La légende des pommes d’or

La légende des pommes d’or

Accrochée à une liane de passiflore, j’ai trouvé une pomme d’or à côté des chaussons tricotés, gonflés et renflés à l’allure de fruits.

Elle avait planté un arbre fruitier dans son jardin divin qui se trouvait sur les pentes du mont, là où les chevaux du char du Soleil, achèvent leur randonnée en se couchant à l’ouest de l’océan. Un jour, elle s’aperçut que les filles d’A à qui elle avait confié la garde de l’arbre, volaient les pommes, elle plaça alors un dragon à cent têtes, autour du pommier pour en interdire l’approche. Après maintes péripéties, le grand H arrivant à la fin de sa liste de travaux devait rapporter les pommes d’or. Il obtint quelques renseignements de l’autre qu’il menaçait de mort s’il ne lui livrait pas le secret, notamment que des pommes d’or poussent dans un jardin situé dans l’extrême O où vivent des nymphes. Ces informations un peu vagues laissent le grand H dans le flou et l’autre profite de ce moment d’inattention pour se transformer en serpent et se faufiler entre deux pierres. Le grand H se dirige déjà vers les terres de l’Ouest qu’il a eu l’occasion de visiter lors d’un précédent périple. Après quelques jours de voyage il atteint cette région de l’Ouest.

Le grand H franchit le détroit de G d’où s’élèvent les colonnes à son nom, afin de rencontrer le Titan A, car ce dernier est le seul à pouvoir l’aider dans sa quête des pommes d’or poussant dans ce fabuleux jardin situé dans cette région extra-océanique réservée uniquement aux immortels. Arrivé sur la pointe nord du continent africain, le grand H découvre l’immense A courbé sous le poids de la voûte céleste qu’il est chargé de supporter depuis la défaite des Titans contre les dieux de l’O. Celui-là fatigué écoute les raisons de sa visite et, ne le reconnaissant pas, lui propose de se rendre au jardin pour y cueillir trois fruits d’or mais à la seule condition que le grand H porte le fardeau de la voûte céleste. Ce dernier connaît la chanson et ne veut pas être piégé. Il n’accepte donc pas d’endosser sur ses épaules le poids du ciel car il sait qu’A partirait cette fois-ci. Il laisse l’A dans sa position et s’éloigne encore avec un geste d’adieu. Puis il suit le seul chemin tracé sur les pierres et après de longues heures trouve l’arbre aux fruits d’or. Il cueille seulement deux fruits et les remplace par ses deux sandales.

Selon certaines interprétations, les pommes d’or seraient des oranges, inconnues des Grecs à l’époque. La couleur dorée des fruits était la couleur de la pelure de l’orange et son goût plus sucré était celui de l’orange.

Pour d’autres il est plus vraisemblable que c’étaient des coings, nommés pommes d’automne dans l’Antiquité. Le climat méditerranéen arrosé de la façade atlantique offre des conditions idéales pour la culture des cognassiers.

Même un cartographe français place un jour ces îles dans la région des Antilles sur une de ses mappemondes. Et selon cette hypothèse, la pomme d’or pourrait être l’ananas, seul fruit à la couleur dorée poussant dans cette région du monde.

Aujourd’hui dans mon jardin, j’ai trouvé une pomme d’or à côté de petites sandales qui ont gonflé et pris l’allure de pommes. Et là, je vous l’assure, c’est un fruit de la passion.

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