Naître et ne plus être l’ivre

Naître et ne plus être l’ivre
Bilboquet dont le corps taillé dans un bois dur
Manque encore d’élasticité.
Libre de ne plus être l’hêtre,
Éclats de rire et détente, sauter et jouer,
S’imprégner de sueur dans une main trop serrée,
Pour enfin, plus ou moins, s’apaiser
Au son d’une guitare un jour ensoleillé.
Et juste après, dans une malle, lézarder
Et regarder
L’être et la plume écrire un livre.

Pour répondre aux Cahiers d’Emilie et Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et des mots proposés (le titre m’est venu d’un article que j’ai vu sur le Net).

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Respecter les traditions

C’est qu’elle avait passé sa vie sans suivre les habitudes ni respecter les traditions de la vallée…
Hop, aujourd’hui encore elle décidait sans hésiter et bourra sa nuisette dans un coin de valise.
Après les noirs tréfonds de la loose qu’elle avait connue suite aux assises
N’oubliant pas l’abonnement au trente-sixième du quai des orfèvres qu’elle avait eu
Désormais elle allait aspirer la vie qui lui restait, musarder sans doute, respirer un peu plus
Et effacer de sa tête cet envers du décor. Une arnaque encore ? ou une arcane enfin !
La main gauche rajusta sa bretelle et la droite glissa dans sa poche de tablier, sans s’affoler.
Elle chercha, farfouilla et trouva une fève. Elle la tint. Une envie de sucré lui vint soudain.
Une caresse en passant sur un tarabiscot qu’elle avait toujours vu là
Ronronnant comme un chat et savourant déjà les crêpes qu’elle ferait ce soir loin du froid.

Cet acrostiche et une grosse envie de crêpes pour répondre aux Cahiers d’Emilie et Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et des mots proposés.

La grande traversée

Mémé s’est réveillée tôt ce matin pour la grande traversée.

Comme tous les matins, elle ouvrit les volets et les fit claquer sur le mur de deux grosses poussées de main pour aérer sa chambre, revint faire son lit et tapota longuement son traversin et l’énorme édredon aux motifs fleuris.

Quand elle retourna vers la fenêtre, les rayons du soleil pointaient juste à l’horizon, la vallée était noyée sous les nuages, les lueurs roses et bleues de l’aube coloraient cet océan cotonneux. Neptune allait pouvoir étendre la grande voilure. La tempe appuyée sur le chambranle, elle resta là derrière la vitre close un instant, admirant ce désert luisant et mystérieux. On ne voyait pas le bout du jardin ni son portail et encore moins la petite passerelle recouverte de mousse qui donnait sur la rue.

Un chien aboya soudain, un froncement d’inquiétude sur son front accentua ses rides. En une enjambée, elle passa la porte et se dirigea vers la cuisine. Il allait falloir déjeuner bien vite et s’apprêter plus rapidement que d’habitude. Il n’était pas question d’être en retard. Elle y avait bien réfléchi et avait fait le voyage dans sa tête. Son sac était prêt dans l’entrée, elle n’avait rien oublié, pas même son ouvrage du moment. Elle était en éternelle vacance depuis bien longtemps maintenant et avait tendance à vieillir un peu trop ces temps-ci. Aujourd’hui, elle s’était enfin décidée et allait franchir le grand passage…

Pour répondre aux Cahiers d’Emilie et Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et des mots proposés. Les autres textes sont là.

Les plumes du 15

Elle découvrait les nouvelles pages de son mensuel « des pattes et les plumes du 15 Rue du Cheptel ».

Les plumes du 15

Elle se régalait des blagues et des bulles et souriait en dégustant sa faisselle avec un peu de miel qui accompagnait son thé du matin.

Ces épisodes actuels mettaient en scène une kyrielle de bestiaux : une tourterelle jouvencelle et cruelle et une vieille sarcelle caractérielle. Sur cet archipel artificiel, des poules y vivaient avec un coq exceptionnel, qui flattait ces donzelles mais ne se privait pas de dire combien ces femelles lui broyaient la cervelle et lui rebattaient les oreilles. L’ambiance était conflictuelle à souhait. C’était un duel perpétuel et un flot d’injures torrentiel entre ces demoiselles. Elles s’évertuaient pourtant à pousser telles des brelles pour pondre toujours la même voyelle et con-sonnaient avec leur voix de crécelle : « mais Keskeskeskessebordeeeeeel ».

Elle aurait voulu que cette lecture soit éternelle.

Mais il fallait se mettre en selle après cet instant très personnel. Elle attendait qu’Annabelle l’appelle pour aller faire 2 ou 3 pas avec elle. Où iraient-elles ? … à la chapelle, leur petit tour habituel où la vue était imprenable.

Elle sortit donc la grande gamelle. Un pique-nique pour deux, avec des radicelles de légumes qu’elle avait mis à suer dans du gros sel, des vermicelles de riz et quelques fruits coupés en cubes, tout ça bien ficelé pour une salade colorée. Elle glissa de la ficelle pour rapporter des bagatelles, et son gilet de flanelle si la couleur du ciel chancelle.

Accompagnées du chien Fidèle, elles partirent quand sa jumelle arriva. Celle-ci avait pris son matériel usuel avec l’intention de peindre une aquarelle pour Adèle. C’est vers la petite stèle dans la roche du castel qu’elles stoppèrent. Sous une tonnelle de feuilles, la lumière était bonne et elles apercevaient la passerelle au loin, c’était parfait. Au retour elles sifflaient et causaient rapportant un fameux cadeau dans un sac à dos aux nouvelles bretelles confectionnées de la veille.

Au détour d’une ruelle, elles s’attardèrent à admirer le va et vient d’une d’hirondelle sous le préau de la maternelle. Puis sa sœur la quitta pour son cours de violoncelle. Elle cueillit quelques nigelles et fit un beau bouquet.

La promenade de l’après-midi était vraiment la plus belle de la semaine.

Maintenant, assise sur la balancelle en profitant des branches qui lui servaient d’ombrelle, elle sirotait une citronnelle et dégustait des mirabelles des yeux, celles qui prenaient formes sur l’arbre en face d’elle.

Elle avait étalé la nappe en dentelle sur la table et préparé le goûter des petits qui passaient en sortant de l’école : des croquants aux brimbelles embaumaient la cuisine et la cannelle infusait dans du lait. Pour une grosse faim, il restait du flan au caramel.

Elle les entendait : ils arrivaient en ribambelle claironnant la ritournelle actuelle des voyelles qu’ils préféraient. Quand ils ouvrirent le portail dans un battement d’ailes, des étincelles brillaient dans leurs yeux.

Un joli clin d’œil à Asphodèle que propose Mindthegap

 

 

Patchwork – Les plumes et le cortège

Des mots et une histoire … me trottent dans la tête

patchcath

…Dans  une succession de strophes, et sans se laisser abattre, on a décrit le cortège. Pas funèbre du tout! C’est une énorme acclamation de joie dans la ville, un immense cheminement à travers les rues dans une atmosphère de carnaval aux costumes plus beaux les uns que les autres. La foule est venue défiler et manifester. Des senteurs de fleurs embaument les places. Les deux personnages se rendent à la cérémonie. Une admirable ribambelle de roses et d’ancolies aux teintes bleutées décorent l’attelage du carrosse et le cavalier porte la tête haute. En les voyant passer, les gens piquent un fard et rient aux larmes

Edit : c’est ma participation à « Les plumes … et le cortège d’Asphodèle » . Les mots imposés sont ceux mis en gras.

patchcath