Une bûche

C’était plutôt perturbant de voir ce bol là, taillé dans une bûche par les mains de son père et ayant appartenu à sa mère.

Une bûche

Quand il était encore tout petit, son père leur servait du gruau de maïs ou de la bouillie d’avoine, et pendant que les aînés mangeaient, il restait là à les surveiller, une tasse de café fumant entre ses mains burinées par le soleil, et il ne manquait jamais de leur rappeler qu’il fallait prendre soin de la vaisselle de leur mère.
Le vieil homme s’était mis à protéger ce qu’il restait d’elle avec une vigilance maniaque et quasi démente. La vaisselle. La couture en tricot pliée sur le dossier du grand fauteuil à bascule en chêne dans la salle de séjour. Le minuscule vase en cristal taillé sur le rebord de la fenêtre de la cuisine dans lequel on plaçait chaque année une fleur légère de la première hellébore rosée trouvée dans les prés juste derrière l’écurie au début de l’hiver.
Il souleva le bol avec précaution, les recommandations de son père lui revenant aux oreilles. Il se raidit sous l’effet de la pression qu’il ressentait au fond de son ventre et frotta la peau sèche de son cou déformé.
Il leva les yeux vers le large ruban de lumière qui tombait du grenier, là ou il avait lui-même parfaitement empilé les balles de foin. On les avait repoussées par deux ou trois sur le côté, révélant ainsi la cachette des tonneaux de bière qui avaient disparu…

Extrait de « le sillage de l’oubli » où se suivent les scènes tendres et dures de la vie quotidienne et difficile.

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Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance

Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance.

Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance

Quarante ans plus tôt, ses parents l‘y avaient emmené en randonnée et ils avaient séjourné dans un palace au cœur d’une forêt nichée entre deux lacs. Rien n’avait changé. Ni le parquet ciré, ni les vitraux, ni la sévère châtelaine qui le conduisit à sa chambre. Allongé sur le transat du balcon, il regardait aujourd’hui les mêmes lacs brasiller au soleil couchant, le même pêcheur se blottir dans sa barque au milieu de la brume. Les jours passaient, innombrables, ponctués par ses séances à la cure thermale et le glas de la loche le conviant à ses repas solitaires parmi les vieux couples qui chuchotaient. La nuit, son monde intérieur le réclamait depuis la mort de son épouse. Penché sur son bureau en marqueterie devant la baie vitrée, il écrivait obstinément malgré sa main droite meurtrie, lisait la transcription des épreuves, puis reprenait avec soin son dur témoignage d’amour, en éprouvante une impression croissante de complétude.

Extrait de « la constance du jardinier » de John le Carré, une magnifique histoire d’amour.

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Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale

Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale des écureuils dans les arbres.

Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale

Il ne pouvait néanmoins pas s’empêcher de remarquer que ses vaches meuglaient dans la pâturage. On ne s’était pas occupé d’elles, et il allait falloir vérifier que le tout jeune veau allait bien. Tout à l’heure il irait leur distribuer du foin. Très souvent il passait ses journées à faire la liste des taches qui restaient à accomplir tout en menant d’autres à bien, et il ne put s’empêcher d’en dresser mentalement une nouvelle tandis qu’il fixait la porte de l’écurie entrebâillée d’une bonne trentaine de centimètres. En approchant de l’allée de graviers, il s’appliqua à marcher sans bruit, percevant tout de même dans la friction des petits cailloux écrasés sous son poids l’inventaire de tout ce qu’il lui faudrait faire le lendemain avant l’aube. Du bois pour les deux poêles. Le lait. Les œufs. Le bétail à déplacer d’un pré à l’autre et les cendres à ramasser dans le fumoir.

Extrait de « le sillage de l’oubli » de Bruce Machart. Je me suis laissée tomber dans ce livre à l’écriture vertigineuse.

L’escargot et la chenille

L’escargot et la chenille

Un matin de printemps, juste après la rosée
Un escargot persan
Cheminait.
L’escargot, le cœur gros
Pensait à sa belle en querelle :
Escar-Paulette
Balançait.

D’un brin d’herbe à l’autre
Vers un champ d’épeautre
Escar-Paulette la coquette
Se défilait,
La fine mouche
Craignait l’escarmouche.
Elle voulait voir du pays.

L'escargot et la chenille

Une chenille, gentille fille
Vint à passer :
« Compère escargot tu sembles penaud !
— C’est Escar-Paulette qui part en goguette,
Elle m’a ce matin posé un lapin.
— Mon colimaçon,
Tu files un mauvais coton,
Chausse tes escarpins
Brille tes escarboucles
Prends-la par la main
Promets-lui l’Espagne…
Et tu gagnes ! »

C’est ainsi que l’on vit
Bras dessus, bras dessous
L’escargot et sa compagne
Battre la campagne :
« Allez donc mes mignons,
Je file mon cocon »
Dit la chenille gentille,
« Viens mon Escar-Paulette,
Viens mon Espagnolette »
Disait l’escargot
Sur le chemin de Saint-Jacques.

de Hermeline. Fraiche et tendre poésie pour le printemps qui revient, et pour la poésie du jeudi chez Asphodèle.

La vérité est comme le soleil

C’est Victor Hugo qui a écrit que « la vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder ».
Voici un conte soufi en toute liberté, avec la légèreté de son histoire, et juste son histoire pour ouvrir nos yeux sur le monde des récits et des poèmes. Je voudrais que ce mois de décembre sous le signe du bonheur, de la paix et de la liberté.

« Un épicier possédait un perroquet dont la voix était agréable et le langage amusant. Non seulement il gardait la boutique mais il distrayait la clientèle de son verbiage. Car il parlait comme un être humain et savait chanter… comme un perroquet.
Un jour, l’épicier le laissa dans la boutique et s’en fut chez lui. Soudain, le chat de l’épicier aperçut une souris et se lança brusquement à sa poursuite. Le perroquet eut si peur qu’il en perdit la raison. Il se mit à voler de tous côtés et finit par renverser une bouteille d’huile de rose.
À son retour, l’épicier, constatant le désordre qui régnait dans sa boutique et voyant la bouteille brisée, fut pris d’une grande colère. Comprenant que son perroquet était la cause de tout ceci, il lui assena quelques bons coups sur la tête, lui faisant perdre de nombreuses plumes. À la suite de cet incident, le perroquet cessa brusquement de parler.
L’épicier fut alors pris d’un grand regret. Il arracha ses cheveux et sa barbe. Il offrit des aumônes aux pauvres afin que son perroquet recouvre la parole. Ses larmes ne cessèrent de couler durant trois jours et trois nuits. Il se lamentait en disant :
« Un nuage est venu obscurcir le soleil de ma subsistance. »
Le troisième jour, entra dans la boutique un homme chauve dont le crâne luisait comme un bol. En le voyant, le perroquet s’écria :
« Ô pauvre malheureux ! pauvre tête blessée ! D’où te vient cette calvitie ? Tu as l’air triste comme si tu avais renversé une bouteille d’huile de rose ! »
Et toute la clientèle de s’esclaffer.
Deux roseaux se nourrissent de la même eau, mais l’un d’eux est canne à sucre et l’autre est vide.
Deux insectes se nourrissent de la même fleur, mais l’un d’eux produit le miel et l’autre le poison.
Certains diront en regardant les gens autour d’eux : « Ce sont des hommes comme nous : ils mangent et dorment tout comme nous. »
Mais l’eau douce et l’eau amère, bien qu’ayant même apparence, sont bien différentes pour qui les a goûtées. »

Pour commencer le dernier mois de l’année au rythme des histoires et poèmes, pour rêver en attendant les fêtes, et décorer nos maisons, embellir notre table et parfumer notre cuisine. Mon programme va se calquer certains jours aux réjouissances organisées par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

J’aimerais mais je n’ose pas

J’aimerais mais je n’ose pas. « Ne pas oser, c’est un peu comme regarder votre train partir sans vous, alors que vous étiez depuis longtemps sur le quai de la gare à l’attendre » comme l’écrit N Pene. Et puis on se dit, qu’il y en aura d’autres. Des autres occasions, bien sûr mais serons-nous disponible? Est-ce que les conditions seront les mêmes?

Qu’est-ce qui fait que l’on ose ou pas? Savoir demander sans avoir peur de gêner ou prendre des initiatives sans se taper la honte? Il faut savoir où l’on va, et se donner les moyens pour y arriver.

Dans la phrase, il y a « j’aimerais », et ça change tout. Parce qu’on découvre une envie, plus ou moins marquée, et c’est cette importance que l’on porte à cette chose qui fera la différence. C’est ce qui nous donnera plus d’assurance à un moment précis plus qu’un autre.

Plus les années passent, moins je prononce ces mots: « j’aimerais, mais je n’ose pas ». Parce que l’amour de ce que je n’ai pas osé n’était pas important, certainement.

D’ailleurs j’ai osé broder ceci, et j’ai bien ri,

J'aimerais mais je n'ose pas

et j’ose le montrer pour répondre encore une fois aux  53 billets en 2015 chez Agoaye , faites comme moi, riez en toute liberté.

Chat bada bada

Chat bada bada

Comme nos voix ba da ba da da da da da da
Chantent tout bas ba da ba da da da da da da
Nos cœurs y voient ba da ba da da da da da da
Comme une chance comme un espoir, comme nos voix ba da ba da da da da da da
Nos cœurs y croient ba da ba da da da da da da
Encore une fois ba da ba da da da da da da
Tout recommence, la vie repart

Chat bada bada

Combien de joies, bien des drames, et voilà ! C’est une longue histoire, un homme, une femme ont forgé la trame du hasard.

Comme nos voix, nos cœurs y voient encore une fois comme une chance, comme un espoir.

Comme nos voix, nos cœurs en joie ont fait le choix d’une romance qui passait là.

Chance qui passait là , chance pour toi et moi ba da ba da da da da da da
Toi et moi ba da ba da da da da da da
Toi et Toi et moi.

Chanté par Nicole Croisille

Trente ans, trente ans l’âge mûr

Trente ans, trente ans l’âge mûr

Trente ans, trente ans l'âge mûr

Tout commence, un sale matin,
Dans le miroir d’une salle de bains.
Ce n’est plus Boucle d’or,
Cette jeune femme has been qui dort encore…
Qu’est-ce que c’est que ces coups de canifs
Qui remontent du coin des yeux vers tes tifs ?
Je vais pas faire un mélodrame
Mais ce sont des rides, ma p’tit’ Dame!
Alors ell’s’détériore,
Le rose caoutchouc fort qui colle ton corps…
C’est ton âge. Faut pas que tu pleures.
Ma pauv’ fifille, trente ans, pas que du malheur.

Trente ans, trente ans l’âge mûr.
Où l’on s’aperçoit qu’on peut pas compter sur
L’élasticité du tissu, c’est sûr…
Bébé rose était content,
Tu grimpais sur le toboggan.
Maintenant que tu ris moins fort,
Tu vas dégouliner sans faire d’effort…
Arrêtez. Ca va trop vite.
Tu deviens bien sûr molle de partout.
Ça s’précipite.

T’as beau jogguer au bois d’Boulogne,
T’as beau lifting, ma mignonne.
Tu dormiras pas mieux.
Vas pas chez c’ui qu’a les yeux rouges, qu’a pas les pneus.
SOS, docteur, malheur,
N’te retends pas la peau, détends-toi le cœur.
T’es une belle fille de trente ans, pas que du malheur.

D’après A Souchon. C’est vrai qu’à 30 ans l’enfance s’est échappée, mais la fraicheur est encore là. J’ai pensé à toi. Et j’ai divagué un peu, beaucoup, passionnément… et même à la folie, ma chérie.

Le cochet, le chat et le souriceau

Le cochet, le chat et le souriceau

Un souriceau tout jeune, et qui n’avait rien vu,
Fut presque pris au dépourvu.
Voici comme il conta l’aventure à sa mère.

Le cochet, le chat et le souriceau
J’avais franchi les monts qui bornent cet État
Et trottais comme un jeune Rat
Qui cherche à se donner carrière,
Lorsque deux animaux m’ont arrêté les yeux ;
L’un doux, bénin et gracieux,
Et l’autre turbulent et plein d’inquiétude.
Il a la voix perçante et rude ;
Sur la tête un morceau de chair,
Une sorte de bras dont il s’élève en l’air,
Comme pour prendre sa volée ;
La queue en panache étalée.
Or c’était un Cochet dont notre Souriceau
Fit à sa Mère le tableau,
Comme d’un animal venu de l’Amérique.
Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras,
Faisant tel bruit et tel fracas,
Que moi, qui grâce aux Dieux de courage me pique,
En ai pris la fuite de peur,
Le maudissant de très bon cœur.
Sans lui j’aurais fait connaissance
Avec cet Animal qui m’a semblé si doux.
Il est velouté comme nous,
Marqueté, longue queue, une humble contenance,
Un modeste regard, et pourtant l’œil luisant :
Je le crois fort sympathisant
Avec Messieurs les rats ; car il a des oreilles
En figure aux nôtres pareilles.
Je l’allais aborder, quand d’un son plein d’éclat
L’autre m’a fait prendre la fuite.
Mon fils, dit la souris, ce doucet est un Chat,
Qui sous son minois hypocrite,
Contre toute ta parenté
D’un malin vouloir est porté.
L’autre animal tout au contraire,
Bien éloigné de nous malfaire,
Servira quelque jour peut-être à nos repas.
Quant au chat, c’est sur nous qu’il fonde sa cuisine.
Garde-toi, tant que tu vivras,
De juger des gens sur la mine.

Fable de Jean de la Fontaine

Chat perché

Le chat perché est un jeu d’enfants où un des participants doit toucher un de ses camarades qui devient le « chat » à son tour.
Pour éviter de devenir le chat, il faut se percher, c’est-à-dire monter sur ce qui se présente.

Les oiseaux aussi peuvent jouer à se percher et s’envoler pour éviter d’être toucher.

Chat perché

L’oiseau perché a mis des bottes
A mis des bottes pour se percher
Pour se percher devant ses potes
Qui eux en restent tout hébétés.

L’oiseau perché droit dans ses bottes
Snobe tous les autres du quartier
Car c’est pas de la camelote
Le cuir qui protège ses pieds.

L’oiseau perché porte la culotte
Chacun plie à ses volontés
Même la petite boulotte
L’oiselle qu’il a épousée.

L’oiseau perché joue au despote
Car sur le chat il a copié
Il n’a vraiment pas de jugeote
Puisque ce choix est décrié.

d’après un poème de Jack Harris

Ce que disent les hirondelles

Ce que disent les hirondelles

La pluie au bassin fait des bulles ;
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules :
Voici l’hiver, voici le froid !

Elles s’assemblent par centaines,
Se concertant pour le départ.
L’une dit :  » Oh ! que dans Athènes
Il fait bon sur le vieux rempart !

 » Tous les ans j’y vais et je niche
Aux métopes du Parthénon.
Mon nid bouche dans la corniche
Le trou d’un boulet de canon.  »

L autre :  » J’ai ma petite chambre
A Smyrne, au plafond d’un café.
Les Hadjis comptent leurs grains d’ambre
Sur le seuil d’un rayon chauffé.

 » J’entre et je sors, accoutumée
Aux blondes vapeurs des chibouchs,
Et parmi les flots de fumée,
Je rase turbans et tarbouchs.  »

Celle-ci :  » J’habite un triglyphe
Au fronton d’un temple, à Balbeck.
Je m’y suspends avec ma grille
Sur mes petits au large bec.  »

Celle-là :  » Voici mon adresse :
Rhodes, palais des chevaliers ;
Chaque hiver, ma tente s’y dresse
Au chapiteau des noirs piliers.  »

La cinquième :  » Je ferai halte,
Car l’âge m’alourdit un peu,
Aux blanches terrasses de Malte,
Entre l’eau bleue et le ciel bleu.  »

La sixième :  » Qu’on est à l’aise
Au Caire, en haut des minarets !
J’empâte un ornement de glaise,
Et mes quartiers d’hiver sont prêts.  »

 » A la seconde cataracte,
Fait la dernière, j’ai mon nid ;
J’en ai noté la place exacte,
Dans le pschent d’un roi de granit.  »

Toutes :  » Demain combien de lieues
Auront filé sous notre essaim,
Plaines brunes, pics blancs, mers bleues
Brodant d’écume leur bassin !  »

Avec cris et battements d’ailes,
Sur la moulure aux bords étroits,
Ainsi jasent les hirondelles,
Voyant venir la rouille aux bois.

Je comprends tout ce qu’elles disent,
Car le poète est un oiseau ;
Mais, captif ses élans se brisent
Contre un invisible réseau !

Des ailes ! des ailes ! des ailes !
Comme dans le chant de Ruckert,
Pour voler, là-bas avec elles
Au soleil d’or, au printemps vert !

Chez nous mille feuilles sèches
Parsèment les gazons jaunis ;
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas ! les beaux jours sont finis !

On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor :
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or.

Poème de Théophile Gautier

Sur des fils tendus dorment les cervelles lessivées

Sur des fils tendus dorment les cervelles lessivées, rincées, essorées
Petits cerveaux repus d’eaux douces de savons et de mousses

Sur des fils tendus dorment les cervelles lessivées

Sur des fils colorés tressautent dans le vent ces circonvolutions de néant
Chairs atrophiées muscles de laine aux couleurs porcelaine

Sur des fils tendus dorment les cervelles lessivées

Sur ces fils médiatiques meurent l’intelligence, l’inné et l’expérience
Paysages pathétiques d’une humanité décatie sur des fils infinis

d’après Zax. Avez-vous remarqué que les oiseaux se rassemblent déjà sur les fils électriques?

J’ai pas de nom et j’ai dix-sept ans

J’ai pas de nom et j’ai dix-sept ans, je vis ici et je suis content.
Pour moi la vie c’est les bistrots, les bons copains et les mégots.
Je suis un titi, j’ai dix-sept ans, j’aime mes amis et mes parents.
D’après certains, je suis un vaurien, mais finalement ça ne me fait rien.
Je fais que rêver, j’ai dix-sept ans, mais j’aimerais bien avoir cent ans.

J’m’appelle Thierry j’ai dix-sept ans

Je suis amoureux, j’ai dix-sept ans, elle est superbe, je suis un géant.
Elle est pour moi comme un sourire, elle restera un souvenir.
Je fais la fête, j’ai dix-sept ans, je fête tout, je suis conquérant.
Mes copains vont par cent, mes copines par deux cents.
Depuis toujours, j’ai dix-sept ans, mais j’aimerais bien avoir cent ans.

J’m’appelle Thierry j’ai dix-sept ans

Je pleure souvent, j’ai dix-sept ans, c’est moche la vie d’adolescent.
Et maintenant, je voudrais m’enfuir, j’ai des coups de tête, j’ai dix-sept ans.
Souvent je m’emballe, pas pour longtemps, de toute façon je resterai, je continuerai et je vivrai.
Faut que j’en profite, j’ai dix-sept ans, et je voudrais pas avoir cent ans.

J’m’appelle Thierry j’ai dix-sept ans

d’ après Cricri. Les vacances c’est une alternance entre broderie et poésie, entre déplacement et rangement. C’est le temps de déballer mille choses et de n’en regarder qu’une, et le temps de ne même pas faire un pas et d’écraser mille grains de sable. J’avais des croix plein les yeux ce jour-là, et je vous les montre pour que vous en ayez aussi. Il y avait des odeurs de tous les ans qui me caressaient le nez et des senteurs d’antan plein la maison. Il faisait bon.

La ronde des coquillages

Pour la ronde des coquillages chez Lylouanne, j’ai choisi un joli poème Rocaille de Zax

Le soleil se rit
Profusion des sens
Couleurs et essences
De l’homme tout petit
Qui porte un coquillage
A son infirme oreille
Et, raillante merveille
Entend jouir la plage

La ronde des coquillages

et j’illustre ce billet de cet ouvrage que je me suis amusée à broder cet été.

La ronde des coquillages

Je n’oublie pas ce lien tout particulier qui a retenu mon attention tant pour l’objet de stumpwork magnifique que pour le nom du site qui m’a fait sourire

 

Au loin la mer turquoise

Au loin la mer turquoise, faiblement agitée,
Ombragée de palmiers, frémissants sous le vent.
De grands pins somptueux, aux parfums enivrants,
D’oliviers centenaires, par le temps façonnés.

Au loin la mer turquoise

Le chant de la cigale, veut au loin me bercer,
Une douce torpeur s’installe paisiblement,
Sous le soleil d’azur, le corps est languissant,
Il fait bon s’allonger, fermer les yeux, rêver.

Au loin la mer turquoise

Le temps est suspendu, calme et majestueux,
Magiques sont ces instants, au goût si savoureux,
Relevés, pimentés, par le brise marine.

Insidieusement, la mémoire s’enrichit,
Se meuble de douceurs, de pensées féminines.
Irréparablement, le temps passe et s’enfuit.

Au loin la mer turquoise

 

Au loin la mer turquoise, faiblement agitée,
Ombragée de palmiers, frémissants sous le vent.
De grands pins somptueux, aux parfums enivrants,
D’oliviers centenaires, par le temps façonnés.

Le chant de la cigale, veut au loin vous bercer,
Une douce torpeur s’installe paisiblement,
Sous le soleil d’azur, le corps est languissant,
Il fait bon s’allonger, fermer les yeux, rêver.

Au loin la mer turquoise

Le temps est suspendu, calme et majestueux,
Magiques sont ces instants, au goût si savoureux,
Relevés, pimentés, par le brise marine.

Insidieusement, la mémoire s’enrichit,
Se meuble de douceurs, de pensées féminines.
Irréparablement, le temps passe et s’enfuit.

de Pierre-Etienne FERRIER. Broderie inspirée de la Ronde du Mois Chez Lylouanne.

Talons aiguilles et jambes fines

Talons aiguilles et jambes fines
Mes chevilles flageolent et se bousillent
Mais j’ai horreur des ballerines

Talons aiguilles et jambes fines

Pour un parcours de lèche-vitrines
J’chausse ma jolie paire d’espadrilles
Et j’protège ainsi mes chevilles

Matin de pluie mets mes bottines
J’vais au marché chercher lentilles,
J’rapporte aussi des mandarines

Talons aiguilles et jambes fines

J’me fais belle et j’me maquille
Ce soir, robe rouge… tu imagines?
Et mes chaussures talons aiguilles

d’après une publication de Lefapagain. Broderie en cours d’après un dessin de Angeline Melin.

En espadrille, on danse le disco

En espadrille, on danse le disco, on fait du vélo, et bye bye boulot ! En espadrille, on se sent léger ! En espadrille…

pour une pub…

En espadrille, on danse le disco

Un clip revu et revisité par les Nuls

En espadrilles, on a l’air d’un con…..on a des ampoules…..on danse le disco….
En espadrilles ça pue des pieds….en espadrilles, ahahahahahaha. En espadrilles, on rachète une paire….au bout de 3 semaines….en espadrilles….lalalalala.

Broderie en cours inspirée d’un dessin de AM .

J’ai imprimé le dessin en pleine page sur un papier quadrillé. J’ai relevé plusieurs dessins et préparé de cette façons plusieurs ouvrages pour cette fin d’été.

 

Je me suis piquée le bout des doigts malgré mon dé

J’ai dénoué mon fil plusieurs fois et je me suis piquée le bout des doigts malgré mon dé. Je comptais les points, et changeais de couleur, pour reproduire son dessin. Je pensais à elle et son défi, et me suis souvenu soudain de cette histoire.

Je me suis piquée le bout des doigts malgré mon dé

Le vieil homme s’est levé. Il a entendu la voiture s’arrêter, des bruits de pas sur les graviers de la cour, puis les pas se sont éloignés.
Un peu inquiet, il est allé relire une fois encore le bout de papier jaune collé sur le réfrigérateur : « Je te prends samedi à 10h. Max ». Il a regardé l’heure par la fenêtre sur la grande horloge de la cathédrale, c’était la même qu’à son horloge sur le buffet, à la seconde près. Rassuré, il s’est rassis et détendu un peu.
Puis son regard s’est à nouveau porté avec douleur sur le frigo, sur tous ces petits bouts de papier jaunes, collés méticuleusement ordonnés, couverts d’une fine écriture, précise. Autant de rustines sur une mémoire qui fuit irrémédiablement. Hier, il n’a pas reconnu tout de suite le facteur et il y a quelques jours, il s’est trouvé perdu à quelques centaines de mètres de chez lui. Il a marché au hasard et il a eu de la chance : il a reconnu l’épicerie à l’angle de sa rue.
Et il sait que le processus de destruction de son moi est enclenché… l’oubli déjà !
Pour chasser ses idées noires, il va jeter un coup d’œil dans la grande glace de l’entrée pour vérifier son apparence. Elle lui renvoie l’image d’une silhouette à l’élégance un peu vieillotte d’un scolastique un peu décadent.
— Elle aimera ça, murmure-t-il pour lui-même.
On frappe à la porte. Surpris, perdu dans ses pensées, il sursaute et va ouvrir. C’est Max, son petit-fils. Le jeune homme lui sourit et l’observe fortement.
— Ça va aujourd’hui, Papy ?
— Ça va, ça va…
Max aime bien son grand-père, que de souvenirs, les jeux partagés pendant les vacances, les histoires racontées le soir, … Il sait combien il lui pèse de demander de l’aide, lui si indépendant.
Il regarde son aïeul et évalue le « ça va, ça va » de lassitude qui ne va pas du tout. Il n’insiste pas, ils parleront plus tard quand le moment viendra.
— Je t’emmène au cimetière, comme d’hab, dit Max.
Depuis la mort de Solange, sa femme, il y a près d’un an maintenant, il va de temps en temps au cimetière. Ce n’est pas un rituel pour lui, ni l’obsession du recueillement. Non, car chez lui, cent petites choses le ramènent à leur vie commune, aux temps anciens partagés à deux. Le cimetière est là pour lui dire que la fin est désormais actée, définitive, sans appel… qu’il faut faire le deuil de l’autre… un antidote en somme.
Mais ça ne fonctionne pas.
Le vieil homme sort devant en repoussant le battant de la lucarne et secoue la tête :
— Non. Laissons le cimetière aujourd’hui. Allons plutôt sur la promenade. Tu veux bien ? Ça ne te dérange pas trop ?
— Pas du tout. C’est une bonne idée par ce soleil, répond Max en fermant la porte d’entrée.

Il est surpris mais ne questionne pas. Cette sortie sera plus séduisante.
La petite ville domine la mer et les vagues battent le pied de la grande falaise. Ils emprunteront la promenade, des bancs la bordent sur toute sa longueur pour le repos des plus las. Des pins et des lauriers apportent de l’ombre. Le dimanche matin, elle est le paradis des joggeurs. L’après-midi, les familles y flânent, les enfants s’exercent au roller. Plus tard, à la tombée de la nuit, elle devient le rendez-vous des amoureux sous les danses en cercles de petits vampires qui se détachent des arbres.
Une brise légère venue de la mer rafraîchit l’atmosphère. Un voilier pose sa touche blanche sur le bleu de la mer.
Max s’est attardé au kiosque à journaux. L’ancien marche d’un pas tranquille. Cela lui fait du bien de venir là. Son esprit vagabonde. Il se perd dans les méandres de sa mémoire profonde, celle d’avant… Il y a cinquante ans, c’était le même jour. Il avait donné rendez-vous à Solange, sur le banc, près du grand pin parasol. Il l’a aimé, son Ange, avec passion.

Le pin parasol est toujours là, le vieux banc de bois a été repeint. Une jeune femme y est assise aujourd’hui. Sa silhouette lui semble familière. Son cœur bat plus vite. Elle se tourne vers lui. Solange et son merveilleux sourire. Plus rien n’existe autour de lui. Il la regarde dans son immortalité. Elle se lève, lui prend la main et l’invite à le suivre. Elle se dirige vers le bord de la falaise. Ses pas ne font qu’effleurer le sol. Elle semble glisser, flotter au-dessus du chemin. Ils sont tout au bord, les vagues frappent doucement le bas de la falaise. Il s’approche encore. Et puis, comme s’il s’était pris les pieds dans une liane, il bascule… Il ne sent ni le vent dans sa chute, ni ne voit la mer se rapprocher très vite. Il n’entendra pas le cri désespéré de Max. Il n’entend que la voix d’un ange lui murmurer dans un souffle : « Je t’attendais…depuis une éternité »

C’est ma participation aux Plumes 33 d’Asphodèle avec les mots choisis, proposés et imposés sur le thème de l’Éternité d’après une histoire de Micle. J’ai réalisé mon ouvrage d’après une illustration d’un des derniers billets d’Asphodèle.

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance
Que les jours peu à peu étalent ta beauté
Je m’éveille parfois pour mieux te contempler
Joy, tu te reposes encore en poses innocentes
Qui souvent nous enchantent
Mêlées de pureté
Mon cœur est fou de joie quand il va te surprendre
Etendue sans défense, alanguie, sans pouvoir
Tu es l’enfant qui sourit sans savoir
Et murmure les mots impossibles à comprendre

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance

J’ai l’amour à fleur de cœur
Et mon cœur veille ta couche
Vit sur ma bouche
Qui veut crier
Et réveiller
Ton sommeil lourd
Car j’ai le cœur à fleur d’amour

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance

J’ai l’amour à fleur de cœur
Avec des joies qui me dépassent
Et me surpassent
Et c’est normal
Mon cœur s’emballe
La nuit, le jour
Car j’ai le cœur à fleur d’amour

Toi qui souris
Rêvant à je ne sais qui
Au fond tu ne sais pas
Tout ce qui se passe en moi

J’ai l’amour à fleur de cœur
Qui me fait grandir sans trêve
Lorsque tu rêves
Paisiblement
Toi mon enfant
Toi ma douceur
Quand j’ai l’amour à fleur de cœur

d’après une chanson de Charles Aznavour. J’ai revu les paroles pour que ça colle avec ta naissance, Joy qui est venue agrandir la famille. Et j’ai remarqué qu’en brodant ton prénom avec un cœur à la place du O, je te laissais un message aussi. I love you, Baby