Fable de La Fontaine

Elle a une grande famille, blague tout le temps et a revu une fable de La Fontaine à sa façon pour ses enfants et rester jeune. Elle a des projets plein la tête, plusieurs ouvrages en cours et des repas sur le feu…

Black Daron sur un arbre perché
avait le clacos in the noose
Sacré Goupil reniflant dans le vent
lui bave tout de go:
« Ouaich man
Que t’es bonne today
Que t’es une merveille
La vérité, si tu nous serines les oreilles
Comme t’es classe
T’es le phœnix de la cité ».
Aussi sec, il entame un solo,
Le clacos choit,
Goupil l’chope et lui déclame:
« Sache, curé, qui faut pas être naïf Bollos,
j’me paye avec ton puant ».
Black Daron y s’dit:
« Sur la tête d’ma mère, l’rusé, c’est un bâtard ».

Fable de La Fontaine

Une journée de retrouvailles, dans cette ambiance, avec du soleil, de la bonne humeur pour fêter une année de grandeur, un repas plein d’odeurs et des ouvrages plein de couleurs. C’est chouette le bonheur.

Un jour j’ai attrapé un rhume

Un jour j’ai attrapé un rhume.
Quoi de plus commun qu’un rhume en hiver ?
De façon assez banale, j’ai croisé sa route un jour de pluie.
Une chose en entraînant une autre,
Je me suis mise à éternuer.
Quoi de plus commun que d’éternuer quand on attrape un rhume en hiver un jour de pluie ?
Cependant, j’ai vite compris que ce n’était pas un rhume anodin,
C’était plutôt un rhume… taquin.

Un jour j'ai attrapé un rhume

J’ai remarqué des plumes sur la vitre gelée,
Regardant mieux, je vis soudain des feuilles
Elles avaient une allure fière un peu ébouriffée
Le soleil se levant, elles disparurent en un clin d’œil
Perdant leur belle tenue et leur orgueil.
Je détournai mon regard loin de ces feuilles,
Me concentrai sur mes petites fleurs
Gardant seule cette image dans mon cœur
Comprenez-vous pourquoi je me suis enrhumée?

jour rhume

J’ai commencé par éternuer des lettres, qui, une fois envolées,
Dansaient dans les airs avec un air libertin,
Se transformant en une ribambelle,
De consonnes et de voyelles bien ordonnées,
Pour finir étalées sur le papier.

Elles se mirent à me conter milles aventures,
Plus intrépides les unes que les autres,
Et sans que j’ai eu le temps de me rendre compte de quoi que ce soit,
C’est un véritable chef d’œuvre qui se déroulait devant moi.

Et puis je me suis sentie épuisée,
Par tous ces mots agités,
Qui commençaient à se mélanger.
Alors je suis allée me coucher,
Impatiente de connaître la suite des aventures entamées.

Mais quand je me suis réveillée,
Le rhume s’en était allé,
Et tout ce que j’ai retrouvé,
Ce fut un mot d’adieu,
Qui je dois l’avouer,
Était assez bien tourné.

Une chose est sûre,
Depuis cette aventure,
Je guette les jours de pluie,
Comme le chat guette la souris,
En espérant secrètement croiser la route d’un autre rhume,
Qui, je l’espère, sera aussi taquin que son cousin.

Inspirée de mes ouvrages, du temps qu’il fait et de mes lectures De Méli en compétition pour le Prix Printemps 2014 chez Short

Rat de Noël et Souris pour la fin de mon histoire

Rat de Noël et Souris pour la fin de mon histoire

… Mémé devait partir. Sa petite valise était prête, elle fourra son éventail dedans et alla faire ses adieux à ses amies. Elles la savaient fatiguée et s’attendaient à la voir partir avant Noël sans connaître la date exacte. Puis Mémé est allée voir l’agriculteur pour lui vendre sa maison, s’il la voulait toujours. Vous pensez bien, qu’il la voulait! Aussitôt qu’elle fut partie, il courut à la petite maison.
Savez-vous la première chose qu’il a faite? C’est de sauter par la fenêtre de la chambre, pardi. Celle de l’automne. Sa passion, c’était les pommes. Du boudin aux pommes. Et des tartes. Il pourrait goûter aux marguilis aussi…

Rat Noël Souris fin histoire

Il a sauté une fois, deux fois, trois fois…Rien! Pas d’automne! Il tombait toujours dans le jardin enneigé au pied de la maison, là où la neige avait fondu en une grosse flaque tant il avait sauté. Il a essayé toutes les fenêtres, rien! C’était un homme têtu, il a sauté, sauté, il ne s’est arrêté qu’à la nuit tombée. Il s’est dit que demain il réussirait. Ce que faisaient les vieilles folles, il le ferait bien lui aussi. Et le jour suivant il a sauté, sauté, sauté. Il ne s’arrêta que pour manger et dormir. Il s’était levé à cinq heures du matin, et jusqu’à minuit, il sauta. Le deuxième jour, il ne s’est même plus arrêté pour manger ni dormir. Il transpirait. Il s’énervait. Le troisième jour, il est tombé sans connaissance sous la fenêtre…

C’est le facteur qui le trouva. Heureusement, il avait toujours dans sa poche un flacon de liqueur de marguilis que Mémé lui avait donné. C’était pour le réconforter quand il était fatigué de pousser son vélo dans les montées. Un flacon bien pratique, je l’avoue, car il restait toujours plein, même quand on avait bu. Il versa donc un peu de liqueur entre les lèvres de l’autre qui se réanima de suite. Et l’autre s’animait très fort en poussant des cris:
– Tout ce qu’elles ont raconté, c’était des histoires! Regarde où ça m’a mené, de les avoir crues! J’en ai assez, Je m’en vais. Je ne resterai pas un jour de plus dans cette maudite maison. Si tu la veux, je te la vends… à moitié prix.
Le facteur surpris et content accepta. Il allait se marier en fin de semaine et la petite maison lui plaisait beaucoup. Il y serait heureux avec sa bien-aimée.

Le dimanche avant Noël, sa bien-aimée lui dit soudain:
– Et si on sautait par la fenêtre? Nous n’avons jamais essayé!
– Tu sais bien que ça ne marche pas, a répondu le facteur.
– Rien qu’une fois! a demandé la bien-aimée.
Il ne faisait pas bien chaud, et la neige n’avait pas cessé de tomber ces jours derniers. Un épais tapis blanc recouvrait le jardin.
Ils ont sauté, l’un après l’autre… hop et hop! ça y était. Ils étaient dans l’été!
Et le facteur comprit. Ce n’était pas assez de passer par la fenêtre. Il fallait aussi avoir un cœur simple et ouvert vers les autres.

Aux dernières nouvelles, le facteur et sa bien-aimée sont très heureux dans leur petite maison si bien située. Les trois amies ont une santé de fer – le facteur leur apporte parfois en cachette des marguilis. De temps en temps, elles se disent l’une à l’autre:
– Tu te souviens, quand Mémé était là, comme on s’amusait? On garde de bien bons souvenirs passés ensemble. Quel dommage qu’elle soit partie.
La vie est comme ça. Elle va et vient, elle passe avec de tendres rencontres parfois. Si elle restait immobile, la vie ne serait pas la vie.

D’après une histoire racontée autrement un soir du 19 septembre 2005 par Laurence LAMIABLE. C’est ma participation au challenge « Il était une fois Noël » lancé par Chicky Poo, Samarian et petit-Speculos pour passer ce mois de décembre dans la joie, la gaieté et la lumière par nos lectures et nos histoires.

Rat de Noël

Je ne l’avais pas vu se rapprocher de mes ouvrages. Rat de Noël. Il est sorti de mon livre et a, bien sûr, perdu la page. Il est sur mes tissus et je crois qu’il admire les couleurs.  Je vois bien ses oreilles se dresser vers ma bouche. Il s’installe en boule sous mon menton et se déplace au fur et à mesure que je tourne la tête, tantôt à droite, tantôt à gauche. Entendrait-il ce que je raconte?

Rat Noël

« Il y avait dans ce village, une petite maison avec une porte vitrée et quatre fenêtres, une sur chaque côté. Longtemps elle était restée inhabitée. Et puis un jour peu avant Noël, on a vu arriver un camion d’où deux déménageurs costauds sont descendus. Une petite dame les suivait, ils l’appelaient « Mémé ». Il faisait très froid et Mémé fut très vite installée dans sa nouvelle maison.
Quand elle est allée faire ses commissions au village, on lui a demandé:  » Alors, Mémé, vous plaisez-vous, dans votre maison? « Elle répondait à tous:  » Oui, je l’adore. Elle est tellement bien située ». Les gens ne voyaient pas en quoi cette maison était mieux placée que les autres, mais puisque Mémé était contente, c’était le principal.
Dans ce village, il y avait trois autres grands-mères: une grande, une moyenne et une petite quoique moins petite que Mémé. Un après-midi, elles vinrent l’inviter à faire une partie de cartes. Pas de chance. Mémé n’avait jamais appris a jouer, même pas à la bataille ni au menteur. Elle s’embrouillait et confondait les rois et les valets. Ce qu’elle aimait, c’était se promener. Alors malgré la neige, ces mamies lui ont proposé d’aller marcher ensemble dans la forêt, elles iraient par les chemins dégagés. Mais, à leur surprise, Mémé leur répondit:
– C’est moi qui vous montrerai de nouveaux chemins, si vous le voulez bien. Ma maison est si bien située que la fenêtre de la salle à manger donne sur le printemps, celle du salon sur l’été, celle de la chambre sur l’automne et celle de la cuisine sur l’hiver. La porte est pour la saison de tout le monde. Venez voir.
Les petites mères se sont approchées d’une fenêtre, d’une autre, d’une troisième et elles n’ont vu ni printemps, ni été, ni rien d’autre que le petit jardin gelé de tous les jours.
– Bien sûr, a expliqué Mémé, il faut d’abord passer par la fenêtre, il faut que vous sautiez.
Sauter par la fenêtre! Jamais elles n’oseront! Elles trouvaient que ça leur donnerait mauvais genre et surtout que ce n’était pas commode avec leurs jupes.
La plus grande qui était futée et un peu méfiante dit:
– Excusez-nous, aujourd’hui nous ne pouvons pas. Mais si vous allez dans l’été et que vous puissiez nous rapporter une poignée de cerises, ça nous ferait bien plaisir.
– Je sais où en trouver, dit Mémé. Mais si les oiseaux ont tout mangé, je vous cueillerai des marguilis, c’est délicieux.
En rentrant, elles jacassaient toutes les trois, comme des pies et se demandaient ce qu’il fallait en penser. D’après la grande, Mémé devait avoir la tête un peu dérangée. Ça ne tenait pas debout, ce qu’elle racontait! La moyenne disait qu’on ne sait jamais et qu’on verrait bien demain. Et la petite n’arrêtait pas de répéter qu’elle la trouvait très gentille, Mémé, très gentille, mais vraiment très gentille! Si bien que la grande un peu agacée lui a répliqué qu’elle donnait sa confiance bien vite et qu’à son avis, les cerises, elle n’était pas près d’en manger! Et les marguilis, qu’est-ce que c’était que ça, des marguilis? Est-ce que quelqu’un en avait jamais entendu parler?
Pourtant, le lendemain, dans son tablier, Mémé leur a apporté une poignée de cerises à chacune.
Elles l’ont bien remerciée et la grande a encore demandé:
-Quand vous irez dans le printemps, si ça ne vous dérange pas trop, un bouquet de violettes nous ferait bien plaisir! » …

 Il vous faudra attendre demain pour lire la suite. Ne sachant toujours pas ce qu’est un RAT et un PAL, j’ai pourtant posé la question, c’est ma participation au challenge « Il était une fois Noël » lancé par Chicky Poo, Samarian et petit-Speculoos pour que nous passions un mois de décembre dans la douceur par nos lectures et dans la préparation de nos cadeaux avec nos RATs.

Les plumes 15 et la Solitude d’Asphodèle

Les mots sont proposés et l’histoire continue pour Les plumes 15 et la Solitude d’Asphodèle

…Pour me ressourcer j’avais envie de vivre dans le même espace qu’elles et j’avais besoin de partager quelques jours avec elles. La solitude me pesait et ce manque ne devenait qu’en angoisse. Cet orage intérieur était assourdissant. Je sentais une onde ambivalente et triste m’envahir. Mon esprit naviguait dans les ténèbres. Mon cœur, devenu obsidienne,  ne supportait plus ce vide et cette errance dans le silence de leur voix.

Elles n’habitent pas aux latitudes australes. Une seule semaine à marcher dans la rue à leurs côtés, ou assise avec elles à écouter leurs musiques préférées me fut suffisante et bienfaisante.

Je devais les voir un peu pour exister encore. Aujourd’hui j’ai retrouvé la paix et le sourire, et juste ce qu’il me faut de dynamisme pour mes travaux…

plumes 15 Solitude Asphodèle

Édit : c’est ma participation à Les plumes 15 et la Solitude d’Asphodèle . Les mots imposés sont ceux mis en gras, ou  à peu près.