Si vous voulez me faire plaisir

Si vous voulez me faire plaisir, ne vous levez pas en même temps que moi le matin, j’aime prendre le temps de me réveiller et me considère comme agressée si je dois vous écouter et vous répondre de suite…

Si vous voulez me faire plaisir, laissez-moi aussi entendre la radio du matin… Ça rythme le début de ma journée et, de grâce si vous voulez vraiment me faire plaisir, ne touchez pas le bouton de la station.

Si vous voulez me faire plaisir, permettez que j’étale mon ouvrage sur la table et que je prenne la place qu’il me faut. Je sais que ce n’est pas toujours agréable de restreindre la sienne, mais j’aime profiter de la lumière. Les idées viennent avec le jour, et les fils ont de très belles couleurs. Mes yeux les voient mieux, sans doute.

Si vous voulez me faire plaisir

Si vous voulez me faire plaisir, ne me forcez pas à trop manger à cette saison. A cette chaleur, trois bouchées suffisent. Je boirai, je vous le promets, je boirai beaucoup d’eau tout au long de la journée. Apportez vos ouvrages, partageons nos idées, étalons nos tissus, découpons nos envies, y aura matière à manger, à croquer et à se nourrir.

Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de vos promenades et vos lectures, décrivez-moi vos balades et vos romans. Emmenez-moi avec vos mots, emportez mon esprit sur vos traces, mes oreilles seront toutes ouïes. Montrons-nous nos croquis et leurs couleurs, nous les broderons de perles et de points avec bonheur.

Si vous voulez me faire plaisir, ne partez pas, restez tout près. Racontez-moi vos plus belles histoires sous les étoiles de la nuit. Parlez de tout, refaites le monde à votre gré. Gardez longtemps cette lueur de bonne humeur. Je perçois encore votre sourire et votre joie.

Quoi? Il ne fait pas nuit! Ben oui, je le vois bien puisque je suis avec toi ici! Mais elle reviendra, la nuit. Attends ici, et souris bon sens, on nous regarde. Vois! Tourne-toi vers l’ouest et quitte un peu ta lune, Vénus et Jupiter ne feront bientôt qu’une.

C’était juste pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye en toute liberté.

Oiseau de Juin

Oiseau de juin au lever du soleil, fais donc attention à toi…

Oiseau de juin

Un oiseau s’envole,
II rejette les nues comme un voile inutile,
II n’a jamais craint la lumière,
Enfermé dans son vol
II n’a jamais eu d’ombre.

Coquilles des moissons brisées par le soleil.
Toutes les feuilles dans les bois disent oui,
Elles ne savent dire que oui,
Toute question, toute réponse
Et la rosée coule au fond de ce oui.

Un homme aux yeux légers décrit le ciel d’amour.
Il en rassemble les merveilles
Comme des feuilles dans un bois,
Comme des oiseaux dans leurs ailes
Et des hommes dans le sommeil.

de Paul Eluard

J’ai posé cet oiseau ce matin pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux.

Le top 5 de la musique que j’écoute en ce moment

Le top 5 de la musique que j’écoute en ce moment n’existe pas vraiment. Je me laisse bercer parce que j’entends. Je n’écoute jamais un CD en entier, même si le chanteur ou compositeur me plait bien, car je navigue d’une pièce à l’autre dans la maison. J’allume la radio dès que je me lève, je perçois la musique qu’elle diffuse. Puis j’entends les musiques des autres membres de la famille, puisque ça leur plait ça me va bien et je pourrais leur dire « Love me like you do ». Quelquefois je suis ravie de la radio « andalouse » qu’a sélectionnée le chauffeur de bus. « Je vole » pendant que le véhicule roule et que les chansons déversent des « headlights » dans mes oreilles et nous réveillent. C’est sûrement pour ça que presque tous les autres passagers portent des écouteurs. « Je garde le sourire » car c’est ma « love story » quotidienne. Pour montrer sans doute « mieux que nous » que les gens sont joyeux et débordent de gaieté à la belle saison, les haut-parleurs des rues vibrent, crient et hurlent « don’t look down » à notre arrivée. Tiens pardi, en voilà une drôle d’idée. Je regarde malgré tout où je pose les pieds en descendant les marches pour sortir, car j’ai la tête pleine de couleurs et des sons qui m’entourent.

Le top 5 de la musique que j'écoute en ce moment

pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye

Médiocre

Médiocre. Voilà le mot pour l’atelier que propose Sabine. Elle écrivait jeudi dernier que ce mot vient d’une phrase entendue sur les ondes de France Inter : être médiocre est savoir faire preuve de justesse. Elle a trouvé cela merveilleux d’être médiocre. Et elle attend avec une folle impatience nos AmeGraphiques pour ce jeudi 18 juin…

Bien sûr, j’ai eu envie de chercher dans le dico pour répondre au mieux. Mais pas le temps ce matin-là et j’avais ma petite idée. Ce mot, sitôt lu, sitôt recopié sur un papier et mis dans ma poche. Il fallait que je me dépêche car j’allais prendre mon bus de justesse. J’ai les poches pleines de mots. J’ai des clés aussi dans mes poches, et quand je sors mes clés, les papiers tombent et les mots aussi… Je plaisante… 

C’est le temps médiocre de ce matin, après une grande nuit d’orage qui me fait écrire ceci. D’ailleurs, quelques gouttes tombent encore des nuages chassés par le vent. L’odeur de terre mouillée envahit l’atmosphère. J’avance dans le jardin. J’entends juste le bruit des gouttes et des herbes soudain allégées qui se redressent. Le tronc d’un arbre humide brille. Je m’approche sans gêne et découvre avec admiration un monde qui semble insensible aux odeurs et aux bruits. Les plus petits, les insignifiants, ceux à qui on ne prête guère attention s’affairent et savent se confondre à leur environnement. Un beau cliché que le temps m’a offert et que le médiocre m’inspire à ce moment. J’ai fixé les merveilles de ce monde vivant. Oh non, pas médiocre du tout.

Médiocre

Ah oui, ça me revient… Médiocre donc. J’avais copié le mot avant de quitter la maison… juste un peu plus tard, j’ai placé son papier en marque-page dans mon livre car voici l’extrait que j’ai lu ce matin là dans le bus:

« L’étudiant l’attendait dans la cœur.
– Je ne suis pas d’accord avec vous, monsieur.
Il ne comprit pas immédiatement qu’on lui parlait. Il contemplait. Il ne savait pas ce qu’il devait admirer le plus, l’étudiant blond au teint presque irréel comme en peignait quatre cents ans auparavant Raphaël, ou bien le cerisier du japon, unique arbre qui sortait du goudron, éclaboussant le jour avec ses milliers de fleurs roses.
L’étudiant, plein de ce qu’il avait à dire depuis plusieurs jours, ne se laissa pas démonter par l’apparente impassibilité de son professeur.
– Pourquoi dites-vous que vous êtes un peintre médiocre ? Êtes-vous le bon juge ? Qui vous autorise ?
Il sursauta devant l’emportement du jeune homme.
– Qu’est-ce qui vous prend ?
– J’ai été révolté par votre confession, l’autre jour. A la différence de mes camarades, moi, j’ai eu le privilège de voir vos tableaux.
– Où ça ? demanda-t-il, agressif, comme si on lui annonçait qu’on avait fouillé dans ses affaires intimes.
– A Paris, chez le comte de B. Il en possède trois. J’ai été très impressionné par ces toiles (indépendamment du fait qu’elles soient de vous), elles m’ont fait réfléchir, en particulier Le Dictateur vierge.
– Ah oui ?
Il ne se souvenait pas que cette toile avait été achetée par B. Bêtement, cela le rassura. Il savait que cette œuvre-là reposait dans une bonne maison.
– Monsieur, je crois que vous vous mentez à vous-même lorsque vous dites avoir quitté la peinture parce que vous vous jugiez médiocre.
– Non, je ne me mens pas et je ne me trompe pas. Je ne suis même pas un petit maître du surréalisme.
– Ce n’est pas à vous de décider ! criait le jeune et s’empourprait de colère.
L’Autre s’attendrit. Moi aussi, j’étais comme ça à son âge. Intransigeant. »

D’EE Schmitt qui a écrit La part de l’autre, voici ce que j’ai choisi pour illustrer le mot proposé par Sabine du petit carré jaune pour AmeGraphique. Pas facile, ma Sabine!

Les livres de l’année

Les livres de l’année aux couleurs de la vie. Avec empressement et agilité, les points de couture et de broderie tiennent les pages ensemble. En accordéon ou à feuilleter les motifs s’étalent pour une seule idée sur six ou huit pages.

Les escargots illustrent le beau temps après la pluie ou la lenteur du temps qui passe.

Les fleurs et les cœurs montrent notre bonheur.

Les feuilles brodées, appliquées et ourlées poussent tant et plus sur ces pages.

Les animaux de toutes sortes s’y camouflent, ou s’y reposent.

 

 

 

 

Les couleurs de ma vie

Les couleurs de ma vie

Elles sont pâles et délicates quand le jour pointe et que mes yeux craignent l’agressivité. Elles sont de plus en plus colorées au fil de la journée. Elles se montrent dans les yeux des regards que je croise. Elles se voient dans le sourire des personnes qui m’entourent. Elles s’épanouissent sur les tissus que l’on touche. Découpées de différentes façons pour suivre une idée. Assemblées et évoquer la nature ou brodées pour raconter une histoire. Les couleurs de ma vie aujourd’hui, ce sont nos pages textiles enfin finies

Les couleurs de ma vie

pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye