Le parfum des fleurs lui chatouillait les narines

Le parfum des fleurs lui chatouillait les narines. Il serra le petit bouquet de fleurs en voyant le tramway arriver au loin.

Le parfum des fleurs lui chatouillait les narines

Il ressentait un mélange d’excitation et de trac. Assis sur un banc non loin de la terrasse de café, il était bien placé : à quelques mètres de l’arrêt. C’était la fin de l’après-midi, après le travail. Il était plutôt satisfait de sa journée. Le business comme il l’aimait désormais.

Le parfum des fleurs lui chatouillait les narines, comme si la nature s’invitait en centre ville, au milieu de la circulation. Le soleil très incliné se réfléchissait en douceur sur les taxis jaunes qui défilaient. Le tramway apparut au loin.
Il se répéta son plan : choisir la septième personne qui en descendrait. La septième. Il se demandait bien à quoi elle ressemblerait… Et si c’était un homme ? Il sourit à cette idée. Aurait-il le courage de donner le bouquet à un homme ? Et si ça tombait sur un gros dur qui lui envoyait son poing en pleine figure ? Il pouffa de rire, tout seul sur son banc, et un passant lui jeta un regard inquiet.
Le tramway rouge s’approcha, puis passa devant lui dans un vrombissement aussitôt suivi du crissement des freins métalliques sur les rails, puis du tintement de la clochette annonçant l’arrêt.

Il sentit un léger pincement au cœur.
Les portes s’ouvrirent et plusieurs personnes sortirent presque en même temps.
Il les scruta attentivement. Un ado en même temps qu’une jeune femme, suivi d’un cadre. Trois. Un petit vieux et une fille aux allures de lycéenne : quatre et cinq. Six, une vieille femme aux cheveux blancs appuyée sur une canne noire, et… plus personne. Il attendit, le regard vissé sur les ouvertures du tram. Les portes s’apprêtaient à se refermer quand une femme descendit rapidement les marches et sortit. D’âge moyen et d’allure passe-partout, elle ressemblait à tout le monde. Elle marchait d’un pas plutôt rapide de celle qui, sortant du bureau, a hâte de rentrer à la maison. Le regard dans le vague et les sourcils légèrement froncés, elle semblait encore préoccupée par ses affaires de la journée.

Le parfum des fleurs lui chatouillait les narines

Il se leva, attendit qu’elle se rapproche, puis fit un pas de côté pour se mettre sur son chemin, et il lui tendit le bouquet. La femme sursauta et eut presque un mouvement de recul. « c’est pour vous » dit-il avec un grand sourire. Et il déposa le bouquet dans ses bras. Il prit à peine le temps d’apercevoir la surprise sur son visage, et il s’éclipsa dans le flot des passants pressés de rentrer chez eux.

Autre extrait de « Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle.

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