Autoportrait d’une journée en couleurs

Autoportrait d’une journée en couleurs

Autoportrait d'une journée en couleurs

Quand l’aube blanche pointe à l’horizon,
Le temps est passé de rêver en bleu,
Même si de froid virait au violet,
Je dois garder le teint rose et frais,
Et penser en jaune et aux gens heureux.
J’essaie de vivre en vert en toute saison.
Je sais rire en orange de mes déboires,
J’adore aimer en rouge et je souris,
Maîtrise le pourpre qui arrive, assurément,
Sans mystère distraire en marron mon amant.
Tandis que tous les chats redeviennent gris
C’est alors que la nuit tombe noire.

Autoportrait d’une journée en couleurs avec beaucoup d’humour pour répondre  à la poésie du jeudi chez Asphodèle et à AmeGraphique du  le petit carré jaune.

Tout s’est combiné à merveille. Tout d’abord la découverte du défi laine, très tôt ce week-end, chez Anne-Claire que propose « Tricote un sourire » sur le thème de la palette de Monet. Et la pluie de samedi ou le temps changeant du dimanche qui me permettent de chercher les fils et commencer à tricoter les carrés. En revenant sur le blog. je relis et réalise que ce serait bien d’écrire pour ce rendez-vous poétique de jeudi. Et c’est Ame graphique qui m’inspire le titre.

Et le défi du fil me rattrape, vous trouverez tout ça ici.

 

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile.

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile

J’ai atterri sur la table. Juste à côté d’un accroche-cœur ambré. Ça m’avait l’air comestible. Et alléchant, en tout cas.
Je m’agenouillai et goûtai. C’était du jus d’abricot. Et délicieux en plus de ça ! J’aspirai et me délectai.
Je m’abreuvais, et ça me détendait. Je fermai les yeux un moment pour mieux apprécier.
Quand je les rouvris, quel fut mon étonnement d’apercevoir l’anamorphose de ma face ahurie sur le dos d’une cuillère.
Cette surprise fut de courte durée. J’aspirais encore, car la soif ne me quittait plus.
L’ambiance était calme dans cette maison, et je sentis soudain ma fatigue.
C’est que j’avais arpenté la campagne tout l’après-midi. J’avais viré de ci de là et zigzagué en tous sens.
J’aime ma vie en plein air. Je peux même ajouter que j’adore quand le vent promène mon arrière-train sur un itinéraire approximatif aux allures d’arabesques.
D’ordinaire, on dit affirmativement de moi que je suis une abeille active. Mais là, je suis toute azimutée. J’ai surtout le ventre bien plein. Et il va falloir repartir. Vite, il faut agir avant que quelqu’un ne rentre dans la pièce. Ouf! me voilà ressortie d’où j’étais venue: par la fenêtre.

Oui, je me suis prise pour une abeille gourmande le temps d’écrire ces phrases pour les Plumes 51 chez Asphodèle avec les mots qui étaient ici. Et un gros sur un sac à tissus en crazy et brodé de petites bêtes, de feuilles et de fleurs.

C’était un soir doux et triste

C’était un soir doux et triste comme un soir après l’orage où les nuages d’un gris laiteux éteignent toute espérance de soleil.

C'était un soir doux et triste

J’ai jeté un regard par la fenêtre, le vague à l’âme. Les feuilles semblaient pendre des arbres, toutes neuves pourtant mais comme endolories. Alors j’ai ouvert mes malles. Des malles où reposent mes pelotes. J’en touche une, je sais que c’est la seule de ce coloris-là. C’est un cadeau d’une de mes mignonnes quand elle était encore enfant. Le ciel insensiblement s’enfumait de tons sombres et exquis au fur et à mesure que la nuit tombait.

C'était un soir doux et triste

Les autres pelotes sont pour la plupart toutes uniques et orphelines. Des petits cadeaux de fête des mères, pour beaucoup. Je souris. Je vais faire de leurs petits présents un gilet bien chaud. Et ce mois-ci, ne dit-on pas « en avril ne te découvre pas d’un fil »? Ce sera un mariage de couleurs vives et de fils soyeux pour la fraicheur des jours de printemps et des soirs d’été sur un modèle original.

C'était un soir doux et triste

C’est une alternance de quatre rangs d’une pelote et deux ou trois mètres d’une autre, comme la vie sait le faire avec les jours ensoleillés qui suivent les jours de pluie. Commencement au milieu du dos, sans avoir trop bien mesuré et évalué les dimensions. Alors jai défait et recommencé, deux fois. Mon ouvrage est presque fini à cette heure.  Le soir s’annonce au blondissement de la lumière.

C'était un soir doux et triste

Par la fenêtre entrouverte, mon regard se porte vers la ligne invisible et mystérieuse où les nuages et les monts de l’horizon se confondent. Des corbeaux crient haut dans le ciel en direction des grands arbres. Je sens la caresse du vent infatigable ici. Le temps s’attarde. J’ai pris l’aiguille à coudre maintenant pour bâtir grossièrement le gilet et l’enfiler. L’effet est joli. Je le finirai de deux coutures le long des manches et des épaules, un tour de cou et quelques boutons sur le devant.

Un petit texte qui s’inscrit bien « Agenda ironique – En Avril, suivez le fil » de l’ami Dodo Carnets Paresseux.

La terre a bien changé

– Tiens donc, la terre a bien changé, se dit l’oiseau en se posant sur une branche qu’il trouve trop souple et glissant à terre qu’il picore et piétine bon train la trouvant bizarre et un peu trop molle.

La terre a bien changé

– Eh là, faudrait pas te gêner ! Arrête de me piquer le bas du dos comme tu le fais, brait l’âne surpris et furieux, secouant la queue pour se ventiler l’endroit meurtri..

La terre a bien changé

– Tiens-toi tranquille et cesse de me crier dessus pour me faire peur, répond le volatile plus surpris que l’autre et heureux de rencontrer quelqu’un, je cherche de la nourriture pour mes enfants.

La terre a bien changé

– Et tu crois peut-être que c’est sur mon cuir que tu vas découvrir des vers et des insectes ! s’écrit l’âne en caracolant et cabriolant. Enlève-toi de là ou vas piquer un autre animal !

– On n’y voit rien à cette heure et les petits piaillent déjà. Il me semble que je ne dors plus depuis quelques jours.

La terre a bien changé

– Regarde dans la paille, fouille et soulève-la un peu, il y aura bien quelques vers qui régaleront toute ta famille.

– Merci, dit une seule fois l’oiseau. Il picora, emplit son bec et partit bien vite avec quelques signes de tête pour l’âne.

La terre a bien changé

– Eh, siffleur !, reviens me voir quand tout ton monde sera rassasié. Je suis seul ici, et tu pourrais me tenir au courant des dernières nouvelles, me raconter combien la campagne se fait belle et que tu dois bien voir de là-haut…

Sur les conseils de la Dame de Louvain, ce sera donc  pour « Agenda ironique – En Avril, suivez le fil » de l’ami Dodo Carnets Paresseux: « Comment jouer ? Facile : on écrit un texte où il est question de fil et de ce que vous voudrez, avec une goutte d’ironie et de temps qui passe. Pas de forme imposée : journal, comptine, conte, fait-divers, lettre, poème, dialogue, conférence… tout est permis ! Il peut être publié en une fois ou en treize épisodes (pour faire plus faudrait en sortir deux ou trois par jour – pourquoi pas ?), illustré ou pas. Longs comment, les textes ? Disons aux alentours de 700 mots – sans trop tirer sur la ficelle – mais bon on est là pour lire, pas pour compter… » Le ou les texte[s] doi[ven]t être publié[s] avant le dimanche 17 avril dans la soirée.

On a des pieds pour aller danser

– On a des pieds pour aller danser, et puis des hanches à balancer, et des épaules à remuer…

On a des pieds pour aller danser

– Monsieur, tous mes procès allaient être finis, il ne m’en restent plus que quatre ou cinq petits: l’un contre mon mari, l’autre contre mon père et contre mes enfants; ah Monsieur la misère.

– On a des pieds pour aller danser, et puis des hanches à balancer, et des épaules à remuer…

On a des pieds pour aller danser

– Je ne sais quel biais ils ont imaginé, ni tout ce qu’il ont fait, mais on leur a donné un arrêt par lequel, moi vêtue et nourrie, on me défend, Monsieur, de plaider de ma vie.

– Certes, tu vas pas rester dans le canapé à regarder les gugus à la télé, te dire que la vie c’est moche, que t’as plus rien dans tes poches

– Le trait est noir, j’en suis surprise…

On a des pieds pour aller danser

– Tu vas pas rester dans le canapé à regarder les gugus à la télé, te dire de voter pour eux, qu’il y a que ça qui rend heureux

– Monsieur, j’en suis au désespoir…

– « T’as le bridon » dirait le hanneton, « t’as le cafard » dirait le canard, on a des pieds pour aller danser et puis des hanches à balancer et des épaules à remuer. Tu vas pas rester dans le canapé à regarder les gugus à la télé, te dire qu’faut faire gaffe à tout y a du mauvais temps partout…

On a des pieds pour aller danser

Chanson (de P Sébastien) et scènette (de J Racine) mêlées pour cette broderie sur le devant d’un sac pour Bébé.

Les rayons du soleil se sont posés sur ses pieds

Les rayons du soleil se sont posés sur ses pieds. Elle a mis ses chaussons dans son sac et les chaussera dans quelques heures, quand elle sera arrivée. Pour l’instant, elle a chaussé ses meilleures chaussures, elle est fin prête et piétine déjà avec les autres, ils sont des milliers heureux et souriants. Le départ du marathon sera donné dans quelques minutes…
et voilà ce qu’elle aurait pu mettre dans son sac:

Les rayons du soleil se sont posés sur ses pieds

On commence par le premier lien d’un côté en montant 3m sur des aiguilles n°3.
Tricoter 40rgs au point mousse (20 côtes)
Continuer en mousse en augmentant 12 fois 1m à chaque début de rang.
On a 27m.
Doubler toutes les mailles sur un seul rang, en augmentant 1m après chaque m. On obtient 54m
Continuer en côtes 2/2 sur 44rgs.
Diviser par 2 le nombre des mailles en tricotant 2à2m ensemble sur tout le rang. On obtient 27m.
Continuer au point mousse, en diminuant 12 fois 1m à chaque début de rg, il reste 3m.
On termine par le deuxième lien de l’autre côté en tricotant 40rgs au point mousse sur ces 3m. Arrêter.
Tricoter la même chose, une deuxième fois, pour un deuxième chausson.

Les rayons du soleil se sont posés sur ses pieds
Finitions :
Plier le travail en 2 dans le sens du tricotage. Coudre seulement chaque côté de la partie en côtes 2/2, pliée sur elle-même.
On peut confectionner deux pompons (ou 2 petites fleurs) et les coudre sur le dessus avant de chaque chausson.

Magie Noire

Magie Noire

Prises dans un tourbillon de pelotes orphelines, les mailles courent sur les aiguilles, se suivent et s’empilent, et voilà ce que ça donne pour le dos aux coins des épaules.

La nuit descend et toi tu prends ma main
Poupée vaudou à quoi tu joues ? A rien
Ça c’est toi qui le dis
Mais moi je te suis quand même
Au bout de la nuit et parce que je t’aime
Tu files et tresses comme une araignée
Des toiles de caresses ça peut se déchirer

Magie Noire

Ça c’est toi qui le dis
Mais moi je te suis quand même
Au bout de la nuit et parce que je t’aime
Je suis pris au piège dans ton manège
Ça tourbillonne comme dans un rêve
Minuit s’enroule noyé d’ivresse
De mes yeux coule un S.O.S.

Ta magie noire ah ah
C’est juste une ombre dans ton regard
Ta magie noire
Comme des aiguilles sur ma peau
Ou des caresses sur tes ailes
Tu vois bien que ça m’ensorcelle
Maintenant tu me serres comme un dessert c’est mieux
Et puis tu me manges comme une orange des yeux

Magie Noire

Ça c’est toi qui le dis
Mais moi je te suis quand même
Au bout de la nuit et parce que je t’aime
Y’a sur tes lèvres des maléfices qui brillent
Comme des prisons dorées
Des paillettes comme sur du pain d’épices
Qui fondent quand on peut y goûter

Ta magie noire ah ah
C’est juste une ombre dans ton regard
Ta magie noire
Comme des aiguilles sur ma peau
Ou des caresses sur tes ailes
Tu vois bien que ça m’ensorcelle

Chantée par Philippe Russo, pour répondre avec beaucoup d’humour à la poésie du jeudi chez Asphodèle et à AmeGraphique du  le petit carré jaune.