Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours, et oui…

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours

Bien sûr, il faudrait que je mette les bouchées doubles
Ou que j’ignore les autres à peine ébauchés.
N’en faire qu’à ma tête, je connais ça,
Avec la manie d’en griffonner d’autres.
Nouvelle idée est bienvenue
Nul essai n’est écarté.
Il me faudrait sûrement cent ans encore…
Voir plus loin me fait du bien.
Envie de toucher mes fils, envie de vivre, je continue
Riez si vous voulez, mais c’est comme ça, et je souris
Sans fin, toujours soif
Avec faim et goinfrerie, j’assemble sans cesse
Ici, c’est la jungle textile, je suis ravie, c’est mon
Rayon de soleil malgré la neige d’aujourd’hui, j’aime la lumière
Et je t’embrasse qui tu sais, et vous aussi qui me lisez.

Il faudrait que je termine mes ouvrages en cours

C’est blanc, c’est beau et dans l’assiette, il y aura cœur de radis noir rémoulade, purée de céleri-rave et filet de poisson puis cheese-cake.
C’est beau, c’est blanc, ça continue et c’est dimanche, alors ils ont tous leur chance d’être empoignés aujourd’hui pour quelques points supplémentaires.
C’est blanc, c’est beau, mais quelle allure aura ce body flip? Bientôt trois pages, c’est un jeu bien parti et qui plait, je crois.
C’est beau, c’est blanc, aujourd’hui ici. Et chez vous aussi?

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Mon vœu

Mon vœu le plus cher, c’est que le monde soit heureux durant toute cette année 2017, au moins. Qu’il retrouve cette joie de vivre.

Mon vœu

Être heureux. Juste ça. Sans méfiance envers l’autre. Gardez votre bonne humour et retrouvez un peu d’humour et beaucoup d’amour. Je vous le souhaite, de tout mon cœur. Évadez-vous dans vos lectures ou au cours de voyages, trouvez du plaisir à vivre et restez attentifs à ce et ceux qui sont à côté de nous, partagez vos créations et réalisations culinaires ou de bricolages avec les autres.

Mon vœu, c’est de pouvoir m’évader sur le Net (pas toujours très net) dans vos articles, et sourire encore.  Le plus cher, pourtant, c’est de passer des jours heureux à voir grandir mes petits, et à penser à eux et à ceux qui m’ont offert ces moments de tendresse.

Et voici juste un petit paragraphe que j’ai recopié de ce livre que j’ai relu en cette fin d’année et auquel je n’avais pas porté plus d’attention que ça lors de ma première lecture.
« Quelle étrange folie. Pendant toutes ces années j’ai respecté mon vœu. Lequel de ne jamais revisiter cet hiver-là, de ne jamais relire les mots que j’ai écrits cette année-là. J’ai respecté ce vœu à la lettre, mais aujourd’hui, pour une raison qui m’échappe totalement, quand je suis entré dans mon bureau… j’ai instinctivement ouvert le tiroir où repose mon vieux journal et je l’ai placé sur la table, où je le regarde en cet instant sans y toucher.
Pourquoi après tant d’années, pourquoi me démange-t-il de l’ouvrir à la première page ? C’est tout juste si je peux me retenir de sauter dessus et de le dévorer. D’où vient ce désir fatal ?
Et bien, je vais l’enterrer. Oui. Quelque part, ici, sous des piles de livres et de notes. Ou peut-être l’enfermer dans un de ces placards, où je pourrai l’oublier, où il ne me distraira plus. Ou bien, je vais le lire. Je vais l’ouvrir et le lire. Juste une phrase. Juste un paragraphe.
Après tout, si on y réfléchit, à quoi ça sert de traîner avec moi ces quarante mille mots si leur destin est de ne jamais être lus ? Qui s’offusquera si je romps mon vœu ? Peut-être que les vœux ne sont-ils faits que pour être rompus… » Extrait de « Tokyo » de Mo Hayden, pas toujours très tendre.

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Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison

Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison.

Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison

Faire la conversation à ces imbéciles, snobs de surcroît, était une épreuve dont il se serait bien passé. Après qu’il eut gratifié Jean-Claude d’un sourire crispé, il referma la double porte du salon et s’affala sur le canapé. Il disposait d’une heure pour évacuer les tensions de la journée.
De la poche de son pantalon, il sortit la feuille sur laquelle la femme de l’aéroport avait griffonné son nom et son numéro de téléphone. Il fixa les dix chiffres, puis jeta le papier dans la cheminée d’un geste rageur. Que fabriquait donc sa femme ?

Depuis que les enfants étaient partis étudier à l’étranger, il habitait avec un fantôme. Ils lui manquaient, et leur absence creusait le fossé entre leur mère et lui. Ils s’efforçaient, en société, de donner l’image d’un couple uni, mais ils se confrontaient au silence et à la solitude. Pourtant sa femme le bouleversait toujours.

Lorsqu’elle le rejoignit sur le canapé, elle lui sembla plus radieuse que jamais, quand elle chuchota son bonjour. Il vit, après lui avoir demandé qui étaient les invités du soir, qu’elle s’accommodait de mieux en mieux de son manque d’enthousiasme et il y voyait, bien là, un signe supplémentaire de son désamour. Comme elle était sottement mondaine, mais comme il la trouvait adorable !

Au moins ses commentaires qui précédaient et suivaient les dîners meublaient nos rares conversations. Il avait les yeux rivés sur un cheveu collé à ses lèvres. Il avait envie de le lui enlever délicatement. Il sentait son parfum, fort et fleuri. Ses bracelets s’entrechoquaient dans un gracieux mouvement de bras. La couleur des pierres de ses bagues était assortie à la couleur de ses ongles. Elle le surprit quand elle lui demanda ce qu’il pensait de son ensemble, en faisant un tour sur elle-même. Il lui allait très bien, mais elle avait encore fait des dépenses inouïes pour de nouveaux vêtements dont il était incapable de distinguer en quoi ils différaient des autres.

Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison

Extrait de « lundi noir » de Dominique Dyens . Je l’ai relu et j’ai souri du frisson ressenti.

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Une bûche

C’était plutôt perturbant de voir ce bol là, taillé dans une bûche par les mains de son père et ayant appartenu à sa mère.

Une bûche

Quand il était encore tout petit, son père leur servait du gruau de maïs ou de la bouillie d’avoine, et pendant que les aînés mangeaient, il restait là à les surveiller, une tasse de café fumant entre ses mains burinées par le soleil, et il ne manquait jamais de leur rappeler qu’il fallait prendre soin de la vaisselle de leur mère.
Le vieil homme s’était mis à protéger ce qu’il restait d’elle avec une vigilance maniaque et quasi démente. La vaisselle. La couture en tricot pliée sur le dossier du grand fauteuil à bascule en chêne dans la salle de séjour. Le minuscule vase en cristal taillé sur le rebord de la fenêtre de la cuisine dans lequel on plaçait chaque année une fleur légère de la première hellébore rosée trouvée dans les prés juste derrière l’écurie au début de l’hiver.
Il souleva le bol avec précaution, les recommandations de son père lui revenant aux oreilles. Il se raidit sous l’effet de la pression qu’il ressentait au fond de son ventre et frotta la peau sèche de son cou déformé.
Il leva les yeux vers le large ruban de lumière qui tombait du grenier, là ou il avait lui-même parfaitement empilé les balles de foin. On les avait repoussées par deux ou trois sur le côté, révélant ainsi la cachette des tonneaux de bière qui avaient disparu…

Extrait de « le sillage de l’oubli » où se suivent les scènes tendres et dures de la vie quotidienne et difficile.

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Il leva son verre

…L’homme souriait maintenant. Il leva son verre et examina le rond humide qu’il avait laissé sur le bois de la table astiquée.

Il leva son verre

Puis il le reposa exactement au même endroit et se mit à le faire tourner. Du coin de l’œil, il guettait l’autre qui se força à sourire à son tour avant de boire une longue gorgée de bière. Il ressentait le début d’un pincement sec et persistant dans les tendons de son cou, le genre de raidissement qui n’avait rien à voir avec le mauvais temps, et il aurait juré que son oreille s’était encore plus rapprochée de son épaule que d’ordinaire…

Extrait de « le sillage de l’oubli » de Bruce Machart.

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Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance

Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance.

Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance

Quarante ans plus tôt, ses parents l‘y avaient emmené en randonnée et ils avaient séjourné dans un palace au cœur d’une forêt nichée entre deux lacs. Rien n’avait changé. Ni le parquet ciré, ni les vitraux, ni la sévère châtelaine qui le conduisit à sa chambre. Allongé sur le transat du balcon, il regardait aujourd’hui les mêmes lacs brasiller au soleil couchant, le même pêcheur se blottir dans sa barque au milieu de la brume. Les jours passaient, innombrables, ponctués par ses séances à la cure thermale et le glas de la loche le conviant à ses repas solitaires parmi les vieux couples qui chuchotaient. La nuit, son monde intérieur le réclamait depuis la mort de son épouse. Penché sur son bureau en marqueterie devant la baie vitrée, il écrivait obstinément malgré sa main droite meurtrie, lisait la transcription des épreuves, puis reprenait avec soin son dur témoignage d’amour, en éprouvante une impression croissante de complétude.

Extrait de « la constance du jardinier » de John le Carré, une magnifique histoire d’amour.

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Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale

Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale des écureuils dans les arbres.

Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale

Il ne pouvait néanmoins pas s’empêcher de remarquer que ses vaches meuglaient dans la pâturage. On ne s’était pas occupé d’elles, et il allait falloir vérifier que le tout jeune veau allait bien. Tout à l’heure il irait leur distribuer du foin. Très souvent il passait ses journées à faire la liste des taches qui restaient à accomplir tout en menant d’autres à bien, et il ne put s’empêcher d’en dresser mentalement une nouvelle tandis qu’il fixait la porte de l’écurie entrebâillée d’une bonne trentaine de centimètres. En approchant de l’allée de graviers, il s’appliqua à marcher sans bruit, percevant tout de même dans la friction des petits cailloux écrasés sous son poids l’inventaire de tout ce qu’il lui faudrait faire le lendemain avant l’aube. Du bois pour les deux poêles. Le lait. Les œufs. Le bétail à déplacer d’un pré à l’autre et les cendres à ramasser dans le fumoir.

Extrait de « le sillage de l’oubli » de Bruce Machart. Je me suis laissée tomber dans ce livre à l’écriture vertigineuse.