Histoire de loup et gant de crin

Histoire de loup et gant de crin, gentil chien, tricot râpeux et blabla mielleux.
Histoire de loup et gant de crin
On joue aux cartes, à la castagne. La bataille se termine sans coup de poings, les coups d’œil suffisent. On n’y peut rien, le soleil ne se montrera pas, le ciel est aussi vert que leurs yeux sont sombres, le temps est orageux et la pluie menace. On distribue à nouveau, on raconte une autre histoire. On rigole et on chante tandis que le plus grand s’épuise à apprendre à nouer les lacets de ses chaussures. On parle de canards dans la mare, de pingouins au lavoir et de Jean de la Fontaine.
« Un Loup n’avait que les os et la peau, tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers, Sire Loup l’eût fait volontiers ;
mais il fallait livrer bataille, et le Mâtin était de taille à se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement, entre en propos, et lui fait compliment sur son embonpoint, qu’il admire.
« Il ne tiendra qu’à vous beau sire, d’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien : vos pareils y sont misérables, cancres, hères, et pauvres diables, dont la condition est de mourir de faim. Car quoi ? rien d’assuré, point de franche lippée, tout à la pointe de l’épée. Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. « 
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens portants bâtons, et mendiants ; flatter ceux du logis, à son Maître complaire, moyennant quoi votre salaire sera force reliefs de toutes les façons : os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. « 
Le Loup déjà se forge une félicité qui le fait pleurer de tendresse. Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu’est-ce là ? lui dit-il.
Rien.
– Quoi ? rien ?
Peu de chose.-
Mais encor ?
– Le collier dont je suis attaché de ce que vous voyez est peut-être la cause.
– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas où vous voulez ?
Pas toujours, mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas je ne veux en aucune sorte, et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. « 
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor. »

 

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Tout ou rien

Tout ou rien

Tout ou rien

J’ai connu un chien qui se nommait « Rien », il ne répondait pas souvent à son nom, ni au mien non plus… à rien en fait. J’aurais préféré « Foulcan » mais il serait resté, ça n’aurait rien changé. On l’appelait « Toutou Rien ». Il faisait ce qu’il voulait, souvent rien de bien.

Il était moche et ressemblait à tout autre chose qu’un chien…  « Il est pourtant gentil » disait Jean et tous les gens d’ailleurs, ici, si si…

Et on le trouvait un peu sot aussi. Ah! des sauts, il en faisait, il sautait haut et s’accrochait aux bras et aux bas des manches des dames, à leurs bracelets et leurs sautoirs, elles sursautaient, leurs cris fusaient comme des pétoires, les perles tombaient par terre; elles, les femmes se laissaient choir, et leurs brillants roulaient dans les coins sombres. Lui avait compris qu’il serait puni et filait dans l’ombre.

Il faut qu’j’vous dise, Rien, il était noir. De l’ombre et du sombre, il y en avait, c’était l’été! Mais quel été! Il pleuvait tant qu’on sentait bien que l’hiver était proche. L’eau du ciel était gelée alors qu’on aurait dû manger des glaces. Y a plus d’saisons. Tout était gris, même les idées et les pensées et d’autres fleurs, on les cueillait pour égayer et Toutou Rien les déterrait, on se fâchait et rien n’était panser.

« Trois beaux jours suffiraient », disait Jean qui revenait de brousse, « du jaune du chaud et du soleil ». Je sais ce qu’il souhaitait en regardant sa mousse « un verre, du rhum et du sommeil » mais je répliquai en souriant : « Trois fois rien en somme » Et là j’ai vu son œil vert viré au fauve… !!?? Tel un dogue, sinistre et bête comme le chien « Faudrait pas m’épuiser? Je calcule peut-être comme un pied, mais si j’enfile deux chaussures tous les matins c’est que j’en ai deux et c’est pas rien. Alors ne me prends pas pour un pingouin. Si c’est trois fois c’est pas une somme ».

Ce quelque chose l’avait assis. Était-ce la flotte ou le mauvais temps ? Étaient-ce les mois et les ans ?  Il était là à bouger ces doigts comme arthrosés. Dix tentacules qu’il pliait et qu’il comptait. Et je riais intérieurement: « Quel con tu es ».

Je suis partie. Je gardai le silence le laissant là, peut-être las un peu grisé et imbibé. On a beau dire, les Jean et les genres des gens sont différents. Un peu de mots c’est beaucoup trop parfois, un presque rien avait tout effacé. Rien de lui ne m’a suivi, mais Rien, lui, me suivit. Ce chien, je l’aimais bien.

Chez Carnets Paresseux c’est l’AI de juin avec Tout et son contraire ! mais attention, pas tout, tout de suite, ni tout de même, ou tout et n’importe quoi, encore moins tout le monde cherche son chat… On pourra glisser des mots et une photo, les siens ou la sienne, ou pas. Chez moi, c’est le chien et plutôt que Tout, j’ai choisi Rien.

La vie est belle

La vie est belle

La vie est belle

La vie est belle pour Lili qui vit heureuse dans sa maison-pomme
Enfin, jusqu’au jour où une femme vient cueillir les fruits du verger.
Très vite, sa maison dérobée disparait dans un immense panier,
Et sa vie bascule. Elle se jure de la retrouver et de lui faire comprendre son désarroi,
Même si les pommes existent pour être mangées. Elle part donc chez la voleuse.
Petite souris et noir corbeau, outrés, l’accompagnent chez cette
Sorcière qui les ignore quand ils arrivent, trop affairée auprès d’un pêcheur
Qui s’est échoué dans la nuit, sur les berges devant son manoir.
Un homme simple, qui avait une vie paisible jusque là, reprend ses esprits.
Il s’est fait attaquer et dévaliser par les pirates des mers sur
Le lac du nord qui ont ensuite coulé son bateau.
Faible mais conscient, il explique sa mésaventure aux trois amis
Avec ardeur et précision, et leur demande de l‘aide pour sortir d’ici.
Il est visiblement captif de cette femme un peu louche, voudrait sortir au plus vite et
Trouver un nouveau navire pour ne pas être en galère trop longtemps.
Les trois amis et compère réussissent à quitter l’endroit discrètement et sans bruit.
En dédommagement de sa maison volée, Lili rafle des provisions
Tant et tant qu’ils en auront pour tout l’hiver et toutes leurs familles.
Rapidement leur bonne humeur est revenue quand il croisent
Oiseau gris, le vieux corbeau, arrivant à tire d’aile de la grande forêt.
Ivre de colère et de vent, éméché et déplumé, il a du mal à s’exprimer.
Ses enfants et cousins vont mourir, un homme coupe tous leurs arbres.
Sans branches, sans feuilles, pas de nid ! où loger maintenant ?
Et sans fleurs, plus insectes ! que vont-ils manger ? que vont-ils devenir ?
Rassurante, Lili montre la quantité de nourriture qu’ils possèdent : « Il y en
Aura pour tout le monde. Allons voir, malgré tout, si on peut arrêter ce massacre ».
L’individu fait ronfler sa tronçonneuse, les arbres tombent bruyamment
En effrayant les animaux qui s’enfuient. Mais il ne voit pas venir l’énorme tempête
Tourbillonnant au dessus de sa propre maison qui se disloque et s’envole en morceaux
Emportés dans le ciel sombre. Les amis trouvent refuge dans un terrier de lapins.
Muets et désolés, ils fixent l’énergumène maintenant surpris par la colère des cieux,
Puis la peur le prend à son tour, alors gêné et contrit, il leur demande le gîte, .
Soudain, il réalise… Il réparera: il est menuisier et refera l’endroit plus beau,
Des oiseaux pourront à nouveau nicher et vivre en famille et en paix.
En entendant ces mots, un petit poisson heureux saute hors de la rivière proche
Tout excité. Il crie qu’il va voir la mer. Il a toujours vécu dans un bocal
Où il ne croisait jamais personne. Un jour, il sauta dans la cuvette des toilettes.
Une chance ! Si le chemin était semé d’embûches, il a tenté l’aventure et il est là,
Terrorisé au début, il est libre maintenant. Il agite ses nageoires et reprend sa route.
Les chemins de la liberté ne sont pas sans danger ! se disent les amis.
Et c’est là qu’un petit agneau déboule de la forêt pleurant, ayant perdu sa
Mère en se sauvant devant les arbres qui tombaient sous la lame
Ou s’élevaient dans la tornade. Mal à l’aise, l’homme sort une petite flûte de sa poche,
Il joue d’abord doucement pour s’excuser. Les animaux et leurs amis retrouvent le sourire.
Sa musique est gaie. Des larmes et la pluie qui tombe mouillent ses joues. « Si j’avais … »

Sur les consignes d’Estelle et pour l’Atelier sous les feuilles, je voulais dire que la vie est belle au défi d’A vos claviers #8 de juin. Il fallait utiliser un dicton, trouvez-le !

Couleur framboise – Petit gilet sans manche

Couleur framboise – Petit gilet sans manche

Couleur framboise - Petit gilet sans manche

Fourniture une paire d’aiguilles n°3 et 2 pelotes de fil à tricoter assorti. Il ira à un bébé de 6 mois, même un peu plus grand.

Devant gauche :

Monter 58m et continuer tout au point mousse.

Tricoter 6 rangs

Au 7ème rang, tricoter 52m, laisser 6m sur l’aiguille gauche, retourner le travail et passer le fil entre les deux aiguilles de manière à faire le 8ème rang sur les 52m.

Au 9ème rang, tricoter 45m, laisser 13m (7+6m) sur l’aiguille gauche, retourner le travail et passer le fil pour faire le 10ème rang sur les 45m.

Au rang 11, tricoter 32m, laisser 26m (13+7+6m) sur l’aiguille gauche, retourner le travail et passer le fil pour faire le rang 12 sur les 32m.

Tricoter les rangs 13 et 14 en entier sur les 58mailles.

Tricoter 6fois ces 8 derniers rangs (du 7ème au rang14) pour faire le devant gauche du gilet.

Dessus épaule gauche :

Au 63ème rang, laisser 6m sur l’aiguille gauche, retourner le travail et passer le fil entre les deux aiguilles de manière à faire le 64ème rang sur 20m.

Laisser les 32m de l’aiguille gauche en attente (sur une aiguille annexe), on les reprendra pour le dos et retourner le travail et passer le fil.

Au 65ème rang, tricoter 13m, laisser 13m (7+6m) sur l’aiguille gauche, retourner le travail et passer le fil pour faire le 66ème rang sur les 13m.

Aux rangs 67et 68, tricoter 26m.

Tricoter 6fois ces 6 derniers rangs (du 63 au 68) pour faire le dessus de l’épaule gauche.

Dos :

Tricoter, comme au 7ème rang et laisser 6mailles sur l’aiguille gauche, retourner le travail et passer le fil, tricoter les 20m et reprendre les 32m laissées en attente sur une aiguille annexe.

Puis, comme pour le devant continuer en reprenant au rang9.

Tricoter en tout pour le dos 12fois ces 8rangs décrits pour le devant gauche.

Dessus d’épaule droite :

Tricoter comme pour la manche gauche, soit 7fois les 6rangs décrits du rang63 au rang68, en laissant, sur une aiguille annexe, 32m que l’on reprendra pour le devant droit.

Devant droit :

Reprendre comme pour le dos et tricoter 7fois du rang7 au rang14, en reprennat les 32m laissées sur une aiguille annexe.

Puis tricoter 6rangs sur les 58m et arrêter toutes les mailles

Couleur framboise - Petit gilet sans manche

Finitions :

Coudre deux boutons pour fermer le gilet et crocheter 2brides en face de chacun d’eux, rentrer les fils et c’est fini.

Dans le tronc d’un cerisier

Dans le tronc du cerisier

Dans le tronc d'un cerisier

Se cache le foyer
D’un petit écureuil
Assis sur le seuil.
Il mange des cerises
Tricotant une chemise,
Recrache les noyaux,
Tricotant un maillot
Attaque les noisettes,
Fait des gants, des chaussettes…
Qu’importe s’il fait froid,
Tant pis si vient l’hiver,
Une maille à l’endroit,
Une maille à l’envers :
L’écureuil, fort adroit,
Se fait des pulls-over,
Imitant sa grand-mère.

D’après JL Moreau, ni chemise ni maillot, juste un petit gilet sans manche couleur cerise pour ma petite princesse.

Ma vie est comme un tricot

Ma vie est comme un tricot

Ma vie est comme un tricot

Mais elle est aussi… encombrée d’autres essais tricotés.

Avec un rien ou juste un tout petit quelque chose
Vert ou bleu, jaune ou rose
Il est joli, mon tricot de vie, parfois drôle
Et plein de fantaisie
En nouant la laine en mailles.

S’entortillent entre doigts et aiguilles
Tissent mille points au fil de
Chaque jour qui passe
Obvient aux chagrins et mes peines
Mailles endroit et mailles envers
Mêlent mousse et jersey
Emportés au rythme de la vie.

Un brin compliqué mon ouvrage
Néanmoins précieux et construit jour après jour
Tricoté aux couleurs de ceux qui m’entourent
Raccommodé pour ceux que j’aime
Invariablement il avance, plus ou moins vite bien sûr
Comme un bateau à voiles sur les flots
Ondulant dans l’air et dévié par les vents
Tire-bouchonnant le fil de mes jours et mes nuits.

Je tricote n’importe quoi pour fabriquer des choses impossibles. Ce matin, c’est du raphia que j’avais dans les mains pour nouer et tenir les pousses vertes de mon jardin, mais comme il pleut encore, c’est autour de mes aiguilles que ces brins se sont noués en entourés…

Un poème

Un poème de Raymond Queneau

Un poème

Bien placés bien choisis

quelques mots font une poésie

les mots il suffit qu’on les aime

pour écrire un poème

on ne sait pas toujours ce qu’on dit

lorsque naît la poésie

faut ensuite rechercher le thème

pour intituler le poème

mais d’autres fois on pleure on rit

en écrivant la poésie

ça a toujours kékchose d’extrême

un poème