Le froid revient et mes mains souffrent

Le froid revient et mes mains souffrent. J’ai ressorti mes gants presque inusables…

et s’ils se détériorent je défais et re-tricote le doigt abîmé.

J’en ai fait une petite collection pour notre marché de Noël, tous en restes de fils à tricoter accommodés.

Voici les derniers en laine duveteuse, et légers comme deux plumes.

La réalisation est simple et facile, et les explications sont ici .

 

 

Chut !

Chut !

« C’est la discrétion même, disait-on d’elle, prenez exemple ». Elle paraissait calme aux yeux des grands avec son air presque monacal. Mais pas du tout ! ils ne la connaissaient, car ensuite, elle passait à côté de nous, les petites, et nous jetait un coup d’œil en coin avec son sourire détestable aux lèvres avancées en forme de baiser, mais un de ses doigts tendu pointait le sol, son index droit et son regard de faucon nous imposaient le silence.

Une symphonie de compliments suivait son passage, ç’en était presque un culte à son égard. Mais elle était toujours prête à moucharder avec sa langue de vipère. Comme une pie dans le figuier, elle jacassait auprès de nous sur le dos de chacun et son nez en forme de bec d’aigle la faisait plus passer pour le plus noir des corbeaux.

On étouffait depuis trop longtemps ce cri intérieur qui montait en nous. Ça ne pouvait plus durer, il fallait trouver la manière de la compromettre, ne serait-ce le fait d’un miracle, mais on y croyait, nous les petites. On allait faire du bruit, faire tomber ce mur qu’elle nous avait imposer et elle n’allait plus passer pour la sainte qu’elle était à leurs yeux.

En réponse aux Plumes d’Asphodèle chez Emilie avec les mots proposés. Je n’en ai après personne, je jure, je crache.

Plumes douces

Plumes douces

Il est une fois un écuyer
Qui prend sa tasse et sa cuillère
Pour déjeuner d’un bon café.

Ce page un peu blasé et contrarié
Décide une sortie par le jardin derrière
Pour s’arracher sans se tourner.

Il passe des nuits blanches, toujours éveillé
Pour cette coupure de ligne de corner
Et ce contrat non lisible et trop léger.

Il tâte sa poche… pas de stylo, il veut le dire ou le noter,
Trouve une plume et deux trois feuilles sur l’étagère,
Il trace en rouge, d’abord un trait comme la marge d’un cahier…

Pour répondre aux Plumes douces d’Asphodèle chez Emilie avec les mots proposés et mon cœur de pouet.

La dernière chasse

La dernière chasse

Ce qu’il aimait le plus chez elle, c’était son look. Quelque soit la météo prévue, elle portait toujours ce blouson en daim qui changeait de teinte dans l’ombre ou la lumière, et qui lui donnait un air de papillon quand il ouvre et ferme ses ailes. Mais elle n’avait pas sa fragilité, même si elle était menue et pas très grande.

Il gardait d’elle un souvenir marquant, c’était l’effet qu’elle avait produit lors du premier appel. Il donnait des cours, elle était son élève. Il avait mal prononcé son nom, elle lui fit remarquer et ajouta sans modestie et plutôt par orgueil : « et puis zut, appelez-moi comme vous voudrez ». Sa réplique aurait pu porter à confusion. Une chose qu’il détestait en général, qui aurait pu lui faire péter une boule ou faire quelque dommage, et bien non, elle lui plut soudain. Il put croire qu’elle fut lunatique et imprévisible, mais par la suite il sut juger qu’elle se situait au-dessus de ce genre de vicissitudes. Il l’avait détaillée au fil des mois et pouvait affirmer malgré cette allure désinvolte qu’elle était dotée d’une extravagante intelligence. Et elle le fascinait.

Ce n’était pas par hasard, s’il l’avait choisie aujourd’hui pour faire équipe avec lui. Ils jouaient aux émerveillés mais voulaient simplement oublier tous deux leur première rencontre et repartir de zéro pour une fameuse destinée.

Pour répondre aux Plumes 11 d’Asphodèle chez Emilie avec les mots proposés et un clin d’œil au livre de ma semaine, La dernière chasse de JC Grangé.

 

Faudra-t-il taire cette conspiration jusqu’aux élections ?

Faudra-t-il taire cette conspiration jusqu’aux élections ?

Pourtant depuis qu’il s’est initié à dire la vérité, il a très fortement envie de dévoiler le truc. Sans trahir ses grands principes et à vouloir protéger la cachette, il n’a réussi qu’à percer le coffret, c’est tout ce qu’il a fait. Alors soudain, il fait un clin rapide de son œil gauche et dit chut de son index droit devant sa bouche, puis court pour fuir.  Polichinelle monte à l’échelle, mais un vent de liberté l’en fait tomber.

Pour répondre aux Plumes d’Asphodèle de la semaine chez Emilie avec les mots proposés sur le thème de la récolte: le secret, et tous les textes sont .

 

Il fait encore froid ce soir

Il fait encore froid ce soir.

Si nous avions une cheminée, je crois qu’il aurait aimé allumer un bon feu, et j’aurais passé tout mon temps à admirer la flamme et la voir frôler la bûche, puis éclairer la pièce et la réchauffer et finir par consumer entièrement le morceau de bois. Au lieu de tout ça, il est allé prendre sa douche comme tous les soirs. Il est réapparu avec les cheveux encore mouillés qui froufroutaient sur le dessus de sa tête et, dans un réflexe habituel, il s’est assis devant son ordinateur. J’ai entendu le grincement de la roulette de sa souris qu’il actionne sans fin comme ça chaque soir, jusqu’à me donner le vertige. Il faudra que je le lui dise, gentiment, avec des mots trempés dans du sirop… seulement je n’en prends pas le risque ce soir, ce n’est pas le moment. J’ai simplement tendu le bras vers le duvet que j’ai étalé sur mes jambes et choisi de regarder un film d’horreur pour avoir d’autres frissons…

Pour répondre aux Petits Cahiers d’Emilie et aux Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et les mots proposés.

S’asseoir sur une margelle et profiter du soleil

S’asseoir sur une margelle et profiter du soleil. Étendre ses plumes et apprécier la chaleur. Fermer les yeux trop éblouis par la lumière.

Oui, mais… On dirait bien que les impératifs du monde contemporain coupent court au plaisir de bien vivre.
Quel est ce désir décadent de l’immédiateté qui dévore la planète de nos jours ?
On communique plus. Mais avec qui, grand dieu ? On consomme plus. Oui, et plutôt, à tort et à travers. Le délai n’existe plus, on est pressé. Pressés de tous côtés. La prolifération de mails augmente le poids des boites… virtuelles certes, mais c’est un outil indispensable aujourd’hui. On stresse. Les autres n’y voient rien puisque c’est virtuel.
Comment rester serein, quand il faut faire du tri, ne pas répondre au hasard, cueillir la bonne info sans gober le poisson ? Ne pas se noyer, supporter cette masse et garder les épaules droites. Les esprits sombrent, seule reste la couleur de la matière… grise.
Comment voir la vie en rose, quand on sait que ce sera pareil le lendemain ? Il y a de quoi perdre son latin.
Dis, pourquoi ne pas s’asseoir sur une margelle et profiter du soleil ? Je ferme les yeux… entourée soudain par des lucioles en formes de triangles, reflets des écrans au soleil que les gens tiennent dans leurs mains en marchant.

C’est Emilie, dans ses cahiers, qui suggère d’étendre ses plumes et apprécier la chaleur, avec quelques mots imposés et beaucoup de liberté.