Pater Noster

Pater Noster

Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l’Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-mêmes d’être de telles merveilles
Et qui n’osent se l’avouer
Comme une jolie fille nue qui n’ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde

Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons.

Jacques Prévert, Paroles (1945)

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Le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin

… Le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin.

Le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin

Le soleil jouait entre les branches, posant de loin en loin des nappes de lumières. Puis lentement, il escalada une colline couverte de buissons d’un vert profond aux reflets d’argent. Perchée tout là-haut, une baraque flanquée d’une tourelle blanche et d’un haut pylône : le sémaphore. De là on dominait toute l’île.

On devinait parfois derrière les pins quelques petites plages tendrement léchées par la mer. L’île s’inclinait en pente douce du coté du continent. Son extrémité est semblait vouloir s’accrocher à la presqu’île. A l’autre bout, au contraire, derrière la foret et précédée d’écueils tels des poissons pilotes, la pointe se gonflait de désir de partance, vers le couchant, vers le grand large. Étrange île ! Ses quatre plaines en friche appelaient, en une supplication muette, le soc de la charrue, le sabot du cheval et le chant des vendangeurs. Mais les crêtes qui les séparaient, s’opposaient, sentinelles de la nature, à la marche des hommes. Insaisissable île ! Sa côte tournée vers le continent, douce et paisible, parée parfois de palmiers, s’offrait sans coquetterie ni fausse pudeur à ceux qui venaient jusqu’à elle. Mais au sud, elle se dressait avec fierté, hérissant ses falaises grises aux calanques secrètes, bouclier contre la mer et ses morsures.

Il était venu là, en haut de la colline, pour admirer et contempler le paysage, l’œil vissé à sa longue vue. Il dégustait son île. Il la jaugeait. Il examinait les quatre plaines en jachère, les arbres tordus par le vent, étouffés par le maquis. Quatre plaines… ce n’étaient que des clairières, mais son œil les modelait déjà. Ici, il replanterait des forets. Là, dans les plaines, le travail dominerait la nature : des jardins, des champs, des vignes, des pâturages. Il inventait sa demeure. Ici, il la réussirait…

Extrait de « L’homme de Porquerolles – chapitre L’hacienda » de William Luret. L’auteur nous fait là, le portrait d’un entrepreneur fabuleux qui ne sacrifiera jamais son idéal et son rêve de paix.

Mois blanc

Récapitulatif des textes parus pour l’agenda ironique de ce mois blanc dans l’ordre d’arrivée

Une couverture immaculée de Jobougon sur l’impertinence n’est pas un rêve

Blanc pour un échiquier ici

Dodo et la fileuse le temps d’un rêve sur Un esprit sain dans un corsage

Un manège enchanté de Valentyne sur La Jument Verte

Un blanc douteux de Jacou et ses Mots Autographes

Une patte dans l’encrier d’encre blanche et sympathique pour cet agenda ironique

Humeur du jour chez Asphodèle

Vous prendrez bien un petit blanc de Martine sur Ecriturbulente

Des ailes d’une blancheur immaculée sur la Plume et la Page

Concaténation ironique de Janvier chez Monesille

et

Rêve de Renard sur Carnets Paresseux postera le 19 vers 19h

 

Gourmandises

Gourmandises aux graines de lin et carvi sur pâte feuilletée, avec un emporte pièce en forme d’étoile, pour cette fois-ci. Demain j’utiliserai peut-être celui en forme de sapin. Je les ai enfourné 15minutes pendant que je préparais le cidre chaud.

Gourmandises

Un oiseau était sur le bord de la fenêtre, j’ai posé mon aiguille et mon dé le temps de l’admirer. Quand il s’est envolé, tout était prêt à partager et déguster en pensant à vous. J’ai savouré aussi, ci et ça pour le plaisir et le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Ils se sont évadés sans chanson ni musique

Ils se sont évadés sans chanson ni musique,
Petit lapin court, fuit, échappé de sa cage,
Le bel oiseau vole en direction de la plage,
Pied de nez au chasseur, une comédie classique.

L’un renverse les navets, batifole en campagne
L’autre plane, comme sorcière et balai au dessus des montagnes.
Amoureux de la vie, de ce qu’elle a semé,
Simple baragouinage: espoir, égalité.

Des gens les regardant trouvent ça un peu grotesque.
Courbant les herbes d’or au parfum de guimauve,
Ils vont à l’aube, pieds nus, récolter le gui mauve.

La vie est belle, magique, abracadabrantesque,
Joyeuse comédie et louches liaisons,
Pour un mièvre roman sans trop d’inspiration.

J’ai pensé faire une suite à mes dernières plumes, ici.

Ils se sont évadés sans chanson ni musique

Ben oui, à quoi avez-vous donc pensé soudain? je ne suis pas une poule, tout de même! Bien que je sois prête pour les fêtes, je ne suis pas trop déplumée.

Tout ceci pour rire de l’agenda ironique chez Monesille cette fois, et pour participer aussi aux 47 Plumes d’Asphodèle. En écrivant ces lignes, c’est à « La part de l’aube » d’Eric Marchal, un roman historique qui parle de vieux écrits gaulois et de druides.

Les mots n’étaient pas faciles à lier entre eux, j’ai torturé ce qui m’est tombé sous la main, j’ai plié ces bouts de bois (une branche de lilas), pris un peu de raphia pour lier tout ça. Et ça donne quoi? Une étoile pour toi!

C’est mon DIY pour le challenge de de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Le voleur d’étoiles

Le voleur d’étoiles

Il était une fois un drôle de petit bonhomme très très petit. Il habitait dans un arbre, dans une toute petite maison construite de feuilles. Il cachait là un trésor, un formidable trésor d’étoiles, des étoiles qu’il avait lui-même volées au ciel.

Le voleur d'étoiles

Un jour, je l’ai vu rentrer chez lui au petit matin, traînant une grosse étoile derrière lui. Il marchait lentement parce qu’elle était très lourde, et il n’avait pas trop de ses deux mains pour la tenir. Un voleur d’étoiles, je n’en croyais pas mes yeux ! Mais comment s’y prenait-il?

Le voleur d'étoiles

Un soir j’ai suivi son escapade… Il était près de minuit quand il sortit de son logis, emportant sous son bras une immense échelle, sans même regarder aux alentours pour voir si on le remarquait. Il posa son échelle contre un rayon de lune et grimpa jusqu’au fond du noir. Grimpa si haut qu’il devint juste un petit point perdu dans le ciel.

Le voleur d'étoiles

Il semblait à la fête, une fête pour lui seul. Assis sur son barreau, il sortit un pinceau de sa poche. Un pinceau maigre aux poils inégaux, mais ce devait être un pinceau spécial, pour étoiles seulement, car il s’est mis à dessiner sur ce fond de soir toutes sortes de taches de couleurs. Puis, il a quitté son échelle pour gambader dans le ciel. Il riait, pétillait de gaminerie pour le bon tour qu’il jouait. Il saluait chaque étoile, se courbait cérémonieusement pour faire la révérence, et très vite, il redressait la tête, tirait la langue et faisait des pieds de nez, et recommençait ses cabrioles de plus belle.

Le voleur d'étoiles

C’était trop d’impertinence, et la lune qui en eut assez, fit trébucher notre valseur du bout de son croissant. Toutes les étoiles s’effaçaient pour se venger, et se moquaient de sa chute. Il allait s’écraser sur terre quand, par bonheur, une courroie de sa sandale s’accrocha à une vieille étoile endormie qui n’avait pas suivi la scène.

Le voleur d'étoiles

Tout de suite, il fouilla ses poches. Le pinceau était toujours là. Quelle chance! Tout à fait remis de sa dégringolade, il se frotta les yeux et regarda autour de lui. Il n’allait tout de même pas revenir bredouille. Il fallait absolument renflouer son trésor, car une fois accrochées aux murs de sa maison, ses étoiles perdaient leur éclat, clignotaient comme de vieilles ampoules et devenaient dures et froides. Après un certain temps, il ne se rappelait même plus de quelle couleur elles avaient été. C’était une chasse nocturne périlleuse, mais tellement grisante et amusante. Il y tenait tant à son trésor, et c’était la seule lumière de sa petite cabane.

Le voleur d'étoiles

Il aperçut, une étoile plus jeune et plus scintillante que les autres. Il brisa vite le fil de soie qui la retenait et l’installa sur son épaule, et avant de partir, il dessina une tache de blanc aux longs bras pointus pour la remplacer. Je vis alors qu’il ne la volait pas vraiment, il l’empruntait seulement. Il regagna ensuite son échelle et refit le grand salut du rêve à la vie.

Le voleur d'étoiles

Ce soir, de ta fenêtre, regarde le ciel, quand il commencera à faire nuit noire, du coté de la lune. Qui sait? Le petit bonhomme sera peut-être encore à la recherche d’une nouvelle étoile!
C’est ma participation dans la ronde des étoiles que propose Lylouanne pour ce mois de décembre.

Belle fin d’année.

Patchwork – Les plumes et le cortège

Des mots et une histoire … me trottent dans la tête

patchcath

…Dans  une succession de strophes, et sans se laisser abattre, on a décrit le cortège. Pas funèbre du tout! C’est une énorme acclamation de joie dans la ville, un immense cheminement à travers les rues dans une atmosphère de carnaval aux costumes plus beaux les uns que les autres. La foule est venue défiler et manifester. Des senteurs de fleurs embaument les places. Les deux personnages se rendent à la cérémonie. Une admirable ribambelle de roses et d’ancolies aux teintes bleutées décorent l’attelage du carrosse et le cavalier porte la tête haute. En les voyant passer, les gens piquent un fard et rient aux larmes

Edit : c’est ma participation à « Les plumes … et le cortège d’Asphodèle » . Les mots imposés sont ceux mis en gras.

patchcath