Profiter de la vie

Profiter de la vie… et

Profiter de la vie

Parfois
Raconter des histoires… qui font peur.
Ouille ouille ouille disait le loup depuis des semaines
Fou à lier tant il avait mal aux dents
Il ne trouvait personne pour aller dans sa bouche et le soigner
Tant il était effrayant, jusqu’au jour où le crocodile lui
Expliqua qu’il avait un oiseau, précieux compagnon dentiste qui
Rentrait picorer autour de ses dents et le prévenait ainsi de ces maux.
Dans la bouche du loup, l’oiseau entra
Et soigna l’animal qui pour le remercier…
Le croqua.
Abominable canidé, inconsolable crocodile,
Vous ne verrez plus jamais l’un et l’autre côte à côte depuis que
Involontairement, ou instinctivement ou ignoblement, le volatile fut
Effroyablement, égoïstement et goulûment dévoré.

Publicités

Suivre ses désirs

Suivre ses désirs

Suivre ses désirs

Sans compter ni trop se les conter,
Utiliser et user de la vie
Ignorer le temps qui passe
Voyager et admirer le monde
Respirer aux côtés des uns
Et insuffler la joie de vivre aux autres
S’abandonner au fil des jours
Et se reprendre au contact des plus petits
Sans oublier d’échanger et communiquer,
Donner, soutenir et partager,
Et aimer danser et composer ensemble
Sourire, se souvenir et rire de nos actions
Imaginer et rêver de jolies histoires
Raconter et chanter sur les plus beaux airs
Sans jamais se lâcher la main ou se quitter des yeux.

Mon cœur est triste, notre troupe est orpheline de son compositeur, sans éclat ni rêve maintenant, Claude était tellement joyeux…

Faire ce que l’on aime

Faire ce que l’on aime

Faire ce que l'on aime

Faire ce que l’on veut
Avant qu’il ne soit trop tard,
Imaginer les plus belles histoires et les
Raconter sans retenue
Encore et encore
Comme si le temps n’avait aucune limite
Ecouter et entendre les moindres mots de ceux
Qu’on aime
Utiliser et user de la vie jusqu’à la corde
Embellissant et améliorant celle des autres.
Lorsque notre crépuscule viendra
Obligatoirement
Nous ferons le point sans
Aucun regret ni chagrin
Irrémédiablement affranchis et libres
Magnifiquement désireux de la douceur des uns
Et merveilleusement admiratifs de l’éclatant bonheur des autres.

Ne pas perdre de temps

Ne pas perdre de temps…

Ne pas perdre de temps

Non, il est trop précieux !
Et Fatalimace, à force de courir, l’année court à sa fin.
Parce qu’il y eut l’Avent, il y a maintenant l’après.
Ah, bien sûr, hargneux serait resté le Zébulon de l’önd
S’il n’avait pas pu finir l’AI et emballer les cadeaux.
Parce qu’il avait dit ça, vous avez dit « Chat noir »
Et il a vu là « la dynastie des morts ».
Rond et rond petit r’Ondelette … poursuit sa course
Dans la nuit. Onésime au pingouinzoo
Revisite l’épopée du Pingouin
Et du canard sur l’önd.
Dans ces mots, on entend la neige tomber doucement,
Et dans ce froid, nous étions nus
Tellement imparablement fragiles et soufflés
Ensuite ils passèrent une seconde d’inattention à se tortiller
Mettant le feu et attisant les braises de l’agenda
Pour un weekend à Zuydcoote
Soulignant l’actu brillante de l’Ond.

Parce que c’est le bout du chemin, sans limite, le terme est là, une cessation de l’ond, un achèvement dont on est fier, un aboutissement apprécié, enfin le but de cet objectif qu’on s’était fixé, une issue originale sans parler vraiment d’arrêt ni de chute, une légère suspension pour une belle sortie.

Carnets paresseux s’est proposé pour ouvrir l’AI de l’an dit neuf, alors votez pour le texte que vous avez lu, relu et re-relu… , et vous pouvez toujours proposer votre candidature pour héberger une suite (à votre sauce) de l’Aönd…

Il était un foie de canard de l’önd parti à la rencontre du pingouin de l’ai qui croît et croyait en sa mère, Onésime, Madeleine et Elodie et croisa les jumeleines, le scarabée des sables et votre attention…

Avec joie, bonheur et sourire de l’AI
et toutes mes excuses si j’ai oublié vos mots et textes, il est encore temps de coller votre lien ci-dessous.

Où le soleil vient tard

Où le soleil vient tard

Où le soleil vient tard

En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.
– Soleil ! aimons ! – Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?
– Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : – C’est la nuit, ma belle ! –
Et la fait en s’en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son cœur du nœud,
Et, ne sachant plus que dire,
S’en va le plus tôt qu’il peut.

de Victor Hugo

Nous irons

Nous irons rêver pour l’hiver…

Nous irons

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,
– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
– Qui voyage beaucoup…

d’Arthur Rimbaud

Un peu avant minuit

C’était la nuit de Noël, un peu avant minuit, à l’heure où tout est calme, même les souris.

Un peu avant minuit

On avait pendu nos bas devant la cheminée, pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée. Blottis bien au chaud dans leurs petits lits, les enfants sages s’étaient déjà endormis.

Maman et moi, dans nos chemises de nuit, venions à peine de souffler la bougie, quand au dehors, un bruit de clochettes, me fit sortir d’un coup de sous ma couette. Filant comme une flèche vers la fenêtre, je scrutais tout là haut le ciel étoilé. Au dessus de la neige, la lune étincelante, illuminait la nuit comme si c’était le jour. Je n’en crus pas mes yeux quand apparut au loin, un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing, dirigés par un petit personnage enjoué : C’était le Père Noël je le savais.

Ses coursiers volaient comme s’ils avaient des ailes. et lui chantait, afin de les encourager : « Allez Tornade ! Allez Danseur ! Allez, Furie et Fringuant ! En avant Comète et Cupidon ! Allez Éclair et Tonnerre ! Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur ! Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! »
Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent, qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles, les coursiers s’envolèrent, jusqu’au dessus de ma tête, avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël. Peu après j’entendis résonner sur le toit le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

Une fois la fenêtre refermée, je me retournais, juste quand le Père Noël sortait de la cheminée. Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet, étaient un peu salis par la cendre et la suie. Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets, lui donnait l’air d’un bien curieux marchand. Il avait des joues roses, des fossettes charmantes, un nez comme une cerise et des yeux pétillants, une petite bouche qui souriait tout le temps, et une très grande barbe d’un blanc vraiment immaculé. De sa pipe allumée coincée entre ses dents, montaient en tourbillons des volutes de fumée. Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond sautait quand il riait, comme un petit ballon.

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin, que je me mis malgré moi à rire derrière ma main. Mais d’un clin d’œil et d’un signe de la tête, il me fit comprendre que je ne risquais rien. Puis sans dire un mot, car il était pressé, se hâta de remplir les bas, jusqu’au dernier, et me salua d’un doigt posé sur l’aile du nez, avant de disparaître dans la cheminée.

Je l’entendis ensuite siffler son bel équipage. Ensemble ils s’envolèrent comme une plume au vent. Avant de disparaître le Père Noël cria : « Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit »

C’est « La nuit avant Noël » de Clement Clarke Moore