In Memoriam pour la poésie du jeudi

In Memoriam pour la poésie du jeudi chez Asphodèle

In Memoriam pour la poésie du jeudi

Il s’appelait
Mohammed Sceab

Descendant
d’émirs de nomades
décéda
parce qu’il n’avait plus
de Patrie

Il aima la France
et il changea de prénom

Il fut Marcel
mais n’était pas français
il ne savait plus
vivre
dans la tente des siens
où l’on écoute la cantilène
du Coran
en savourant un café

Et il ne savait pas
délier
le chant
de son abandon

Je l’ai accompagné
avec la maîtresse de l’hôtel
où nous habitions
à Paris
du numéro 5 de la rue des Carmes
allée flétrie et en pente

Il repose
au cimetière d’Ivry
faubourg qui ressemble
toujours
en un jour
à une
foire décomposée

Et peut-être moi seul
sais encore
qu’il a vécu

Traduit d’un poème en italien qu’avait écrit le 30 septembre 1916, Giuseppe Ungaretti, quatre après la mort de l’ami égyptien, qui l’avait accompagné dans son déménagement d’Alexandrie à Paris, en 1912. Ce sont sûrement les actualités de la semaine qui m’ont fait choisir cette jolie page d’écriture, In Memoriam pour la poésie du jeudi chez Asphodèle

Le mois du blanc se termine et c’est demain que Fée vrillée arrive

Le mois du blanc se termine et c’est demain que Fée vrillée arrive.
Les jours sont beaucoup plus longs qu’au début de janvier et l’air reste frais et blanc.
Parfois mes doigts se réchauffent à tourner les pages de mes livres, pendant que les ouvrages réchauffent souvent mes genoux.
J’aime les rêves et tout s’enchevêtre. Je sors de mon livre et me frictionne les mains. Il faudra rêver et parler de fiction.
J’avais écrit un mot, il demande un dialogue. J’avais dit blanc et je ressens le vide.
Ai-je passé le relais à un mythologue? car c’est à sphinx qu’il faudra parler. J’en lis plus, je suis curieuse.
« Sphinx à la tête et au buste de femme, au corps de lion avec des ailes de grand oiseau ». J’en ris, ça gamberge et je divague.
Faut-il avoir passer un long mois sous le soleil d’Égypte pour avoir des idées pareilles ?
ou faudra-t-il que j’aille vivre au pays des glaces et des pingouins pour pondre quelque chose de potable ?
en tout cas, certains dialogues sont déjà écrits
et si ça vous dit de rejoindre l’Agenda Ironique de Février, c’est ici que le sujet est en clair.

Le mois du blanc se termine et c'est demain que Fée vrillée arrive

Deux derniers petits mots accrochés au cou de cet oiseau qui vient tout droit de chez Betyle sur un fil.

Le mois du blanc se termine et c'est demain que Fée vrillée arrive

Tricot – Gilet blanc

Joli modèle au tricot – Gilet blanc en coton.

J’ai fait un échantillon 10x10cm qui correspondait à 30m et 45rgs en jersey endroit. J’ai mis longtemps à rédiger cet article et voici les explications de ce modèle en 3 tailles: 3-6-12mois.

Pour le corps:
Monter 174-186-198m sur les aiguilles n°2.
Tricotez 1,5cm en cotes 1/1
Au 6ème rang faire un trou-trou (2m ens et 1 jeté) pour une boutonnière à 3 mailles du bord. Puis faire 3 autres boutonnières (2m ens et 1 jeté) tous les 32 rangs.

Avec les aiguilles n°2,5 continuer en jersey end, sauf pour les 8 premières et dernières mailles en cotes 1/1
A 11,5-13,5-15,5cm de hauteur totale formez les emmanchures
Tricotez 43-46-49m, rabattre 6m, Tricotez 76-82-88m, rabattre 6m
Continuez sur les 43-46-49m dernières m en diminuant à 2m du bord droit ts les 2rgs 24-26-28 fois 1m
Simultanément à 19,5-22,5-25,5 cm de hauteur totale pour l’encolure à gauche, en rangs incomplets, laissez en attente tous les 2rgs 1fois 11-12-13m, 2fois 2m et 3fois 1m
A 22,5-25,5-28,5cm de hauteur totale laissez en attente la m restante

Même travail en vis à vis pour le devant gauche sur les 43-46-49m de l’autre extrémités.

Reprenez les m en attente au milieu et pour les emmanchures diminuez à 2m de chaque bord tous les 2rgs 26-28-30 fois 1m
A 23,5-25,5-29,5cm de hauteur totale, laissez en attente les 24-26-28m restantes

Pour la manche gauche:
Montez 50-54-58m sur les aig n°2
Tricotez 1,5cm au point mousse
Avec les aig n°2,5 Continuez en jersey end en Augmentant à chaque extrémité tous les 4rgs 13 fois 1m- tous les 4rgs 14fois 1m- alternativement tous les 4 et 6rgs 15fois 1m
On obtient 76-82-88m
A 13,5-15,5-16,5cm de hauteur totale pour les emmanchures rabattre à chaque extrémité 1fois 4m puis diminuez à 2m du bord droit tous les 2rgs 26-28-30 fois 1m
Et à 2m du bord gauche tous les 2rgs 24-26-28 fois 1m
Ensuite à gauche, en rangs incomplets, laissez en attente tous les 2rgs 3fois 6m-1fois 6m et 2fois 7m-1fois 8m et 2fois 7m

Pour la manche droite:
Même travail en vis à vis

Pour le montage:
Fermez les manches et montez les

Pour la bordure encolure:
Relevez toutes les mailles laissées en attente autour de l’encolure sur des aig n°2.
Tricotez 8rgs en cotes 1/1 (Pensez à faire la dernière boutonnière, si elle n’est pas faite)
et rabattre toutes les mailles

Coudre les boutons.

Petits chaussons tricotés boutonnés

Tout se tricote au point mousse pour ces Petits chaussons tricotés boutonnés. Mes pensées s’évadent quand je tricote, je pense d’abord à suivre mes idées…

Monter 31m, Tricoter 15m, placer un marqueur, 1m, placer le 2ème marqueur, 15m

Petits chaussons tricotés boutonnés

Au 2ème rang augmenter 1m en début de rang, et tricoter jusqu’au 1er marqueur, augmenter 1m, tricoter 1m, augmenter 1m, tricoter jusqu’à la fin du rang et augmenter 1m en fin de rang
Tricoter le 3ème rang tout au point endroit.
Aux 4ème, 6ème et 8ème rangs : augmenter 1m en début de rang, et tricoter jusqu’au 1er marqueur et augmenter 1m, tricoter les mailles jusqu’au 2ème marqueur, augmenter 1m, tricoter jusqu’à la fin du rang et augm 1m en fin de rang
Tricoter les 5ème et 7ème rangs comme le 3ème
On a 51m et 5 cotes mousse.

Mais tout s’envole, je pense à ce que je vais de mes nouveaux tissus…

Du rang 9 au rang 19, enlever les marqueurs, tricoter au point mousse
Au rang 20 : Tricoter 15m, 2m ens 5fois, 1m, 2m ens 5fois, tricoter 15 m
Les rangs 21 à 23, tricoter au point mousse
Au rang 24 : Tricoter 10m, arrêter 21m, tricoter les 10 dernières mailles
Sur le côté droit,
Au rang 25 : tricoter 10m, augmenter 10m et
Du rang 26 à 27 tricoter sur ces 20m
Au rang 28, arrêter les 20m.

Et j’ai tricoté sans même faire attention, et je suis allée chercher de l’autre laine pour un autre projet…

Faites la même chose du côté gauche.

C’est le bazar, et je ne retrouve plus mes boutons…

Faites une bride-boutonnière au bout de chaque petite « bretelle » et coudre les boutons sur le chausson en croisant les attaches, comme sur la photo

Petits chaussons tricotés boutonnés avec un brin d‘évasion en photo pour AmeGraphique du carré jaune proposé par Aifelle.

Symphonie en blanc majeur

Symphonie en blanc majeur

De leur col blanc courbant les lignes,
On voit dans les contes du Nord,
Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes
Nager en chantant près du bord,

Ou, suspendant à quelque branche
Le plumage qui les revêt,
Faire luire leur peau plus blanche
Que la neige de leur duvet.

De ces femmes il en est une,
Qui chez nous descend quelquefois,
Blanche comme le clair de lune
Sur les glaciers dans les cieux froids ;

Conviant la vue enivrée
De sa boréale fraîcheur
A des régals de chair nacrée,
A des débauches de blancheur !

Son sein, neige moulée en globe,
Contre les camélias blancs
Et le blanc satin de sa robe
Soutient des combats insolents.

Dans ces grandes batailles blanches,
Satins et fleurs ont le dessous,
Et, sans demander leurs revanches,
Jaunissent comme des jaloux.

Sur les blancheurs de son épaule,
Paros au grain éblouissant,
Comme dans une nuit du pôle,
Un givre invisible descend.

Symphonie en blanc majeur

De quel mica de neige vierge,
De quelle moelle de roseau,
De quelle hostie et de quel cierge
A-t-on fait le blanc de sa peau ?

A-t-on pris la goutte lactée
Tachant l’azur du ciel d’hiver,
Le lis à la pulpe argentée,
La blanche écume de la mer ;

Le marbre blanc, chair froide et pâle,
Où vivent les divinités ;
L’argent mat, la laiteuse opale
Qu’irisent de vagues clartés ;

L’ivoire, où ses mains ont des ailes,
Et, comme des papillons blancs,
Sur la pointe des notes frêles
Suspendent leurs baisers tremblants ;

L’hermine vierge de souillure,
Qui pour abriter leurs frissons,
Ouate de sa blanche fourrure
Les épaules et les blasons ;

Le vif-argent aux fleurs fantasques
Dont les vitraux sont ramagés ;
Les blanches dentelles des vasques,
Pleurs de l’ondine en l’air figés ;

L’aubépine de mai qui plie
Sous les blancs frimas de ses fleurs ;
L’albâtre où la mélancolie
Aime à retrouver ses pâleurs ;

Le duvet blanc de la colombe,
Neigeant sur les toits du manoir,
Et la stalactite qui tombe,
Larme blanche de l’antre noir ?

Des Groenlands et des Norvèges
Vient-elle avec Séraphita ?
Est-ce la Madone des neiges,
Un sphinx blanc que l’hiver sculpta,

Sphinx enterré par l’avalanche,
Gardien des glaciers étoilés,
Et qui, sous sa poitrine blanche,
Cache de blancs secrets gelés ?

Sous la glace où calme il repose,
Oh ! qui pourra fondre ce coeur !
Oh ! qui pourra mettre un ton rose
Dans cette implacable blancheur !

Théophile GAUTIER

Il est temps de passer le relai pour l’Agenda ironique

Il est temps de passer le relai pour l’Agenda ironique. La Fée Vrillée (dixit Valentyne) n’attend que ça ! Mais avant de confier la poursuite de ce délire, un dernier mot sur le blanc comme le contait très ironiquement Coluche:
« …
Et puis qu’est-ce que vous avez aussi ? Vous avez le nouvel Omo .
Ah ! Il est bien le nouvel Omo ! C’est celui qui lave encore plus blanc que blanc !
Moi, j’avais l’ancien Omo qui lavait plus blanc et il lavait déjà bien hein !
Mais maintenant il y a le nouvel Omo qui lave encore plus blanc !
Moi j’ose plus changer de lessive, j’ai peur que ça devienne transparent après… »

Ça me trottait dans la tête depuis un moment… voyez pourquoi…

Il est temps de passer le relai pour l'Agenda ironique

Je vois que les résultats du sondage favorisent le poème « Mort d’hiver » et que justement RxBodo sur Bodoblog  se propose d’héberger l’Agenda Ironique de la Fée Vrillée (ben oui, j’aime bien), alors puisqu’il est temps de passer le relai pour l’Agenda ironique, ce sera chez lui que l’on postera la prochaine fois. Je vous remercie d’avoir jouer ici avec moi sur le blanc et autre thème pour cet Agenda Ironique de janvier, je me suis régalée, je me sens blanchie et je vous laisse toutes les autres couleurs pour le restant de l’année. J’ai pris beaucoup de plaisir à proposer ce thème, j’ai découvert le « sondage sous WP », j’ai réinventé les règles, et j’ai agi comme j’aime, en toute liberté.

J’ai déjà découpé d’autres T-shirts… pour des tapis de couleurs cette fois-ci.

Cher frère blanc

Cher frère blanc

Cher frère blanc

Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?

Poème de Léopold SEDAR SENGHOR pour la poésie du jeudi chez Asphodèle  et pour l’ironie de l’agenda du mois blanc.

Les autres participants sont là aujourd’hui.