Quel est ce type qui porte son luth dans sa hotte et entre dans sa hutte ?

Quel est ce type qui porte son luth dans sa hotte et entre dans sa hutte ? demande le loup à la poule et son poulet.

La pauvre savait qu’il les voyait déjà au pot. Craignant son pouque, elle ferme sa goule, écarte le petiot, avale sa glotte soudain lourde comme un plot, perd le goût et devient presque muette comme une carpe alors qu’elle rêve de devenir lotte pour s’aplatir à terre.
Elle glou… elle glougloute et prononce : « Voyez Mère l’Oye ! »  avant de s’écraser sur une pierre où son bec grave un trait profond et imparfait.

L’autre, fan de typo ne pensant qu’à son jeu, accourt avec sa loupe prête à trouver un pou :
Oyé la quête, qu’elle est- elle ? Ah quelle glyphe magnifique pour ma future glyptothèque !

Un phoque sort de l’eau, un toupet sur la tête en guise de toque.
Curieux de phyto et de glypho, il approche à ces nouveaux mots avec des bruits de touque qu’on ouvre.
Sa toge luisante comme de la glue pègue un peu et passe de pelote en loque au soleil.

La mère palmée lui jette un œil et l’interpelle :
Hey  mon pote Gros Guy, te voici tel un tableau légué par Loth !

La poulette à la houpette raplapla se retape et ouvre un œil, puis l’autre et dit respectivement :
Loup… Phoque
-C’est vrai, répond Mère l’Oye, un peu fou tout ça tout de même !

Sur la proposition de Lilou,
le mot mystère 21 à découvrir avec les lettres et la définition données est « glyptothèque »,
et les mots formés de ces lettres en italique que j’ai utilisés.

La consigne était claire

La consigne était claire, aucune restriction dans l’action du jour.

Pas question de louvoyer sans fin.
Et pas plus de test en guise de prologue cette foi-ci.
L’exécution se fera de suite avec tout le zèle de chacun.
L’existence ou la vue de masque n’était inconnue pour personne même si le mystère de la représentation persistait quelquefois.
« Ce n’est pas parce qu’on est chauve qu’on est sans cerveau », avait-elle prononcé. Ses yeux pétillaient. Quelle drôle d’idée émergée d’un excès d’arquebuse mal dosée sans doute.
Alors comme dans un souvenir sous des influences astrales ou sur un air de sarabande dont la transmission n’était audible que par elle, elle esquissa un fantôme, passeur de visions nouvelles.

Pour répondre à l’atelier 113 chez Ghislaine (avec la proposition suivante:  solitude, refrain, sarabande, passeur, prologue, astrale, chauve, cerveau, souvenir)  et des mots,une histoire chez Olivia (avec la récolte 38: inconnu, restriction, claire, test, transmission, masque, zèle, louvoyer, émerger, arquebuse, pétiller )

Petits lutins

Petits lutins.

C’est une idée qui a emballé le club du lundi.
Le modèle vient de notre Roberte, et c’est une façon pour épuiser les tout-petits restes de fils à tricoter.
Ces lutins pourront décorer notre sapin au prochain marché de Noël.
Si chacune en confectionne deux ou trois, il nous faudra un sapin d’au moins… 2 ou 3 mètres de hauteur ! Waouh comme ça va être joli !
Alors j’ai tricoté… tricoté des petits lutins de plusieurs couleurs.
En voici deux et pleins de petits pelotons reposent encore au fond de mon panier…

Si l’envie vous prend d’en tricoter quelques uns pour votre sapin, voici les explications de ces petits lutins.

Pour le grand défi de Noël éco-responsable sur une idée de Stella mes petites créations.

Ouvrage en patchwork

J’avais bien l’intention d’avancer mon ouvrage en patchwork ce matin,

mais d’un geste impromptu, ma main a plongé dans mon sac de fils à tricoter en vrac. Ce sac à vrac est toujours à portée de mains. J’ai l’impression qu’il ne sera jamais vide malgré mes longues journées de tricotage. Je ne perds pas courage, j’y arriverai bien un jour. Je tire d’abord un fil bleu turquoise accroché à un fil vert anis, puis un mélange de fils emmêlés suit. J’aperçois aussi du blanc, du rouge et du rose pâle. J’essaie de démêler ce vrac et le secoue un peu, l’énorme pelote informe rebondit mais rien ne s’arrange, ni se décroche…

Les deux premières couleurs me plaisent pourtant bien et j’ai bien envie d’essayer de faire un petit lutin. Je fouille un peu plus au fond et aperçoit un peu de noir. Ah, c’est ce qu’il me faut. Je tire. Le bout de laine n’est pas très long mais ça ira. Je monte vingt mailles sur une aiguille. C’est ce que je lis sur mon petit papier bien que mon dessin ait plutôt l’air d’un squelette. J’ai griffonné rapidement lundi ce croquis d’après les explications qu’elle nous a livrées.

Elle, c’est Roberte qui est revenue enfin au club du lundi après-midi. Elle va mieux, nous a-t-elle dit. Elle a été cambriolée cet été, en pleine nuit alors qu’elle était dans sa maison, elle n’osait plus sortir, n’avait plus goût à rien. Puis elle a déménagé. Et c’est une renaissance pour elle. Elle était déçue, car elle avait pris du retard dans la confection de ses ouvrages. Alors on l’a aidé tandis qu’elle papotait et riait à nouveau. Puis elle a parlé de lutins qu’elle avait tricotés un jour il y a des années déjà mais elle croyait bien se rappeler des dimensions.

Je regarde aujourd’hui ce croquis qui ressemble plus à une arête de poisson qu’à des explications de tricot, avec d’un côté deux mots, mousse et jersey, répétés l’un sous l’autre alternativement ou presque, au milieu sont notés des nombres de rangs et de l’autre côté des noms de couleurs…

C’est ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés de la semaine.

Pour confectionner un bon repas

Ma mère était une championne pour confectionner un bon repas.

Pour confectionner un bon repas

Oui, elle était championne pour confectionner un bon repas et faire pour que la maison soit chaude et accueillante.Elle tenait ça de Mémé, à c’est ce qu’elle disait, mais je n’ai pas de souvenir de mon aïeule que je n’ai pas connue. Et je ne suis plus très sûr des souvenirs que je garde de ma mère, ça fait tellement longtemps qu’elle m’a quitté.

Ce soir, je partagerai mon repas avec Sam, avec vue sur le fleuve dans lequel les lumières de la ville viennent agoniser. Je sors le repas de mon sac et Sam installé tout près de moi suis mes gestes avec attention et se lèche les babines. Je suis assis sur la couverture que je viens d’étendre sur le pavé. Sam est un bâtard, il remue la queue et baisse les oreilles quand je lui demande s’il a faim. Lui et moi on s’est rencontrés il y a trois ans sur le terrain vague. Il ne portait pas de collier, mais une énorme blessure à la patte. Avec quelques pièces, j’ai acheté de quoi le soigner. On ne s’est plus quittés.

Mélange entre labrador et je ne sais trop quoi, Sam a de grands yeux noisette où se lit le pardon, l’amour, la vérité. Dans son regard il y a parfois bien plus que dans celui des gens que je croise chaque jour. Sam a eu l’occasion de se tirer mais il est resté avec moi. Il y a un an, quelqu’un a proposé de l’adopter. Un vieux monsieur qui venait de perdre son chien et habitait une maison avec un jardin. Sam aurait pu être heureux là-bas. Manger à sa faim chaque jour, dormir sur une couverture près d’une cheminée. Peut-être même sur un canapé. J’ai accepté de le laisser partir, mais une semaine plus tard, le type m’a ramené Sam en me disant qu’il se laissait mourir de faim sans moi.

C’est un soir exceptionnel aujourd’hui, alors j’ouvre la barquette de jambon, laisse les quatre tranches à Sam. Il les a bien gagnées, car c’est souvent grâce à lui que les gens me filent quelques pièces. « Joyeux Noël, mon vieux ! » Il se jette sur la bouffe tandis que je l’observe en souriant. J’enfile mes mitaines en laine avant d’entamer ma première bière. Elle est glacée. « A la tienne, Sam ! »

J’attrape le petit livre dans mon sac à dos et contemple la couverture. C’est une dame qui me l’a offert. Elle habite au-dessus de la supérette et je la vois presque chaque jour quand elle va faire ses courses. Elle ne me file jamais d’argent, peut-être qu’elle n’en a pas beaucoup. Mais ce matin, elle m’a donné ce bouquin en me disant que la nourriture de l’esprit était importante aussi. Je l’ai remercié n’osant pas lui avouer que je ne suis qu’un pauvre illettré à qui il faut dix minutes pour lire une ligne. Grâce à la lumière du lampadaire, je déchiffre à voix haute. « Chiens perdus sans collier ». Sam dresse l’oreille avant de se coucher tout près de moi. « Elle manque pas d’humour, j’te jure… ! »

Des chiens perdus sans collier, voilà ce que nous sommes, lui et moi. C’est peut-être un livre intéressant qui m’apprendrait des choses. Mais ça, je ne le saurai jamais.

Un extrait d’une nouvelle « dans les bras des étoiles » écrite par Karine Giebel lue dans le recueil « 13 à table » édité au profit des Restos du cœur.

 

Pater Noster

Pater Noster

Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l’Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-mêmes d’être de telles merveilles
Et qui n’osent se l’avouer
Comme une jolie fille nue qui n’ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde

Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons.

Jacques Prévert, Paroles (1945)

Recevoir un cadeau

« Mémé, que faut-il faire pour recevoir un cadeau pour Noël ? »

Recevoir un cadeau

– Eh bien, il faut écrire une lettre au Père Noël, pour lui faire ta demande…
– C’est tout ?
– Et je pense qu’il faut avoir été sage. Très sage et obéissant, et il faut le lui écrire aussi.
– Ah ! Tant pis alors… mais j’aurais bien aimé des patins à roulettes. Seulement…

Recevoir un cadeau

– Quel est ton problème ?
– Et bien, pendant que tu cousais j’ai piétiné sur les plates-bandes de Papilou et il s’est fâché, alors je suis rentré tout seul, et j’ai laissé des traces dans l’entrée avec mes chaussures crottées que je n’ai pas pu enlever…
– Oh ! Petit garnement, il faut que j’aille voir ça…
– Attends Mémé, c’est qu’après, j’ai eu l’envie de me préparer tout seul un chocolat chaud, mais la boite de cacao était trop lourde et elle tombée par terre
– Oh misère, il faut aller nettoyer…
– Pas tout de suite Mémé, j’ai pas fini…
– Quoi ?
– C’est une blague Mémé ! Je voulais te raconter une histoire qui te fasse peur. Et c’est réussi, non ?
– Peur ou colère, je ne sais pas. Mais viens que je t’embrasse, Petit Filou de mon cœur.
– Mémé, m’aideras-tu à écrire ma lettre sans faute?

Recevoir un cadeau
– Oui, bien sûr, donne-moi juste le temps de finir cette petite couture, et ensuite on se fera un bon chocolat chaud.

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Quel est le poids d’un flocon de neige ?

– Saurais-tu me dire quel est le poids d’un flocon de neige ? demanda, un jour, la mésange à la colombe.
– Oh, un tout petit rien, répondit la colombe.

Alors la mésange raconta son histoire à la colombe :
– J’étais sur la branche d’un sapin quand il se mit à neiger. Pas une tempête, non juste comme on aime, comme un rêve, doucement, sans violence. Comme je n’avais rien de mieux à faire, j’ai commencé à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me tenais. J’étais presque arrivée à 4 millions quand le suivant tomba sur la branche et celle-ci cassa. Un tout petit rien, comme tu l’as dit, qui a son importance vois-tu ».
Et la mésange s’envola.
La colombe, connue pour une autorité en matière de paix depuis la nuit des temps, réfléchit un moment et se dit finalement en s’envolant à son tour :
– Et s’il ne manquait qu’une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix ».

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J’en ai accrochés, et des gros sur un rideau passe-porte pour répondre à la 53ème des  53 billets en 2015 chez Agoaye et ceci sera mon dernier billet du projet.

 

Quel déchirement

Quel déchirement pour les deux jeunes oies quand les deux clans décidèrent finalement de se séparer. Mais elles ne pouvaient se résoudre à quitter leurs parents, leurs frères et sœurs, leurs oncles et tantes… La veille du départ des partisans du retour vers le Nord, Alberto et Yolanda se retrouvèrent seuls auprès d’une petite mare. Là, ils osèrent enfin s’avouer leur amour… et leur tristesse de se quitter. Ils rêvaient d’un endroit, où l’hiver serait doux et l’été agréable. Un été comme dans le Nord, et un hiver comme dans le Sud. Petit à petit, une idée germa dans leurs esprits qui devait leur permettre de rester ensemble malgré tout… Tout excités, ils s’envolèrent à tire d’aile pour revenir auprès des autres oies sauvages. Il fallait convaincre les autres et, chacun de son côté, commença à parler à son clan. Ce ne fut pas facile.

Mais le lendemain, au moment où le grand envol était prévu, toutes les oies étaient là. Certaines hésitaient encore, se demandaient que faire et tournaient en rond… Après tout, Alberto et Yolanda n’avaient-ils pas raison ? Pourquoi devaient-elles vraiment choisir entre le froid glacial et l’été torride ?

Finalement, elles avaient adopté la solution originale proposée par Alberto et Yolanda. Vivre l’hiver dans le Sud, et l’été dans le Nord… Faire deux migrations dans l’année, qu’était-ce après tout, comparé aux souffrances de climats trop durs ?

Alberto et Yolanda étaient fous de bonheur. Ils allaient pouvoir passer le reste de leur vie ensemble, sans plus jamais se quitter !

Ils fondèrent d’ailleurs une jolie famille et eurent beaucoup d’oisons, tous plus mignons les uns que les autres… Et c’est depuis ce jour, et grâce à l’ingéniosité de deux oies amoureuses, que les oies sauvages s’envolent en automne pour profiter d’un hiver clément dans le Sud, et qu’elles reprennent le chemin de leur migration vers le Nord, le printemps venu, pour vivre un doux été…

Quel déchirement

C’est sûrement pour ne pas les oublier que nous avons pris l’habitude d’en manger une à Noël.

Quel déchirement, car c’est la fin de l’histoire dont j’ignore le nom de l’auteur.

En attendant la suivante, il me faut continuer à décorer la maison… quelques rubans pour décorer une boule, un sapin en tissu tout petit et bien moelleux et quatre bonhomme de neige couvrent un patchwork… pour répondre au challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Alors commença le voyage le plus long jamais entrepris

…Alors commença le voyage le plus long jamais entrepris par les oiseaux. Ils volaient des jours entiers avant de se poser quelques heures sur un lac ou un étang afin de se reposer et de trouver de quoi se nourrir. C’était très dur pour les petites oies, mais Alberto et Yolanda volaient côte à côte et s’encourageaient lorsque leurs ailes se faisaient lourdes.

Un soir, alors qu’ils avaient volé plus longtemps encore que les jours précédents, leurs efforts furent récompensés. Leurs parents annoncèrent qu’ils étaient arrivés dans leur nouveau lieu de vie. Alberto était bien trop fatigué pour s’en réjouir, et il s’endormit sur le champ. Mais le lendemain matin, quelle surprise il eut en ouvrant les yeux !

Sous ses yeux ébahis s’épanouissaient des fleurs aux couleurs éclatantes et aux parfums enivrants, des arbres qu’il n’avait jamais vus, et les eaux étaient d’un bleu turquoise… Yolanda le rejoint et ils partirent à la découverte du pays du soleil.

Leur automne se passa ainsi, de surprise en surprise et de découverte en découverte. Quant à l’hiver, il n’aurait pu être plus beau. Les températures étaient douces, il n’y avait ni neige ni pluie glacée, l’eau regorgeait toujours de nourriture, et le vent tiède les portait délicieusement dans les airs… Quelle chance ils avaient d’être ici, loin des terres froides du Nord !

Le printemps revint à son tour. Yolanda et Alberto étaient des oies adultes maintenant, et ils devraient bientôt trouver un partenaire pour la vie, afin de fonder une famille et avoir de petits oisons… Ils passaient de plus en plus de temps ensemble, et il semblait que rien ne pourrait jamais les séparer ! Leur amitié se transformait en un bel amour, qui grandissait de jour en jour. Mais ils étaient bien trop timides pour avouer leurs sentiments véritables. Alors ils se contentaient de profiter du jour présent aux côtés de leur âme sœur…

C’est donc ensemble qu’ils virent le soleil briller de plus en plus haut dans le ciel, de plus en plus fort. La chaleur devint torride. Le soleil semblait ne jamais vouloir se coucher, et même les nuits, la chaleur devenait insupportable ! Les oies étaient accablées par ces températures qui ne baissaient pas, et chercher leur nourriture devenait de plus en plus difficile lorsque bouger sous la chaleur accablante était déjà un supplice. Même les eaux du lac ne les rafraîchissait plus. Au contraire, sous l’effet de la chaleur, elles étaient devenues vaseuses… L’été dans le Sud fut aussi difficile à vivre que l’hiver dans le Nord.

Alors commença le voyage le plus long jamais entrepris

Alors certaines oies sauvages commencèrent à parler d’un retour vers le Nord, afin d’échapper aux chaleurs torrides. Les autres ne voulaient pas en entendre parler. C’était à en perdre la boule. Elles ne voulaient plus jamais vivre un hiver glacial. Au bout de quelques jours, la colonie était divisée en deux clans opposés. Les uns voulaient retourner vivre dans le Nord, les autres tenaient à rester dans le Sud.

Malheureusement, les parents de Yolanda faisaient partie des premiers, et les parents d’Alberto des seconds… Alors lorsque les deux clans décidèrent finalement de se séparer pour fonder deux colonies distinctes, qui s’installeraient où elles le souhaitaient, Yolanda suivit sa famille pour le long vol du retour vers le Nord, tandis qu’Alberto restait avec les siens près du lac du Sud…. (à suivre)

J’ai décidé de raconter des histoires durant ce mois de décembre, en toute liberté et un brin de liberté.

Le temps passa

« … Le temps passa. Revint l’automne, la saison des tempêtes. Les grues, dans les marais, grandissaient. Elles ébouriffaient leurs plumes parmi les joncs et les feuilles. Un jour, alors qu’Osamu se trouvait au village, arriva un gros navire marchand. Un grand capitaine en sortit. C’était un riche commerçant. Le capitaine questionna les pêcheurs dans le port, et tous lui indiquèrent Osamu.
« J’ai longtemps navigué pour te trouver, Osamu », dit le capitaine. « Je veux que tu tisses une voile magique pour mon bateau. »
Osamu pensa à Yukiko et à la promesse qu’il lui avait faite. « Je ne peux pas », répondit-il. « Je n’en réaliserai pas d’autre. »
Le capitaine éclata de rire. « Allons, Osamu, je te donnerai assez d’or pour que tu ne doives plus jamais travailler ! »
De l’or pour une vie entière…, se dit Osamu. Il courut à la maison. « Yukiko ! Il y a un homme au port qui nous donnera de l’or pour une vie entière… si tu tisses une autre voile. » … (à suivre) »

Le temps passa

Une suite au conte d’hier pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian. Et pour les amateurs de FB, c’est ici.

Oiseau d’aout

Oiseau d’aout. Il tapait le sol avec son bec, il cognait et heurtait la terre dure comme de la pierre. Ça résonnait terriblement sous les branchages.

Oiseau d'aout

Il s’acharnait et décollait juste un peu de poussière. Cherchait-il à boire ou un peu de nourriture? Il n’avait pas plu depuis longtemps. L’air était chaud et l’atmosphère écrasante. Son œil brillait mais ne me voyait pas. Il ne griffait pas le sol de ses pattes, son bec tapait simplement le sol avec entêtement.

Oiseau d'aout

Dans l’ombre des arbustes, j’admirais sa robe bleutée. Son plumage avait de jolis reflets roses sur la gorge et la tête. Soudain son seul œil visible eut des couleurs aquatiques, et l’oiseau se mit à picorer de plus en plus vite. Il suivait une procession de fourmis qui avaient pris possession d’une figue trop mûre tombée à terre. Il les engloutissait rapidement.

Oiseau d'aout

Je l’avais bien observé et j’ai vite crayonné les motifs qu’il avait sur les ailes pour ne pas les oublier. Je ne sais trop s’il était vraiment comme ça. J’ai trouvé à peu près les tissus aux couleurs de ses plumes.

Oiseau d'aout

Oui, il avait cette attitude là. Et la queue fine, bien droite et plus blanche que tout le reste du corps. Je broderai les feuillages qui l’abritaient, et quelques fourmis pour finir cet ouvrage comme les perles d’un trésor qu’il avait trouvé.

Oiseau d’Août pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux. Voici ceux de ce mois, .

Mon plat préféré, ma gourmandise favorite, ma recette fétiche

Mon plat préféré, ma gourmandise favorite, ma recette fétiche, c’est ce dont il faut parler pour cette semaine pour les 53 billets en 2015;  j’aurais tendance à dire que ce sont trois choses bien distinctes pour moi.

Tiens voici d’abord deux dessous de plat qu’elle a taillés et poncés cet été, en fin de journée après le travail. Pyrogravure malgré la chaleur qu’il faisait encore bien tard le soir. Pour offrir et faire plaisir à deux copines à l’occasion de rencontres estivales.

Mon plat préféré c’est la choucroute, sans hésiter. Bien sûr par ce temps et cette chaleur d’été, on y pense pas beaucoup, mais l’automne et l’hiver vont revenir, et je me régalerai à nouveau. Je n’ai jamais essayé la choucroute de la mer. Sans doute, parce que je n’ai pas encore trouvé de poisson fumé assez fort. Pour moi, c’est du chou salé sorti de sa saumure cuit avec de la viande fumée, telle que saucisses (je préfère la Montbéliard à la Morteau), lard et palette (tous fumés) quand on est beaucoup, avec les patates aussi, évidemment. Je ne cuisine jamais ce chou salé autrement.

Ma gourmandise favorite, c’est le chausson aux pommes. C’est un délice pour moi et un bonheur, je crois.

Ma recette fétiche, c’est le tiramisu. C’est une copine qui m’a donné cette recette et c’est tellement facile à faire que je la suis régulièrement et l’ai modifiée à souhait. Je le fais dans un plat à bords hauts ou dans des verrines. Pour une boite de 250 grammes de mascarpone, il faut une vingtaine de biscuits à la cuillère de genre boudoirs, Un fond de café fort, quatre œufs et quatre cuillères à soupe de sucre en poudre. On aligne d’abord les boudoirs au fond du plat après les avoir trempés dans le café additionné d’un bouchon d’alcool fort (cognac ou rhum) ou pas. On monte les blancs en neige, on mélange les jaunes et le sucre, puis à la crème, et on associe délicatement ce mélange de crème aux blancs que l’on verse sur les boudoirs. Vous pouvez ajouter quelques fruits (framboises ou pêche coupée en dés ou grains de raisin frais épépinés et pelés) entre les boudoirs et la crème mélangée.

Cet article pour répondre cette semaine aux  53 billets en 2015 chez Agoaye , en toute liberté.

Si vous voulez me faire plaisir

Si vous voulez me faire plaisir, ne vous levez pas en même temps que moi le matin, j’aime prendre le temps de me réveiller et me considère comme agressée si je dois vous écouter et vous répondre de suite…

Si vous voulez me faire plaisir, laissez-moi aussi entendre la radio du matin… Ça rythme le début de ma journée et, de grâce si vous voulez vraiment me faire plaisir, ne touchez pas le bouton de la station.

Si vous voulez me faire plaisir, permettez que j’étale mon ouvrage sur la table et que je prenne la place qu’il me faut. Je sais que ce n’est pas toujours agréable de restreindre la sienne, mais j’aime profiter de la lumière. Les idées viennent avec le jour, et les fils ont de très belles couleurs. Mes yeux les voient mieux, sans doute.

Si vous voulez me faire plaisir

Si vous voulez me faire plaisir, ne me forcez pas à trop manger à cette saison. A cette chaleur, trois bouchées suffisent. Je boirai, je vous le promets, je boirai beaucoup d’eau tout au long de la journée. Apportez vos ouvrages, partageons nos idées, étalons nos tissus, découpons nos envies, y aura matière à manger, à croquer et à se nourrir.

Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de vos promenades et vos lectures, décrivez-moi vos balades et vos romans. Emmenez-moi avec vos mots, emportez mon esprit sur vos traces, mes oreilles seront toutes ouïes. Montrons-nous nos croquis et leurs couleurs, nous les broderons de perles et de points avec bonheur.

Si vous voulez me faire plaisir, ne partez pas, restez tout près. Racontez-moi vos plus belles histoires sous les étoiles de la nuit. Parlez de tout, refaites le monde à votre gré. Gardez longtemps cette lueur de bonne humeur. Je perçois encore votre sourire et votre joie.

Quoi? Il ne fait pas nuit! Ben oui, je le vois bien puisque je suis avec toi ici! Mais elle reviendra, la nuit. Attends ici, et souris bon sens, on nous regarde. Vois! Tourne-toi vers l’ouest et quitte un peu ta lune, Vénus et Jupiter ne feront bientôt qu’une.

C’était juste pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye en toute liberté.

Fallait la voir croiser le fil et courber le fer

Fallait la voir croiser le fil et courber le fer, « Facile » qu’elle disait avec un grand sourire,
Accrochant les boucles entre elles, Agile de ses doigts magnant les pinces
N’hésitant pas à cacher les extrémités dans les vrilles, N‘évitant rien pour les croquer
Ni le gros nez des uns, Ni les grandes oreilles des autres
Y en avait pour tout monde, « Yaka bien regarder les gens » qu’elle disait sans jamais vouloir froisser quelqu’un

Juste pour elle qui est venue nous rendre visite ce dimanche. Juste pour toi que j’aime.

Si un jour un fil dépasse d’une couture

Si un jour un fil dépasse d’une couture,
Et qu’arrive l’envie de tirer doucement dessus,
Ne le fais pas, disait maman, ne le fais pas,
Parce qu’un fil rebelle comme ça qui dépasse,
On ne va pas se voiler la face,
C’est pas toujours une couture mal cousue…

Si un jour un fil dépasse de son cœur,
Et que vient l’irrésistible tentation de tirer dessus,
Ne le faites pas, disait ma mère, ne le faites pas,
Parce qu’un fil qui dépasse comme ça,
Sur la poche avant de son pardessus,
C’est pas toujours une couture mal cousue…

Si un jour un fil dépasse d'une couture

J’ai saisi ce petit fil hirsute insignifiant
J’ai tiré encore et encore, délicatement,
C’est le fil de ton corps et de ta vie que tu vois là,
Dépassée, je n’en voyais pas le bout,
Une grosse bobine de fil qu’on déroule,
Un tricot qu’on détricote rang par rang…

Un fil dehors, un écheveau dedans,
Et plus je tirais, plus le fil se déroulait,
Ça ne se fait pas, que tu disais, ça ne se fait pas,
J’avais décousu peu à peu mon cœur,
Effiloché, pêle-mêle, un fil enchevêtré.

Si un jour un fil dépasse d'une couture

Le passé, le présent, le futur proche,
Mes peines tissées avec mes joies,
Mes passions brodées avec mes rêves,
On peut y laisser son âme et son corps à cette beauté là
Le fil de la vie sous toutes ses coutures.
Le cœur battu à plates coutures…

Au fil du temps, le cœur recousu,
Tiré à quatre épingles à ce que j’ai cru,
Juste un petit fil invisible à l’œil nu,
J’y fais attention, maintenant,  à ce petit truc-là
Un rêve qui ne tient qu’à ce fil,
Ça j’y tiens.

C’est ma participation au challenge AmeGraphique chez le carré jaune pour ce jeudi d’après le joli poème de Capucine, un billet illustré de mon « paillasson » de pied de biche et ma souris-dé pique-aiguilles.

Toute une nuit pour

Il lui avait fallu toute une vie pour réaliser son rêve. Il lui faudrait bien plus que toute une nuit pour terminer cet ouvrage!

Toute une nuit pour

Elle était penchée sur son ouvrage et le pinceau balayait la terre qui s’était accumulée sur la pierre tout au long des siècles, s’insinuant dans les pores les plus minuscules. Lorsque le nuage de poussière brune se dissipa, elle approcha ses yeux verts de la pierre, telle une myope inspectant son travail. Elle soupira et passa le dos de la main sur son front, s’efforçant de reprendre courage. Avant de s’y remettre, elle s’offrit une courte pause.

Elle tourna la tête et admira la pleine lune, se redressa et se passa la main plusieurs fois au milieu du dos où elle avait ressenti une douleur. La nuit était sans doute le moment qu’elle préférait pour travailler ici. Elle regarda sa montre. Il était déjà une heure du matin. Elle allait continuer encore une heure peut-être si son dos le lui permettait. Elle reprit son pinceau et se remit à épousseter. En voyant le nuage s’élever de ce pan de ruine, elle pensa que la prochaine fois, elle apporterait un masque. Ou le mieux, à son âge, c’était peut-être d’échapper à cette corvée et de se consacrer aux reliefs à l’autre bout de la pierre.

Elle leva les yeux. . Un halo de brume enveloppait l’astre. Demain, c’est sûr, il allait pleuvoir. Elle se releva, et cette fois-ci la douleur dans son dos fut plus forte. Elle sourit malgré tout et recula un peu pour apprécier ce qu’il restait à faire. Elle examinait l’ouvrage dans son ensemble et réalisait en fin de compte qu’il n’avait pas fallu plus de toute une vie pour que son corps soit transformé en baromètre.

C’est ma participation pour cette semaine au défi des 53 billets pour 2015 d’après ma lecture du moment (de « l’ultime secret du Christ » de Dos Santos) et ce détail d’un tableau que j’ai réalisé à l’aiguille, pour un autre défi de groupe à l’Atelier.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte.
Est-ce un cauchemar ou un mauvais conte? Il manque aujourd’hui trois moineaux, un pinson et quatre colombes. Certains tombent,
d’autres ont volé si haut, la nuit, volé si haut, les étourdis, qu’à l’aube ils n’ont plus trouvé trace de notre terre dans l’espace.
Pourvu qu’une étoile filante les prenne sur sa queue brillante et les ramène !
C’est leurs crayons qu’on a trouvés, j’ai insisté pourtant, je n’ai pas su les faire marcher
et cet oiseau que j’ai brodé ira sûrement les rechercher. Il fait si doux quand les oiseaux chantent pour nous.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

 

Pour 2015, Albine propose un nouveau défi dont le thème sera L’OISEAU… Vaste programme, ajoute-t-elle. Elle précise et étend le sujet à la nature… la mythologie… la peinture… la sculpture…  avec l’oiseau d’ici et d’ailleurs. Elle parle de variété… même si le choix est peut être difficile… Les techniques à utiliser pourront être la broderie… la peinture… l’application… le patchwork… l’impression du tissu… l’art textile, avec une multitude de possibilités et d’interprétations pour que les petits doigts fassent des merveilles. Elle prévoit que pour Janvier la date est fixée au 25. Les photos seront postées sur les blogs et pour celles qui n’en ont pas, elle se fera un plaisir de les recevoir.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

 

Cette première participation m’est inspirée par l’oiseau dans les dessins de Geninne, là.

Un ruban pour Pi Day

Un ruban pour Pi Day le 14 mars prochain. C’est un article de la Ruche des quilteuses qui a attiré mon attention là. Et c’est Fabienne qui en parle aussi ici.

Pour la première fois, en raison du 3-14-15 qui ne se produit par définition qu’une fois par siècle, le monde du patchwork s’invite au ruban pour Pi Day. Sally Sellers, quilteuse de Vancouver de l’Etat de Washington aux USA, invite tout le monde à participer à un immense ruban de chiffres mis dans l’ordre des décimales du nombre Pi, lequel sera exposé le 14 mars prochain.

Les organisateurs feront avec «ce qu’ils recevront», mais ils aimeraient coudre un ruban gigantesque à partir de blocs reçus du monde entier. Les premiers reçus sont ici. Pas de crainte, ce nombre est infini et on a un bon réservoir de décimales connues !

Un ruban pour Pi Day

Pour participer :
Couper un carré de tissu de 24 x 24 cm (9 inch et demi) et faire figurer dessus un chiffre (de zéro à neuf) en appliqué, en peinture (résistant à l’eau), au feutre, en ruban……… Tout tissu de récupération est accepté !

Laisser les bords à cru, les carrés seront cousus entre eux par les petites mains à Vancouver. Ne pas molletonner non plus. Vous pouvez inscrire votre nom et votre pays sur le carré si vous le souhaitez.

Votre bloc est à envoyer à :
The Pi Project
PO Box 2127
Vancouver WA 98668
USA

J’ai choisi mes tissus. Le premier chiffre que je choisirai de faire pour un ruban pour Pi Day, ce sera le 8 parce qu’il représente l’infini. Un ruban jusqu’à l’infini, un ruban pour Pi Day avec une infinité de couleurs, ce sera la rencontre d’une infinité d’ouvrages, le travail d’une infinité de petites mains, d’une multitude de petits points… juste pour les voir assemblés les uns aux autres et ressentir un bonheur infini.

Je me souviens aussi de cette phrase que j’avais apprise pour mémoriser l’ordre des premiers chiffres de ce nombre utile dans certains calculs à l’époque…
« Que j’aime à faire connaître un nombre utile aux sages immortel Archimède toi de qui Syracuse garde encore la mémoire… »

Et puis ce billet sera aussi le deuxième du défi de 53 billets pour 2015 organisé par Agoyae Pointcom ici. Elle nous demande de parler de la résolution que l’on promet de tenir. Ce défi en est une, le sien aussi, en toute liberté.
Je vous montrerai bientôt ce carré terminé avant de l’envoyer.