nouveau navire pour ne pas être en galère trop longtemps.
Les trois amis et compère réussissent à quitter l’endroit discrètement et sans bruit.
En dédommagement de sa maison volée, Lili rafle des provisions
Tant et tant qu’ils en auront pour tout l’hiver et toutes leurs familles.
Rapidement leur bonne humeur est revenue quand il croisent
Oiseau gris, le vieux corbeau, arrivant à tire d’aile de la grande forêt.
Ivre de colère et de vent, éméché et déplumé, il a du mal à s’exprimer.
Ses enfants et cousins vont mourir, un homme coupe tous leurs arbres.
Sans branches, sans feuilles, pas de nid ! où loger maintenant ?
Et sans fleurs, plus insectes ! que vont-ils manger ? que vont-ils devenir ?
Rassurante, Lili montre la quantité de nourriture qu’ils possèdent : « Il y en
Aura pour tout le monde. Allons voir, malgré tout, si on peut arrêter ce massacre ».
L’individu fait ronfler sa tronçonneuse, les arbres tombent bruyamment
En effrayant les animaux qui s’enfuient. Mais il ne voit pas venir l’énorme tempête
Tourbillonnant au dessus de sa propre maison qui se disloque et s’envole en morceaux
Emportés dans le ciel sombre. Les amis trouvent refuge dans un terrier de lapins.
Muets et désolés, ils fixent l’énergumène maintenant surpris par la colère des cieux,
Puis la peur le prend à son tour, alors gêné et contrit, il leur demande le gîte, .
Soudain, il réalise… Il réparera: il est menuisier et refera l’endroit plus beau,
Des oiseaux pourront à nouveau nicher et vivre en famille et en paix.
En entendant ces mots, un petit poisson heureux saute hors de la rivière proche
Tout excité. Il crie qu’il va voir la mer. Il a toujours vécu dans un bocal
Où il ne croisait jamais personne. Un jour, il sauta dans la cuvette des toilettes.
Une chance ! Si le chemin était semé d’embûches, il a tenté l’aventure et il est là,
Terrorisé au début, il est libre maintenant. Il agite ses nageoires et reprend sa route.
Les chemins de la liberté ne sont pas sans danger ! se disent les amis.
Et c’est là qu’un petit agneau déboule de la forêt pleurant, ayant perdu sa
Mère en se sauvant devant les arbres qui tombaient sous la lame
Ou s’élevaient dans la tornade. Mal à l’aise, l’homme sort une petite flûte de sa poche,
Il joue d’abord doucement pour s’excuser. Les animaux et leurs amis retrouvent le sourire.
Sa musique est gaie. Des larmes et la pluie qui tombe mouillent ses joues. « Si j’avais … »

Sur les consignes d’Estelle et pour l’Atelier sous les feuilles, je voulais dire que la vie est belle au défi d’A vos claviers #8 de juin. Il fallait utiliser un dicton, trouvez-le !

Petit bonhomme

Il était une fois un drôle de petit bonhomme très très petit.

Il habitait dans un arbre, dans une toute petite maison construite de feuilles d’érables.
Notre petit bonhomme cachait là un trésor, un formidable trésor d’étoiles.
Des étoiles qu’il avait lui-même volées au ciel.
Un jour, je l’ai vu rentrer chez lui au petit matin, il traversait notre jardin une grosse étoile sur l’épaule.
Il marchait lentement parce qu’elle était très lourde, et il n’avait pas trop de ses deux mains pour la tenir.
Un voleur d’étoiles, je n’en croyais pas mes yeux !
Quelques poussières en sont tombées, j’en ai la preuve.

Lutin de Noël

J’étais lutin de Noël ★ ¸.•´.•´¨) ¸.•¨) ¸.•(¸.•´(¸.•´ (¸.•¨¯`♥*  ¸¸.•*¨*• ☆

Lutin de Noel

alors en janvier vous voyez le travail que ça peut représenter. La semaine qui a suivi Noël, on a fait l’inventaire, puis on a fermé les portes des grands hangars et on a fait la fête avec les rennes histoire de connaître un peu mieux les nouveaux, et de passer du bon temps avant qu’ils ne retrouvent les ours en hibernation.

Un petit tour à pôle emploi, histoire d’être toujours inscrit au chômage et au rsa, d’ailleurs ça va changer me suis-je laissé dire, mais c’est pas le sujet pour l’instant. J’ai de toutes façons rendez-vous avec l’écuyère.
Non pas les cuillères. Quoique quand j’y pense, il n’y a que des couverts en argent chez le père Léon. Si Jésus est né dans la paille, lui doit se faire un blé fou avec toutes les affaires qu’on a livrées et qu’on a rachetées juste après pour presque rien par l’intermédiaire du curé… ou de l’abbé. Parfaitement, je les ai bien entendus. Ebay qui disent tous, alors c’est kif-kif, hein ? y a de quoi être embrouillé avec
En attendant, ça n’est pas l’écuyère qui m’attend mais l’amazone. Mais c’est pareil, non ? Ok on ne la voit jamais celle-là et c’est aussi bien parce que ça n’est pas la place pour son cheval, avec les va-et-vient.
Et là c’est toute l’année qu’on transporte et qu’on rapporte. Avec des camions. Des gros culs. On dépoussière. C’est ce qu’on disait jadis quand il neigeait et que la mère Léon secouait ses édredons et faisait tomber les flocons. Et ben là, c’est tous les jours le grand ménage et qu’il neige et que les gens sont heureux, euphoriques. Parce qu’on revend déjà et à prix fort. Car le marché a déjà repris et à plein pot. Alors, moi le lutin, je surveille. Je regarde ce qui n’irait pas. Ce qui ne collerait pas avec l’attente des enfants. Parce que faut pas croire, les jours se suivent et les anniversaires reviennent. Les hommes et les enfants rêvent…
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L’histoire des boules du père Léon

L’histoire des boules du père Léon

L'histoire des boules du père Léon

« A l’origine, l’arbre de noël était décoré de belles pommes rouges, symboles de la vie durant la saison morte. Cet arbre venait d’orient. Une sorte de plaqueminier m’a dit le père Léon. Dans certaines régions où cet arbre n’existait pas encore, on ajouta des bonbons, des gâteaux, des noix et des noisettes.

C’est un artisan verrier qui eut l’idée de reproduire ces noisettes en verre soufflé, ouvrant une tradition qui se répandit très vite à travers le monde. C’était une année de grande sécheresse, privant le pays tout entier de réserves pour la saison froide, de pommes et de fruits, privant du même coup les sapins de Noël de leurs décorations.

C’est alors que le père Germain, souffleur de verre réputé, a l’idée de faire plaisir aux enfants et confectionne de fameuses boules en verre.

L’idée se répand dans toute la contrée et bien au-delà. Les ouvriers verriers soufflent jours et nuits des boules de toutes tailles. Ces boules décoreront les sapins dans les maisons, mais aussi dans les rues et sur les places. Des boules énormes seront fabriquées. Faute de pouvoir les ranger, le restant de l’année, les plus grosses seront ensuite cassées en morceaux pour réaliser des verres à lunettes et d’horlogerie. Cette tradition préférée du père Léon et ces techniques de soufflage et d’argenture ne se sont jamais perdues et perdurent dans un petit coin de Germanie. »

Juste pour apporter un peu de clarté dans le ciel gris d’aujourd’hui.

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille qui n’avait plus de maman.

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Son père se remaria, mais il choisit une méchante femme. Elle détestait la petite fille et la traitait mal. Elle avait l’idée de se débarrasser de l’enfant. Et un jour que son mari s’était rendu au marché vendre du blé, elle envoya, chez sa sœur, la fillette, chercher du fil et une aiguille sous prétexte de lui coudre une chemise.

La petite fille mit son joli fichu rouge et partit. Et comme elle était maligne, se rendit d’abord chez la sœur de sa propre mère avant de se rendre chez la sœur de l’autre. Sa tante la reçut avec bonté.
– Tante, dit la petite fille, la nouvelle femme de papa m’a envoyée chez sa sœur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise. Mais d’abord, je suis venue te demander, à toi, un bon conseil.

– Tu as eu raison. La sœur de ta marâtre n’est autre que Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! Mais écoute-moi : il y a dans son jardin un bouleau qui voudra te fouetter les yeux avec ses branches, noue un ruban autour de son tronc. Tu verras une grosse barrière qui grince et qui voudra se refermer toute seule, mets de l’huile sur ses gonds. Des chiens voudront te dévorer, jette-leur du pain. Enfin, tu verras un chat qui pourrait te crever les yeux, donne-lui un bout de jambon.
– Merci bien, ma tante » répondit la petite fille.

Elle marcha longtemps, puis arriva enfin à la maison de Baba-Yaga. La sorcière était en train de tisser. « Bonjour ma tante.
– Bonjour, ma nièce.
– Ma mère m’envoie te demander une aiguille et du fil pour qu’elle me couse une chemise.
– Sans souci, je m’en vais te chercher une aiguille bien droite et du fil bien blanc. En attendant, assieds-toi à ma place et tisse. »
La petite fille se mit au métier. Elle était bien contente de s’initier à cet ouvrage.

Soudain, elle entendit Baba-Yaga dire à sa servante dans la cour : « Chauffe le bain et lave ma nièce soigneusement. Je veux la manger au dîner. »
La petite fille tremblait de peur. Elle vit la servante entrer et apporter des bûches, des fagots et des seaux pleins d’eau. Alors elle s’efforça de prendre une voix aimable et gaie, et elle dit à la servante : « Hé, ma bonne, fends moins de bois, et pour apporter l’eau, sers-toi plutôt d’une passoire ! » Et elle lui donna son joli fichu rouge.
La petite fille regardait autour d’elle. Un feu vif et clair commençait à flamber dans la cheminée, l’eau se mettait à chanter dans le chaudron, et bien que ce fût une eau d’ogresse, elle chantait une jolie chanson.
Baba-Yaga s’impatientait. De la cour, elle demanda : « Tisses-tu, ma nièce ? Tisses-tu, ma chérie ?
– Je tisse, ma tante, je tisse. »

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Sans faire de bruit, la petite fille se leva, alla à la porte… Mais le chat était là, maigre, noir et effrayant ! De ses yeux verts il regardait les yeux bleus de la petite fille. Et déjà il sortait ses griffes pour les lui crever. Mais elle lui donna un morceau de jambon et lui demanda doucement : « Dis-moi, je t’en prie, comment je peux échapper à Baba-Yaga ? »
Le chat mangea d’abord tout le morceau de jambon, prit bien son temps pour lisser ses moustaches et répondit enfin : « Prends ce peigne et cette serviette, et sauve-toi. Baba-Yaga va te poursuivre. Colle l’oreille contre la terre, si tu l’entends approcher, jette la serviette, et tu verras ! Colle encore l’oreille contre la terre, et, si elle te poursuit toujours, tu l’entendras sur la route, alors jette le peigne, et tu verras ! »
La petite fille remercia le chat, prit la serviette et le peigne, et s’enfuit.

Mais à peine sortie de la maison, elle vit deux chiens encore plus maigres que le chat, prêts à la dévorer. Elle leur jeta du pain tendre, et ils ne lui firent aucun mal.

Mais, la grosse barrière grinça et voulut se refermer pour l’empêcher de sortir de l’enclos. Alors comme sa propre tante le lui avait dit, elle lui versa toute une burette d’huile sur les gonds, et la barrière s’ouvrit largement pour la laisser passer. Sur le chemin, le bouleau siffla et s’agita pour lui fouetter les yeux; et elle noua un ruban rouge à son tronc, et le bouleau la salua et lui montra le chemin. Elle courut, courut, courut.

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Pendant ce temps, le chat s’était mis à tisser. De la cour, Baba-Yaga demanda encore une fois : « Tisses-tu, ma nièce ? Tisses-tu, ma chérie ?
– Je tisse, ma vieille tante, je tisse, répondit le chat d’une grosse voix.
Furieuse, Baba-Yaga se précipita dans la maison. Plus de petite fille ! Elle rossa le chat et cria : « Pourquoi ne lui as-tu pas crevé les yeux, traître ?

– Eh ! dit le chat. Voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais donné le plus petit os, tandis qu’elle m’a donné du jambon ! »
Baba-Yaga rossa les chiens. « Eh ! dirent les chiens. Voilà longtemps que nous sommes à ton service, et nous as-tu seulement jeté une vieille croûte ? Tandis qu’elle nous a donné du pain tendre ! »

Baba-Yaga secoua la barrière. « Eh ! dit la barrière. Voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais mis une seule goutte d’huile sur les gonds, tandis qu’elle m’en a versé une pleine burette ! »

Baba-Yaga s’en prit au bouleau. « Eh ! dit le bouleau. Voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais décoré d’un fil, tandis qu’elle m’a paré d’un beau ruban de soie !

– Et moi, dit la servante, à qui pourtant on ne demandait rien, et moi, depuis le temps que je suis à ton service, je n’ai jamais reçu de toi ne serait-ce qu’une loque, tandis qu’elle m’a fait cadeau d’un joli fichu rouge ! »

Baba-Yaga siffla son mortier, qui arriva ventre à terre, et elle sauta dedans. Jouant du pilon et effaçant ses traces avec son balai, elle s’élança à la poursuite de la petite fille, à travers la campagne.

La petite fille colla son oreille contre la terre : elle entendit que Baba-Yaga approchait. Alors elle jeta la serviette qui se transforma en une large rivière !

Baba-Yaga fut bien obligée de s’arrêter. Elle grinça des dents, roula des yeux jaunes, courut à sa maison, fit sortir ses trois bœufs de l’étable et les amena près de la rivière. Et les bœufs burent toute l’eau jusqu’à la dernière goutte. Alors Baba-Yaga reprit sa poursuite.

La petite fille était loin. Elle colla l’oreille contre la terre. Elle entendit le pilon sur la route. Elle jeta le peigne qui se changea en une forêt touffue ! Baba-Yaga essaya d’y entrer, de scier les arbres avec ses dents. Impossible ! La petite fille écouta : plus rien. Elle n’entendit que le vent qui soufflait entre les sapins verts et noirs de la forêt.

Pourtant elle continua de courir très vite parce qu’il commençait à faire nuit, et elle voulait rentrer très vite à la maison pour rassurer son père, avant qu’il ne la croit perdue.

Justement, le vieux paysan, de retour du marché, avait demandé à sa femme :

– Où est la petite ?
– Qui le sait ! avait répondu la marâtre. Voilà des heures que je l’ai envoyée faire une commission chez sa tante. »

La petite fille arriva enfin , les joues toutes rouges d’avoir couru. Il lui demanda :
– D’où viens-tu, ma petite ?
– Ah ! dit-elle. Petit père, ma mère m’a envoyée chez ma tante chercher une aiguille et du fil pour me coudre une chemise, mais figure-toi que c’est Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! »

Et elle raconta toute son histoire. Le vieil homme était très en colère contre sa femme et la chassa de sa maison en lui ordonnant de ne plus jamais revenir.

Depuis ce temps, la petite fille et son père vivent en paix. Je suis passée dans leur village, il y a peu. Enfin je crois que c’est eux qui m’ont invitée à leur table. Le repas était très bon, on a bien ri au récit de leur histoire et tout le monde était content. En fait tout se mélange dans ma tête et dans ce livre…  Je ne sais plus très bien si j’y étais vraiment. Ce que je sais c’est que j’y suis restée longtemps dans ce livre et finalement, ça me plait de penser que c’était ainsi.

Il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers

Tap top Tap top. Il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers. Le nez en l’air, Hérisson cherche et fouille de tous côtés pour trouver de quoi manger. Soudain, juste devant lui, une pomme.

Il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers

Une pomme bien ronde, bien mûre, bien grosse. Une pomme si belle qu’elle ouvrirait l’appétit de n’importe qui. « Voilà de quoi me régaler », se dit le Hérisson.
Hop. Il pousse de ses pattes, il pousse de son nez la grosse pomme derrière un rocher.
C’est que les gourmands ne manquent pas dans les bois. Alors, pour manger tranquille, Hérisson préfère manger caché.

« Oh la belle pomme » dit une voix.
Et papoum, papoum. Des petits bonds tranquilles, des petits bonds en coton. Voilà Lapin qui n’était pas loin et qui vient.
– C’est à toi ça ?
– La pomme est à moi, répond le hérisson.
– Hum, ça donne faim. Y aurait-il un morceau pour moi ?

Hérisson embarrassé réfléchit, remue sa tête, remue son nez.
Mais sa pomme est assez grosse pour être partagée.
– Coupons-la en deux, dit-il, il y en aura bien assez.
Et hop. Tous les deux poussent des pattes, ils poussent des oreilles et du nez la grosse pomme derrière un tronc d’arbre pour manger cachés. Et oui, à cause des gourmands.

– Oh, la belle pomme, dit une autre voix.
Et zou et zip et zip et zou. Des petits pas rapides, des petits pas qui volent. Voilà Écureuil qui glisse jusqu’au sol.
– C’est à qui ça ?
– La pomme est à moi, répond le hérisson.
– Hum, ça donne faim. Y aurait-il un morceau pour moi ?

Hérisson embarrassé réfléchit, remue sa tête, remue son nez.
Mais sa pomme est assez grosse pour être partagée.
– Coupons-la en trois, dit-il, il y en aura bien assez.
Et hop, tous les trois poussent des pattes. Ils poussent des oreilles, de la tête et du nez la grosse pomme derrière un buisson pour manger cachés. Et oui, à cause des gourmands.

– Oh, la belle pomme, dit encore une voix.
Et tati tati, toti toti. Des petits pas légers, des petits pas de brindilles. Voilà Souris toute excitée qui sautille jusqu’à eux.
– C’est à qui ça ?
– La pomme est à moi, répond le hérisson.
– Hum, ça donne faim. Y aurait-il un morceau pour moi ?

Hérisson embarrassé réfléchit, remue sa tête, remue son nez.
Mais sa pomme est assez grosse pour être partagée.
– Coupons-la en quatre, dit-il, il y en aura bien assez.
Et hop, tous les quatre poussent des pattes. Ils poussent des oreilles, de la queue, de la tête et du nez la grosse pomme vers le milieu de la clairière pour manger sans se cacher. Et oui, les gourmands sont tous invités.

Et pomme est coupée, déchiquetée, partagée, puis rousillée, savourée, dégustée, avalée.
Mais… un morceau de pomme, même d’une grosse pomme, ce n’est pas comme un pomme entière. Les petits ventres émettent des gargouillis et les animaux ont encore faim. Hérisson se demande s’il n’aurait pas du tout garder…
– Attendez, dit Lapin, j’ai deux carottes et une salade dans mon terrier.
– J’ai des glands et des fruits des bois, ajoute Écureuil.
– J’ai du fromage et des noix, complète Souris, allons vite les chercher.
Des petits pas s’en vont de tous côtés et Hérisson attend. Lapin, Écureuil et Souris reviennent vite, les bras chargés de bonnes choses à manger.

Quel repas, quel régal, Le hérisson ne regrette plus du tout d’avoir partagé sa pomme. Sans ça, pas de carottes ni de salade, pas de fromage ni de noix, pas de glands ni fruits des bois, et surtout pas d’amis non plus pour partager tout ça.

Et vous, avez-vous des amis ou préférez-vous les petites pommes? et s’il n’y avait plus que des grosses pommes, auriez-vous des amis?
C’est une histoire de Zemanel, que vous pouvez raconter aux enfants, et pas que.