Un battement d’ailes

Un battement d’ailes de Milena Argus. C’est un moment délicieux que j’ai passé à lire et à broder pour répondre au mot Ailes et une photo d’AmeGraphique du petit carré jaune. Un battement d’ailes, c’est presque le temps que j’ai mis pour lire ce récit pétillant pour répondre à Albine aussi et sa collection d’oiseaux.

Un battement d'ailes

Un battement d’ailes dans un lieu enchanteur en Sardaigne, plombé de lumière et de secrets intimes.

Sur la colline qui domine la mer, au milieu des terres arrachées au maquis, se tient la maison de Madame, dernier bastion de résistance aux barres à touristes. Seule, décalée dans ses robes bizarres cousues main et dans son naïf refus de l’argent, Madame n’est pas conforme.

Elle vit dans un tourbillon de désirs et de frustrations. Elle excite les mâles, dérange le voisinage, nargue les promoteurs immobiliers qui lorgnent sa grande maison face à la mer, s’affuble de robes extravagantes, et se meurt d’attendre l’impossible amour.

Quand la nervosité la gagne, que malgré les rites magiques le grand amour se dérobe, elle dévale les deux cents mètres du chemin escarpé jusqu’à la plage et nage vers le large.

Madame dérange, mais pas le grand-père moqueur, pas le fils aîné des voisins, trompettiste incompris des siens, ni sa jeune et fantasque amie de quatorze ans, la narratrice du roman : « La grand-mère des voisins dit que Madame se donnait trop vite aux autres hommes, qu’elle ne les laissait pas languir, alors qu’il faut ça aux hommes et que pour se faire épouser, on doit résister jusqu’au dernier jour. »

Cette voix de petite fille, ingénue et délurée, est bien sûr celle de Milena, l’affranchie.

Eux savent…

 

 

Le rêve de cette nuit

Le rêve de cette nuit, c’était un monde gris où le vert et le bleu dominaient. Les poissons étaient oranges et les papillons roses…

Le rêve de cette nuit

Cette nuit j’ai fait un rêve,
Des gens de partout se regroupaient
Et ils semaient des graines d’amour,
Éradiquaient la haine pour toujours Depuis je prie, depuis j’espère
Que mon rêve un jour verra le jour
Je n’en peux plus de ces guerres, toute cette colère
La planète Terre sans frontières,
Le même Dieu pour qui veut des repères
Oh non non, je ne vais plus faire marche arrière,
j’ai fait un rêve,
Enfin le soleil se lève Imagine, plus personne n’a plus jamais faim,
A chaque être humain
Offert petit bout de terrain
Et à chacun qui naît
Le choix de vivre en paix,
C’était, oh non, pas la peine de venir
Si c’est pour déjà partir
On n’a pas besoin de martyre. Sont admis au paradis sur Terre
Ceux qui évitent tous conflits
Et tolèrent,
On bannit tyrannie dès aujourd’hui
Xénophobes sur ce globe exclus
Qui violent et s’entretuent,
Au monde de demain
On tend la main.j’ai fait un rêve,
Enfin le soleil se lève Oh non! Toute cette colère
Ses victimes de guerre
Prisonniers, rancuniers
Brutalité, cruauté
Liberté, honnêteté
Fidélité, égalité
Fragilité, stabilité
Responsabilité
Oh! j’ai fait ce rêve
J’ai fait ce rêve
Où le soleil se lève
Enfin se lève. Faudrait pas, faudrait pas
Qu’on me l’enlève,
J’ai fait ce rêve Et j’suis pas la seule
J’suis pas la seule
A faire ce rêve…Je prie, j’espère
Que mon rêve était visionnaire.

… pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye  cette jolie composition chantée par A Red. J’avais, pour cette photo, déposé mon dessus de courte-pointe sur mon canapé pour admirer ces chats avec un certain recul. Aujourd’hui, le matelassage est commencé… ces trois petits points ne suffisent pas à exprimer la longueur de temps qu’il me faut encore pour terminer l’ouvrage.

Le premier rendez-vous

Le premier rendez-vous

Quand monsieur le Temps
Un beau jour de printemps
Fait d’une simple enfant
Presque une femme
Dans le songe bleu
D’un avenir joyeux
Fermant les yeux
Elle soupire au fond de l’âme

Le premier rendez-vous

Ah ! qu’il doit être doux et troublant
L’instant du premier rendez-vous
Où le cœur, las de battre solitaire,
S’envole en frissonnant vers le mystère
Vous, l’inconnu d’un rêve un peu fou,
Faites qu’il apporte pour nous
Le bonheur d’aimer la vie entière
L’instant du premier rendez-vous

Un amour naissant
C’est un premier roman
Dont on joue tendrement
Le personnage
On ne sait jamais
S’il sera triste ou gai
Mais on voudrait
Vite en ouvrir toutes les pages

C’est un toute liberté et beaucoup de plaisir que je réponds à ce défi, cette semaine. Comment ne pas parler de cette chanson chantée par D Darrieux et P Bruel pour le premier rendez-vous proposé par Agoaye pour 53 billets pour 2015 ?

C’était une folie de s’évader ainsi

Elle se rend compte que c’était une folie de s’évader ainsi par ce chemin. Elle doit se dépêcher avant que le tonnerre éclate. Le courage la reprend et elle avance d’un bon pas. Elle baisse la tête pour éviter une branche, et s’accroche à une autre quand ses pieds risquent de céder sur la pente un peu trop raide. Heureusement, ses articulations sont encore souples, mais le vernis de ses ongles a souffert de ces acrobaties.

Une abeille la précède ; et c’est avec admiration qu’elle peut la suivre un moment comme si elles faisaient la course toutes les deux. Elle a chaud et écrase une goutte de sueur qui glisse au coin de son œil comme si elle avait pleuré.

Elle sent l’odeur de fumée maintenant, et pense au feu de bois dans sa cheminée. Elle rêve d’un gâteau au chocolat ou d’un dessert au caramel qu’elle aurait mis à cuire avec amour pour ses petits.

Elle va vite et voudrait pouvoir accélérer encore plus comme ces personnages de jeux numériques, mais elle n’est pas dans un logiciel. Elle sourit. Si seulement c’était le cas ; elle n’aurait plus ces travaux de couture et de raccommodage, ni ces tas de pelotes qui l’attendent à la maison. Tout serait fait aussi vite que l’on craque une allumette pour fumer une clope, aussi rapidement qu’on raque des tunes au poker ou qu’un play-boy croque la vie. Oui, tout serait fait… mais ce serait sans plaisir.

C’était une folie de s’évader ainsi

C’est ma participation aux plumes 44 chez Asphodèle avec les mots proposés et inspirés du mot craquer pour ce mois de mai. J’ai essayé de faire une suite aux précédentes Plumes d’avril.

Mes plus grandes victoires

Mes plus grandes victoires… Je n’ai pas l’esprit d’un combattant ni l’âme d’un conquérant. C’est un peu difficile d’écrire sur ce thème.

Mes plus grandes victoires

Alors j’ai décidé de vous parler de l’avancement de ma dernière courte-pointe. Tout est assemblé et je vais préparer le matelassage. Je fais ça comme de la broderie, et j’en ai encore pour quelques semaines.

Mes plus grandes victoires seraient peut-être d’avoir pu faire connaitre le plaisir du patchwork à plusieurs personnes dans ma ville, d’avoir pu faire vivre cet atelier et d’avoir pu faire de merveilleuses rencontres qui me sont chères.

pour les 53 billets en 2015 chez Agoaye

 

Mousse des sous-bois

Mousse des sous-bois

Mousse des sous-bois

Je me souviens des après-midi où on allait dans la forêt. Les enfants se coiffaient de leur bonnet ou casquette et chaussaient leurs bottes, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. On allait marcher dans les feuilles mortes. Et au printemps, les feuilles se confondait avec le sol et on admirait les nouvelles fleurs qui émergeaient tout juste de la mousse des sous-bois. Les filles avaient remarqué que les violettes n’étaient pas tout à fait de la même couleur que celles du jardin. Celles-là étaient plus pâles et plus hautes, et peut-être plus larges aussi. Pour en être sûr il fallait comparer, alors c’est avec délicatesse que chacune cueillit sa violette avec une ou deux feuilles, rondes, mais bien plus petite que celle du nénuphar. On les observait attentivement pour pouvoir les dessiner ou les refaire en laine ou en tissu, bourrées de mousse à l’intérieur. On a même, sans faire exprès, arracher les pieds qu’on a bien vite repiqué dans la terre de la forêt et de notre jardin, aussi.

C’est à ça que je pense en rangeant mes broches-fleurs bourrées de mousse synthétique… pour le challenge AmeGraphique chez le carré jaune de ce jeudi.