La vérité est comme le soleil

C’est Victor Hugo qui a écrit que « la vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder ».
Voici un conte soufi en toute liberté, avec la légèreté de son histoire, et juste son histoire pour ouvrir nos yeux sur le monde des récits et des poèmes. Je voudrais que ce mois de décembre sous le signe du bonheur, de la paix et de la liberté.

« Un épicier possédait un perroquet dont la voix était agréable et le langage amusant. Non seulement il gardait la boutique mais il distrayait la clientèle de son verbiage. Car il parlait comme un être humain et savait chanter… comme un perroquet.
Un jour, l’épicier le laissa dans la boutique et s’en fut chez lui. Soudain, le chat de l’épicier aperçut une souris et se lança brusquement à sa poursuite. Le perroquet eut si peur qu’il en perdit la raison. Il se mit à voler de tous côtés et finit par renverser une bouteille d’huile de rose.
À son retour, l’épicier, constatant le désordre qui régnait dans sa boutique et voyant la bouteille brisée, fut pris d’une grande colère. Comprenant que son perroquet était la cause de tout ceci, il lui assena quelques bons coups sur la tête, lui faisant perdre de nombreuses plumes. À la suite de cet incident, le perroquet cessa brusquement de parler.
L’épicier fut alors pris d’un grand regret. Il arracha ses cheveux et sa barbe. Il offrit des aumônes aux pauvres afin que son perroquet recouvre la parole. Ses larmes ne cessèrent de couler durant trois jours et trois nuits. Il se lamentait en disant :
« Un nuage est venu obscurcir le soleil de ma subsistance. »
Le troisième jour, entra dans la boutique un homme chauve dont le crâne luisait comme un bol. En le voyant, le perroquet s’écria :
« Ô pauvre malheureux ! pauvre tête blessée ! D’où te vient cette calvitie ? Tu as l’air triste comme si tu avais renversé une bouteille d’huile de rose ! »
Et toute la clientèle de s’esclaffer.
Deux roseaux se nourrissent de la même eau, mais l’un d’eux est canne à sucre et l’autre est vide.
Deux insectes se nourrissent de la même fleur, mais l’un d’eux produit le miel et l’autre le poison.
Certains diront en regardant les gens autour d’eux : « Ce sont des hommes comme nous : ils mangent et dorment tout comme nous. »
Mais l’eau douce et l’eau amère, bien qu’ayant même apparence, sont bien différentes pour qui les a goûtées. »

Pour commencer le dernier mois de l’année au rythme des histoires et poèmes, pour rêver en attendant les fêtes, et décorer nos maisons, embellir notre table et parfumer notre cuisine. Mon programme va se calquer certains jours aux réjouissances organisées par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Ça c’est le pied

Ça c’est le pied, j’ai fini à temps. Mon oiseau est brodé et j’ai rêvé de paix. Oui j’ai rêvé de paix dans Paris. Dans Paris, il y a une rue…

Ça c'est le pied

dans cette rue, il y a une maison; dans cette maison, il y a un escalier; dans cet escalier, il y a une chambre; dans cette chambre, il y a une table; sur cette table, il y a un tapis; sur ce tapis, il y a une cage; dans cette cage, il y a un nid; dans ce nid, il y a un œuf; dans cet œuf, il y a un oiseau.

Ça c'est le pied

L’oiseau renversa l’œuf; l’œuf renversa le nid; le nid renversa la cage; la cage renversa le tapis; le tapis renversa la table; la table renversa la chambre; la chambre renversa l’escalier; l’escalier renversa la maison; la maison renversa la rue; la rue renversa la ville de Paris.

de Paul Eluard

Ça c'est le pied

Ça c’est le pied, je peux à nouveau dire que je ne veux pas avoir peur, que je veux garder le cœur léger. J’ai choisi un dessin d’oiseau de Geninne pour répondre au défi d’Albine, ici et aux  53 billets en 2015 chez Agoaye en toute liberté.

Le poète venait chaque soir poétiser un peu

Le poète venait chaque soir poétiser un peu, lui caresser le poil et changer son foin.
Il vérifiait toujours avant de le quitter que le clapier fut bien fermé.
– Tu as la belle vie Lapin, disait-il tâtant l’animal et rêvant de festin.
Presque sans respirer, il se laissait bercer des mots doux du gardien,
n’imaginant pas une autre vie et ne sachant parler, son esprit fugue et s’abstrait aux siens.
Un volatile au merveilleux plumage venait à son tour chaque matin.
Il savait se montrer, examinait le coin, s’approchait du grillage et s’accrochait, grattait dans la paille et picorait le grain.
– Tu as la belle vie Lapin, je te le dis, ne rêve pas d’autre chose. 
Ce matin-là, le souffle court, l’oiseau moins vaniteux parlait de cavale…
– Tu sais, l’automne arrive et les chasseurs aussi. Non! pas de voyage… d’envolée du nid pour échapper aux balles. Ça sent la poudre, là-bas… le cri des fusils a pris mes petits…
Soudain il envie la cage et inspecte l’endroit… de la place, il en voit et parle de partage à l’autre, il y croit si des fois…

Le poète venait chaque soir poétiser un peu

Oiseau a-t-il ouvert la cage? Lapin s’est-il sauvé ou bien est-il resté? et à eux deux, font-ils bon ménage? Poète-gardien est-il chasseur? et le chasseur a-t-il du cœur? Je n’en sais rien, je manque de mots pour les Plumes 46 de Novembre chez Asphodèle.

Oiseau et Plumes d’octobre

Oiseau et Plumes d’octobre.

Oiseau et Plumes d'octobre

Je suis là devant mon bol de café et mes tartines que je viens de préparer. J’ai la tête vide et les pensées molles. C’est comme ça quand je me lève. Toujours un peu tôt avant les autres, pour être de bonne humeur quand le reste de la maisonnée se pointera. J’ai besoin de ce temps rien que pour moi. Mes pensées m’ont abandonnée, c’est le dénuement dans mon esprit, une absence totale de lueur dans la tête, un grand Rien, quoi. Je pourrais paraître droguée. Que nenni. Je ne manque pas de sommeil non plus. Je mange et j’avale machinalement. Mes premiers gestes se font par purs réflexes, un peu comme si ma longue hibernation de la nuit rationnait mes idées. Je n’ai pas spécialement conscience de préparer le petit-déjeuner, en opposition au trop-plein d’énergie dont j’userai dans la journée. Et petit à petit, tout revient enfin,  sans torture dans une douce plénitude.

Je me sers un autre café, en écoutant les infos. J’entends que ça ne va pas fort au Liban. Ils sont dans la même impasse, depuis… une vie, hein ? C’est ce que je me dis quand mon regard est attiré au dehors. C’est un chat qui a déclenché l’éclairage extérieur. J’entends des piaillements d’oiseaux. Est-ce que l’un aura fait l’affaire de l’autre ou est-ce leur manière de se dire bonjour quand ils se croisent ? Par la fenêtre, maintenant, je vois les arbres qui frissonnent dans le vent. Eh oui, ils annonçaient tout à l’heure qu’il ferait beau, mais venté. Les feuilles embellissent l’automne, c’est vrai, mais elles ont eu vite fait de changer de couleurs, et, si ça continue, certains arbres seront dans un parfait dénuement.

Ça va mieux depuis que j’ai pris ma douche. J’ai même fini de préparer mon casse-croûte pour midi et vérifié également que mon livre est bien dans mon sac. J’ai encore quelques instants avant que les autres ne se lèvent. J’ai pensé avancer un peu sur mon ouvrage, comme d’habitude, avant de partir. J’ai hésité entre ma broderie et mon tricot, et je ne sais pourquoi, j’ai allumé mon ordinateur. Je découvre avec déchirement que j’ai manqué le rendez-vous des mots pour les plumes. Avec empressement, je les ai notés sur un papier que j’ai mis dans ma poche avant d’aller prendre le bus, pour y réfléchir.

J’y ai réfléchi, et c’est ma vie du matin que j’écris ici en toute poésie.

Youpi. J’ai même lu les commentaires aussi, et j’ai bien ri.

Oiseau et Plumes d'octobre

C’est ma participation aux Plumes 45 chez Asphodèle, vous trouverez les mots qu’il fallait employer ici   et pour répondre au défi des oiseaux chez Albine, là et, , et aussi.

Oiseau de septembre

Oiseau de septembre. Je l’ai vu dans un champ cette semaine. Il me toisait, ce Corbeau. Je l’ai fixé à mon tour pour le croquer ici. Tout en cherchant mes fournitures pour broder cet ouvrage, j’ai pensé à une légende concernant tous les oiseaux. Voici l’histoire du corbeau et du harfang des neiges telle que je m’en souviens.

Oiseau de septembre

« Dans les temps très anciens, quand la terre était couverte de glace et de neige, tous les oiseaux étaient blancs. Ils jouaient sous leur igloo avec les os et les arêtes de ce qui restait de leurs mets. Le Corbeau et le Harfang aimaient partager leurs jeux. Ils se lassèrent un jour de ce jeu d’osselets et décidèrent de changer d’occupation et se proposent de peindre leurs plumages.
Bien sûr, ils n’avaient pas de peinture sous la main. Mais Corbeau et Harfang étaient des oiseaux malins. Ils mélangèrent de la suie et du gras de poisson et obtinrent une sorte de pâte noire très onctueuse qu’ils allaient utiliser en guise de peinture.
Corbeau voulut peindre son ami en premier. Il tira une longue plume d’une de ses ailes, la plongea dans la peinture noire, et se mit à l’ouvrage. Il s’appliqua tant et si bien qu’aujourd’hui encore le harfang porte encore les magnifiques touches noires que Corbeau lui a peintes sur les ailes.
Quand il eut fini, il demanda Harfang de se regarder dans la glace.
Harfang s’approcha du mur qui leur servait de miroir. Il admira son reflet et ses nouvelles ailes, noires et blanches, lui plurent beaucoup.
Pour remercier Corbeau, Harfang lui offrit une très belle paire de bottes en peau de poisson qu’il avait fait sécher au soleil. Corbeau les enfila et se mit à sauter de joie en criant qu’elles étaient vraiment belles et qu’il ne les quitterait jamais.
Harfang lui demanda de se calmer, et qu’il allait lui peindre le plumage à son tour. Il avait envie de tester cette nouvelle occupation à son tour. Il tira à son tour une plume de son aile, la trempa dans le récipient de peinture noire et tenta de peindre les ailes de Corbeau. Mais Corbeau, fou de joie, continuait de sauter, de bouger et de danser avec ses nouvelles bottes.
Harfang lui demandait de s’arrêter et s’impatientait de plus en plus. L’autre continuait , et plus Corbeau était joyeux, plus il dansait, et plus il dansait, moins Harfang réussissait à peindre de jolis motifs sur le plumage de son ami.
De plus en plus excédé, Harfang prit le récipient de peinture noire et le renversa rageusement sur la tête de Corbeau.

C’est depuis ce jour, que les corbeaux sont noirs. »

Oiseau de septembre

C’est mon Oiseau de Septembre pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux, et, , et aussi.

Oiseau d’aout

Oiseau d’aout. Il tapait le sol avec son bec, il cognait et heurtait la terre dure comme de la pierre. Ça résonnait terriblement sous les branchages.

Oiseau d'aout

Il s’acharnait et décollait juste un peu de poussière. Cherchait-il à boire ou un peu de nourriture? Il n’avait pas plu depuis longtemps. L’air était chaud et l’atmosphère écrasante. Son œil brillait mais ne me voyait pas. Il ne griffait pas le sol de ses pattes, son bec tapait simplement le sol avec entêtement.

Oiseau d'aout

Dans l’ombre des arbustes, j’admirais sa robe bleutée. Son plumage avait de jolis reflets roses sur la gorge et la tête. Soudain son seul œil visible eut des couleurs aquatiques, et l’oiseau se mit à picorer de plus en plus vite. Il suivait une procession de fourmis qui avaient pris possession d’une figue trop mûre tombée à terre. Il les engloutissait rapidement.

Oiseau d'aout

Je l’avais bien observé et j’ai vite crayonné les motifs qu’il avait sur les ailes pour ne pas les oublier. Je ne sais trop s’il était vraiment comme ça. J’ai trouvé à peu près les tissus aux couleurs de ses plumes.

Oiseau d'aout

Oui, il avait cette attitude là. Et la queue fine, bien droite et plus blanche que tout le reste du corps. Je broderai les feuillages qui l’abritaient, et quelques fourmis pour finir cet ouvrage comme les perles d’un trésor qu’il avait trouvé.

Oiseau d’Août pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux. Voici ceux de ce mois, .

A la mi-août

A la mi-août, c’est tellement plus romantique, « on fera les quatre cents coups, tous les cœurs sont en pique-nique, les filles n’ont pas peur du loup » comme le chantait Ray Ventura

Il y a de jolis proverbes aussi, très annonciateurs: à la mi-août, les noisettes ont le ventre roux, à la mi-août, adieu les beaux jours, à la mi-août, l’hiver est en route, à la mi-août, l’hiver se noue, quand mi-août est bon, abondance à la maison, au 15 août, gros nuages en l’air, c’est la neige pour l’hiver,  après le 15 août, lève la pierre, la fraîcheur est dessous…

Et les cigognes nous ont fait signe un moment hier après-midi.

Bien sûr, le temps que je prenne mon APN, elles étaient déjà haut dans le ciel ennuagé après l’orage.

J’ai zoomé tant que j’ai pu

et je les ai regardées à l’œil nu, dans leur ballet sous ces gros nuages, et dans lesquels elles ont disparu… à bientôt, belles princesses.

 

Oiseau de juillet

Oiseau de juillet en plein travail devant sa machine à coudre.

Oiseau de juillet

C’est que la mère oiseau va être grand-mère à son tour. Il fait chaud sous ses plumes, mais il faut qu’elle s’agite encore. Elle n’a pas fini ce qu’elle s’était projeté de faire. Elle ne sait pas ce qu’elle a attendu, elle a simplement laissé le temps passer.

D’ailleurs pourquoi dit-on que le temps passe? Il passe où? Si c’est par le trou de l’aiguille, il devrait bien tirer le fil derrière lui, et repasser sur le tissu, elle aurait moins chaud.

Elle est restée les pieds dans l’eau à lire et se remplir la tête d’idées et de nouvelles envies. Elle les a notées, a changé l’ordre des choses à faire.

La mère oiseau s’est assise à nouveau à sa table devant sa MAC. Toucher le tissu lui a donné de nouvelles ailes.

Cet oiseau du mois me ressemble un peu,  pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux.

Si j’étais un monarque

Si j’étais un monarque je serais papillon sans doute. Avec mes grandes ailes oranges je parcourrais de longues distances. Avec mes congénères, je verrais le monde d’en haut.

Si j’étais un monarque, je serais roi et porterais une couronne d’or ornée de pierres précieuses. Je regarderais les gens de haut.

Je suis peut-être monarque mais c’est en rêve. Le monde entier a ses trésors que je veux admirer. J’essaie de voler pour y aller sans jamais décoller. J’en perds mes plumes et je suis très ébouriffée.

Si j’étais un monarque, vous ne pourriez pas rigoler ni vous moquer…

Si j'étais un monarque

… pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye en toute liberté.

Je voudrais partir

Je voudrais partir toute la journée et pique niquer au bord de la rivière

Je voudrais partir pour tremper mes pieds dans l’eau et regarder les autres barboter, crier, rire et s’amuser

Je voudrais partir sans bagages, sans rien à porter, et marcher, voler jusqu’au sommet de la montagne et voir le monde d’en haut

Je voudrais partir très loin et revenir très vite et vous revoir. On se dirait les choses que l’on a vues, que les autres ont écrites et que l’on a lues

Je voudrais partir

pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye en toute liberté.

Oiseau de Juin

Oiseau de juin au lever du soleil, fais donc attention à toi…

Oiseau de juin

Un oiseau s’envole,
II rejette les nues comme un voile inutile,
II n’a jamais craint la lumière,
Enfermé dans son vol
II n’a jamais eu d’ombre.

Coquilles des moissons brisées par le soleil.
Toutes les feuilles dans les bois disent oui,
Elles ne savent dire que oui,
Toute question, toute réponse
Et la rosée coule au fond de ce oui.

Un homme aux yeux légers décrit le ciel d’amour.
Il en rassemble les merveilles
Comme des feuilles dans un bois,
Comme des oiseaux dans leurs ailes
Et des hommes dans le sommeil.

de Paul Eluard

J’ai posé cet oiseau ce matin pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux.

Un battement d’ailes

Un battement d’ailes de Milena Argus. C’est un moment délicieux que j’ai passé à lire et à broder pour répondre au mot Ailes et une photo d’AmeGraphique du petit carré jaune. Un battement d’ailes, c’est presque le temps que j’ai mis pour lire ce récit pétillant pour répondre à Albine aussi et sa collection d’oiseaux.

Un battement d'ailes

Un battement d’ailes dans un lieu enchanteur en Sardaigne, plombé de lumière et de secrets intimes.

Sur la colline qui domine la mer, au milieu des terres arrachées au maquis, se tient la maison de Madame, dernier bastion de résistance aux barres à touristes. Seule, décalée dans ses robes bizarres cousues main et dans son naïf refus de l’argent, Madame n’est pas conforme.

Elle vit dans un tourbillon de désirs et de frustrations. Elle excite les mâles, dérange le voisinage, nargue les promoteurs immobiliers qui lorgnent sa grande maison face à la mer, s’affuble de robes extravagantes, et se meurt d’attendre l’impossible amour.

Quand la nervosité la gagne, que malgré les rites magiques le grand amour se dérobe, elle dévale les deux cents mètres du chemin escarpé jusqu’à la plage et nage vers le large.

Madame dérange, mais pas le grand-père moqueur, pas le fils aîné des voisins, trompettiste incompris des siens, ni sa jeune et fantasque amie de quatorze ans, la narratrice du roman : « La grand-mère des voisins dit que Madame se donnait trop vite aux autres hommes, qu’elle ne les laissait pas languir, alors qu’il faut ça aux hommes et que pour se faire épouser, on doit résister jusqu’au dernier jour. »

Cette voix de petite fille, ingénue et délurée, est bien sûr celle de Milena, l’affranchie.

Eux savent…

 

 

Le lapin et l’oiseau

Le lapin et l’oiseau
 Le lapin et l'oiseau
L’aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin,
Qui droit à son terrier s’enfuyait au plus vite.
Le trou de l’escarbot se rencontre en chemin.
Je laisse à penser si ce gîte
Était sûr ; mais où mieux ? Jean Lapin s’y blottit.
L’aigle fondant sur lui nonobstant cet asile,
L’escarbot intercède et dit :
« Princesse des oiseaux, il vous est fort facile
D’enlever malgré moi ce pauvre malheureux ;
Mais ne me faites pas cet affront, je vous prie ;
Et puisque Jean Lapin vous demande la vie,
Donnez-la-lui, de grâce, ou l’ôtez à tous deux :
C’est mon voisin, c’est mon compère. »
L’oiseau de Jupiter, sans répondre un seul mot,
Choque de l’aile l’escarbot,
L’étourdit, l’oblige à se taire,
Enlève Jean Lapin. L’escarbot indigné
Vole au nid de l’oiseau, fracasse en son absence,
Ses oeufs, ses tendres oeufs, sa plus douce espérance:
Pas un seul ne fut épargné.
L’aigle étant de retour et voyant ce ménage,
Remplit le ciel de cris, et, pour comble de rage,
Ne sait sur qui venger le tort qu’elle a souffert.
Elle gémit en vain, sa plainte au vent se perd.
Il fallut pour cet an vivre en mère affligée.
L’an suivant, elle mit son nid en lieu plus haut.
L’escarbot prend son temps, fait faire aux oeufs le saut.
La mort de Jean lapin derechef est vengée.
Ce second deuil fut tel, que l’écho de ces bois
N’en dormit de plus de six mois .
L’oiseau qui porte Ganymède
Du monarque des dieux enfin implore l’aide,
Dépose en son giron ses œufs, et croit qu’en paix
Ils seront dans ce lieu, que pour ses intérêts
Jupiter se verra contraint de les défendre :
Hardi qui les irait là prendre.
Aussi ne les y prit-on pas.
Leur ennemi changea de note,
Sa la robe du dieu fit tomber une crotte ;
Le dieu la secouant jeta les œufs à bas.
Quand l’aigle sut l’inadvertance,
Elle menaça Jupiter
D’abandonner sa cour, d’aller vivre au désert,
De quitter toute dépendance,
Avec mainte autre extravagance.
Le pauvre Jupiter se tut:
Devant son tribunal l’escarbot comparut,
Fit sa plainte, et conta l’affaire.
On fit entendre à l’aigle enfin qu’elle avait tort.
Mais les deux ennemis ne voulant point d’accord,
Le monarque des dieux s’avisa, pour bien faire,
De transporter le temps où l’aigle fait l’amour
En une autre saison, quand la race escarbote
Est en quartier d’hiver, et comme la marmotte,
Se cache et ne voit point le jour.
Ce sera donc ma broderie pour répondre en avril au défi chez Albine, accompagnée d’une fable de Jean de la Fontaine. La vie n’est pas que tendresse, je sais, mais je n’ai pas pu me résoudre à préparer ma page textile avec cet aigle et ce pauvre lièvre. C’est sans délicatesse que je réponds par cette fable au défi de la semaine à AmeGraphique du petit carré jaune, adouci par ma broderie.

Un petit poisson un petit oiseau

Un petit poisson un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau
Un petit poisson un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut

Un petit poisson un petit oiseau

Quand on est là-haut
Perdus aux creux des nuages
On regarde en bas pour voir
Son amour qui nage
Et l’on voudrait bien changer
Ses ailes en nageoires
Les arbres en plongeoir
Le ciel en baignoire

Un petit poisson un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut
Un petit poisson un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau

Un petit poisson un petit oiseau

Quand on est dans l’eau
On veut que vienne l’orage
Qui apporterait du ciel
Bien plus qu’un message
Qui pourrait d’un coup
Changer au cours du voyage
Des plumes en écailles
Des ailes en chandail
Des algues en paille.

Un petit poisson un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est dans l’eau
Un petit poisson un petit oiseau
S’aimaient d’amour tendre
Mais comment s’y prendre
Quand on est là-haut

Cette chanson de J Gréco pour le défi des oiseaux chez Albine,  ma broderie inspirée d’un dessin de Geninne.

Tu seras Oiseau Bleu pendant sept ans

… »Envole-toi par cette fenêtre, si tu veux, car tu seras Oiseau Bleu pendant sept ans », s’écria la fée en colère.
En même temps le roi change de figure, ses bras se couvrent de plumes et forment des ailes, ses jambes et ses pieds deviennent noirs et menus, il lui croît des ongles crochus, son corps s’amenuise et se garnit de longues plumes fines, mêlées de bleu céleste, ses yeux s’arrondissent et brillent comme des soleils, son nez n’est plus qu’un bec d’ivoire, une aigrette vive orne le haut de sa tête en forme de couronne, il chante et parle à ravir. A cet instant il jette un cri douloureux de se voir ainsi métamorphosé, et s’envole à tire-d’aile pour fuir le funeste palais de la fée.
Dans la mélancolie qui l’accable, l’Oiseau Bleu, un peu gauche au début, voltige de branche en branche, et ne choisit que les arbres consacrés à l’amour ou à la tristesse, tantôt sur les myrtes, tantôt sur les cyprès…

Tu seras Oiseau Bleu pendant sept ans

Cet extrait de l’Oiseau Bleu d’Aulnoy est ma participation au défi proposé par Albine en 2015 sur le thème des oiseaux.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte.
Est-ce un cauchemar ou un mauvais conte? Il manque aujourd’hui trois moineaux, un pinson et quatre colombes. Certains tombent,
d’autres ont volé si haut, la nuit, volé si haut, les étourdis, qu’à l’aube ils n’ont plus trouvé trace de notre terre dans l’espace.
Pourvu qu’une étoile filante les prenne sur sa queue brillante et les ramène !
C’est leurs crayons qu’on a trouvés, j’ai insisté pourtant, je n’ai pas su les faire marcher
et cet oiseau que j’ai brodé ira sûrement les rechercher. Il fait si doux quand les oiseaux chantent pour nous.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

 

Pour 2015, Albine propose un nouveau défi dont le thème sera L’OISEAU… Vaste programme, ajoute-t-elle. Elle précise et étend le sujet à la nature… la mythologie… la peinture… la sculpture…  avec l’oiseau d’ici et d’ailleurs. Elle parle de variété… même si le choix est peut être difficile… Les techniques à utiliser pourront être la broderie… la peinture… l’application… le patchwork… l’impression du tissu… l’art textile, avec une multitude de possibilités et d’interprétations pour que les petits doigts fassent des merveilles. Elle prévoit que pour Janvier la date est fixée au 25. Les photos seront postées sur les blogs et pour celles qui n’en ont pas, elle se fera un plaisir de les recevoir.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

 

Cette première participation m’est inspirée par l’oiseau dans les dessins de Geninne, là.

De nouvelles petites cartes textiles

J’ai fabriqué de nouvelles petites cartes textiles. Les infos ne sont pas gaies. Je suis impuissante et me sens minuscule, comme les petits oiseaux venus picorer sur le rebord de la fenêtre. Ils m’ont inspirée ces ouvrages, et rendue moins triste le temps d’un instant. Plus tard, j’ai eu envie de faire apparaitre une larme tombant de leurs yeux, ou de broder un gros cœur rouge sur leur poitrine. Finalement je les ai assemblés d’un fil arc-en-ciel. J’ai simplement envie de tendresse… et j’écris pour vous la suite de ma lecture dont la 1ère partie est ici… la dissemblance entre Aaron et Mehdi de ML… Je voudrais tellement qu’on soit nombreux à la lire…

De nouvelles petites cartes textiles

… Aaron et Mehdi se regardent, ils se jaugent. Puis chacun replonge dans ses pensées.
Aaron ? murmure Mehdi. Pourquoi ne m’appelles-tu jamais par mon prénom ?
Je n’avais pas remarqué.
Chez nous, on raconte que vous ne voulez pas connaître nos prénoms.
Quelle idée étrange ! Et pourquoi ?
Chez nous, on dit qu’apprendre le prénom de quelqu’un, c’est déjà le connaître un peu. Et il est plus difficile de tirer sur quelqu’un que l’on connaît. Ce n’est pas bête comme raisonnement.
Peut-être, mais c’est chez vous qu’on raconte ça, pas chez nous.
En tout cas, moi je sais quel est ton prénom, toi tu n’as toujours pas prononcé le mien.
Tais-toi, tu me fatigues avec tes raisonnements idiots, aussi idiots que toi et tous les tiens.
J’aurais voulu que tu rencontres ma grand-mère.
Ta grand-mère, ton père, tu m’emmerdes avec ta famille, Mehdi.
Tiens, là tu as dit mon prénom. Tu vois, nous apprenons à nous connaître un peu. Ça me fait plaisir.
Ça me fait plaisir de te faire plaisir. Maintenant laisse-moi réfléchir en silence.
Tu ne veux pas savoir pourquoi j’aurais voulu que tu connaisses ma grand-mère ?
Non, je ne le souhaite pas, mais comme tu vas me le dire quand même, parle, après j’aurai peut-être un peu la paix.
C’est toi qui as entamé la conversation, si je ne m’abuse. Et d’abord, à quoi réfléchis-tu de si important ?
A la façon de sortir de cet endroit !
Pourquoi ? on n’est pas si mal ici, je veux bien profiter moi, de ce repos. J’étais fatigué ces derniers temps, tu sais.
Qu’est-ce que je disais, tu es un parfait imbécile, Mehdi, tu te contentes de ton sort.
Et voilà, c’est à cause de ce genre de phrase que j’aurais voulu que tu discutes avec ma grand-mère.
Je ne vois vraiment pas le rapport.
Tu dis que tu te bats pour ton bonheur, mais tu es incapable d’en apprécier un bon moment. Dehors, tu grelottais la nuit, tu suais le jour à en crever, ton estomac était vide, tu ne pouvais même plus déglutir tellement tu avais la gorge sèche. Ici, il ne fait ni froid ni chaud, nous n’avons ni soif ni faim, et tu voudrais sortir ! qui est l’idiot ?
Et qu’est-ce que vient faire ta grand-mère là-dedans ?
Elle t’aurait appris la sagesse !
Ah ! Ah ! Venant de toi, ça me fait bien rire, elle n’a pas dû trouver le temps de t’apprendre sa sagesse.
Laisse ma grand-mère en paix.
Mehdi se lève et vient s’asseoir à côté d’Aaron.
Aaron, tu le sais, toi, pourquoi nous nous haïssons ?
Ça aussi, tu l’as oublié ?
Aaron marque une pause.
Parce que tu es mon ennemi, Mehdi, c’est ainsi.
On ne se connaît pas, on ne s’est jamais rencontré et pourtant, on est ennemis. Ça donne à réfléchir, non ?
Je n’avais pas besoin de te connaître, c’est dans notre histoire. Nos pères se haïssaient déjà.
Drôle d’héritage… Mais tu n’as pas répondu à ma question, Aaron. Peut-être que tu ne connais pas la réponse et que tu as peur d’avouer ton ignorance.
Vas-y, je t’écoute, toi qui es si instruit.
C’était ma grand-mère qui savait tout !
Et revoilà son aïeule ! Mon Dieu, mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour me retrouver ici avec lui ?
Ton Dieu ! Tu sais, ton Dieu et le mien, c’est le même, il change juste de nom quand il franchit la frontière.
De langue aussi, je te ferai remarquer, une sacrée différence pour un seul homme, non ?
Ce n’est pas un homme, c’est Dieu. Moi je vais te le dire, Aaron, pourquoi nous nous haïssons. Nous ne parlons pas la même langue, nous ne portons pas les mêmes habits, nous n’avons pas fréquenté les mêmes écoles, et nous ne disons pas les mêmes prières. Voilà une sacrée liste de différences, bien trop grande pour que nous les hommes, nous nous entendions.
Je me fiche de la langue que tu parles, de l’école où tu as étudié, de la façon dont tu pries, et encore plus des vêtements que tu portes.
Alors pourquoi nous haïssons-nous ?
Ça aussi tu l’as oublié, comme la couleur des yeux de ton père ?
Dis-le-moi si tu t’en souviens. Dis-le-moi, et je te jure sur mon Dieu que je commencerai à réfléchir avec toi à la façon de te faire sortir d’ici !

(à suivre, demain)

Il ne fait pas encore jour quand je pars prendre le bus le matin. A cette saison, il fait bien frais. Et ce matin, il neige en plus de ça. J’attends bien parfois cinq ou dix minutes avant qu’il n’arrive… mais j’ai les cartes dans mon sac, et je les posterai tout à l’heure en arrivant. Je les jetterai dans la grande boite jaune au coin du bâtiment…

Dans un vent de liberté

Ils sont partis dans un vent de liberté… Ils utilisaient un langage universel dans un vent de liberté pour parler de choses graves… Même les enfants utilisent ce langage universel pour s’exprimer. Dans un vent de liberté, ils font ressentir leurs joies et leur bonheur de vivre. Dans un même vent de liberté, le langage des crayons est compris de tous. Les dessins sont porteurs de messages… d’amour ou d’horreur, et pas toujours de liberté… Dans un vent de liberté, je continuerai cette année à assembler des ouvrages en m’inspirant de dessins d’illustrateurs. C’est dans un vent de liberté que j’écrirai mes billets avec beaucoup d’humeur et d’amour sur ce blog, pour recevoir vos sourires avec douceur dans vos commentaires.

Dans un vent de liberté

J’ai choisi ce joli papillon que m’a offert Albine et qui semble voler dans un vent de liberté. D’ailleurs, je vais participer au défi qu’elle propose sur le thème des oiseaux, là. La représentation des choses et des pensées sous forme de croquis et dessins n’est pas prête de disparaitre, au contraire, ils vont se multiplier. Ami si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place…

 

Conte de Grimm

Tout en continuant mes cartes de Noël je vous livre la suite du conte de Grimm (clic ici pour la première partie de Lumière bleue). Des petits lutins nains sont venus se joindre à mes décorations. Était-ce le petit homme de l’histoire qui m’a inspiré cet ouvrage, ou les bouchons restés sur la table après la préparation du vin chaud pour ce dimanche après-midi?…

Conte de Grimm

 

François avait bien aidé la sorcière les jours précédents. Mais cette fois-ci elle semble impatiente: « Allons, vite, passe-moi ma chandelle! »

François la trouva pressée tout à coup et se méfia :

Attendez un peu que j’aie les pieds sur la terre ferme.

Donne tout de suite, dit la vieille brutalement et pleine de colère.

François refusa encore une fois, il voulait d’abord descendre. Alors, saisie de fureur, la sorcière lâcha la corde, et le pauvre François retomba au fond du puits. Lorsqu’il se fut relevé, il se souvint qu’il avait dans sa poche une pipe à moitié bourrée de tabac.

Ce sera ma dernière consolation, se dit-il, que de me régaler encore de quelques bonnes bouffées.

Ayant allumé sa pipe à la flamme bleue, il se mit à fumer, se demandant bien quelle solution, il allait trouver. Au bout de quelques secondes un petit homme noir apparut devant lui, se prosternant avec respect. Il lui dit: Maître, que commandes-tu?

Comment, ce que je commande? répondit François. Pourquoi aurais-tu à m’obéir? je n’ai jamais eu de ma vie à donner des ordres.

Tout ce que je sais, dit le petit homme, c’est que je suis chargé d’exécuter tes volontés.

Soit, dit François, peux-tu m’aider à sortir d’ici?.

Le nain alors lui fit apercevoir un couloir. Celui-ci conduisait à une caverne. La sorcière y avait entassé des trésors.

François y puisa largement et emplit ses poches d’or et de diamants, il continua le long du couloir et arriva à la lumière du jour.

Maintenant, dit-il au petit homme, va empoigner la sorcière et livre-la à la justice.
Le petit s’en fut et reparut bientôt monté sur un gros chat sauvage, il tenait l’affreuse sorcière devant lui, liée aux mains et aux jambes. Elle hurlait.
Il continua sa chevauchée et au bout de quelque temps, il revint et dit : – Elle est enfermée dans la tour, demain on la jugera. Que me faut-il faire maintenant?

Va te reposer, répondit François. Si j’ai besoin de toi, comment ferais-je?

Tu n’auras qu’à fumer à nouveau avec ta pipe après l’avoir allumée à la lumière bleue.

François, heureux d’être sorti de cette mauvaise situation, sortit de la forêt et retourna à la capitale.

Il s’arrêta chez le premier tailleur et se fit habiller tout de neuf et magnifiquement.

Il alla loger dans le plus bel hôtel de la ville. Après quelques jours de cette vie de luxe et de rêve, une idée lui traversa l’esprit et, avec sa pipe, il fit venir le petit homme noir…

A bientôt pour la suite et fin de La Lumière bleue.

Chat perché

Le chat perché est un jeu d’enfants où un des participants doit toucher un de ses camarades qui devient le « chat » à son tour.
Pour éviter de devenir le chat, il faut se percher, c’est-à-dire monter sur ce qui se présente.

Les oiseaux aussi peuvent jouer à se percher et s’envoler pour éviter d’être toucher.

Chat perché

L’oiseau perché a mis des bottes
A mis des bottes pour se percher
Pour se percher devant ses potes
Qui eux en restent tout hébétés.

L’oiseau perché droit dans ses bottes
Snobe tous les autres du quartier
Car c’est pas de la camelote
Le cuir qui protège ses pieds.

L’oiseau perché porte la culotte
Chacun plie à ses volontés
Même la petite boulotte
L’oiselle qu’il a épousée.

L’oiseau perché joue au despote
Car sur le chat il a copié
Il n’a vraiment pas de jugeote
Puisque ce choix est décrié.

d’après un poème de Jack Harris