Quel est ce type qui porte son luth dans sa hotte et entre dans sa hutte ?

Quel est ce type qui porte son luth dans sa hotte et entre dans sa hutte ? demande le loup à la poule et son poulet.

La pauvre savait qu’il les voyait déjà au pot. Craignant son pouque, elle ferme sa goule, écarte le petiot, avale sa glotte soudain lourde comme un plot, perd le goût et devient presque muette comme une carpe alors qu’elle rêve de devenir lotte pour s’aplatir à terre.
Elle glou… elle glougloute et prononce : « Voyez Mère l’Oye ! »  avant de s’écraser sur une pierre où son bec grave un trait profond et imparfait.

L’autre, fan de typo ne pensant qu’à son jeu, accourt avec sa loupe prête à trouver un pou :
Oyé la quête, qu’elle est- elle ? Ah quelle glyphe magnifique pour ma future glyptothèque !

Un phoque sort de l’eau, un toupet sur la tête en guise de toque.
Curieux de phyto et de glypho, il approche à ces nouveaux mots avec des bruits de touque qu’on ouvre.
Sa toge luisante comme de la glue pègue un peu et passe de pelote en loque au soleil.

La mère palmée lui jette un œil et l’interpelle :
Hey  mon pote Gros Guy, te voici tel un tableau légué par Loth !

La poulette à la houpette raplapla se retape et ouvre un œil, puis l’autre et dit respectivement :
Loup… Phoque
-C’est vrai, répond Mère l’Oye, un peu fou tout ça tout de même !

Sur la proposition de Lilou,
le mot mystère 21 à découvrir avec les lettres et la définition données est « glyptothèque »,
et les mots formés de ces lettres en italique que j’ai utilisés.

La consigne était claire

La consigne était claire, aucune restriction dans l’action du jour.

Pas question de louvoyer sans fin.
Et pas plus de test en guise de prologue cette foi-ci.
L’exécution se fera de suite avec tout le zèle de chacun.
L’existence ou la vue de masque n’était inconnue pour personne même si le mystère de la représentation persistait quelquefois.
« Ce n’est pas parce qu’on est chauve qu’on est sans cerveau », avait-elle prononcé. Ses yeux pétillaient. Quelle drôle d’idée émergée d’un excès d’arquebuse mal dosée sans doute.
Alors comme dans un souvenir sous des influences astrales ou sur un air de sarabande dont la transmission n’était audible que par elle, elle esquissa un fantôme, passeur de visions nouvelles.

Pour répondre à l’atelier 113 chez Ghislaine (avec la proposition suivante:  solitude, refrain, sarabande, passeur, prologue, astrale, chauve, cerveau, souvenir)  et des mots,une histoire chez Olivia (avec la récolte 38: inconnu, restriction, claire, test, transmission, masque, zèle, louvoyer, émerger, arquebuse, pétiller )

Petits lutins

Petits lutins.

C’est une idée qui a emballé le club du lundi.
Le modèle vient de notre Roberte, et c’est une façon pour épuiser les tout-petits restes de fils à tricoter.
Ces lutins pourront décorer notre sapin au prochain marché de Noël.
Si chacune en confectionne deux ou trois, il nous faudra un sapin d’au moins… 2 ou 3 mètres de hauteur ! Waouh comme ça va être joli !
Alors j’ai tricoté… tricoté des petits lutins de plusieurs couleurs.
En voici deux et pleins de petits pelotons reposent encore au fond de mon panier…

Si l’envie vous prend d’en tricoter quelques uns pour votre sapin, voici les explications de ces petits lutins.

Pour le grand défi de Noël éco-responsable sur une idée de Stella mes petites créations.

Ouvrage en patchwork

J’avais bien l’intention d’avancer mon ouvrage en patchwork ce matin,

mais d’un geste impromptu, ma main a plongé dans mon sac de fils à tricoter en vrac. Ce sac à vrac est toujours à portée de mains. J’ai l’impression qu’il ne sera jamais vide malgré mes longues journées de tricotage. Je ne perds pas courage, j’y arriverai bien un jour. Je tire d’abord un fil bleu turquoise accroché à un fil vert anis, puis un mélange de fils emmêlés suit. J’aperçois aussi du blanc, du rouge et du rose pâle. J’essaie de démêler ce vrac et le secoue un peu, l’énorme pelote informe rebondit mais rien ne s’arrange, ni se décroche…

Les deux premières couleurs me plaisent pourtant bien et j’ai bien envie d’essayer de faire un petit lutin. Je fouille un peu plus au fond et aperçoit un peu de noir. Ah, c’est ce qu’il me faut. Je tire. Le bout de laine n’est pas très long mais ça ira. Je monte vingt mailles sur une aiguille. C’est ce que je lis sur mon petit papier bien que mon dessin ait plutôt l’air d’un squelette. J’ai griffonné rapidement lundi ce croquis d’après les explications qu’elle nous a livrées.

Elle, c’est Roberte qui est revenue enfin au club du lundi après-midi. Elle va mieux, nous a-t-elle dit. Elle a été cambriolée cet été, en pleine nuit alors qu’elle était dans sa maison, elle n’osait plus sortir, n’avait plus goût à rien. Puis elle a déménagé. Et c’est une renaissance pour elle. Elle était déçue, car elle avait pris du retard dans la confection de ses ouvrages. Alors on l’a aidé tandis qu’elle papotait et riait à nouveau. Puis elle a parlé de lutins qu’elle avait tricotés un jour il y a des années déjà mais elle croyait bien se rappeler des dimensions.

Je regarde aujourd’hui ce croquis qui ressemble plus à une arête de poisson qu’à des explications de tricot, avec d’un côté deux mots, mousse et jersey, répétés l’un sous l’autre alternativement ou presque, au milieu sont notés des nombres de rangs et de l’autre côté des noms de couleurs…

C’est ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés de la semaine.

Pour confectionner un bon repas

Ma mère était une championne pour confectionner un bon repas.

Pour confectionner un bon repas

Oui, elle était championne pour confectionner un bon repas et faire pour que la maison soit chaude et accueillante.Elle tenait ça de Mémé, à c’est ce qu’elle disait, mais je n’ai pas de souvenir de mon aïeule que je n’ai pas connue. Et je ne suis plus très sûr des souvenirs que je garde de ma mère, ça fait tellement longtemps qu’elle m’a quitté.

Ce soir, je partagerai mon repas avec Sam, avec vue sur le fleuve dans lequel les lumières de la ville viennent agoniser. Je sors le repas de mon sac et Sam installé tout près de moi suis mes gestes avec attention et se lèche les babines. Je suis assis sur la couverture que je viens d’étendre sur le pavé. Sam est un bâtard, il remue la queue et baisse les oreilles quand je lui demande s’il a faim. Lui et moi on s’est rencontrés il y a trois ans sur le terrain vague. Il ne portait pas de collier, mais une énorme blessure à la patte. Avec quelques pièces, j’ai acheté de quoi le soigner. On ne s’est plus quittés.

Mélange entre labrador et je ne sais trop quoi, Sam a de grands yeux noisette où se lit le pardon, l’amour, la vérité. Dans son regard il y a parfois bien plus que dans celui des gens que je croise chaque jour. Sam a eu l’occasion de se tirer mais il est resté avec moi. Il y a un an, quelqu’un a proposé de l’adopter. Un vieux monsieur qui venait de perdre son chien et habitait une maison avec un jardin. Sam aurait pu être heureux là-bas. Manger à sa faim chaque jour, dormir sur une couverture près d’une cheminée. Peut-être même sur un canapé. J’ai accepté de le laisser partir, mais une semaine plus tard, le type m’a ramené Sam en me disant qu’il se laissait mourir de faim sans moi.

C’est un soir exceptionnel aujourd’hui, alors j’ouvre la barquette de jambon, laisse les quatre tranches à Sam. Il les a bien gagnées, car c’est souvent grâce à lui que les gens me filent quelques pièces. « Joyeux Noël, mon vieux ! » Il se jette sur la bouffe tandis que je l’observe en souriant. J’enfile mes mitaines en laine avant d’entamer ma première bière. Elle est glacée. « A la tienne, Sam ! »

J’attrape le petit livre dans mon sac à dos et contemple la couverture. C’est une dame qui me l’a offert. Elle habite au-dessus de la supérette et je la vois presque chaque jour quand elle va faire ses courses. Elle ne me file jamais d’argent, peut-être qu’elle n’en a pas beaucoup. Mais ce matin, elle m’a donné ce bouquin en me disant que la nourriture de l’esprit était importante aussi. Je l’ai remercié n’osant pas lui avouer que je ne suis qu’un pauvre illettré à qui il faut dix minutes pour lire une ligne. Grâce à la lumière du lampadaire, je déchiffre à voix haute. « Chiens perdus sans collier ». Sam dresse l’oreille avant de se coucher tout près de moi. « Elle manque pas d’humour, j’te jure… ! »

Des chiens perdus sans collier, voilà ce que nous sommes, lui et moi. C’est peut-être un livre intéressant qui m’apprendrait des choses. Mais ça, je ne le saurai jamais.

Un extrait d’une nouvelle « dans les bras des étoiles » écrite par Karine Giebel lue dans le recueil « 13 à table » édité au profit des Restos du cœur.

 

Pater Noster

Pater Noster

Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l’Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-mêmes d’être de telles merveilles
Et qui n’osent se l’avouer
Comme une jolie fille nue qui n’ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde

Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l’acier des canons.

Jacques Prévert, Paroles (1945)