Quand la nuit tombe

Quand la nuit tombe, la maison est tranquille et on n’entend que la neige qui étend doucement son manteau blanc…

Quand la nuit tombe

Oups, j’ai du dormir, mais je ne suis pas confuse, j’étais bien sans doute. Je suis là, je lis et comprends que je pourrais accepter l’AI de décembre… alors là je suis émue et confuse… Je ne pense pas être douée pour des idées merveilleuses comme celles des autres, je n’en ai qu’une qui me trotte dans la tête ces temps-ci: la FIN mais on peut peut-être faire quelque chose autour de ce thème…

J’ai donc cherché les synonymes du mot fin, et en voici une liste incomplète: bout limite terme cessation achèvement aboutissement but objectif issue arrêt chute suspension sortie

L’idée qui me vient soudain serait de construire un texte avec toutes ou parties des dernières phrases des textes sélectionnés dans la troisième étape de l’épopée du Pingouin. Les liens vers ces textes sont ici (ou ci-dessous) et oui, je l’avoue, je me suis attachée à cet animal.

Et l’AI pourrait être celui de l’OND (octobre, novembre et décembre). OND !? c’est un mot islandais signifiant respiration, esprit et… canard (je souris, l’idée est bonne car c’est très proche du pingouin, non ?). C’est aussi le nom d’une organisation: l’OND s’efforce d’éveiller les esprits en invitant au voyage et à l’exploration d’horizons inédits grâce à des événements atypiques (là, je ne me fais pas de souci, c’est l’esprit de l’AI ). Les événements OND sont pensés comme des voyages, où le public peut partir à la découverte de nouveaux artistes aussi bien locaux qu’internationaux  (lol, le public et les artistes internationaux, c’est un peu fort je vous l’accorde, mais on est là pour sourire et rire, alors… ) . Mais c’est également le fruit d’une réflexion scénique issue d’une collaboration de longue durée…(là on est en plein dedans) Et plus loin, en suédois, ond voudrait dire mauvais, hargneux, fâché, méchant, malfaisant.

Alors je compte sur votre humeur et humour (ou déception et hésitation) pour écrire, sourire, prendre plaisir, rêver, voyager, conter, poétiser, broder, tricoter… avec ces mots et autour de ceux mis en gras.

On se donne jusqu’au 26/12 pour poster un texte, avec un lien (ou l’écrit si vous n’avez pas de blog) en commentaire ci-dessous.

Les écrits pour la 3ème étape et leurs dernières phrases étaient :

https://victorhugotte.com/2018/11/09/conversation-agenda-ironique-de-novembre/

avec « Incroyable ! Sens-tu l’air chargé d’iode, le goût du sel qui pénètre la peau ? Regarde ! La mer s’approche, c’est marée haute. Regarde, l’étendue mergnifique. ». Je regardai. Oui, la mer s’étalait, devant nous. »

https://epaisseursansconsistance.com/2018/11/10/le-copain-dapres/ avec « Tandis qu’ils riaient à nouveau, Madeleine se leva, incommodée par le grognement des mioches, s’approcha de son amie et lui glissa à l’oreille : « Paradoxalement tu deviens drolatour avec cette diatribe, trouverais-tu que je sens la crevette arctique ? ». »

https://monesille.wordpress.com/2018/11/11/le-forfait-de-monesille/

avec « Fatalimace ! Nous voici en insolitude ! La route court sous l’eau d’artificelles habitudes ! Met tes bottes, enfant. Les écriames et les pingouinations attendront que la polimalie des virgules se solve en délibules mirifiques ! »

https://marinadedhistoires.wordpress.com/2018/11/10/maria-rosalie-et-leurs-divagalogues/

avec « Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud ! »

https://differencepropre.wordpress.com/2018/11/24/3eme-etagendomne/

avec « Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire. »

https://laglobule2.wordpress.com/

avec « A ce moment là, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. »

https://patchcath.wordpress.com/2018/11/08/parangouinage-pour-un-agendapplique/

avec « Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps. »

https://jobougon.wordpress.com/2018/11/06/la-bouteille-de-champagne/

avec « Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher ! Pffff ! C’est pas moi, c’est le Zébulon. »

 

Toi qui pâlis au nom de Vancouver

Toi qui pâlis au nom de Vancouver

Tu souris et tu danses à la vue de l’Alpha,
Je nous vois en vacances, un peu au paradis.
Tu me regardes et siffles assis sur les sofas,
Une joie folle m’envahit, mon Roméo, m’ami,

Et tu embarques à bord pour changer de tes chars;
Accordéoniste en herbe j’étire quelques accords
Dans une douceur exquise aux airs suaves, j’adore
Voir l’éclat de tes yeux, dans tes mains des dollars.

Fais vrier le moteur mais avec attention,
Retrouvant tes réflexes et mémoires d’aviation,
Retour au civil

Et, tous les deux, un soir dans un bar vers Broadway
En chanson je louerai notre amour avoué,
et puis… Ainsi soit-il.

C’est ma participation à l’Agenda Ironique d’Août sur une idée d’André et son clin d’œil à Marcel Thiry, poète belge, Le thème est inspiré du premier vers de son premier poème et recueil : “Toi qui pâlis au nom de Vancouver” avec des mots imposés, bien sûr pour corser le  défi, et tirés au hasard du même recueil: paradis, accordéoniste, suave, Alfa Romeo, février, accord et civil.
Et juste pour le plaisir, en voici les mots vrais:

Toi qui pâlis au nom de Vancouver,
Tu n’as pourtant fait qu’un banal voyage;
Tu n’as pas vu la Croix du Sud, le vert
Des perroquets ni le soleil sauvage.

Tu t’embarquas à bord de maint steamers,
Nul sous-marin ne t’a voulu naufrage;
Sans grand éclat tu servis sous Stürmer,
Pour déserter tu fus toujours trop sage.

Mais qu’il suffise à ton retour chagrin
D’avoir été ce soldat pérégrin
Sur les trottoirs des villes inconnues,

Et, seul, un soir, dans un bar de Broadway,
D’avoir aimé les grâces Greenaway
D’une Allemande aux mains savamment nues.

(Marcel Thiry, Toi qui pâlis au nom de Vancouver, 1924)

La bête de Basse-ville

La bête de Basse-ville

La bête de Basse-ville

Le vent et la tempête faisaient rage cette nuit de la fin de novembre. Holmes et moi étions restés silencieux toute la soirée. Lui, occupé avec une lentille puissante à déchiffrer les restes d’une inscription d’origine sur un palimpseste. Moi, plongé dans un récent traité de phrénologie. Dehors le vent hurlait sur Baker Street tandis que la pluie frappait violemment les fenêtres. Il était étrange, ici, au cœur même de la ville, entouré de tous côtés par quinze kilomètres d’ouvrages bâtis de la main de l’homme, de sentir la poigne de la Nature.(1) Je me levai coinçant mon magazine sous mon coude gauche et me dirigeai vers la fenêtre pour regarder au dehors. Lorsque je passai derrière mon ami, je remarquai que sa tasse de porcelaine était encore pleine au bord de sa table de travail devant son microscope, et qu’un des tiroirs de droite, le plus bas, était resté entrouvert.
Mais la puissance des éléments déchaînés absorbèrent mon attention, et je portai mon regard sur la rue déserte. Les lampadaires espacés éclairaient la rue boueuse et le trottoir luisant disparaissant au bout de la rue sous les reflets d’une inondation naissante dans le virage en bordure du parc. Rien d’autre n’allait se passer par un temps pareil. Je m’étais retourné à nouveau vers l’intérieur. J’observais Holmes, il était resté ainsi plusieurs heures assis en silence, son long dos courbé en avant et sa tête inclinée sur sa poitrine,(2)  qui ressemblait étrangement à celle de cet animal dont il avait affiché une photo sur le mur face à lui.

Absorbés comme nous l’étions et au milieu des rugissements du vent, nous n’avions pas entendu les pas dans l’escalier :
– C’en est trop maintenant, ce sera pangolin au menu demain si ça continue !

La porte venait de s’ouvrir violemment poussée par Mrs Hudson apparemment excédée. Nous sursautâmes de pair et ni sa tasse, ni ma revue ne purent être retenues dans leur chute. Avec le même élan et dans un large geste, notre logeuse jeta ce qu’elle tenait en direction de Holmes : « Tenez, vos chères loques ! et pensez y demain, sinon… « . La porte se referma derrière la femme aussi subitement qu’elle ne l’avait ouverte.
Holmes tenait le projectile à deux mains, lui ravi et presque souriant, moi plutôt hébété par cette irruption subite. Le paquet sans ficelle ni corde était une de ses vestes de coupe ancienne que je lui connaissais et qu’il ne portait plus depuis longtemps mais qui avait souffert récemment sans aucun doute au vu de l’état du tweed et du nombre de rapiéçages. Je m’étais assis dans mon fauteuil un peu pétrifié de toute cette agitation :
– Pourquoi veut-elle cuisiner votre pangolin, Holmes ? Pauvre Mrs Hudson ! Que lui est-il passé par la tête ?

Holmes ne fit aucune allusion à l’affaire et comme à son habitude sembla perdu dans ses pensées. (3) Il déposa ce qu’il tenait au pied de son bureau, se pencha dans son tiroir pour en ressortir aussitôt un genre de panier carré qu’il tenait par deux grandes anses de chaque côté and last, but not least qui contenait d’autres vestes mises en boules et sérieusement défraîchies.
– Il faut que je vous montre ceci, dit Holmes en s’approchant de moi. Le tissu se mit à bouger, je vis le visage de mon ami s’éclairer pendant que mes yeux s’agrandissaient de surprise. Il découvrit un pan de la veste qui abritait un autre pangolin, mais bien plus petit que celui qui lui avait servi de couvre-chef, il y a quelques semaines.(4)  L’esprit passablement confus mais une petite flamme renaissant au cœur,(5) je regardais Holmes, béat, et lui me regardait comme sil m’avait fait la plus grande des farces.
– C’était une pangoline ? articulais-je
– Et nous allons sauver l’espèce !
– Mais alors pourquoi notre cuisinière parle-t-elle de les cuisiner ?
– Une affaire élémentaire mon cher Watson, s’exclama Holmes avec chaleur en sautant sur ses pieds.(1) « J’ai demandé au jardinier d’apporter de la nourriture pour ces bêtes et chaque jour, il dépose des fourmis dans le hall, dans ma vieille veste que vous voyez là rendue étanche par son épouse dans une sorte de raccommodage à sa façon », continua-t–il en s’activant à ramasser les débris au sol et tout en présentant la veste entrouverte aux deux animaux gourmands.
Aucune fourmi ne pouvait s’échapper bien loin aussitôt happée par une immense langue, et en peu de temps, tout fut avalé. Les bêtes se nichaient dans le tweed le coupant un peu plus de leurs écailles.
– J’ai prévenu notre logeuse de cette naissance et de ma demande à Bannister, ajoutait Holmes. Mrs Hudson était fière d’être dans la confidence et se sentait utile à la planète mais elle m’a mis en garde, elle tient à garder la maison propre et impeccable. Le jardinier, lui, serait bien venu jusqu’ici mais l’accès aux étages lui est interdit avec ses bottes. Si bien que quand j’oublie l’heure et laisse passer le temps et qu’elle aperçoit ce sac d’insectes dans le hall, elle disjoncte un peu. Mais ne vous en faites pas, dans une demi-heure notre dîner sera prêt. »

Pendant que Holmes allumait sa pipe à nouveau perdu dans ses pensées, le regard vague fixé sur ces deux bestioles repues, je mis le feu aux brindilles préparées dans la cheminée qui craquaient en s’enflammant rapidement. Mon ami avait raison, car je sentais déjà le fumet du velouté de pois et lard.

  • (1) Le pince-nez en or (ou presque), Sir Arthur Conan Doyle
  • (2) Les hommes dansants, Sir Arthur Conan Doyle
  • (3) Les trois étudiants, Sir Arthur Conan Doyle
  • (4) Breakfast Tea, Ecriturbulente
  • (5) L’entrepreneur de Norwood, Sir Arthur Conan Doyle

écrit pour participer à l’Agenda Ironique de Juillet proposé cette fois-ci par Palimpzeste.

Tout ou rien

Tout ou rien

Tout ou rien

J’ai connu un chien qui se nommait « Rien », il ne répondait pas souvent à son nom, ni au mien non plus… à rien en fait. J’aurais préféré « Foulcan » mais il serait resté, ça n’aurait rien changé. On l’appelait « Toutou Rien ». Il faisait ce qu’il voulait, souvent rien de bien.

Il était moche et ressemblait à tout autre chose qu’un chien…  « Il est pourtant gentil » disait Jean et tous les gens d’ailleurs, ici, si si…

Et on le trouvait un peu sot aussi. Ah! des sauts, il en faisait, il sautait haut et s’accrochait aux bras et aux bas des manches des dames, à leurs bracelets et leurs sautoirs, elles sursautaient, leurs cris fusaient comme des pétoires, les perles tombaient par terre; elles, les femmes se laissaient choir, et leurs brillants roulaient dans les coins sombres. Lui avait compris qu’il serait puni et filait dans l’ombre.

Il faut qu’j’vous dise, Rien, il était noir. De l’ombre et du sombre, il y en avait, c’était l’été! Mais quel été! Il pleuvait tant qu’on sentait bien que l’hiver était proche. L’eau du ciel était gelée alors qu’on aurait dû manger des glaces. Y a plus d’saisons. Tout était gris, même les idées et les pensées et d’autres fleurs, on les cueillait pour égayer et Toutou Rien les déterrait, on se fâchait et rien n’était panser.

« Trois beaux jours suffiraient », disait Jean qui revenait de brousse, « du jaune du chaud et du soleil ». Je sais ce qu’il souhaitait en regardant sa mousse « un verre, du rhum et du sommeil » mais je répliquai en souriant : « Trois fois rien en somme » Et là j’ai vu son œil vert viré au fauve… !!?? Tel un dogue, sinistre et bête comme le chien « Faudrait pas m’épuiser? Je calcule peut-être comme un pied, mais si j’enfile deux chaussures tous les matins c’est que j’en ai deux et c’est pas rien. Alors ne me prends pas pour un pingouin. Si c’est trois fois c’est pas une somme ».

Ce quelque chose l’avait assis. Était-ce la flotte ou le mauvais temps ? Étaient-ce les mois et les ans ?  Il était là à bouger ces doigts comme arthrosés. Dix tentacules qu’il pliait et qu’il comptait. Et je riais intérieurement: « Quel con tu es ».

Je suis partie. Je gardai le silence le laissant là, peut-être las un peu grisé et imbibé. On a beau dire, les Jean et les genres des gens sont différents. Un peu de mots c’est beaucoup trop parfois, un presque rien avait tout effacé. Rien de lui ne m’a suivi, mais Rien, lui, me suivit. Ce chien, je l’aimais bien.

Chez Carnets Paresseux c’est l’AI de juin avec Tout et son contraire ! mais attention, pas tout, tout de suite, ni tout de même, ou tout et n’importe quoi, encore moins tout le monde cherche son chat… On pourra glisser des mots et une photo, les siens ou la sienne, ou pas. Chez moi, c’est le chien et plutôt que Tout, j’ai choisi Rien.

Se mettre à nu

Se mettre à nu… c’est pas facile, j’ai hésité bien entendu. Je ne voulais pas être vue.

Se mettre à nu

Le bon moment j’ai attendu. Turlututu chapeau pointu, je ne sais comment ce jour est venu.

Je n’avais pas mis mes bas et je sortis une jambe: elle fut gelée. Puis j’ai tendu un bras et j’ai pris froid. Et là j’ai toussé mouché craché… ça a continué et bien duré deux ou trois mois.

J’ai réessayé en juin et enlevai mes lunettes. Sans elles rien était net. Je voyais trouble mais j’étais bien. Je restai au dehors, je me sentais pousser des ailes, j’étais légère comme un oiseau dans l’air.

L’air de rien, toujours en juin il faisait chaud, j’ai quitté le haut et montré mes seins. Juste un collier au ton bleuté autour du cou. Collet monté, me direz-vous. Pourquoi pas bien ? Et du coup, si peu vêtus, les autres aussi. Combien ? qu’importe le nombre et les formes, ceux-ci étaient gros tant pis et ceux-là tous riquiqui.  Dommage, aurais-je du cacher les miens ? Non ma foi, c’est chouette ainsi et si tout va bien j’enlève le bas demain.

Se mettre à nu

Oser et divaguer pour répondre à Valentyne et l’agenda ironique et sourire avec une page de mon body-flip-book.

Il fallait que je t’en cause

Mon cher ami, cette fin d’année ne sera plus comme avant, il fallait que je t’en cause.

Il fallait que je t’en cause

Attends-toi à de grands changements quand tu prendras ma relève la semaine prochaine.

Quand je suis entrée dans l’atelier lundi dernier, Anne a dit plose. Je l’ai trouvée un peu fatiguée comme chaque année à cette période, pas de quoi s’alarmer. Elle semblait prête, mais je sentais qu’elle avait besoin d’air, mais elle ne les prononçait plus, elle préférait les ailes apparemment et en mettait partout, sur son dos, dans sa bouche…

– Pose, a répété le père, pose ça là et va-t-en.

Tant bien que mal, alors j’ai posé. Surprise aussi car je ne l’avais pas vu lui. Il était près d’elle. Il était prêt comme elle, le moustachu. Mais son ton était las. Le thon était là aussi, mais c’est une autre histoire. Ça tombait bien, j’avais besoin d’une pause. Enfin façon de parler quand j’ai posé tout a chu et ce fut soudain le grand bazar dans le verger. La grande boite à dessert que j’apportais s’est ouverte et tous les flonflons contenus versèrent sur le sable. Cette boite, à qui était-elle ? De carton m’étais-je trompée ? Ce n’était pas la tenue habituelle et j’en restais bouche bée. Les arbres aussi car leurs fruits sont tombés. Une grosse pomme trop vite a roulé pour s’arrêter trop près du bassin. Elle cogna la Vénus du jardin, qui de tout son long s’étala. J’ai couru, me dis-je : « tu l’aideras », mais elle était déjà assise et lui étaient poussés des bras. Elle avait dans cette position meilleure allure près des poissons. Seulement maintenant elle causait, et en boucle répétait. Dans son dos sous ses boucles j’ai regardé, et des boutons j’ai trouvés. J’ai actionné et inversé un rouge à peine visible et un vert éclairé. C’était mieux ainsi, j’avais agi puis j’ai souri, parce qu’elle me souriait pardi, mais était figée, ça tue, et son sourire malin me semblait malsain. Ma surprise et la tienne, je parie, continuent car, attends, je n’avais pas tout vu. Je ne comprenais plus, on s’était moqué de moi, était-ce du lard ou du cochon ? la moutarde me montait au nez. « Non d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes »

Car de sirène elle avait la queue maintenant, de la couleur de l’eau du bassin. Aussitôt ma bouche prit la forme de cette lettre, puis changea très vite quand je vis l’arbre changé en réverbère, ma voix s’ouvrit donc sur l’initiale du végétal. Tu vois, pourquoi je te parlais du thon. Statue et ça pue. Ah berk ces drôles effluves fétides grandissaient habillement ici et ma tête tournait. Tournait le parapluie que j’avais ouvert au-dessus de ma tête. Le temps allait-il changer à ce point? Je le repliai et le tins par la canne, c’est qu’on attendait la neige, ici, pour fumer une pipe au coin du feu. Pour qui étaient ces bottes ? Pour celui qui porte la hotte ? J’étais baba au rhum. Rom peut-être, les bottes noires de cuir vernis et bordées de rouge avec les lacets de même couleur. Le chapeau était melon. Pff, on avait l’air de couic avec un tel couvre chef.

Le cheptel attendait. Le père, près des cotillons dans le pré, était prêt à se parer de la tenue d’apparat. J’étais désemparée, presque dés-empaillée. C’est que le père est nouveau, cette année, tu sais. Il me regardait d’un air nar quoiqu’il dise «Ne t’en fais pas, je serai belle et bien beau». Je me suis sentie bizarre. Comment te dire ? Comme une envie de me fourrer des crayons dans les narines. J’avais l’impression que la fête tant attendue des enfants allait changer. Et ça m’est passé.

Je suis lutin depuis toujours, tu sais. Enfin lutine, je suis une fille. Il faut que tu saches, c’est vrai, ce ne sera plus du tout comme avant.

On a bossé comme des fous toute la semaine. Il y avait une ambiance de folie. Le nouveau s’appelle Léon. On a plaisanté sur son nom, on a joué avec ses lettres, on les a briquées. On a bien rigolé. On a frotté et fait briller les lettres de la grande enseigne. Et toutes lues, les lettres des enfants. On leur a répondu aussi, avec des mots et des belles lettres. Des petits mots, et des grandes lettres. Pas de gros mots, oh non, enfin pas écrits mais on en a dit ici, ça oui. Pas lis no dits, c’est bien, tu verras. Et ce collage… fièrement revendiqué par Madame Anne ! Voilà, tu sais pratiquement tout. Fais moi plaisir, fais toi secrète sur c’que j’écris, fais toi surprise quand tu iras. Je t’embrasse et à bientôt pour la grande distribution de Léon.

Il fallait que je t’en cause

En cette fin d’année 2017, les Narines des crayons et Anne de Louvain-la Neuve ont été désignées pour présider l’Agenda ironique #12.17.

 

Pour écrire un peu et sourire surtout

Pour écrire un peu et sourire surtout.

Pour écrire un peu et sourire surtout

Dans le pays, les Bougons étaient depuis toujours des producteurs de fromage. Fromage au lait de chèvre à pâte molle et croûte naturelle. Naturelle aussi était connu leur manque d’amabilité.
De père en fils, et de mère en fille, ils restaient boudeurs, grognons et ronchons. Seulement leurs fromages étaient bons. Mais eux, jamais contents, par contre ils bichonnaient leurs chèvres et préservaient la matière première. La première fois, l’ancêtre avait commencé avec deux sèvres dans le département éponyme. Ce gars-là avait un cheveu sur la langue quand il parlait. Un poil, sans doute. Il était moche, et ceux de la lignée d’aujourd’hui très beaux non plus. Ils avaient la face blanche toute ronde de la taille de leurs fromages, à la peau lisse et molle et ils sentaient la noisette. La noisette ou la bibine, car ils s’arrosaient le gosier dans la famille. Du côte de Beaune ou des côtes du Rhône, beaux jolais, ils l’étaient d’avril à novembre, car «il faisait chaud et que c’était à cette saison qu’il fallait les apprécier» à ce qu’ils disaient.

Il y avait les Macabre aussi. Si un patronyme était connu dans la contrée, c’était bien celui-ci. Si les compter était difficile, tant ils étaient, les conter fut facile pour Emile. La plupart était enseignants au fil des générations. Ils étaient surtout très attachés à la notation et en causaient comme une tendance à la sanction dans l’examen. Ils disaient qu’elle mettait en échec certains élèves. C’est une tante qu’il fallait entendre à ce sujet. Sujet réel, la Cons Tante. Un phénomène. Il y avait aussi le Grand Macabre qui est parti un jour pour une grande balade dans les ruines de l’abbaye et qu’on a jamais revu dont l’ancêtre utilisait un ivrogne pour monture et auquel la mort avait fait une farce lors d’une promenade dans ces ruines.

Les Bougon et les Macabre avaient croisé plusieurs fois leurs branches sous la plume et les récits du Milo. L’un m’a mis l’eau à la bouche et l’autre a mis l’eau dans son vin.  Vingt et cent, ils étaient des milliers. Lier pour une nuit encore, sur la dernière page du dernier volume, quand un rejeton à face blanche est tout juste né. Aura-t-il une chaire et fera-t-il un fromage ? Mages et fées l’ont vu, il tétait sa mère «dans un tiède silence et une paix solitaire, en dressant son petit bras en l’air comme un drapeau d’appel à la vie.»

C’est pour écrire un peu et sourire surtout que je me suis amusée à utiliser l’anadiplose et répondre à l’agenda ironique de novembre chez Ecriturbulente.

 

 

Mes aiguilles à tricoter

Mes aiguilles à tricoter

Mes aiguilles à tricoter

L’or est notre couleur préférée et nous fait penser au soleil.
Elle a choisi d’en mettre juste un peu mêlé à la couleur du ciel.
Ses deux mains nous serrent et nous croisent quand le fil court sur son index droit.

Comme au combat de sabres, on entend le cliquetis du métal froid
Harmonique, harpaillant le fil plusieurs fois pour terminer le rang.
A toute vitesse, les mailles courent sur l’une et dégringolent sur l’autre.
Un jeté par ci, un trou-trou par là, les nœuds s’étirent et se vautrent
Sur le rythme endiablé des vagues et de point mousse, s’étalant
Sur nos deux bras à la fois.
On ne le dirait pas, mais nous vivons de ce mouvement
Ne résistons pas très longtemps
Sans ouvrage sur les épaules

Dans sa boite où elle nous range, on étouffe, on meure
Et nous l’appelons, nous tempêtons en jumelles sœurs.

Malgré tout ça elle ne nous répond pas toujours
Avec les autres aussi, son ouvrage est en cours.
Ravie en tout cas aujourd’hui
C’est avec nous qu’elle rêve, qu’elle crée et qu’elle sourit
En décidant tout de go de tricoter une paire pour ce petit
Assortie à ses yeux, du moins  c’est ce qu’elle dit
Une paire, c’est pas beaucoup, enfin c’est notre avis.

Mes aiguilles à tricoter, je les aime. Ce sont des outils utiles et indispensables. Ils font ma vie, comme mes aiguilles à coudre, mes ciseaux et mon dé. Je raccommode et rafistole. Comme mes lunettes et les livres. Je vois, j’admire et je souris. Comme des casseroles, des assiettes et mes couverts. Je vis quoi, et j’aime ça. Mes outils aussi vivent et parlent. Leurs mots sont en vers, leurs phrases en acrostiche et ma prose en alexandrins quelquefois, car  ici elle nous dit de les laisser parler de nous.

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Pourquoi vivons-nous ?

Pourquoi vivons-nous ?

Pourquoi vivons-nous ?

Ah les papiers blancs. Pourquoi vivons-nous ?
Bureaux abandonnés. Je pense que nous connaissons le score.
Sans cesse. Est-ce que quelqu’un sait ce que nous cherchons ?
Tiens-tu ton héros ou autre idée stupide ?
Et derrière le rideau dans la pantomime
Ne lâche pas. Est-ce que quelqu’un peut encore y arriver ?
Ton spectacle doit continuer.
Il me semble que nos cœurs sont en train de se briser
Ou nos maquillages sont juste en train de s’écailler
Non, vois, nos sourires restent encore
Non, laissons tout ça à la chance.
Il y a comme un vent de chagrin d’amour ou une romance ratée…
Sans cesse.
Mais est-ce quelqu’un sait donc pourquoi nous vivons ?
En tout cas, je devine qu’on apprend.

On en sera plus aguerri désormais
Un faux pas et ce sera la fin peut-être.

Voyez dehors, le soir commence à poindre
On se languit à l’intérieur de rester libres
Ton âme et la mienne sont peintes comme les ailes des papillons
Et les contes d’hier grandiront et ne mourront pas.

Bientôt, on pourra peut-être voler et rire encore, mes amis,
Le spectacle doit continuer
Avec une grimace ou un sourire, on fera face
N’abandonnez jamais, on tiendra l’affiche.
Continuer, trouver la volonté, même si ça doit en tuer.

Juste d’actualité en acrostiche avec les paroles (un peu revues, c’est sûr) de « The show must go on » avec sourire et bonne humeur.
On verra ce soir,
ou pas.

Pour le tricot, c’est un peu pareil. Beaucoup de restes, beaucoup d’hésitations aussi. Alors j’ai commencé, redéfait aussi.

Je dois faire quelque chose. Exactitude. Je devais me décider. Certitude.
Alors j’ai sauté dans le bateau à pieds joints. Décrépitude. J’ai peur de l’eau.
Immensitude de la mer et l’océan. Sombres et profonds, je sais nager pourtant.

Vastitude je le vois… Foultitude de choix. Infinitude des couleurs de laines et des vagues.
Oh mais je me suis décidée, sablitude en couleur d’abord et promptitude pour une autre.
Tout simplement parce que la couleur de ses cheveux clairs était au fond du sac. Douce attitude.
Embarquée dans ma galère, j’ai alterné et continué en similitude

Et je m’y suis habituée. Zénitude.
Très vite, mes aiguilles volaient telles des ailes de papillons.

Folle beauté de l’ouvrage et du mochitude de ce que j’entendais
Amplitude du travail et enflitude du discours, tout se mélangeait
Ils grandissaient le tricot et la campagne, car les mailles et les mots ne meurent pas.
Tsst, tsst, bien sûr j’ai du rêver, mais les ai entendus…

Un tout petit peu, mais j’ai rêvé et tricoté…
Non, pas grand chose, mais c’était trop long… trop dur à entendre.

Ça ne ressemblait à rien. Nullitude.
He oui, par inexactitude de latitude et longitude, j’ai donc défait, mais eux que feront-ils?
Oh  c’est sûr, pour l’un l’effet était joli et régulier, l’autre était triste et niais, mais
Inutile dans l’instant, pour l’autre intolérant à jamais. Alors j’ai repris mes aiguilles…
Xiphoïdes ces outils, xénophobes leurs paroles…

j’ai rêvé, oui oui, j’ai du rêver par habitude au lieu de ramer et compter. En tout cas, multitude de rangs jusqu’à la finitude. Arrivée à bon port, je n’ai jamais de lassitude ressentie, que de la béatitude, je vous le garantis… avec sourire et bonne humeur

Pourquoi vivons-nous ? Pour l’avenir de nos petits et des moments sympas comme ici, l’agenda ironique.

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Le coffre est ouvert

Le coffre est ouvert.

Le coffre est ouvert

Oui, le coffre à souhaits est ouvert. A-t-il été ouvert ou s’est-il ouvert tout seul ? Je ne saurais le dire, bien sûr, puisque je n’étais pas là. Je repassais et j’arrive juste. Passe-poil, le chat, jouait avec ma patte-mouille et m’a attirée ici. Ces pattes sont humides et son poil passe partout.  Oh si c’est lui, misère, il a intérêt à filer droit. Ce n’était pas un coffre-fort, non, un truc tout simple, et je vois bien que ça n’était pas comme ça avant.

Avant quoi ? Ben, il y a peu de temps, j’aplatissais les lisières et suivais le droit-fil sur le linge que je pliais. Regarde et respire. L’air est envahit d’odeurs pâles et de couleurs tendres. Je ne peux pas définir correctement ce qui est apparu. Sans appât rance et de belle apparence. Ça se sent pourtant et ça se voit pour sûr. C’est léger et agréable. Y es-tu sensible? Bof. Vois, ces volutes roses, bleu mauves et orangées qui s’en échappent et qui grandissent. Tiens une petite maison s’élève au dessus d’une brume, la vois-tu maintenant ?

Le coffre est ouvert

Oui. La petite maison, c’est important. C’est le principal pour être à l’abri. Son toit est un livre. Oh ! Les livres qui s’ouvrent et qui étalent leurs pages. Certaines s’en détachent. Il n’y a pourtant pas de courant d’air. Les collines qui se forment ont un air de velours vert. Elles se retournent et offrent des pages à l’intérieur. Des cahiers en tissus comme mes portes-aiguilles. Des mots sont brodés. Lis, les phrases deviennent des poèmes au fur et à mesure que tout grandit. J’étends les bras sur mes aiguilles. Du point mousse pour les bordures, et de la mousse à l’orée du bois. Des arbres apparaissent près d’une barrière, des feuilles tombent et jonchent le sol, des graines ont germées, des tiges poussent et bourgeonnent, leurs feuilles et des fleurs éclosent. Des pétales s’en détachent et s’envolent. Je tourne sur moi-même et regarde en l’air. Des champignons éclatent, le pollen vole emporté vers les nuages en boules de coton. Je ne respire plus depuis un moment, mes oreilles bourdonnent, les muqueuses de mon nez et ma gorge sont irritées, les yeux me démangent et soudain j’éternue violemment. Tout à disparu. Je ne peux rien vous montrer. Il ne reste plus une miette. J’étais toute seule. Mais vous me croyez, hein, que tout peu disparaître après un éternuement ? J’ai cherché pour vous montrer et ça ressemblait un peu à ça.

Le coffre est ouvert

Chez Monesille, cette fois, ce sont les fous qui ont rendez-vous pour l’agenda ironique, c’est ici, et c’est un dessin des chosettes qui m’a inspiré. A tes souhaits, qu’on me dit quelquefois, mais mon plus grand souhait c’est que ce pollen arrête de voler dans les rayons du soleil, ça me rend folle.

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Espèce d’Espace heureux et pas si petit que ça

Espèce d’Espace heureux et pas si petit que ça

Espèce d'Espace heureux et pas si petit que ça

Plusieurs roses déjà et du vert aussi.
Il fait un peu sombre ici.
Un peu de bleu, beaucoup de blancs.
On a bien chaud là-dedans.
Et des jaunes maintenant, très jolis.
C’est décidé, j’utiliserai tous les coloris.
Du jaune paille au presque beige, c’est bien comme ça.
Celui-ci, jaune canari, ou celui-là, jaune mimosa,
Et cet orange, aux teintes de feu,
Il y en a peu, on fera ce qu’on peut.
Je suis dans ma malle à laines et je trouve.
Du violet et du marron, pourquoi pas.
Je suis à genoux et le dos rond, ça n’en finit pas.
N’importe quels restes, je vais les épuiser.
Penchée en avant je jette vers l’arrière.
Mini pelotes un peu défaites,
Mes aiguilles auront vite fait de les manger.
L’amorce du fil pendouille comme un tentacule fatigué.
Je ferai un point de vague, tiens, c’est une bonne idée.
Il faudra commencer par le bas alors.
Les rangs auront le mouvement de l’hippocampe.
Je me suis relevée, j’en ai assez,
Et s’il en manque, y en a encore.
Mes yeux sont embués, les coloris semblent changés.
Classer les couleurs ou prendre sans trier.
Rajuster mes lunettes, mon regard était dévié.
Et mes cheveux aussi, je me sens échevelée.
Mais quel désordre à terre soudain, tout semble éparpillé.
Oh le chat, sale coquin, ne touche à rien et décampe!
J’ai crié et j’ai bien fait, il a enfin entendu.
J’ai commencé à monter mes mailles et il est revenu.
Je l’ai retenu et on a vu
Par la fenêtre la neige tomber
L’oiseau piailler et s’envoler.
On peut le dire, il y en a eu,
des miaous et des fous le camp,
Des ronrons et puis des rangs,
De la neige et puis du blanc.
Les arbres plient sous le poids,
La pie jacasse sur le toit.

Espèce d'Espace heureux et pas si petit que ça

Espèces d’espaces à la manière de Georges Perec proposé par Carnets Paresseux pour l’Agenda Ironique de Janvier ici.

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Les mondes invisibles

Les mondes invisibles ?

Les mondes invisibles

Et si c’était faire un sapin pour Noël et décorer la maison comme on ne le fait jamais tout au long de l’année.
Entre nous, c’est vrai qu’en juillet ça serait bizarre. Et, on passerait pour original. Aux yeux des adultes, surtout.
Tiens, laissez les petits choisir des boules rouges pour décorer l’arbre, et ça n’est pas grave s’ils caressent les guirlandes dorées et charnues. Elles se dépoilent un peu, et alors?
C’est le pied de ne pas voir que la journée est passée quand le soleil va bientôt se coucher.
Et rire et apprécier la compagnie des petits et grands jusqu’à penser très fort et dire tout haut qu’on coule des jours heureux, c’est encore mieux.
Et vous verrez qu’ouvrir des livres et raconter des histoires, c’est le summum. Regardez les yeux émerveillés des enfants quand vous leur dites que leur doudou vit la nuit et qu’il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers.
Il faisait bon hier, quand on a visionné en famille un documentaire et admiré l’arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides, pendant que de la cuisine s’échappait l’odeur alléchante de gâteaux chauds que j’avais mis à cuire.

Et si les mondes invisibles, c’était la lumière que renvoient des étoiles accrochées au sapin ou le regard rieur et lumineux de celui qui vous tend un bouquet dont le parfum des fleurs lui chatouillait les narines en attendant sur le seuil.
C’est toute la face du monde qui serait changée si l’on vivait chaque jour dans un univers de paix et de joie.

J’ai découvert les mondes invisibles dans les livres, le jour où j’ai aimé lire. Il y a eu celui où l’histoire se passait dans un village de la campagne russe où vivait une petite fille, dont la vie fut un vrai conte de fée. C’est parce que le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé, qu’un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage, elle a su recevoir un cadeau et quelques luxes de la vie.

C’est ma concierge, aussi, qui en a plein la bouche, de ces mondes invisibles. Elle me parlait de son père hier encore. Ses paroles deviennent  tout de suite des histoires extraordinaires. Son père, donc, dont le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin arriva jusqu’ici, et lui offrit, à elle et sa famille, une vie de princesse. L’appartement du boulevard était prêt à les accueillir, quand ils sont arrivés, celui même qu’elle habite à son tour aujourd’hui… Et, comme toujours, la conversation s’est interrompue. Elle était pressée. Heureusement. Ça tombait bien pour moi-aussi. Elle a dit subitement qu’elle devait cuisiner la volaille alors que l’oie battait puissamment des ailes, bien vivante encore dans ses mains.

Ils étaient dans ma tête et ma mémoire, les mondes invisibles d’odeurs et de bruits que je reconnaissais quand il me semblait entendre dans un dédale de rues étroites, le traîneau qui continuait à filer, alors que déjà la clarté s’insinuait par les fenêtres de ma chambre.
Soudain, je ne sais plus si j’avais passé beaucoup de temps à lire, ou si je lisais encore, en tout cas, celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine, et surtout, il était temps de me préparer car une douceur était annoncée.

Les mondes invisibles

J’avais juste l’impression de revenir du futur quand je lus ces lignes « Tandis qu’à l’horizon apparaissait la première lueur rose d’une nouvelle aurore,  il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale. Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance. Quand il revint les invités étaient là, il leva son verre une fois seulement après avoir déposé une bûche dans la cheminée et alors il comprit que le dîner aurait lieu à la maison. »

C’est sur une fameuse idée de Bizarreries & Co pour l’Agenda ironique de décembre que j’ai fait une histoire de tous les titres de mes articles de ce mois de décembre jusqu’à Noël. C’est dans les livres et dans les histoires que l’on raconte, ou dans la mémoire des jours vécus, que se trouvent les plus beaux mondes invisibles et propres à chacun.

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Rouge fillette était née comme tous les autres enfants, elle avait vu le jour dans une rose

Rouge fillette était née comme tous les autres enfants, elle avait vu le jour dans une rose.

 

Dans une énorme fleur au cœur pourpre et aux pétales écarlates, dont les étamines étaient couvertes de poudre d’or. Dans la magnifique roseraie du château. Elle avait été déposée là, en gestation, par le roi et la reine sur les conseils de la fée bleue, car elle était trop petite. Et seule une fleur pouvait lui donner la force de naître dans de bonnes conditions. Son père et sa mère venait la visiter à tous moments et lui portaient tout leur amour. La fée bleue venait souvent voir la fleur et lui prodiguait beaucoup de soin.

Mais le jour de sa naissance, la fée bleue n’est pas venue. Très tôt, ce matin-là, elle s’était faite manger par le loup de la forêt. Comme à son habitude, elle avait traversé le bois pour se rendre au jardin et visiter le petit ange à naître. La tête pleine de pensées tendres, elle ne s’était pas méfiée abandonnant ses pouvoirs magiques Dieu sait où. Elle était pressée sans doute. Et sa baguette tomba à terre et y resta. Le loup enfila les habits de la fée et se précipita au jardin.

Il arriva déguisé juste à l’instant où la fillette ouvrait les yeux pour admirer le monde. Elle vit d’abord ses parents, émus et remplis de bonheur comme tous les gens de la contrée qui formaient un cortège. Elle aperçut bien vite les très nombreux insectes venus l’admirer. Elle sourit aux fourmis et pucerons, aux abeilles et coccinelles, aux mouches et araignées venues déposer une goutte leur nectar qu’elle gouttait avec délectation. Quelques jours auparavant, la fée bleue avait prévenu les parents que cette princesse devrait être nourrie de cette façon-là au début de sa vie. Juste quelques jours suffiraient avant d’aller vivre au château.

Le loup déguisé se fraya un passage et tous virent la fée bleue dans un piteux état. Certains la crurent fatiguée ou malade. La fée (enfin le loup, vous savez bien) ordonna que la fillette devrait finalement rester dans ce jardin au milieu des fleurs durant toute son enfance. Elle y serait nourrie par les insectes au début puis par les autres animaux de la forêt jusqu’à ces quatorze ans au moins, pour être grasse et dodue.

La fée (c’est du loup qu’il s’agit, vous vous rappelez) ajouta qu’elle serait vêtue d’habits faits de pétales de roses rouges que les animaux allaient lui confectionner tout au long de son enfance qui lui garderaient cet air attendrissant. Moi, j’écoutais la fée, et j’ai entendu « attendrissant », mais d’autres ont entendu que le loup aurait dit « appétissant ». Ça se peut qu’un loup parle ainsi. Seulement les autres ne le savaient pas. Les parents surpris mais émus s’inclinèrent devant la fée en guise d’acceptation. Par contre, les animaux effrayés partirent se cacher et la fillette se mit à pleurer et ses joues prirent de belles couleurs rouges. Quand la fée voulut étendre le bras pour toucher ce tendre bébé et le calmer, la fleur referma ses pétales pour le protéger. Elle ne les rouvrit plus. Des gens prirent peur et repartirent en ramassant leurs gosses. D’autres découvrirent que le loup s’était déguisé et le renvoyèrent bien vite au fin fond de la forêt à coups de bâtons et de souliers pointus dans le c…

La fleur resta fermée. Très longtemps. Elle ne desserraient ses pétales que pour faire pénétrer les insectes et leur nectar afin de nourrir la rouge fillette et la faire grandir.

Rouge fillette était née comme tous les autres enfants, elle avait vu le jour dans une rose

Un jour, une extrêmement gentille dame venue visiter la roseraie aperçut ce bouton de rose rouge anormalement gros. Elle lui parla tendrement, lui raconta sa vie et était prête à l’aider à s’ouvrir, juste pour voir la beauté de ses pétales pourpres au soleil. Elle causait tout en manipulant un joli bâton bleu (et qui devenait de plus en plus beau) qu’elle avait trouvé sous ses pas dans ce jardin parfumé. La fleur s’ouvrit soudain et lui confia la rouge fillette. Elle lui dit combien la fillette grandissait en se régalant de nectars et lui fit promettre de la remettre à ses parents quand elle serait assez forte pour vivre au château.

C’est pour ça que la petite fille aimait tant les confitures.
C’est aussi pour aller donner des nouvelles de la rouge fillette au roi et à la reine que la dame s’était absentée, ce jour-là.

C’est parce que l’Agenda ironique de Septembre voit double et s’énonce en deux parties chez Carnets paresseux et chez l’Écrevisse que cette histoire est née.

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Jeter sa langue au chien

J’ai cherché… et trouvé ça: Autrefois, on disait « jeter sa langue au chien ».

Jeter sa langue au chien

Cette expression avait un sens dévalorisant car à l’époque, on ne « jetait » aux chiens que les restes de nourriture. « Jeter sa langue aux chiens » signifiait alors ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. Petit à petit, l’expression s’est transformée pour devenir « donner sa langue au chat », au XIXe siècle. En effet, à cette époque, le chat était considéré comme un gardien de secrets. Sa parole serait donc de valeur considérable, et il pourrait s’agir en « donnant sa langue au chat », de lui prêter la parole pour qu’il nous donne la réponse à une devinette.

C’est parce que l’Agenda ironique de Septembre voit double et s’énonce en deux parties chez Carnets paresseux et chez l’Écrevisse que cet article débute ainsi.

– Il était une fois… , commença Papa.

Papa avait l’habitude de raconter des histoires sans livre. Les pages étaient seulement dans sa tête. Et il ne retrouvait pas toujours le livre de la veille. Mais ça n’avait pas l’air de gêner les trois fillettes.

– Dis, Papa, tu vas continuer l’histoire d’hier soir ? demanda L.
– Moi j’aime bien les histoires qui font peur, tu sais, ajouta F.
– Y aura-t-il un animal ? osa A.
– Oh oui, un loup. Méchant. Et qui fait peur, continua la cadette.
– Oh j’aimerais mieux un autre plus doux, se permit la plus jeune.
– Mais tu sais Papa, c’était une fillette qui aimait bien les confitures… Tu ne vas pas changer ? s’assura l’aînée.
– Non, bien sûr que non. Je parlerai de cette petite fille… Et il y aura un animal tout doux, bien entendu. Et… ça fera un peu peur…
– Oh non, beaucoup peur! Elle pourrait être dans la forêt. Perdue. Et elle verrait des yeux jaunes et brillants dans la nuit.
– Tais-toi! c’est Papa qui raconte. Et d’abord, elle était dans la cuisine, cette fille. Toute seule. Et sa mère s’était absentée…
– Chut, calmez-vous et je reprendrai l’histoire. D’ailleurs, savez-vous pourquoi elle aimait tant les confitures ?

Il me semble que Papa a retrouvé la page de la veille. Je me suis arrêtée derrière la porte pour entendre ce petit monde. Mon dos a glissé contre le mur sans bruit. Je suis maintenant assise sur mes talons pour écouter à mon tour ce calme de la nuit qui commence. Je perçois leurs respirations régulières et les battements de mon cœur se sont apaisés aussi. Personne ne répond et chacune attend la suite.

– Il faut que je vous dise, poursuivit Papa,  que les confitures qu’elle préférait étaient celles aux fruits rouges. Savez-vous donc pourquoi ?

Je ne pense pas que leur père ait « jeter sa langue aux chiens », mais plutôt qu’il testait à tout moment si ce petit monde était bien à l’écoute ou s’il dormait déjà.

– Plop ! fit le pouce de la cadette arraché de sa bouche avant qu’elle se dépêche d’annoncer: C’est qu’elle aime faire peur et se barbouille de rouge pour effrayer sa mère, peut-être.
– Non, dit Papa en riant très fort, c’est une fameuse idée, mais ce n’est pas l’exacte raison.
– Je donne ma langue au chat, dit soudain la benjamine.
Ce qui ravit Papa qui enchaina.
– C’est que la fillette était née dans une forêt de roses allant du rose le plus pâle au rouge le plus foncé. Elle était toute petite, toujours vêtue de rouge, et avait été nourrie de nectar de fleurs et de fruits par les plus petits animaux des bois. Elle était petite mais un énorme secret entourait  le jour de sa naissance. Bien peu de gens connaissent la vérité. Mais je vous raconterai cela demain. Je vous souhaite une très bonne nuit.
– C’est toujours pareil, émit la grande en recevant le bisou de son père.
– Que veux-tu, tes sœurs sont fatiguées, et toi-aussi je crois, Et vous auriez vite marre de mes histoires si j’en disais trop un même soir, répondit Papa en souriant, et en bordant les draps de ses demoiselles.

Jeter sa langue au chien

Affaire à suivre… pour un agenda tendre.

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Le soleil en pousse se cache derrière des rêves de coton blanc

Le soleil en pousse se cache derrière des rêves de coton blanc.
J’ai ouvert mon protège-livre et j’y ai posé quelques textes originaux que j’ai découverts ici.

Le soleil en pousse se cache derrière des rêves de coton blanc

Douceur du printemps, le soleil en pousse se cache derrière des rêves de coton blanc. Position horizon, je revois l’azur d’un ciel pur. Je me souviens des jeux d’enfant où j’emplissais mon ciel de créatures imaginaires. Elles combattaient mes peurs et y contribuaient un peu, elles gonflaient mes cauchemars et les emportaient au loin. Elles me laissaient croire à une fin joyeuse pour me laisser grandir.

Caresse d’été, le soleil brille et il fait bon. Il fait bon et le temps passe.
J’ai décidé de ranger un peu tout ce que l’on n’utilise plus. J’ai décidé de me séparer des choses que l’on amasse au fil du temps. Je les donnerai à qui saura, mieux que moi, les utiliser. Pourquoi ai-je gardé tout ça? Dans une vie, on ne voit pas toujours le temps passer. Le soleil brille depuis plusieurs jours déjà. Brûlant, énorme, il m’épuise maintenant. Je suis à genoux, je trie encore et je retrouve. Je découvre, je classe et je recycle. Le temps s’est arrêté. L’oreille posée sur le guidon de mon petit tricycle, je fixe l’orange du soleil couchant. Pour respirer un peu et mes yeux pleurent. La poussière des rêves sur mes doigts laisse des traces sur mes joues. Il m’en faut peu. Des cercles se tracent dans ma tête et s’envolent en spirales. Je jouais, je tournais en rond sur mon engin. Tantôt fée, tantôt héros, nymphe des bois ou nymphe des eaux, quel était le plus tendre ou le plus beau? j’étais l’éclair, le plus fort aussi, Nympho Man, heu, non je ne crois pas, Bioman ou Dragon Ball,

Tendresse d’automne, le soleil est là depuis longtemps maintenant, pour chauffer mes vieux os.
La vie ne s’est pas arrêtée. Non. Le temps a suspendu son vol et ces créatures sont toutes parties conquérir d’autres cieux. Je les ai enfouies au plus profond de mon âme. Et un peu à l’intérieur de cette boite que je viens d’ouvrir. Un carnet et des bouts, des morceaux de tout sans couleur et sans forme bien définie. Je brasse ces choses, cailloux et fossiles, des miettes de bois ou je ne sais quoi… Je ne suis plus sûre de rien. C’était avant, dans une autre ère, sur une autre sphère, datant sans doute du jurassique, avec un peu de paléobotanique. Une odeur lointaine s’échappe de ce coffret. Il me semble, mon nez se souvient. Mes doigts frôlent ces restes, ceux d’une racine carrée du 28ème au dessous, ou plus…

Soudain, un froid m’enserre, il déploie ses ailes majestueuses et m’en recouvre sans qu’elles ne me pèsent sur les épaules. Je sens que ma tête se pose contre lui, heureuse de l’avoir et d’être, je sens presque des battements puissants et réguliers. Il m’apprend encore le langage du cœur dans le silence. Nos mots sont suspendus, mais je les laisserai un jour dans mon carnet bleu et orange. Du mieux que je peux. Faut-il pleurer, faut-il en rire? Je n’ai pas le cœur à le dire. On ne voit pas le temps passer.

Ouf, j’ai chaud mais j’ai rangé, et j’ai du m’assoupir un peu aussi, ou j’ai rêvé. Vous ai-je parlé en dormant de l’agenda ironique de juillet?

Ce sera ma prose tendre de l’été pour les rendez-vous de la poésie du jeudi chez Asphodèle et l’Ecriturbulente Martine.

 

Le mois du blanc se termine et c’est demain que Fée vrillée arrive

Le mois du blanc se termine et c’est demain que Fée vrillée arrive.
Les jours sont beaucoup plus longs qu’au début de janvier et l’air reste frais et blanc.
Parfois mes doigts se réchauffent à tourner les pages de mes livres, pendant que les ouvrages réchauffent souvent mes genoux.
J’aime les rêves et tout s’enchevêtre. Je sors de mon livre et me frictionne les mains. Il faudra rêver et parler de fiction.
J’avais écrit un mot, il demande un dialogue. J’avais dit blanc et je ressens le vide.
Ai-je passé le relais à un mythologue? car c’est à sphinx qu’il faudra parler. J’en lis plus, je suis curieuse.
« Sphinx à la tête et au buste de femme, au corps de lion avec des ailes de grand oiseau ». J’en ris, ça gamberge et je divague.
Faut-il avoir passer un long mois sous le soleil d’Égypte pour avoir des idées pareilles ?
ou faudra-t-il que j’aille vivre au pays des glaces et des pingouins pour pondre quelque chose de potable ?
en tout cas, certains dialogues sont déjà écrits
et si ça vous dit de rejoindre l’Agenda Ironique de Février, c’est ici que le sujet est en clair.

Le mois du blanc se termine et c'est demain que Fée vrillée arrive

Deux derniers petits mots accrochés au cou de cet oiseau qui vient tout droit de chez Betyle sur un fil.

Le mois du blanc se termine et c'est demain que Fée vrillée arrive

Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc

Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc

14 participants !  qui m’ont permis de présenter leurs 16 textes de l’ Agenda ironique en acrostiche.

Ce fut un plaisir de finir l’année en proposant le thème de cet agenda ironique du premier mois de l’an seize. C’est un bonheur de publier la liste des billets  des fantaisistes et originaux qui ont répondu pour le mois blanc.

Bientôt fini, mon tapis ! Je vais m’attaquer aux T-shirts de couleurs…

Agenda ironique de l'an neuf (mais seize) et du mois Blanc

Les textes sont là, Servez-vous !

Et plus bas, vous pouvez voter. C’est un bien grand mot, mais on va essayer, juste pour rigoler.

Asphodèle et Humeur du jour

grand blanc douteux  et un blanchiment qui a mal tourné et Une blanche vaut deux noires de Jacou

en poésie Mort d’Hiver de Bodoblog

noir et Blanc pour un échiquier ici

des ailes d’une blancheur immaculée de La Plume et la Page

Anne de Louvain la Neuve et sa blanche indulgence

Immaculée, la couverture de Jobougon sur l’impertinence n’est pas un rêve

rêve de Renard sur Carnets Paresseux

Oh, Martine a tout effacé sur Ecriturbulente

nuances de  blancs de Valentyne sur La Jument Verte

Ironie à l’encre blanche et sympathique pour l’agenda d‘Une patte dans l’encrier

qu’une concaténation ironique pour l’an entier chez Monesille

une fleur d’Iceberg de Leodamgan

Esprit sain dans un corsage et sa fileuse

Vote pour « Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc »

Et là, avez-vous voté ? Le gagnant sera peut-être celui qui reste à blanc !

Avant de refermer la grande porte de l’an quinze, j’avais répondu à la gentille invitation de  Monesille et accepté d’être organisatrice de l’agenda ironique de janvier 2016. Vous étiez là au mois de décembre  Anne de Louvain la Neuve, Jobougon, Jacou33 ici et et là aussi , Unepattedansl’encrier ici et là , Monesille, Un esprit sain dans un corsage , Valentyne ici et et là aussi , EcriTurbulente , Mariejo 64 ici et là , Carnets paresseux ici et et là aussi ou encore là , Asphodèle , BodoBlog  , et je vous remercie tous d’avoir répondu ce mois-ci, ici.

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend.
C’est en pensant à mes petits que mon esprit divague ainsi. J’aime les histoires et eux aussi.
Ils aiment ma voix apparemment, puisqu’ils sourient jusqu’à présent, quand je leur parle et que je chante.

Il était une fois au pays blanc, un roi tout vieux et très sage. Il vivait là depuis longtemps et son pays était bizarre.

Ce pays n’était pas comme le nôtre. Il n’y faisait jamais froid. Si tout était blanc, ce n’était pas de neige. Le sol était fait de marbre et de porcelaine, de bois et de liège mais tout blanc, comme dans le monde des Gillikins, si j’ose.

On y croisait le petit Chaperon blanc, bien sûr, portant à sa Mère-Grand un peu de crème et des meringues dans un grand panier blanc. Le loup courait devant, évidemment, pour arriver avant. Il était connu, celui-là, car il était parfaitement blanc. Il passait vite sans voir Blanchette, la petite chevrette de Monsieur Seguin. Tous les matins, c’était Gamin, le vieux cheval de feu le roi Henry qui faisait un bout de chemin avec lui, le raisonnait et lui disait que c’était pas bien de vouloir manger l’ancêtre. Manger l’aïeule, il aurait pu car chevillette et bobinette s’étaient rompues depuis le temps, et le chasseur qui l’attendait patiemment dormait maintenant.

Dans ce pays bizarre le roi donc était tout blanc, et pas avare bon sang. Il aimait les gens et partageait ses biens, et habitait un palais blanc. Un immense château tout blanc. Deux solides tours blanches le protégeaient. Juste à côté des tours, les écuries étaient bâties. Elles abritaient des chevaux blancs, pardi, montés par des cavaliers tous blancs aussi. Comment c’eut été autrement ? Et à côté des écuries qui abritaient les chevaux blancs vivaient de drôles de gens. Deux drôles de gens tous blancs au comportement amusant que le roi tout vieux et très sage appelait fous. Au palais blanc, la reine y avait fait son trou, une reine toute blanche assurément. Des soldats tous blancs étaient installés devant le château tout blanc. Ils étaient là, en rangs, pour protéger tout ce monde blanc.

La vie dans ce pays tout blanc était très agréable. Les forêts blanches s’étendaient à perte de vue, le gibier y était blanc, comme les gens. Tout le monde vivait ici depuis longtemps dans un bonheur paisible. Les animaux et les enfants. Personne n’y avait vu d’ennemis.

Et puis un jour, les cavaliers du roi tout blanc revinrent au château inquiets pour annoncer une bien étrange nouvelle :
« Sire roi dit le premier non sans émotion, nous avons découvert à l’autre bout du royaume tout blanc une chose incroyable, absolument !
-Que voulez-vous dire ? s’étonna le roi tout blanc
-Oui, Sire dit le deuxième aussi ému que le premier, la chose est étonnante, étonnamment !
-Expliquez-vous ! s’emporta le roi tout blanc qui d’habitude ne criait pas, Qu’avez-vous vu ?
-Et bien, Sire ! reprirent ensemble les cavaliers tous blancs, nous avons vu, à l’autre bout du royaume, un château, oui.. oui.. pareil au nôtre, mais ce château est tout noir !

-Tout noir ! cria le roi, mais c’est impossible, je le saurais tout de même… ! »
Au même moment les fous tous blancs, qui faisaient rire le roi habituellement, entrèrent très affolés, voire complètement. Ils annoncèrent qu’un roi tout noir venait parler, « parler au roi immédiatement ! » Un lapin blanc traversa la place, toujours en retard évidemment ! La lune toute ronde se rapprocha, son cercle blanc éclaira l’endroit.

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

– Sire, gronda le roi tout noir d’une voix terrible, votre royaume tout blanc me plaît et je veux l’y habiter ! puis menaçant, il ajouta, Dès demain, nous ferons la guerre ! nous verrons bien des deux armées celle qui est plus forte et que je préfère !

Fièrement, le roi tout noir, sur ces paroles, s’en repartit, laissant pour sûr, le roi tout blanc abasourdi.

Le roi tout blanc n’avait jamais combattu, non non. Vieux et sage pourtant, ça le mit en pelote. Son armée n’avait jamais fait la guerre, ne servait qu’à chasser, pour manger et s’amuser. Le roi savait que la guerre était une chose terrible. Elle provoquait d’énormes dégâts et tuait des braves gens. Elle n’apportait que larmes et horreur, que souffrances et douleur. Ne sachant que faire, le roi tout blanc et très vieux décida d’aller voir son amie la fée, si si, pour lui exposer son souci :

« Roi tout blanc, c’est un honneur ! lui dit la fée avec douceur, je t’attendais. Je suis fée et ainsi faite que je connais la raison de ta visite. Voilà ce que je te propose. »

La fée expliqua lentement. Elle répéta longuement au roi tout blanc ce qu’il fallait faire. Et content il repartit.

C’est ainsi que le lendemain matin, le roi tout blanc s’en vint jusqu’à l’autre bout du royaume y rencontrer le roi tout noir :
« Roi tout noir, viens me voir ! dit le roi tout blanc d’une voix ferme et décidée, je déteste la guerre. Je refuse de faire combattre nos armées, mais, je ne refuse pas le combat.»
A ces mots, le roi tout noir éclata de rire, d’un méchant rire :
« Ah ! Ah ! Ah ! Mais comment peux-tu combattre sans armée ?

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

-Écoute-moi et entends bien: nous allons combattre dans un jeu. Personne ne sera mis en danger, je le veux. On n’est pas nord-coréen. Le champ de bataille sera un quadrillage. Un quadrillage équilibré fait de cases noires et de cases blanches. Sur deux côtés du quadrillage, des pièces en bois égales en nombre et alignées représenteront les soldats, les tours du château, les cavaliers, les fous, les reines et nous. D’un coté noir ce sera toi, d’un côté blanc ce sera moi. Ce quadrillage, je le nomme échiquier. Puisque avant toi, j’étais dans ce royaume, je jouerai le premier. Nous jouerons, je dis, plusieurs parties. Et le gagnant gagnera la guerre. »

Le roi noir fier et têtu accepta de jouer. Les deux rois inventèrent les règles au fur et à mesure.

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

Chacun put s’approcher, tel qu’il était, dans sa couleur. Les couleurs se mêlèrent. D’abord les noirs et les blancs. Les sept nains sortis de la mine poussaient Blanche-neige, la dépassèrent. Et puis l’effervescence leur fit monter le rose aux joues. Ils voulaient aborder Cendrillon, mais elle restait avec le prince alors ils firent la connaissance du petit Poucet et de ses frères. C’étaient des livres qui s’ouvraient, tous en sortaient et s’amusaient de ce jeu inconnu. Le chapelier fou fut à l’honneur et appelé pour battre le temps. Pas rassuré il s’était fait accompagné du lièvre et du loir. Hansel et Gretel furent délivrés, Chaperon Rouge put s’avancer. La Belle au bois dormant dormait encore et ne fut pas visible, comme la petite fille aux allumettes, d’ailleurs, qui s’était faite fouillée et arrêtée aux portes du château. Et Pinocchio aussi pointa son nez, avait tout fait, si si, pour voir la fée. Bécassine ouvrit son parapluie pour se protéger du soleil et de la pluie, car le combat promettait d’être long… Le rossignol se mit à chanter et Casse-Noisette osa se montrer… mais le silence fut demandé pour une meilleure concentration des participants.

Les autres appelèrent ça des parties, et l’ensemble fut nommé le jeu d’échecs. Les règles furent écrites devant témoins. Ceux-ci rentrèrent et les livres se fermèrent, seuls des pions noirs et blancs restèrent, nombrex couchés sur les côtés.

Et la guerre, qui l’a gagnée ? Les deux clans en réalité. Tantôt c’étaient les noirs et tantôt les blancs gagnaient. Grâce à la fée, les blancs et les noirs ont appris à vivre ensemble. il n’y eut jamais la guerre dans le royaume. Que stratégie et douce folie. Que des jeux et du plaisir. Que de la joie et des rires. Le vieux roi sage et blanc regardait le blanc du ciel et était bien, par dessus l’étang, soudain a vu passer les oies sauvages. Elles s’en allaient vers le midi, la Méditerranée. Et tous ces oiseaux qui étaient si bien, là-haut dans les nuages. Il aurait bien aimé les accompagner, au bout de leur voyage. Oui tous ces oiseaux qui étaient si bien là-haut…

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

J’ai divagué, excusez-moi. J’y vois que du noir et un peu de blanc, en regardant bien, je vois du blanc et des pois noirs. Et les couleurs, lecteur, c’est quand que je vais les voir? J’ai plaisanté avec l’idée de participer à l’agenda ironique du mois blanc. Ils étaient tous là le mois dernier :

 Anne de Louvain la Neuve
Jobougon
Jacou33 ici et et là aussi
Unepattedansl’encrier ici et
Monesille
Un esprit sain dans un corsage
Valentyne ici et et là aussi
EcriTurbulente
Mariejo 64 ici et
Carnets paresseux ici et et là aussi ou encore
Asphodèle
BodoBlog
et moi, juste

Bleu et blanc

Bleu et blanc

Bleu et blanc

Un petit chat bleu
Semé de pois blancs
Vit un gros rat blanc
Semé de pois bleus.
Leurs mignonnes queues
Différaient de peu.

Oui, mais seulement
Le nez du chat bleu
Était tout tout blanc,
Le nez du rat blanc
Était tout tout bleu.
Leurs joues et leurs yeux
Différaient de peu.

Oui, mais seulement
Un cil du chat bleu
Était tout tout blanc,
Un cil du rat blanc
Était tout tout bleu.

A cause de ce peu,
De ce tout petit peu
De blanc et de bleu,
Ils continuèrent
A se faire la guerre.

Poème de Maurice Carème extrait de « la cage aux grillons » pour la poésie du jeudi chez Asphodèle.

Avant de refermer les volets et la porte

Avant de refermer les volets et la porte, je réponds à une gentille invitation et accepte d’être organisatrice de l’agenda ironique de janvier 2016. Oui, c’est Monesille qui m’y a invitée (j’aime et je ris).

C’est la saison de la neige et du gel pour faire du ski, du patin et des bonhommes de neige. On verra des cygnes et des mouettes sur nos rivières, des gibiers au pelage blanchi par l‘hiver, des jours plus longs et très clairs par la pâle lumière de saison. Et puis, dans les maisons, on ressortira les toiles de lin et de coton immaculées pour y faire apparaitre de jolies broderies comme chez Luli, les fils et laines blancs pour un peu de dentelle sur robe de mariée ou layette pour bébé. Janvier pour la couturière, la lingère ou blanchisseuse est « le mois du blanc« . Si si, je l’ai vu sur du miel et du sel et Boucicaut y avait penser depuis bien longtemps.
Alors conter, raconter, ironiser, soyez poète, faites-nous rêver sur un seul thème, une seule couleur: « le blanc« .

Les étoiles blanches et brillantes laissent un message dans le ciel et des traces sur la neige…

Avant de refermer les volets et la porte

et pour clore ce beau mois passé au chalet en attendant l’année prochaine, voici ce que j’ai envie de faire également dès janvier 2016:

Je voudrais finir quelques travaux en cours en patchwork et au tricot… et je sais surtout que j’en commencerai d’autres avant d’avoir tout fait…
Je rédigerai et mettrai en forme les tutoriels que je n’ai pas encore faire paraitre… et les transformerai aux gré de mes envies…
Je continuerai à vous parler de l’Atelier et du projet « nos rues et notre quartier »… et les illustrerai au gré de nos chants et de poèmes…
Je répondrai avec mes poings à points aux plumes et mots qui se présenteront toujours pour le plus grand plaisir…
et je posterai en toute liberté au gré de mes humeurs…

Par ce dernier billet de 2015, je réponds au challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian et avec un brin de tendresse en photo pour AmeGraphique du carré jaune.

Je vous invite surtout à participer avec beaucoup d’humour à l’agenda ironique du mois blanc par vos mots et phrases dans un récit plaisant avant le mercredi 20 janvier 2016 20heures. Laissez-moi juste un commentaire quand vous aurez écrit votre texte avec le lien vers votre article et je ferai un récapitulatif en fin de semaine de chaque semaine. Nous étions plusieurs à participer en décembre à l’agenda ironique du Hi-Han organisé par Monesille.

Les étoiles ont laissé un message de lumière dans le ciel et des traces sur la neige…

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Belle et bonne fin d’année à vous tous ¸.•(¸.•´(¸.•´ (¸.•¨¯`♥*¸¸.•*¨*• ☆ ¸¸.•*¨*• ☆ ¸¸.•*¨*• ☆