Je me suis toujours senti comme un funambule

« À vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule.

Je me suis toujours senti comme un funambule

J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions.
Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein.
Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant.
J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter.
J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit. »

Cet extrait de « Un funambule sur le sable » de Gilles Marchand véritable roman de la différence, pour illustré ce petit personnage né de mes aiguilles et de mes lectures du moment. Tellement poétique aussi.

«  Il y avait les vagues, il y avait le sable. Il y avait le vent aussi.
Il y avait les pins, leurs pignes et leurs épines. Il y avait les écureuils.
Il y avait les dunes ou plutôt une grande dune qui s’étirait à perte de vue.
Il y avait les chemins qui cheminaient, les marcheurs qui marchaient, les vendeurs qui vendaient, les bronzeurs qui bronzaient, les pêcheurs qui pêchaient, le sable qui sablait et les mouettes qui mouettaient.
Tout était en ordre.« 

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Ondine scrute l’océan

« Ondine scrute l’océan où ça merdoit.

Ondine scrute l'océan

 » La scène représente la scène.
Côté cour, un jardin.
Côté jardin, la mer.
Au centre, l’humble maison d’Ondine au dos des dunes,
où la mère d’Ondine dresse la table.

Par la fenêtre entr’ouverte, Ondine regarde la mer. (Pas la mère, la mer).
Elle est amère. (Pas la mer, Ondine).

Son œil scrute l’horizon où ça merdoit (pardon),
son œil scrute l’horizon où son père doit pêcher le congre ou le bar.

Le congre que le bar abhorre ou le bar que le congre hait.
Car Ondine a la dalle et la mère a les crocs.

Selon qu’il aura pris la barque à congres ou la barque à bars,
le père devra remplir la barque à congres à ras bord de congres
ou la barque à bars à ras bord de bars.

Or, il a pris la barque à bars.
Au premier plan, rappelez-vous, le spectateur voit, au flanc de
la montagne rouge feu, moutonner un maquis vert.
Il y serpente des chemins rares qui débouchent soudain sur des
criques sauvages où nul imbécile cintré dans sa bouée Snoopy
ne vient jamais ternir, de son ombre grasse et populacière,
l’irréelle clarté des fonds marins mordorés où s’insinue le
congre que, donc, le bar abhorre.
Ben oui : le bar abhorre le congre par atavisme.
Le congre est barivore.
Et donc le bar l’abhorre.
Si vous voulez, le bar est fermé aux congres du fait même que
le palais des congres est ouvert au bar.

Le court extrait d’Ondine que je vais avoir l’honneur de vous
interpréter maintenant se situe au moment précis où Ondon,
le frère d’Ondine, part pour la Crète.

La nuit tombe.
La mère d’Ondine et d’Ondon appelle sa fille.

La mère – Ondine !
Ondine   – Oui la mère ?
La mère – T’as vu l’heure ?
Ondine   – Et alors, la mère ?
La mère – Et alors on dîne ! « 

Hommage à P Desproges

 

Je me suis endormie au soleil

Je me suis endormie au soleil sur la plage. La marée montante a commencé à me  caresser les pieds. J’étais bien.

Je me suis endormie au soleil

Puis il a tellement plu et le niveau de l’océan a tant monté que les flots m’ont embarquée au loin sur mon matelas pneumatique, très loin. Combien de temps ? Je n’en sais rien, je dormais toujours. Plusieurs jours en tout cas, car les reflets de la lune et du soleil étaient restés imprimés sur les flots à côté de moi. Ça paraît incroyable mais je ne raconte pas des bobards, j’ai une photo comme preuve de ce que j’écris là.

J’étais restée tellement longtemps que mon corps en était brûlé. Je vais mieux maintenant, merci de vous en inquiéter, je n’en garde aucune séquelle.

Tout mon corps était rouge, sauf mes bras et mon visage qui avaient du être protégés par mon grand chapeau. Genre sombrero, mais celui-là on ne l’a jamais retrouvé.

Des tas d’animaux marins m’ont accompagnée. Et sauvée en fin de compte ! Ce sont eux qui ont dû attirer l’attention des sauveteurs qui me cherchaient.

Une énorme jument verte de mer empêchait que mon embarcation ne chavire. Une bouée à tête de cheval, c’est ce qualificatif que mon mari emploie quand on parle de ce souvenir.

Et un grand thon protégeait mon sac qu’il avait enduit de bave scintillante et le poussait à la surface avec une de ces nageoires pour l’empêcher de couler. C’est sûrement comme ça qu’ils ont su qui je suis.

Des sirènes nageaient en profondeur et faisaient un tel cirque autour de moi qu’elles éloignaient les gros navires et déviaient les paquebots de leurs routes habituelles. C’est ce qu’évoquent les vagues quand on souffre d’insolation que me répète le gars à tête de mérou qui passe régulièrement.

Je n’en sais pas plus sur tout ce petit monde car il a disparu juste après ce cliché que l’infirmier m’a confié il y a quelques jours quand j’ai éparpillé par mégarde le contenu de mon sac à paillettes sur mon lit. Il m’a demandé de le garder dans mon sac, d’arrêter d’en parler si je veux reprendre une vie normale, et d’aller un jour au musée voir d’autres clichés de Marc Ch. Alors je vous écris, c’est tellement extraordinaire ! Non, non, ce n’est point une carabistouille.

Pour les sourires de l’Ai d’avril à l’Atelier sous les feuilles.

Je me suis endormie au soleil

 

Si j’étais toi

Si j’étais toi…

Si j’étais toi, je serais bobine
Bien remplie j’aurais bonne mine
et chatoyante pour tes ouvrages
et attrayante, j’aurais pas d’âge

Si j’étais toi
Je viendrai me voir plus souvent
Qu’il fasse beau temps ou temps de vent
Approche-toi sous mon toit

Si j’jette étoile tout là haut
Ce serait les soirs ou nuits d’été
Pour admirer le ciel et sa beauté
Pour aimer la vie et boire ton eau

Si j’étais tout à deux euros
Je serais petits livres évidemment
De haïku et poésie pour ma Maman
Ou de nouvelles pour toi et pleins de mots

Si j’étais toit
Je serais d’ardoise , de chaume ou autrement
Je serais solide à tout moment
Ce serait bien, et toi ?

Si j’étais toile
Ce serait de lin ou crêpe ou soie
Pour des tentures et voiles
ou une chemise et bien chez soi

Si j’étais tout azimut
Je ne serais pas toi mais moi bien sûr
Jamais en rythme, pas à ta mesure
Je me dépêche, voilà la chute

C’est pour répondre à celle qui est loin, Victorhugotte qu’avait sorti son turban, sa boule de cristal et son vieux paquet de cartes.
Et voilà ce qu’elle avait pêché : l’Arcane XVII : l’Etoile. Les consignes étaient celles-ci: « Vous n’y connaissez rien en Tarot ? Moi non-plus. Alors bonne occasion d’imaginer ce que veut bien vous dire cette jeune femme blonde au brushing assez réussi, agenouillée sous une pluie d’étoiles multicolores et peut-être filantes. Elle vous donne dix conseils pour la nouvelle année. Vos dix bonnes résolutions en quelque sorte. Peut-être de boire plus d’eau ? (la main droite) ou de vin rouge ? (la main gauche). A vous de nous dire tout ça sous forme de poème à forme fixe ou non. Il devra commencer par : Si j’étais toi… » Je n’ai pas suivi toutes ces consignes, j’avoue mais j’ai joué, et me suis bien amusée.

Lutin de Noël

J’étais lutin de Noël ★ ¸.•´.•´¨) ¸.•¨) ¸.•(¸.•´(¸.•´ (¸.•¨¯`♥*  ¸¸.•*¨*• ☆

Lutin de Noel

alors en janvier vous voyez le travail que ça peut représenter. La semaine qui a suivi Noël, on a fait l’inventaire, puis on a fermé les portes des grands hangars et on a fait la fête avec les rennes histoire de connaître un peu mieux les nouveaux, et de passer du bon temps avant qu’ils ne retrouvent les ours en hibernation.

Un petit tour à pôle emploi, histoire d’être toujours inscrit au chômage et au rsa, d’ailleurs ça va changer me suis-je laissé dire, mais c’est pas le sujet pour l’instant. J’ai de toutes façons rendez-vous avec l’écuyère.
Non pas les cuillères. Quoique quand j’y pense, il n’y a que des couverts en argent chez le père Léon. Si Jésus est né dans la paille, lui doit se faire un blé fou avec toutes les affaires qu’on a livrées et qu’on a rachetées juste après pour presque rien par l’intermédiaire du curé… ou de l’abbé. Parfaitement, je les ai bien entendus. Ebay qui disent tous, alors c’est kif-kif, hein ? y a de quoi être embrouillé avec
En attendant, ça n’est pas l’écuyère qui m’attend mais l’amazone. Mais c’est pareil, non ? Ok on ne la voit jamais celle-là et c’est aussi bien parce que ça n’est pas la place pour son cheval, avec les va-et-vient.
Et là c’est toute l’année qu’on transporte et qu’on rapporte. Avec des camions. Des gros culs. On dépoussière. C’est ce qu’on disait jadis quand il neigeait et que la mère Léon secouait ses édredons et faisait tomber les flocons. Et ben là, c’est tous les jours le grand ménage et qu’il neige et que les gens sont heureux, euphoriques. Parce qu’on revend déjà et à prix fort. Car le marché a déjà repris et à plein pot. Alors, moi le lutin, je surveille. Je regarde ce qui n’irait pas. Ce qui ne collerait pas avec l’attente des enfants. Parce que faut pas croire, les jours se suivent et les anniversaires reviennent. Les hommes et les enfants rêvent…
(¯`v´¯)
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Bonjour 2018

Bonjour 2018

2018

Ah, elle commence bien, cette année-ci

Une pleine lune, un beau bébé chez les amis

Gardez la forme, profitez des jours et des nuits

Unissez-vous contre le vent, restez au chaud

Souriez, riez et partagez votre joie

Tenez bon, serrez les mains tendues

Il est là le bonheur, dans les mots des uns et les paroles des autres

Ne fermez pas les yeux, admirez les étoiles et aimons la vie.

Du jour de Noël

Du jour de Noël

Du jour de Noël

Une Pastourelle gentile
Un Berger en un Verger,
L’autre hyer en jouant à la Bille
S’entredisoient, pour abreger :
Roger
Berger !
Legere
Bergere !
C’est trop à la Bille joué,
Chantons Noé, Noé, Noé !
Te souvient-il plus du Prophete,
Qui nous dit cas de si hault faict,
Que d’une Pucelle parfaicte
Naistroit un Enfant tout parfaict ?
L’effect
Est faict :
La belle
Pucelle
A un Filz du Ciel avoué,
Chantons Noé, Noé, Noé !

Poème de Clément Marot extrait de ce recueil des histoires à lire au pied du sapin. En ces jours de pluie et de neige ventés, des lectures pour enfants et des poèmes d’un autre temps ou simplement feuilletage de pages juste pour regarder et commenter les images.