Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille qui n’avait plus de maman.

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Son père se remaria, mais il choisit une méchante femme. Elle détestait la petite fille et la traitait mal. Elle avait l’idée de se débarrasser de l’enfant. Et un jour que son mari s’était rendu au marché vendre du blé, elle envoya, chez sa sœur, la fillette, chercher du fil et une aiguille sous prétexte de lui coudre une chemise.

La petite fille mit son joli fichu rouge et partit. Et comme elle était maligne, se rendit d’abord chez la sœur de sa propre mère avant de se rendre chez la sœur de l’autre. Sa tante la reçut avec bonté.
– Tante, dit la petite fille, la nouvelle femme de papa m’a envoyée chez sa sœur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise. Mais d’abord, je suis venue te demander, à toi, un bon conseil.

– Tu as eu raison. La sœur de ta marâtre n’est autre que Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! Mais écoute-moi : il y a dans son jardin un bouleau qui voudra te fouetter les yeux avec ses branches, noue un ruban autour de son tronc. Tu verras une grosse barrière qui grince et qui voudra se refermer toute seule, mets de l’huile sur ses gonds. Des chiens voudront te dévorer, jette-leur du pain. Enfin, tu verras un chat qui pourrait te crever les yeux, donne-lui un bout de jambon.
– Merci bien, ma tante » répondit la petite fille.

Elle marcha longtemps, puis arriva enfin à la maison de Baba-Yaga. La sorcière était en train de tisser. « Bonjour ma tante.
– Bonjour, ma nièce.
– Ma mère m’envoie te demander une aiguille et du fil pour qu’elle me couse une chemise.
– Sans souci, je m’en vais te chercher une aiguille bien droite et du fil bien blanc. En attendant, assieds-toi à ma place et tisse. »
La petite fille se mit au métier. Elle était bien contente de s’initier à cet ouvrage.

Soudain, elle entendit Baba-Yaga dire à sa servante dans la cour : « Chauffe le bain et lave ma nièce soigneusement. Je veux la manger au dîner. »
La petite fille tremblait de peur. Elle vit la servante entrer et apporter des bûches, des fagots et des seaux pleins d’eau. Alors elle s’efforça de prendre une voix aimable et gaie, et elle dit à la servante : « Hé, ma bonne, fends moins de bois, et pour apporter l’eau, sers-toi plutôt d’une passoire ! » Et elle lui donna son joli fichu rouge.
La petite fille regardait autour d’elle. Un feu vif et clair commençait à flamber dans la cheminée, l’eau se mettait à chanter dans le chaudron, et bien que ce fût une eau d’ogresse, elle chantait une jolie chanson.
Baba-Yaga s’impatientait. De la cour, elle demanda : « Tisses-tu, ma nièce ? Tisses-tu, ma chérie ?
– Je tisse, ma tante, je tisse. »

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Sans faire de bruit, la petite fille se leva, alla à la porte… Mais le chat était là, maigre, noir et effrayant ! De ses yeux verts il regardait les yeux bleus de la petite fille. Et déjà il sortait ses griffes pour les lui crever. Mais elle lui donna un morceau de jambon et lui demanda doucement : « Dis-moi, je t’en prie, comment je peux échapper à Baba-Yaga ? »
Le chat mangea d’abord tout le morceau de jambon, prit bien son temps pour lisser ses moustaches et répondit enfin : « Prends ce peigne et cette serviette, et sauve-toi. Baba-Yaga va te poursuivre. Colle l’oreille contre la terre, si tu l’entends approcher, jette la serviette, et tu verras ! Colle encore l’oreille contre la terre, et, si elle te poursuit toujours, tu l’entendras sur la route, alors jette le peigne, et tu verras ! »
La petite fille remercia le chat, prit la serviette et le peigne, et s’enfuit.

Mais à peine sortie de la maison, elle vit deux chiens encore plus maigres que le chat, prêts à la dévorer. Elle leur jeta du pain tendre, et ils ne lui firent aucun mal.

Mais, la grosse barrière grinça et voulut se refermer pour l’empêcher de sortir de l’enclos. Alors comme sa propre tante le lui avait dit, elle lui versa toute une burette d’huile sur les gonds, et la barrière s’ouvrit largement pour la laisser passer. Sur le chemin, le bouleau siffla et s’agita pour lui fouetter les yeux; et elle noua un ruban rouge à son tronc, et le bouleau la salua et lui montra le chemin. Elle courut, courut, courut.

Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille

Pendant ce temps, le chat s’était mis à tisser. De la cour, Baba-Yaga demanda encore une fois : « Tisses-tu, ma nièce ? Tisses-tu, ma chérie ?
– Je tisse, ma vieille tante, je tisse, répondit le chat d’une grosse voix.
Furieuse, Baba-Yaga se précipita dans la maison. Plus de petite fille ! Elle rossa le chat et cria : « Pourquoi ne lui as-tu pas crevé les yeux, traître ?

– Eh ! dit le chat. Voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais donné le plus petit os, tandis qu’elle m’a donné du jambon ! »
Baba-Yaga rossa les chiens. « Eh ! dirent les chiens. Voilà longtemps que nous sommes à ton service, et nous as-tu seulement jeté une vieille croûte ? Tandis qu’elle nous a donné du pain tendre ! »

Baba-Yaga secoua la barrière. « Eh ! dit la barrière. Voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais mis une seule goutte d’huile sur les gonds, tandis qu’elle m’en a versé une pleine burette ! »

Baba-Yaga s’en prit au bouleau. « Eh ! dit le bouleau. Voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m’as jamais décoré d’un fil, tandis qu’elle m’a paré d’un beau ruban de soie !

– Et moi, dit la servante, à qui pourtant on ne demandait rien, et moi, depuis le temps que je suis à ton service, je n’ai jamais reçu de toi ne serait-ce qu’une loque, tandis qu’elle m’a fait cadeau d’un joli fichu rouge ! »

Baba-Yaga siffla son mortier, qui arriva ventre à terre, et elle sauta dedans. Jouant du pilon et effaçant ses traces avec son balai, elle s’élança à la poursuite de la petite fille, à travers la campagne.

La petite fille colla son oreille contre la terre : elle entendit que Baba-Yaga approchait. Alors elle jeta la serviette qui se transforma en une large rivière !

Baba-Yaga fut bien obligée de s’arrêter. Elle grinça des dents, roula des yeux jaunes, courut à sa maison, fit sortir ses trois bœufs de l’étable et les amena près de la rivière. Et les bœufs burent toute l’eau jusqu’à la dernière goutte. Alors Baba-Yaga reprit sa poursuite.

La petite fille était loin. Elle colla l’oreille contre la terre. Elle entendit le pilon sur la route. Elle jeta le peigne qui se changea en une forêt touffue ! Baba-Yaga essaya d’y entrer, de scier les arbres avec ses dents. Impossible ! La petite fille écouta : plus rien. Elle n’entendit que le vent qui soufflait entre les sapins verts et noirs de la forêt.

Pourtant elle continua de courir très vite parce qu’il commençait à faire nuit, et elle voulait rentrer très vite à la maison pour rassurer son père, avant qu’il ne la croit perdue.

Justement, le vieux paysan, de retour du marché, avait demandé à sa femme :

– Où est la petite ?
– Qui le sait ! avait répondu la marâtre. Voilà des heures que je l’ai envoyée faire une commission chez sa tante. »

La petite fille arriva enfin , les joues toutes rouges d’avoir couru. Il lui demanda :
– D’où viens-tu, ma petite ?
– Ah ! dit-elle. Petit père, ma mère m’a envoyée chez ma tante chercher une aiguille et du fil pour me coudre une chemise, mais figure-toi que c’est Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! »

Et elle raconta toute son histoire. Le vieil homme était très en colère contre sa femme et la chassa de sa maison en lui ordonnant de ne plus jamais revenir.

Depuis ce temps, la petite fille et son père vivent en paix. Je suis passée dans leur village, il y a peu. Enfin je crois que c’est eux qui m’ont invitée à leur table. Le repas était très bon, on a bien ri au récit de leur histoire et tout le monde était content. En fait tout se mélange dans ma tête et dans ce livre…  Je ne sais plus très bien si j’y étais vraiment. Ce que je sais c’est que j’y suis restée longtemps dans ce livre et finalement, ça me plait de penser que c’était ainsi.

Il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers

Tap top Tap top. Il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers. Le nez en l’air, Hérisson cherche et fouille de tous côtés pour trouver de quoi manger. Soudain, juste devant lui, une pomme.

Il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers

Une pomme bien ronde, bien mûre, bien grosse. Une pomme si belle qu’elle ouvrirait l’appétit de n’importe qui. « Voilà de quoi me régaler », se dit le Hérisson.
Hop. Il pousse de ses pattes, il pousse de son nez la grosse pomme derrière un rocher.
C’est que les gourmands ne manquent pas dans les bois. Alors, pour manger tranquille, Hérisson préfère manger caché.

« Oh la belle pomme » dit une voix.
Et papoum, papoum. Des petits bonds tranquilles, des petits bonds en coton. Voilà Lapin qui n’était pas loin et qui vient.
– C’est à toi ça ?
– La pomme est à moi, répond le hérisson.
– Hum, ça donne faim. Y aurait-il un morceau pour moi ?

Hérisson embarrassé réfléchit, remue sa tête, remue son nez.
Mais sa pomme est assez grosse pour être partagée.
– Coupons-la en deux, dit-il, il y en aura bien assez.
Et hop. Tous les deux poussent des pattes, ils poussent des oreilles et du nez la grosse pomme derrière un tronc d’arbre pour manger cachés. Et oui, à cause des gourmands.

– Oh, la belle pomme, dit une autre voix.
Et zou et zip et zip et zou. Des petits pas rapides, des petits pas qui volent. Voilà Écureuil qui glisse jusqu’au sol.
– C’est à qui ça ?
– La pomme est à moi, répond le hérisson.
– Hum, ça donne faim. Y aurait-il un morceau pour moi ?

Hérisson embarrassé réfléchit, remue sa tête, remue son nez.
Mais sa pomme est assez grosse pour être partagée.
– Coupons-la en trois, dit-il, il y en aura bien assez.
Et hop, tous les trois poussent des pattes. Ils poussent des oreilles, de la tête et du nez la grosse pomme derrière un buisson pour manger cachés. Et oui, à cause des gourmands.

– Oh, la belle pomme, dit encore une voix.
Et tati tati, toti toti. Des petits pas légers, des petits pas de brindilles. Voilà Souris toute excitée qui sautille jusqu’à eux.
– C’est à qui ça ?
– La pomme est à moi, répond le hérisson.
– Hum, ça donne faim. Y aurait-il un morceau pour moi ?

Hérisson embarrassé réfléchit, remue sa tête, remue son nez.
Mais sa pomme est assez grosse pour être partagée.
– Coupons-la en quatre, dit-il, il y en aura bien assez.
Et hop, tous les quatre poussent des pattes. Ils poussent des oreilles, de la queue, de la tête et du nez la grosse pomme vers le milieu de la clairière pour manger sans se cacher. Et oui, les gourmands sont tous invités.

Et pomme est coupée, déchiquetée, partagée, puis rousillée, savourée, dégustée, avalée.
Mais… un morceau de pomme, même d’une grosse pomme, ce n’est pas comme un pomme entière. Les petits ventres émettent des gargouillis et les animaux ont encore faim. Hérisson se demande s’il n’aurait pas du tout garder…
– Attendez, dit Lapin, j’ai deux carottes et une salade dans mon terrier.
– J’ai des glands et des fruits des bois, ajoute Écureuil.
– J’ai du fromage et des noix, complète Souris, allons vite les chercher.
Des petits pas s’en vont de tous côtés et Hérisson attend. Lapin, Écureuil et Souris reviennent vite, les bras chargés de bonnes choses à manger.

Quel repas, quel régal, Le hérisson ne regrette plus du tout d’avoir partagé sa pomme. Sans ça, pas de carottes ni de salade, pas de fromage ni de noix, pas de glands ni fruits des bois, et surtout pas d’amis non plus pour partager tout ça.

Et vous, avez-vous des amis ou préférez-vous les petites pommes? et s’il n’y avait plus que des grosses pommes, auriez-vous des amis?
C’est une histoire de Zemanel, que vous pouvez raconter aux enfants, et pas que.

Rouge fillette était née comme tous les autres enfants, elle avait vu le jour dans une rose

Rouge fillette était née comme tous les autres enfants, elle avait vu le jour dans une rose.

 

Dans une énorme fleur au cœur pourpre et aux pétales écarlates, dont les étamines étaient couvertes de poudre d’or. Dans la magnifique roseraie du château. Elle avait été déposée là, en gestation, par le roi et la reine sur les conseils de la fée bleue, car elle était trop petite. Et seule une fleur pouvait lui donner la force de naître dans de bonnes conditions. Son père et sa mère venait la visiter à tous moments et lui portaient tout leur amour. La fée bleue venait souvent voir la fleur et lui prodiguait beaucoup de soin.

Mais le jour de sa naissance, la fée bleue n’est pas venue. Très tôt, ce matin-là, elle s’était faite manger par le loup de la forêt. Comme à son habitude, elle avait traversé le bois pour se rendre au jardin et visiter le petit ange à naître. La tête pleine de pensées tendres, elle ne s’était pas méfiée abandonnant ses pouvoirs magiques Dieu sait où. Elle était pressée sans doute. Et sa baguette tomba à terre et y resta. Le loup enfila les habits de la fée et se précipita au jardin.

Il arriva déguisé juste à l’instant où la fillette ouvrait les yeux pour admirer le monde. Elle vit d’abord ses parents, émus et remplis de bonheur comme tous les gens de la contrée qui formaient un cortège. Elle aperçut bien vite les très nombreux insectes venus l’admirer. Elle sourit aux fourmis et pucerons, aux abeilles et coccinelles, aux mouches et araignées venues déposer une goutte leur nectar qu’elle gouttait avec délectation. Quelques jours auparavant, la fée bleue avait prévenu les parents que cette princesse devrait être nourrie de cette façon-là au début de sa vie. Juste quelques jours suffiraient avant d’aller vivre au château.

Le loup déguisé se fraya un passage et tous virent la fée bleue dans un piteux état. Certains la crurent fatiguée ou malade. La fée (enfin le loup, vous savez bien) ordonna que la fillette devrait finalement rester dans ce jardin au milieu des fleurs durant toute son enfance. Elle y serait nourrie par les insectes au début puis par les autres animaux de la forêt jusqu’à ces quatorze ans au moins, pour être grasse et dodue.

La fée (c’est du loup qu’il s’agit, vous vous rappelez) ajouta qu’elle serait vêtue d’habits faits de pétales de roses rouges que les animaux allaient lui confectionner tout au long de son enfance qui lui garderaient cet air attendrissant. Moi, j’écoutais la fée, et j’ai entendu « attendrissant », mais d’autres ont entendu que le loup aurait dit « appétissant ». Ça se peut qu’un loup parle ainsi. Seulement les autres ne le savaient pas. Les parents surpris mais émus s’inclinèrent devant la fée en guise d’acceptation. Par contre, les animaux effrayés partirent se cacher et la fillette se mit à pleurer et ses joues prirent de belles couleurs rouges. Quand la fée voulut étendre le bras pour toucher ce tendre bébé et le calmer, la fleur referma ses pétales pour le protéger. Elle ne les rouvrit plus. Des gens prirent peur et repartirent en ramassant leurs gosses. D’autres découvrirent que le loup s’était déguisé et le renvoyèrent bien vite au fin fond de la forêt à coups de bâtons et de souliers pointus dans le c…

La fleur resta fermée. Très longtemps. Elle ne desserraient ses pétales que pour faire pénétrer les insectes et leur nectar afin de nourrir la rouge fillette et la faire grandir.

Rouge fillette était née comme tous les autres enfants, elle avait vu le jour dans une rose

Un jour, une extrêmement gentille dame venue visiter la roseraie aperçut ce bouton de rose rouge anormalement gros. Elle lui parla tendrement, lui raconta sa vie et était prête à l’aider à s’ouvrir, juste pour voir la beauté de ses pétales pourpres au soleil. Elle causait tout en manipulant un joli bâton bleu (et qui devenait de plus en plus beau) qu’elle avait trouvé sous ses pas dans ce jardin parfumé. La fleur s’ouvrit soudain et lui confia la rouge fillette. Elle lui dit combien la fillette grandissait en se régalant de nectars et lui fit promettre de la remettre à ses parents quand elle serait assez forte pour vivre au château.

C’est pour ça que la petite fille aimait tant les confitures.
C’est aussi pour aller donner des nouvelles de la rouge fillette au roi et à la reine que la dame s’était absentée, ce jour-là.

C’est parce que l’Agenda ironique de Septembre voit double et s’énonce en deux parties chez Carnets paresseux et chez l’Écrevisse que cette histoire est née.

Enregistrer

Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc

Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc

14 participants !  qui m’ont permis de présenter leurs 16 textes de l’ Agenda ironique en acrostiche.

Ce fut un plaisir de finir l’année en proposant le thème de cet agenda ironique du premier mois de l’an seize. C’est un bonheur de publier la liste des billets  des fantaisistes et originaux qui ont répondu pour le mois blanc.

Bientôt fini, mon tapis ! Je vais m’attaquer aux T-shirts de couleurs…

Agenda ironique de l'an neuf (mais seize) et du mois Blanc

Les textes sont là, Servez-vous !

Et plus bas, vous pouvez voter. C’est un bien grand mot, mais on va essayer, juste pour rigoler.

Asphodèle et Humeur du jour

grand blanc douteux  et un blanchiment qui a mal tourné et Une blanche vaut deux noires de Jacou

en poésie Mort d’Hiver de Bodoblog

noir et Blanc pour un échiquier ici

des ailes d’une blancheur immaculée de La Plume et la Page

Anne de Louvain la Neuve et sa blanche indulgence

Immaculée, la couverture de Jobougon sur l’impertinence n’est pas un rêve

rêve de Renard sur Carnets Paresseux

Oh, Martine a tout effacé sur Ecriturbulente

nuances de  blancs de Valentyne sur La Jument Verte

Ironie à l’encre blanche et sympathique pour l’agenda d‘Une patte dans l’encrier

qu’une concaténation ironique pour l’an entier chez Monesille

une fleur d’Iceberg de Leodamgan

Esprit sain dans un corsage et sa fileuse

Vote pour « Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc »

Et là, avez-vous voté ? Le gagnant sera peut-être celui qui reste à blanc !

Avant de refermer la grande porte de l’an quinze, j’avais répondu à la gentille invitation de  Monesille et accepté d’être organisatrice de l’agenda ironique de janvier 2016. Vous étiez là au mois de décembre  Anne de Louvain la Neuve, Jobougon, Jacou33 ici et et là aussi , Unepattedansl’encrier ici et là , Monesille, Un esprit sain dans un corsage , Valentyne ici et et là aussi , EcriTurbulente , Mariejo 64 ici et là , Carnets paresseux ici et et là aussi ou encore là , Asphodèle , BodoBlog  , et je vous remercie tous d’avoir répondu ce mois-ci, ici.

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend.
C’est en pensant à mes petits que mon esprit divague ainsi. J’aime les histoires et eux aussi.
Ils aiment ma voix apparemment, puisqu’ils sourient jusqu’à présent, quand je leur parle et que je chante.

Il était une fois au pays blanc, un roi tout vieux et très sage. Il vivait là depuis longtemps et son pays était bizarre.

Ce pays n’était pas comme le nôtre. Il n’y faisait jamais froid. Si tout était blanc, ce n’était pas de neige. Le sol était fait de marbre et de porcelaine, de bois et de liège mais tout blanc, comme dans le monde des Gillikins, si j’ose.

On y croisait le petit Chaperon blanc, bien sûr, portant à sa Mère-Grand un peu de crème et des meringues dans un grand panier blanc. Le loup courait devant, évidemment, pour arriver avant. Il était connu, celui-là, car il était parfaitement blanc. Il passait vite sans voir Blanchette, la petite chevrette de Monsieur Seguin. Tous les matins, c’était Gamin, le vieux cheval de feu le roi Henry qui faisait un bout de chemin avec lui, le raisonnait et lui disait que c’était pas bien de vouloir manger l’ancêtre. Manger l’aïeule, il aurait pu car chevillette et bobinette s’étaient rompues depuis le temps, et le chasseur qui l’attendait patiemment dormait maintenant.

Dans ce pays bizarre le roi donc était tout blanc, et pas avare bon sang. Il aimait les gens et partageait ses biens, et habitait un palais blanc. Un immense château tout blanc. Deux solides tours blanches le protégeaient. Juste à côté des tours, les écuries étaient bâties. Elles abritaient des chevaux blancs, pardi, montés par des cavaliers tous blancs aussi. Comment c’eut été autrement ? Et à côté des écuries qui abritaient les chevaux blancs vivaient de drôles de gens. Deux drôles de gens tous blancs au comportement amusant que le roi tout vieux et très sage appelait fous. Au palais blanc, la reine y avait fait son trou, une reine toute blanche assurément. Des soldats tous blancs étaient installés devant le château tout blanc. Ils étaient là, en rangs, pour protéger tout ce monde blanc.

La vie dans ce pays tout blanc était très agréable. Les forêts blanches s’étendaient à perte de vue, le gibier y était blanc, comme les gens. Tout le monde vivait ici depuis longtemps dans un bonheur paisible. Les animaux et les enfants. Personne n’y avait vu d’ennemis.

Et puis un jour, les cavaliers du roi tout blanc revinrent au château inquiets pour annoncer une bien étrange nouvelle :
« Sire roi dit le premier non sans émotion, nous avons découvert à l’autre bout du royaume tout blanc une chose incroyable, absolument !
-Que voulez-vous dire ? s’étonna le roi tout blanc
-Oui, Sire dit le deuxième aussi ému que le premier, la chose est étonnante, étonnamment !
-Expliquez-vous ! s’emporta le roi tout blanc qui d’habitude ne criait pas, Qu’avez-vous vu ?
-Et bien, Sire ! reprirent ensemble les cavaliers tous blancs, nous avons vu, à l’autre bout du royaume, un château, oui.. oui.. pareil au nôtre, mais ce château est tout noir !

-Tout noir ! cria le roi, mais c’est impossible, je le saurais tout de même… ! »
Au même moment les fous tous blancs, qui faisaient rire le roi habituellement, entrèrent très affolés, voire complètement. Ils annoncèrent qu’un roi tout noir venait parler, « parler au roi immédiatement ! » Un lapin blanc traversa la place, toujours en retard évidemment ! La lune toute ronde se rapprocha, son cercle blanc éclaira l’endroit.

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

– Sire, gronda le roi tout noir d’une voix terrible, votre royaume tout blanc me plaît et je veux l’y habiter ! puis menaçant, il ajouta, Dès demain, nous ferons la guerre ! nous verrons bien des deux armées celle qui est plus forte et que je préfère !

Fièrement, le roi tout noir, sur ces paroles, s’en repartit, laissant pour sûr, le roi tout blanc abasourdi.

Le roi tout blanc n’avait jamais combattu, non non. Vieux et sage pourtant, ça le mit en pelote. Son armée n’avait jamais fait la guerre, ne servait qu’à chasser, pour manger et s’amuser. Le roi savait que la guerre était une chose terrible. Elle provoquait d’énormes dégâts et tuait des braves gens. Elle n’apportait que larmes et horreur, que souffrances et douleur. Ne sachant que faire, le roi tout blanc et très vieux décida d’aller voir son amie la fée, si si, pour lui exposer son souci :

« Roi tout blanc, c’est un honneur ! lui dit la fée avec douceur, je t’attendais. Je suis fée et ainsi faite que je connais la raison de ta visite. Voilà ce que je te propose. »

La fée expliqua lentement. Elle répéta longuement au roi tout blanc ce qu’il fallait faire. Et content il repartit.

C’est ainsi que le lendemain matin, le roi tout blanc s’en vint jusqu’à l’autre bout du royaume y rencontrer le roi tout noir :
« Roi tout noir, viens me voir ! dit le roi tout blanc d’une voix ferme et décidée, je déteste la guerre. Je refuse de faire combattre nos armées, mais, je ne refuse pas le combat.»
A ces mots, le roi tout noir éclata de rire, d’un méchant rire :
« Ah ! Ah ! Ah ! Mais comment peux-tu combattre sans armée ?

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

-Écoute-moi et entends bien: nous allons combattre dans un jeu. Personne ne sera mis en danger, je le veux. On n’est pas nord-coréen. Le champ de bataille sera un quadrillage. Un quadrillage équilibré fait de cases noires et de cases blanches. Sur deux côtés du quadrillage, des pièces en bois égales en nombre et alignées représenteront les soldats, les tours du château, les cavaliers, les fous, les reines et nous. D’un coté noir ce sera toi, d’un côté blanc ce sera moi. Ce quadrillage, je le nomme échiquier. Puisque avant toi, j’étais dans ce royaume, je jouerai le premier. Nous jouerons, je dis, plusieurs parties. Et le gagnant gagnera la guerre. »

Le roi noir fier et têtu accepta de jouer. Les deux rois inventèrent les règles au fur et à mesure.

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

Chacun put s’approcher, tel qu’il était, dans sa couleur. Les couleurs se mêlèrent. D’abord les noirs et les blancs. Les sept nains sortis de la mine poussaient Blanche-neige, la dépassèrent. Et puis l’effervescence leur fit monter le rose aux joues. Ils voulaient aborder Cendrillon, mais elle restait avec le prince alors ils firent la connaissance du petit Poucet et de ses frères. C’étaient des livres qui s’ouvraient, tous en sortaient et s’amusaient de ce jeu inconnu. Le chapelier fou fut à l’honneur et appelé pour battre le temps. Pas rassuré il s’était fait accompagné du lièvre et du loir. Hansel et Gretel furent délivrés, Chaperon Rouge put s’avancer. La Belle au bois dormant dormait encore et ne fut pas visible, comme la petite fille aux allumettes, d’ailleurs, qui s’était faite fouillée et arrêtée aux portes du château. Et Pinocchio aussi pointa son nez, avait tout fait, si si, pour voir la fée. Bécassine ouvrit son parapluie pour se protéger du soleil et de la pluie, car le combat promettait d’être long… Le rossignol se mit à chanter et Casse-Noisette osa se montrer… mais le silence fut demandé pour une meilleure concentration des participants.

Les autres appelèrent ça des parties, et l’ensemble fut nommé le jeu d’échecs. Les règles furent écrites devant témoins. Ceux-ci rentrèrent et les livres se fermèrent, seuls des pions noirs et blancs restèrent, nombrex couchés sur les côtés.

Et la guerre, qui l’a gagnée ? Les deux clans en réalité. Tantôt c’étaient les noirs et tantôt les blancs gagnaient. Grâce à la fée, les blancs et les noirs ont appris à vivre ensemble. il n’y eut jamais la guerre dans le royaume. Que stratégie et douce folie. Que des jeux et du plaisir. Que de la joie et des rires. Le vieux roi sage et blanc regardait le blanc du ciel et était bien, par dessus l’étang, soudain a vu passer les oies sauvages. Elles s’en allaient vers le midi, la Méditerranée. Et tous ces oiseaux qui étaient si bien, là-haut dans les nuages. Il aurait bien aimé les accompagner, au bout de leur voyage. Oui tous ces oiseaux qui étaient si bien là-haut…

Voici enfin le sujet blanc, une longue histoire vous y attend

J’ai divagué, excusez-moi. J’y vois que du noir et un peu de blanc, en regardant bien, je vois du blanc et des pois noirs. Et les couleurs, lecteur, c’est quand que je vais les voir? J’ai plaisanté avec l’idée de participer à l’agenda ironique du mois blanc. Ils étaient tous là le mois dernier :

 Anne de Louvain la Neuve
Jobougon
Jacou33 ici et et là aussi
Unepattedansl’encrier ici et
Monesille
Un esprit sain dans un corsage
Valentyne ici et et là aussi
EcriTurbulente
Mariejo 64 ici et
Carnets paresseux ici et et là aussi ou encore
Asphodèle
BodoBlog
et moi, juste

Quelques épisodes de Noël de mes séries préférées

J’ai revu avec beaucoup de plaisir quelques épisodes de Noël de mes séries préférées.

D’abord Monk, quand il devient l’ennemi public numéro un des enfants de San Francisco lorsqu’il tire sur un homme déguisé en Père Noël. Il aura bien du mal à démontrer que le Père Noël l’avait menacé en premier lieu et qu’il a riposté par légitime défense… C’est dans l’épisode 10 de la saison 6.

Et puis dans l’épisode 9 de la saison 4: C’est Noël et une petite fête est donnée au commissariat de police. Chacun des policiers doit offrir un cadeau à l’un de ses collègues ; la détermination des cadeaux a été faite aléatoirement en piochant les noms dans une urne. Une bouteille de porto est offerte anonymement au capitaine Stottlemeyer, mais celui-ci la remet à son collègue Terry, qui en boit une gorge. Terry s’effondre et meurt peu après : le vin était empoisonné. Qui voulait tuer le capitaine ? Peut-être une vengeance du frère Prager  dont son frère a été tué par le capitaine lors d’une fusillade. Monk a des doutes sur la culpabilité de Prager, mais ce dernier se cache. Monk se déguise en Père Noël et Nathalie en lutin pour faire parler sa fille. On ne tarde pas à le retrouver. Pendant son interrogatoire, Monk découvre un élément qui innocente Prager et qui accuse un policier du commissariat…

Et dans la saison 5 épisode 9, également: Kenneth Woods reproche à son associé Ben Glaser, venu lui rendre visite en camion d’avoir détourné de l’argent sur certaines pièces de moteur. Il ouvre le capot pour lui montrer l’outrage, mais sa cravate aux décors de Noël se prend dans le moteur et se met à l’étouffer. Au lieu de l’aider, Glaser lui fait perdre l’équilibre. À ce même moment, le père de Monk, Jack, qui avait quitté le foyer sans rien dire alors qu’Adrien était tout petit, a été arrêté pour s’être disputé avec un agent suite à une verbalisation, et il demande à le voir. Adrien le libère, mais Jack, routier chez Glaser et Woods, doit partir pour des livraisons urgentes : Adrien, après bien des hésitations, décide de partir l’accompagner pour en apprendre plus sur lui. La livraison en question consiste à distribuer des cadeaux à des orphelinats. Les cadeaux ne conviennent pas du tout à des enfants, et l’itinéraire imposé est absurde. Il n’en faut pas plus à Adrien pour se rendre compte qu’il y a une affaire louche, en même temps qu’il apprend à connaître son père peu à peu.

Quelques épisodes de Noël de mes séries préférées

Et c’est avec autant de plaisir que j’ai suivi les épisodes de Downton Abbey.

Dans l’épisode 9 de la saison 2, on prépare Noël. Les domestiques dressent et décorent un immense sapin dans le hall. Lorsque les cadeaux sont distribués, Lady Mary offre à Anna un magnifique bijou en or. Edith tente de revoir Anthony Strallan, mais celui-ci se dérobe et décline l’invitation à la chasse au faisan du Nouvel An. On accueille pour l’occasion Lord Hepworth, le soupirant de Lady Rosamund qui n’est en réalité qu’un coureur de dot, elle le surprendra quelques jours plus tard avec sa femme de chambre. À la fin de la soirée, Mary sort sur le seuil de Downton, alors que volent des flocons de neige et Matthew la rejoint. Il lui demande de l’épouser. Lady Sybil Crawley et Tom Branson, n’apparaissent pas dans l’épisode, mais on apprend, par une lettre que reçoit Cora, qu’ils sont maintenant mariés et que Sybil est enceinte.

Et puis il y a l’épisode 9 de la saison 5, où Lord et Lady Grantham répondent donc à l’invitation de Lord Sinderby, beau-père de Rose, à une partie de chasse au château de Dancaster. Atmosphère tendue car le majordome méprise Lord Sinderby pour ses origines et Tom parce qu’il a été chauffeur… Mary et Edith, poussées par Tom, font la paix autour de la mémoire de Sybil. Après maintes recherches pendant leurs jours de congé, Molesley et Baxter ont trouvé le pub où Bates a déjeuné à York le jour du meurtre, Robert les remercie chaudement, il va agir en conséquence. Le 24 décembre, il annonce à tous le départ de Tom et manifeste reconnaissance et affection à son beau-fils, très ému aussi. Quant à Carson, tout intimidé, il demande Mrs Hugues en mariage, elle accepte de grand cœur. Bates surgit et part avec Anna fêter Noël dans leur cottage

On s’attache aux personnages et je les ai revus pour un grand moment de détente dans l’ultime saison… l’avez-vous suivie? Carson et Mrs Hugues sont mariés… l’ulcère de Lord Grantham l’oblige à rester au repos… je vous le laisse découvrir…

Voici quelques épisodes de Noël de mes séries préférées pour répondre au challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Sire Oiseau vint dire à la poule

Un matin, Sire Oiseau vint dire à la poule : « Poule, tu as des ailes, pourquoi ne peux-tu pas prendre ton envol comme je le fais ?
— Parce que je n’en suis pas capable », répondit la poule.
L’oiseau reprit : « Pourquoi parler ainsi ? Tu as des pattes, des ailes comme les miennes et tout ce qui est dans mon corps est aussi dans le tien. »
La poule, vexée, se fâcha et ne voulut plus écouter les paroles de l’oiseau : « Va-t’en, dit-elle, va-t’en coucher dans le désert, laisse-moi dormir dans la maison ; je n’apprécie pas le langage que tu me tiens.
— Puisque tu ne veux pas entendre mes paroles, continua l’oiseau, demain les gens te prendront, te tueront et mangeront ta chair. On dirait que tu n’as pas d’intelligence. Alors que je viens t’apprendre la sagesse, tu me repousses. Bientôt, lorsque tu verras les gens venir pour te tuer, peut-être que tu y penseras. » La poule répondit : « Va-t’en, laisse-moi, je n’ai que faire de toi.
— Très bien », dit l’oiseau en partant se percher sur un arbre.

Sire Oiseau vint dire à la poule

Dès l’aurore, le maître de maison se leva et saisit un bâton pour tuer la poule. À sa vue, celle-ci prit son vol, traversa la maison de son maître en poussant des plaintes : « Ce que l’oiseau m’avait prédit hier est arrivé, alors que j’ai refusé de l’écouter »
L’oiseau, toujours perché sur son arbre, dit à la poule : « Entre dans les herbes, car si ton maître te voit, il te tuera. Quand tu seras au milieu de la verdure, ne bouge pas, reste tranquille. »
Elle l’écouta et s’enfuit dans le fourré. L’homme chercha dans l’herbe après elle, sans succès. Fatigué, il rentra chez lui. En le voyant partir, la poule sortit des herbes.

Elle revint vers l’oiseau qui lui donna de nouveaux conseils « S’il vient pour te tuer, ponds un œuf. Quand il le verra, il sera ravi et pensera que tant que la poule pond des œufs, elle n’est pas bonne à tuer. Mais il prendra l’œuf et s’en ira, le fera cuire avec du sel et le mangera. Chaque matin, il viendra chercher à l’endroit où tu pondras un œuf. Voilà le conseil que je te donne, ne l’oublie pas.
— Je te remercie, Sire oiseau, répondit la poule, je ferai ce que tu m’as recommandé, aujourd’hui, demain, jusqu’à ma mort. Je te remercie beaucoup. »
L’oiseau ajouta : « Si tu écoutes mes paroles, les gens n’auront plus envie de te tuer. » Puis il s’en alla.

Finalement, j’hésite encore pour le repas de Noël, entre la poule et le lapin, gibier à plumes ou à poils, dites, vous ne pourriez pas me conseiller?

Mon Noël de rêve

Mon Noël de rêve, rien à voir avec Un Noël de rêve de Glenn Beck.

Mon Noël de rêve, c’est le Noël que je vais vivre cette année avec mes tous premiers petits enfants, et avec tous mes enfants! Que dire d’autres? que je suis aux anges? bien sûr! et je continue ma collection d’histoires d’oiseaux.

C’est l’histoire d’une toute petite fille, Mona, qui a huit ans et qui aime la danse et les dictées. Elle va aussi au parc avec son papa le dimanche et sa maman qui est enceinte. Mona a un oiseau, un gros oiseau noir qui la suit partout.

L’oiseau s’est perché sur son épaule, un jour, alors qu’elle n’avait que trois ans. Comme quelques autres enfants dans son école, Mona a appris à vivre avec l’oiseau. Elle sait qu’à cause de lui, elle habite chez sa tante et que son papa a du mal à trouver du travail. Ses parents ont quitté leur pays en guerre…

Pour connaitre la suite de cette histoire si simple, si vraie, et plaisante cliquez sur L’oiseau de Mona pour feuilleter cet album.

Pour répondre à la 52ème des  53 billets en 2015 chez Agoaye.

Alors commença le voyage le plus long jamais entrepris

…Alors commença le voyage le plus long jamais entrepris par les oiseaux. Ils volaient des jours entiers avant de se poser quelques heures sur un lac ou un étang afin de se reposer et de trouver de quoi se nourrir. C’était très dur pour les petites oies, mais Alberto et Yolanda volaient côte à côte et s’encourageaient lorsque leurs ailes se faisaient lourdes.

Un soir, alors qu’ils avaient volé plus longtemps encore que les jours précédents, leurs efforts furent récompensés. Leurs parents annoncèrent qu’ils étaient arrivés dans leur nouveau lieu de vie. Alberto était bien trop fatigué pour s’en réjouir, et il s’endormit sur le champ. Mais le lendemain matin, quelle surprise il eut en ouvrant les yeux !

Sous ses yeux ébahis s’épanouissaient des fleurs aux couleurs éclatantes et aux parfums enivrants, des arbres qu’il n’avait jamais vus, et les eaux étaient d’un bleu turquoise… Yolanda le rejoint et ils partirent à la découverte du pays du soleil.

Leur automne se passa ainsi, de surprise en surprise et de découverte en découverte. Quant à l’hiver, il n’aurait pu être plus beau. Les températures étaient douces, il n’y avait ni neige ni pluie glacée, l’eau regorgeait toujours de nourriture, et le vent tiède les portait délicieusement dans les airs… Quelle chance ils avaient d’être ici, loin des terres froides du Nord !

Le printemps revint à son tour. Yolanda et Alberto étaient des oies adultes maintenant, et ils devraient bientôt trouver un partenaire pour la vie, afin de fonder une famille et avoir de petits oisons… Ils passaient de plus en plus de temps ensemble, et il semblait que rien ne pourrait jamais les séparer ! Leur amitié se transformait en un bel amour, qui grandissait de jour en jour. Mais ils étaient bien trop timides pour avouer leurs sentiments véritables. Alors ils se contentaient de profiter du jour présent aux côtés de leur âme sœur…

C’est donc ensemble qu’ils virent le soleil briller de plus en plus haut dans le ciel, de plus en plus fort. La chaleur devint torride. Le soleil semblait ne jamais vouloir se coucher, et même les nuits, la chaleur devenait insupportable ! Les oies étaient accablées par ces températures qui ne baissaient pas, et chercher leur nourriture devenait de plus en plus difficile lorsque bouger sous la chaleur accablante était déjà un supplice. Même les eaux du lac ne les rafraîchissait plus. Au contraire, sous l’effet de la chaleur, elles étaient devenues vaseuses… L’été dans le Sud fut aussi difficile à vivre que l’hiver dans le Nord.

Alors commença le voyage le plus long jamais entrepris

Alors certaines oies sauvages commencèrent à parler d’un retour vers le Nord, afin d’échapper aux chaleurs torrides. Les autres ne voulaient pas en entendre parler. C’était à en perdre la boule. Elles ne voulaient plus jamais vivre un hiver glacial. Au bout de quelques jours, la colonie était divisée en deux clans opposés. Les uns voulaient retourner vivre dans le Nord, les autres tenaient à rester dans le Sud.

Malheureusement, les parents de Yolanda faisaient partie des premiers, et les parents d’Alberto des seconds… Alors lorsque les deux clans décidèrent finalement de se séparer pour fonder deux colonies distinctes, qui s’installeraient où elles le souhaitaient, Yolanda suivit sa famille pour le long vol du retour vers le Nord, tandis qu’Alberto restait avec les siens près du lac du Sud…. (à suivre)

J’ai décidé de raconter des histoires durant ce mois de décembre, en toute liberté et un brin de liberté.

C’est l’histoire de deux petites oies sauvages

C’est l’histoire de deux petites oies sauvages. Yolanda et Alberto étaient aussi gentilles l’une que l’autre. L’année précédente, elles étaient sorties de leur œuf à quelques jours d’intervalle, et comme leurs parents nichaient près du même lac, elles ne s’étaient plus quittées.

Leur premier printemps fut absolument merveilleux. Tous deux avaient appris à nager sur les eaux du lac, c’était délicieux de patauger dans l’eau fraîche et claire, d’observer les poissons, de jouer entre les roseaux. Les deux amis avaient appris à voler, d’abord maladroitement, puis de façon de plus en plus assurée.

L’été qui suivit fut tout autant agréable. Ils volaient ensemble de longues heures au-dessus des forêts vertes et fraîches et des prairies fleuries. Ils faisaient la sieste à l’ombre des hautes herbes près du lac ou visitaient de petits étangs voisins…

Mais durant l’automne, les jours ne furent pas si beaux. La nature peu à peu changea : les arbres prirent des couleurs flamboyantes avant de perdre leurs feuilles, le soleil se cachait plus souvent, des pluies froides les obligeaient à rester blottis près de leurs parents… Le vent se gonfla de grosses bourrasques qui les faisaient chavirer dans les airs.

Et lorsque l’hiver survint, ce fut vraiment affreux : la neige recouvrit tout, cachant les graines et les herbes qu’ils auraient pu manger. La faim les tenaillait, le froid glacial les pétrifiait, le vent les faisait souffrir… Des jours plus affreux succédaient aux jours affreux. Plus d’une fois, Yolanda et Alberto avaient froid et leurs parents les serraient contre eux pour les protéger du gel et de la neige, ils leur abandonnaient les minuscules morceaux de nourriture difficilement trouvés…

Heureusement, le printemps revint, et la vie reprit son cours. Mais la colonie d’oies sauvages n’était plus aussi insouciante que l’année précédente. Yolanda et Alberto reprirent leurs promenades sur le lac, leurs vols au-dessus des forêts, mais ils assistaient aussi à de longs conciliabules entre les oies adultes. Toutes semblaient graves…

Un soir, alors que l’automne revenait, les parents de Yolanda lui expliquèrent qu’après de longues discussions, la colonie avait décidé de se déplacer vers le sud, dans un pays où le froid n’existait pas et où la nourriture ne manquerait pas. La vie y sera plus belle…

Et la bonne idée m’en a pris de faire cuire ces petits cakes pour répondre au challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian. Allez voir aussi là, Syl prépare de très bonnes choses.

 

Une lumière les avaient éclairés

… Une lumière les avaient éclairés. Les oiseaux eurent une nouvelle idée et décidèrent, sur le champ, d’une nouvelle condition d’élection : le roi serait celui qui saurait pénétrer le plus profondément dans la terre. Et tout cela, en plein jour. C’est ce que j’ai compris, et j’ai bien ri.

C’était vraiment drôle de voir l’oie battre l’herbe avec sa large poitrine. Et le coq, qui s’efforçait de creuser un petit trou dans le sol. Le sort le plus cruel fut réservé au canard qui sauta dans la mare et resta très longtemps le derrière en l’air croyant que le sol y était plus tendre, n’y arrivant pas, il rejoignit les oiseaux en clopinant et se lamentant « quelle débâcle, quel spectacle ! »

Le tout petit oiseau trouva en attendant un trou creusé par une souris et s’y blottit « je suis le roi ! je suis le roi ! C’est bien moi cette fois ! » Les autres piaillèrent encore plus fort « toi notre roi, jamais ! espèce de mauviette ! » et, sans se concerter, ils décidèrent pourtant ensemble de l’emprisonner où il était et l’y laisser pour le restant de sa vie.

Ils confièrent la garde au hibou auquel ils recommandèrent que, pour rien au monde, il ne devait laisser le tricheur s’échapper. Le jour baissa, la lumière aussi et la nuit tomba.

Une lumière les avaient éclairés

Les oiseaux fatigués par ces épreuves rentrèrent chez eux. Le hibou resta tout seul près du trou, immobile, à le fixer de ses yeux énormes. Il fut gagné par la fatigue et pensa tout haut presqu’en ronronnant « je peux fermer un seul œil et surveiller de l’autre. Il veillera pour éviter que ce roitelet infâme ne puisse s’enfuir » Il ferma donc un œil et guetta de l’autre. Le petit oiseau coquin essaya bien de sortir la tête du trou, mais le hibou s’approcha vite et força l’autre à rentrer immédiatement. Puis le hibou ouvrit l’œil fermé et ferma l’autre, et se promit de faire ainsi toute la nuit. Mais une fois, il ferma l’œil ouvert avant d’ouvrir l’autre. Les deux yeux ne furent fermés qu’un instant, tout juste. Le roitelet s’en aperçut et s’enfuit aussitôt.

Depuis le hibou ne peut plus sortir à la lumière du jour, car les autres oiseaux lui en feraient voir de toutes les couleurs. Il ne sort que la nuit et chasse les souris. Le petit roitelet préfère, lui, ne pas se montrer car il ne veut plus risquer de se faire rattraper. Il se cache, se faufile dans les haies et il crie quand il se sent en sécurité « je suis le roi, je suis le roi, le roi c’est moi ! » et les autres se moquent et lui répondent « roitelet, roitelet, tu te caches dans les haies »

Je prends le temps de les écouter maintenant et je peux entendre les oiseaux parler. C’est l’alouette la plus heureuse, c’est elle qui le dit quand elle monte vers le ciel aux premiers rayons du soleil au printemps et grisolle « quelle joie, que la terre est belle, quel bonheur de vivre sur elle »

Écoutez les oiseaux autrement maintenant. Avec ce conte des frères Grimm c’est ma participation au challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian. J’ai préparé ma petite lumière de Noël pour ce défi du lundi. Et pour les amateurs de FB, c’est ici.

Un marathon chez les oiseaux

… C’était organisé comme un marathon chez les oiseaux. Ils étaient tous déchainés et tout allait s’enchainer, les épreuves comme les épisodes d’une série TV…

…L’assemblée générale décida que le roi serait l’oiseau qui volerait le plus haut. Une rainette cachée dans un buisson coassa « quelle idée insensée, bête à pleurer ! » car elle pensait qu’une telle élection n’apporterait que des embêtements. Une corneille eut tôt fait de la faire taire et croassa qu’il n’y aurait pas de vacarme et que la compétition serait « très belle, très belle !»

Les oiseaux rassemblés décidèrent qu’ils partiraient tous à l’aube pour qu’aucun ne puisse crier en cherchant des excuses « j’aurais sûrement pu voler plus haut encore mais la tombée de la nuit m’en a empêché »

C’est ce que je comprenais à ce que je les entendais.

Lorsque le départ fut donné, tous les oiseaux rassemblés se dirigèrent vers le ciel. Des nuages de poussière montèrent des champs, on entendit un bourdonnement intense, le battement des ailes, des soufflements et des sifflements et, à première vue, on aurait pu croire qu’un gros nuage tout noir s’élevait vers le ciel à toute vitesse. Les petits oiseaux furent vite à bout de souffle et prirent du retard. Puis, ne pouvant plus continuer, ils redescendirent au sol. Les oiseaux plus grands tinrent le coup plus longtemps, mais aucun ne peut égaler l’aigle qui montait toujours plus haut et encore et encore, et il aurait presque pu crever les yeux du soleil.

Lorsqu’il aperçut que les autres n’arrivaient pas à le suivre, il se dit « pourquoi monter plus haut encore, puisqu’il est clair que le roi c’est moi ! » et il descendit lentement jusqu’au sol. Les oiseaux se mirent aussitôt à l’acclamer « c’est toi qui seras notre roi, car aucun de nous n’a pu monter aussi haut que toi ! »

« Sauf moi » s’écria le petit oiseau sans nom. En effet, il s’était caché avant le départ de la course entre les plumes de la poitrine de l’aigle et n’étant pas fatigué, il s’envola et monta si haut qu’il pouvait apercevoir le bon Dieu assis sur son trône céleste. Ayant atteint cette hauteur incroyable, il replia ses ailes, descendit jusqu’au sol et cria d’une voix sifflante « Je suis le roi ! je suis le roi ! le roi c’est moi ! » « Toi, notre roi ? jamais, espèce de tricheur ! » s’écrièrent tous les autres oiseaux en colère. Et, sur le champ, ils décidèrent d’une nouvelle condition d’élection : le roi serait celui qui saurait pénétrer le plus profondément dans la terre… (à suivre)

Un marathon chez les oiseaux

… C’était organisé comme un marathon chez les oiseaux. Ils étaient tous déchainés et tout allait s’enchainer, les épreuves comme les épisodes d’une série TV… j’aurais pu vous dire que, moi, pour les séries TV, je préfère Columbo et Arabesque, les James Bond et Millénium pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarianje vous dirai simplement que mes deux épisodes préférés sont la venue au monde de mes deux petits, l’un en mars et l’autre en août…  j’ajouterai que les défis comme ceux-ci et les ouvrages des Oiseaux chez Albine, les rencontres des Plumes chez Asphodèle et AmeGraphique du petit carré jaune font vraiment partie de mes plus beaux souvenirs de 2015… je l’écris pour répondre aux  53 billets en 2015 chez Agoaye et  je pourrai le répéter éternellement… 

Alors je vous raconterai la suite de mon histoire d’oiseaux demain… les oiseaux envahissent ce mois, comment voulez-vous que je vous parle d’autres choses?

 

Réajuster mes lunettes avant de prendre mon ouvrage

M’essuyer les mains et les masser exagérément, réajuster mes lunettes avant de prendre mon ouvrage, prendre un livre et passer la paume de la main sur la couverture comme une caresse, jeter un œil sur l’horloge et sourire d’entendre son tic-tac sont des petits gestes naturels, des habitudes que je fais sans y penser vraiment, des tics diront certains, des actions douces de la vie.

Autrefois chaque son avait sa propre signification et son importance. Lorsque le marteau d’un forgeron retentissait sur le métal, il chantait « je forge, je forge, boum, boum, boum ! » Lorsque le rabot d’un menuisier grinçait, il s’encourageait au travail en répétant sans cesse « un grincement par ci, un grincement par là, ils sont tous pour toi ! » et lorsque les roues d’un moulin tournaient, elles murmuraient « que Dieu nous garde, clapotis, clapotas, que Dieu nous garde, clac, clac ! » Lorsque la tricoteuse croisent ses aiguilles, elles se disent « tiqueti tiqueta, passe le fil et croise là » et quand la couturière se met à l’ouvrage, on entend « pique pique aïe aïe aïe mets ton dé et ça ira »

Écouter le vent dans les branches nues de l’hiver, entendre les oiseaux piailler devant la maison tous contents d’avoir trouvé les miettes que je leur ai laissées, ce sont des sons familiers de ma vie. Ouvrir mes oreilles pour essayer de les comprendre est devenue une habitude, une action douce de la vie presque naturelle… et c’est comme ça que je les ai surpris raconter leur histoire…

Réajuster mes lunettes avant de prendre mon ouvrage

Un jour, les oiseaux décidèrent d’élire leur roi, parce qu’ils ne voulaient plus vivre sans maître.

C’est ce que j’ai cru comprendre, car je les ai bien entendu ensuite.

Les oiseaux voulurent se consulter avant de prendre leur décision et un beau matin du mois de mai, ils quittèrent leurs forêts et leurs champs pour tous se rassembler.

Un petit oiseau n’était pas d’accord, car il vivait librement et voulait continuer ainsi. C’était le vanneau. Il voletait tout affolé et gazouillait « où dois-je voler, où dois-je m’en aller ? » Finalement il décida de vivre à l’écart, s’installa au bord d’un marécage isolé et ne rejoignit plus jamais les autres.

Il y avait l’aigle, le pinson, le hibou et la caille, l’alouette et le moineau, le coucou et la huppe bref tous ceux qui existaient… La poule d’eau qui ignorait tout de l’élection prévue se trouva là par hasard et fut toute surprise par tant de monde. Elle se mit à caqueter « quoi ?quoi ? » Le coq la rassura en criant « c’est le grand rassemblement ! » lui expliquant ce qui se préparait en se vantant quelque peu « ils ont invité les héros, et moi-aussi ! ».

Un tout petit oiseau arriva en sautillant à la grande réunion et se mêla aux autres. Il n’avait pas encore de nom… (à suivre)

Je vous raconterai la suite demain…

Poser mon ouvrage et réajuster mes lunettes avant de le prendre sur mes genoux pour lui chanter une chanson ou lui lire une histoire sont des petits gestes naturels, des actions douces de ma vie comme poser mes lèvres sur sa tête pour un bisou pour répondre aux  53 billets en 2015 chez Agoaye et pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian en toute liberté.

 

De l’or pour toute une vie

« … De l’or pour toute une vie, lui avait dit le capitaine.  Osamu courut à la maison. « Yukiko ! Il y a un homme au port qui nous donnera de l’or pour une vie entière… si tu tisses une autre voile »

La crainte saisit Yukiko. « Non, Osamu, je suis désolée ! »
« Yukiko ! De l’or pour toute une vie ! Tu comprends ? Nous n’aurons plus jamais faim. »
« Mais ces voiles, Osamu, elles me coûtent si cher. Elles me prennent le meilleur de moi-même. »

De l’or pour toute une vie
Osamu fronça les sourcils. « Yukiko, tu es ma femme ! » dit-il d’une voix sourde. « Tu dois m’obéir ! »
Yukiko se mit à gémir. « Bien », fit-elle en tremblant, « mais promets-moi de ne pas regarder. »
« Je te le promets ! Vas-y ! Tisse-moi cette voile ! »
Yukiko poussa le paravent à travers la pièce et disparut. Osamu sortit de la maison. Il regardait le navire à l’ancre dans le port. Une journée s’écoula. Puis une autre. Yukiko travaillait toujours. Un troisième jour passa. Elle n’avait jamais travaillé aussi longtemps. Mais que fait-elle ? se demanda Osamu.
« Yukiko ! » appela-t-il. « Veux-tu du thé ? Du riz ? » Mais elle ne répondit pas. Pourquoi, se demandait Osamu, Yukiko serait-elle la seule à savoir tisser des voiles magiques ? Pourquoi n’apprendrais-je pas, moi aussi, comment tisser le vent ? Je pourrais réaliser de nombreuses voiles, et épargner à Yukiko le travail dont elle ne veut plus. Il pouvait entendre glisser la navette et basculer le métier à tisser. « Yukiko ! Réponds-moi ! »
Incapable de se maîtriser plus longtemps, Osamu contourna le paravent. Un long bec se balança devant lui. Des yeux noirs et tristes le dévisageaient. C’était la grue qu’il avait recueillie et soignée.
« Yukiko ! »
L’oiseau tissait ses propres plumes. Blanches et mêlées de vent, elles formaient une voile tremblante.
« Yukiko ! » cria Osamu. Mais, pour seule réponse, la femme oiseau fit un bruit étouffé, comme le ronronnement d’un chat dans les roseaux. Alors, elle ouvrit ses ailes abîmées, se glissa par la fenêtre et s’envola. Osamu ne la revit jamais. Il tissa de simples voiles jusqu’à la fin de ses jours, là, à sa fenêtre, en regardant les marais et les grues.

Et chaque automne, à la saison des orages, il attend que quelqu’un frappe à sa porte. »

Un conte de Odds Bodkin et Gennadij Spirin, « La femme oiseau » paru à Paris, aux Éd. Casterman en 1998 que j’ai posé là en petites miettes chaque jour depuis le 4 de ce mois au milieu des cadeaux que je prépare pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Le temps passa

« … Le temps passa. Revint l’automne, la saison des tempêtes. Les grues, dans les marais, grandissaient. Elles ébouriffaient leurs plumes parmi les joncs et les feuilles. Un jour, alors qu’Osamu se trouvait au village, arriva un gros navire marchand. Un grand capitaine en sortit. C’était un riche commerçant. Le capitaine questionna les pêcheurs dans le port, et tous lui indiquèrent Osamu.
« J’ai longtemps navigué pour te trouver, Osamu », dit le capitaine. « Je veux que tu tisses une voile magique pour mon bateau. »
Osamu pensa à Yukiko et à la promesse qu’il lui avait faite. « Je ne peux pas », répondit-il. « Je n’en réaliserai pas d’autre. »
Le capitaine éclata de rire. « Allons, Osamu, je te donnerai assez d’or pour que tu ne doives plus jamais travailler ! »
De l’or pour une vie entière…, se dit Osamu. Il courut à la maison. « Yukiko ! Il y a un homme au port qui nous donnera de l’or pour une vie entière… si tu tisses une autre voile. » … (à suivre) »

Le temps passa

Une suite au conte d’hier pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian. Et pour les amateurs de FB, c’est ici.

Le temps passa, l’hiver aussi

« … Le temps passa, l’hiver aussi. Et arriva le printemps. La pluie tomba, les marais reverdirent. Et les grues furent de retour.

Le temps passa, l'hiver aussi

À la fin du printemps, l’or avait disparu. Osama et Yukiko eurent faim une nouvelle fois. Et Osama dit : « Yukiko, tu devais tisser une autre voile magique. »
« Oh, mon homme, je ne pourrai pas », répondit-elle. « Ça m’épuise, de tisser des voiles pareilles. Ça me fait peur. »
« Mais, femme, je t’en prie ! Une de plus ! Je ne t’en demanderai pas d’autre ! » insista Osamu.
Yukiko l’aimait.
« Ne regarde pas », dit-elle. Et elle disparut derrière le paravent.
Une journée entière s’écoula.
« Yukiko ! » appela Osamu. « Veux-tu de l’eau ? Ou du riz ? » Pour seule réponse, il entendit le balancement du métier à tisser.
À la fin du deuxième jour, Yukiko réapparut, épuisée, tenant une seconde voile. Plus belle que la première, elle aussi haussait comme le vent. Ne pensant qu’à l’or, Osamu courut au village vendre la voile. Tout le monde louait son talent, car il n’avait dit à personne que c’était Yukiko qui avait tissé ces voiles. Il reçut assez d’or pour vivre six longs mois… (à suivre) »

La suite du conte de Odds Bodkin et Gennadij Spirin et des nouveaux petits chaussons pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Le gel couvrait les branches

« … Le temps passa. Dehors le gel couvrait les branches noires, et Yukiko était toujours là. Osamu n’osait rêver qu’elle reste. Et il avait peur de lui demander de l’épouser. Il était si pauvre… Tandis que les jours passaient, l’amour grandit entre eux. Sans un mot, Yukiko devint sa femme.
Mais Osamu restait un pauvre tailleur de voiles. Et arriva le moment où dans la petite maison au-dessus des marais, il n’y eut plus assez de nourriture pour eux deux. Yukiko s’en rendit compte. Elle dit à son mari : « Je vais te tisser une voile magique, que tu pourras aller vendre au village en bas. »
« Tu peux tisser une voile magique ? »
Elle poussa le paravent à travers la chambre, pour cacher le métier à tisser qui se trouvait près de la fenêtre. « Oui, mais promets-moi de ne jamais me regarder travailler », dit-elle.
« Pourquoi ? » demanda Osamu.
« Promets-moi », insista Yukiko.
Et Osamu promit.
Yukiko se mit au travail. Osamu entendait la navette glisser et le métier à tisser basculer. Les heures passaient. La nuit tombait. Osamu s’endormit. À l’aube, Yukiko travaillait toujours derrière le paravent. Lorsqu’enfin elle réapparut, Yukiko semblait très fatiguée. « C’est normal », se dit Osamu. « Elle a travaillé toute la nuit. »
Mais lorsque Yukiko lui mit la voile dans les bras, il oublia tout. Bien qu’extrêmement solide, la voile ne pesait presque rien. Un souffle venu de très loin s’échappait d’entre ses plis. Osamu écouta de plus près. Il écarquilla les yeux. Yukiko avait tissé du vent ! Osamu courut jusqu’au port avec la voile magique. Il la montra à tous et en reçut assez d’or pour vivre une demi-année ! Fou de joie, il se précipita chez lui. Yukiko souriait… (à suivre) »

Le gel couvrait les branches

La suite du conte de Odds Bodkin et Gennadij Spirin pour les lectures de fin de semaine proposées pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

Il avait réchauffé le bel oiseau auprès du feu

« … Il avait réchauffé le bel oiseau auprès du feu en lui lissant les plumes. Bientôt, la grue ouvrit des yeux noirs et brillants.

Pendant trois jours, Osamu la soigna. Puis, il la vit s’envoler. Le temps passa et, une nuit, une grande tempête éclata en mer. À travers la pluie battante, Osamu entendit frapper à sa porte.
« Qui est-ce ? » demanda-t-il. Une belle jeune femme le dévisagea, de ses yeux noirs et brillants.
« Qui es-tu ? » dit-il, surpris.
« Laisse-moi entrer ! » implora la jeune femme, grelottante dans ses vêtements mouillés.
« Oh ! Pardonne-moi. Entre, je t’en prie. » Et Osamu s’inclina à genoux tandis qu’elle avançait. Jamais de toute sa vie il n’avait approché une aussi jolie jeune femme.
Osamu servit du riz et du thé à la jeune femme, et un petit morceau de ce précieux poisson que lui avaient donné les pêcheurs. Elle s’arrêta de grelotter. Ils étaient à genoux, l’un à côté de l’autre. La flamme de la lampe vacilla. Il finit par retrouver ses mots. Comment était-elle arrivée chez lui ? Où se trouvait sa famille ? D’où venait-elle ? Osamu lui posa beaucoup de questions, mais tout ce que la jeune femme voulut bien lui dire, c’était qu’elle s’appelait Yukiko… (à suivre) »

Il avait réchauffé le bel oiseau auprès du feu

La suite du conte de Odds Bodkin et Gennadij Spirin pour les lectures de fin de semaine proposées pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian. Et là même les sorcières lisent.

La femme oiseau

La femme oiseau

« Il y a très longtemps, au Japon, vivait un tailleur de voiles solitaire appelé Osamu. Sa maison se trouvait loin au-dessus de la mer, sur le sommet d’une colline. C’est là qu’il tissait ses voiles en regardant les marais salants où s’ébattaient des grues. Tout en cousant et filant, il se disait souvent :
« Comme les grues sont belles. De tous les oiseaux, ce sont elles qui ressemblent le plus aux voiles des bateaux. Le vent gonfle leurs ailes. »
Toute sa vie Osamu avait souhaité rencontrer une femme qui le réconforte lors des longues heures passées à tisser. Mais il ne possédait pas grand-chose d’autre qu’une marmite et une théière, et ses chances de trouver une épouse étaient bien minces.
Vint l’automne, la saison des orages. Les feuilles tombaient sur le porche de la maison. Une nuit, alors que le vent hurlait, Osamu entendit frapper à sa porte. Curieux, il alla voir, et découvrit une grande grue, assommée et immobile.
« Pauvre bête ! » s’écria-t-il à genoux. Osamu replia doucement les ailes froissées et la transporta chez lui. Comme elle était légère ! Et fragile ! Stupéfait, il réchauffa le bel oiseau auprès du feu, lui lissant les plumes. Bientôt, elle ouvrit des yeux noirs et brillants. Pendant trois jours, Osamu la soigna. Puis, il la vit s’envoler… (à suivre) »

La femme oiseau
Un conte de Odds Bodkin et Gennadij Spirin pour les lectures de fin de semaine proposées pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

La huppe

Savez-vous que la Huppe est le seul oiseau capable de trouver un point d’eau dans le désert ? C’est pour cette raison que la reine de Saba l’envoya comme messagère à Jérusalem pour annoncer à Salomon sa venue… Ah la Huppe! Voici l’histoire de celle qui entra par mégarde dans la demeure des hiboux

La huppe

« C’était à la tombée du jour quand une huppe s’engouffra par hasard dans la demeure des hiboux. Ils s’étonnèrent fort de leurs différences et toute la nuit ils échangèrent sur toutes sortes de sujets. Ce fut si passionnant que les hiboux en oublièrent de sortir cette nuit-là.
Au lever du jour, la huppe voulut prendre congé de ses hôtes en les remerciant. Mais ceux-ci furent fort effrayés :
–  Comment ? Tu veux sortir alors que le soleil brille ! Cela n’est pas possible ! Le soleil est l’ennemi des oiseaux ; il les aveugle. Les oiseaux ne peuvent sortir durant le jour ! C’est trop dangereux…
– Je vous assure qu’il n’en est pas ainsi pour moi, tempéra la huppe. Je ne suis pas semblable à vous. Je peux fort bien sortir sans danger durant le jour…
– Cela n’est pas possible, répliquèrent en chœur tous les hiboux. De ce point de vue, tous les oiseaux sont semblables. Pour ton bien, nous ne pouvons te laisser sortir. Le soleil te rendrait aveugle et nous serions responsables de ce malheur !
Les hiboux barrèrent la sortie du nid à la huppe, à grands coups de bec !
– Tiens, lui disaient-ils à chaque coup, voilà pour t’apprendre la sagesse !
Ils lui auraient même crevé les yeux à coups de bec pour l’empêcher de sortir… Tout cela pour que le soleil ne l’aveugle pas !

En un éclair, la huppe jugea la situation :
– Ces fous croient vraiment que tous les oiseaux sont à leur image. Il est inutile de les contrarier, cela ne fait que les rendre plus agressifs.
Elle décida donc de contrefaire les hiboux. C’est trop dangereux de contrarier les fous.
Elle fit la raisonnable :
– Vous avez raison ; je me range à votre avis… Les oiseaux ne peuvent sortir que la nuit ! Merci à vous d’avoir ainsi pris soin de moi !
– Ah ! Enfin ! Te voilà raisonnable ! Nous savions bien que tu étais comme nous que le soleil aveugle, et qui ne pouvons sortir, comme tous les autres oiseaux, cela nous en avons la certitude, qu’à la nuit tombée.

La huppe passa la journée dans la demeure des hiboux, à méditer sur la folie de ceux qui se croient sages. A la nuit tombée, échappant à ses geôliers, elle regagna d’un coup d’aile un buisson proche pour y passer la nuit et attendre le lever du soleil… »

Un conte pour petits et grands… Les uns lisent les contes, et d’autres les écoutent, ils sont appréciés, certes, mais on a parfois l’impression d’être entré par mégarde … dans la demeure des hiboux ! C’est à Sohravardî que nous devons ce conte de la huppe.Ce n’est pas d’aujourd’hui que les hiboux, qui ne peuvent supporter l’éclat du soleil de la vérité, s’en prennent pour leur bien à ceux dont les yeux sont ouverts sur un réel qui leur échappe… A certains signes, apparemment il était évident que rien ne changera pour autant. Il y aura toujours des hiboux face aux huppes, et vice et versa… En chacun de nous, conteur y compris, sommeille un inquisiteur qu’il nous faut connaître, un loup qui se déguise en mouton comme il a été dit ! Qu’il est facile de le devenir tant la contagion est grande ! Nous devons tant de fois faire comme la huppe, à l’école, dans la famille, dans notre travail ou ailleurs… La folie des gens ordinaires exerce une telle pression qu’il n’est pas toujours facile d’attendre la nuit pour s’envoler en toute liberté…en attendant le lever du soleil…

Un conte pour petits et grands… Les uns lisent les contes, et d’autres les écoutent, ils sont appréciés quand le temps se fait moins chaud dehors… à la tombée de la nuit, ou en attendant le lever du soleil…