Tôt le matin avec une seule arme

Elle partait tôt le matin avec une seule arme, son appareil photo.

Comme d’autres auraient enfilé leurs gants et pris un sécateur pour aller couper un bouquet de roses au jardin, elle portait cette sacoche en bandoulière et partait. Dans ce fourreau, plusieurs objectifs y avaient leur place et valaient toutes les flèches et munitions du meilleur des guerriers.

Bien sûr, qu’elle revenait avec un bouquet. Des fleurs des prés qu’elle arrangeait aussitôt dans une vieille cruche qui lui servait de vase par amour de la récupération et pour mettre toujours un peu de nature dans l’office. Et quand elle affichait également un magnifique sourire qui éclairait son visage, alors on savait qu’elle passerait la soirée dans sa chambre noire, petit atelier qu’elle avait aménagé dans un coin du grenier avec de lourds rideaux épais d’un bleu très sombre devant la fenêtre.

Elle développait ses photos en noir et blanc. En grands formats quelquefois, comme le papillon avec ces centaines de points aux milles nuances de gris qui décore le salon, et l’abeille en plein travail chargée de pollen qui orne la cuisine. Pour nous, elle était notre Doisneau. Et là elle éclatait de rire en qualifiant son travail de pachydermique, et ajoutait que malheureusement ils n’avaient que leurs initiales en commun.

Nous, les enfants, elle ne nous a pas emmener trop jeunes dans cette sorte de chasse, et jamais à plusieurs. Pourtant, à tour de rôle, elle nous a expliqué comment s’y prendre. Elle manipulait cet instrument, assez lourd cependant, du bout des doigts. « D’abord, il faut se fixer une cible pour bien l’atteindre », disait-elle. « Insectes ou fleurs, animaux plus gros ou paysages… » Elle étalait toujours un linge propre et soyeux sur ses genoux pour poser ce système et en détailler chaque partie. Elle laissait ses mains flirter délicatement sur l’appareil et le caresser, et disait qu’il ne fallait pas forcément se concentrer mais surtout tirer juste, au bon moment, en tenant compte de tous éléments.

J’ai pu la prendre en photo, un jour, à mon tour, d’après ses indications et le résultat lui a beaucoup plu puisqu’elle a bien voulu en faire deux tirages, un qu’elle a inséré dans un petit cadre pour son atelier, et un autre en grand format pour moi.

Pour répondre aux Plumes 12.20 chez Emilie avec les mots proposés (atteindre, concentrer, objectif, tirer, arme, bleu, pachydermique, amour, doigt, flèche, fourreau, flirter) sur le thème « cible »

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Il aurait eu cent ans demain

Il aurait eu cent ans demain.

Ça fera bientôt un demi-siècle qu’il est parti en voyage pour une destination inconnue. Et il n’est toujours pas revenu.
Il a du trouver une merveille, sans nul doute, pour s’absenter si longtemps. Et on parlera certainement un jour de cette nouveauté dans un futur journal télévisé.
J’ai toujours pensé qu’il était capable de découvrir la plus belle des fleurs sauvages et rester auprès d’elle pour la protéger. Il aimait beaucoup la nature et ses filles, et avait offert des tulipes blanches à notre mère deux jours avant son départ pour fêter la vingtième année de leur mariage. Il adorait ma mère et lui offrait, chaque mois de mai, un bouquet de marguerites qu’il allait chercher à l’aube, le jour de son anniversaire. Il chantait aussi, dans la divinité. Il est sûrement parti apprendre à composer la plus jolie chanson pour le jour de leurs retrouvailles.
Je garde en mémoire cette image que j’aimerais effacer, de ses doigts croisés et ses mains crispées sur sa poitrine quand ils ont fermé le couvercle de bois. Ses yeux étaient fermés et ses paroles étouffées à jamais.

C’est ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés et un grand hommage à mon père. Il aurait eu cent ans demain.

Des mots une histoire ont repris

Des mots une histoire ont repris, toi tu dors la nuit moi j’ai de l’insomnie.


Tout est noir dehors et c’est encore l’hiver, je regarde le pré vert et je vois les juniors.
En sortant de l’école ils nous ont raconté ce grand chemin de fer qui les a emmenés tout autour de la terre dans un wagon doré. Tout autour de la terre ils ont pu admirer la mer qui se promenait avec ses crustacés, le grand poulpe argenté et ses saumons fumés.
Ils s’en furent dans le soir un très beau soir d’automne, hélas quand ils arrivent c’est déjà le printemps. Les feuilles qui étaient mortes sont toutes ressuscitées, les lilas, les rosiers, le muguet et les lys, tous sont parfumés.
Et ceux qui fabriquaient écoutaient la musique, dormaient leur content et mangeaient à leur faim, en dégustant en plus du fromage bien fait, un strict superflu.
Mais voilà le soleil, le soleil qui leur dit « prenez de la peine, la peine de vous asseoir, prenez un verre de bière si le cœur vous en dit ». Un peu désappointés sans être désolés, submergés d’émotion, ils tendent leur verre bien sûr et avalent la boisson, ils en reprennent et reprennent des couleurs, les couleurs de la vie. Alors toutes les bêtes, les arbres et les plantes, tous les enfants du monde se mettent à chanter, à chanter à tue-tête la vraie chanson vivante la chanson de l’été. Je les ai regardés et trinqué avec eux, et là-haut la lune m’a souri quand j’ai levé les yeux.

Pour répondre à Des mots une histoire chez Olivia Bellington, avec les mots proposés de la semaine… et une envie de Prévert en pensant à mes petits.

 

 

Quand tu chantes je chante avec toi liberté

Quand tu chantes je chante avec toi liberté

Quand tu chantes je chante avec toi liberté

Quand tu chantes je chante avec toi liberté
Quand tu pleures je pleure aussi ta peine
Quand tu trembles je prie pour toi liberté
Dans la joie ou les larmes je t’aime
Souviens-toi de jours de ta misère
Mon pays tes bateaux étaient tes galères
Quand tu chantes je chante avec toi liberté
Et quand tu es absente j’espère
Qui-es-tu? Religion ou bien réalité

Une idée de révolutionnaire
Moi je crois que tu es la seule vérité
La noblesse de notre humanité
Je comprends qu’on meure pour te défendre
Que l’on passe sa vie à t’attendre
Quand tu chantes je chante avec toi liberté
Dans la joie ou les larmes je t’aime
Les chansons de l’espoir ont ton nom et ta voix
Le chemin de l’histoire nous conduira vers toi
liberté, liberté

J’avais envie de crier de colère et de rage, j’ai le cœur gros, j’ai chanté pour eux et pour ne pas pleurer. Je continuerai à vivre, comme je l’entends, en toute liberté. Je ne veux pas que la haine et la peur m’envahissent. J’ai besoin de vous et j’écris vos mots LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ

Son dernier client s’obstine à lui offrir un verre

Sa journée de travail s’est terminée sans encombre. Son dernier client s’obstine à lui offrir un verre pour cette fin de semaine, mais il refuse, sans arrogance parce que ses démons se manifestent dans ces cas-là et lui intiment prudence. Pour lui, en général, le samedi et le dimanche sont des jours déprimants. Et en taule, jours de semaine ou week-end, tous se ressemblaient. Il ne se rappelle pas avoir vécu un moment convivial en famille. D’ailleurs, il n’éprouve que haine pour ses parents qui l’ont méprisé et qui ne lui ont apporté aucun soutien. Les repas en prison étaient plutôt bruyants et stressants. C’était l’heure des règlements de compte où il fallait toujours être sur le qui vive et éviter la confrontation dans ces réunions.

Il voit qu’il ne rentre pas directement chez lui ce soir, et laisse sa voiture l’emmener faire un tour. Il sent soudain que son dos le picote, ses mains deviennent moites et sa gorge s’assèche quand il voit l’enfant sur le trottoir. Il freine pour le laisser traverser. Il reste calme et ne ressent pas cet état de manque qui l’a poussé à commettre l’irréparable. Il a tout simplement envie de l’observer et comme il ne repère pas de place de stationnement vide, il repart en maîtrisant sa vitesse et arrive enfin dans sa rue.

Son dernier client s’obstine à lui offrir un verre

Après avoir correctement garé sa voiture, il termine à pied. Avant de rentrer dans son immeuble, il regarde s’il n’est pas suivi. Il n’allume pas tout de suite la lumière, mais reste posté dans l’ombre et jette un dernier coup d’œil dans la rue. Il allume enfin dans le hall et prend le courrier dans sa boite aux lettres. C’est un rappel pour un rendez-vous chez le psy pour dans deux jours.

Il est subitement fatigué de sa journée et de cette lettre qui le contrarie. Ses démons sont là et apaisent sa colère qui monte en lui. Il va falloir encore se prêter à l’autopsie de ses pensées par ce charlatan de l’âme qui semble vouloir impérativement trouver des réponses à ses agissements passés. Il faut absolument qu’il dise la même chose et peu  à la fois. Alors il décide qu’il consacrera ce week-end à répertorier ce qu’il a déjà dit. A chaque rencontre, il sent bien l’arrogance et l’orgueil de l’autre comme l’ont déjà fait tous ceux de la même confrérie, mais il gardera une attitude modeste.

Il veillera à ne jamais trop se dévoiler et le fera avec beaucoup d’humilité, malgré la morgue de l’autre. Il a d’ailleurs dit quelque chose de très fort la dernière fois, du genre « Je n’aime pas la tiédeur des sentiments » en parlant de ses rapports avec ses amis. Seulement il n’en aura jamais et ça, il ne le lui dira pas.

C’est la suite de mon récit et ma participation au défi des mots une histoire 130 chez Olivia

Je voulais te dire que je t’attends

Je voulais te dire que je t’attends et tant pis si je perds mon temps. Je t’attends , je t’attends tout le temps, ce soir, demain, n’importe quand …
Comme quelqu’un qui n’a plus personne, s’endort près de son téléphone, et qui te cherche à son réveil, toute seule dans le brouillard, j’attends.

Je mettrais mon cœur dans du papier d’argent, mon numéro d’appel aux abonnés absents. Mes paroles d’amour resteront là sur le bureau, je n’ai plus de clefs comme perdues dans l’eau. Je pourrais courir et aller partout, vendre mon cœur pour trois francs six sous, tu sais si bien t’en approcher et ma vie s’est arrêtée, quand tu m’as quittée

Je voulais te dire que je t'attends

Je voulais te dire que je t’attends et tant pis si je perds mon temps. Je t’attends , je t’attends tout le temps, sans me décourager pourtant, comme quelqu’un qui n’a plus personne et s’endort près de son téléphone, et sourit quand on le réveille mais je n’ai toujours pas d’appel.

Je vois sans cesse quelqu’un qui te ressemble, et la rue comme une photo qui tremble. Si c’est toi qui passe le jour où je me promène, si c’est vraiment toi, je vois déjà la scène, moi je te regarde, et tu me regardes.

Je voulais te dire que je t’attends, si tu savais comme je t’attends.

D’après une chanson de M Jonasz

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer,
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre ma pensée

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d´être civilisée
Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m´y suis brûlée
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée d´habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l´univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m´écœure
Depuis l´horreur banale du moindre fait divers
Il n´y a plus assez de place dans mon cœur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée d´espérer et fatiguée de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d´hommes ont connu l´abattoir
Fatiguée, fatiguée

Je voudrais être un arbre, boire à l´eau des orages
Pour nourrir la terre, être amie des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Pour qu´aucun homme ne puisse y planter un drapeau
Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au cœur de cette terre que j´aime tellement
Et que ces mauvais hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de haïr et fatiguée d´aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatiguée des discours, des paroles sacrées

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre la pensée

Fatiguée, fatiguée

Chanté par Renaud

Peau de fleur

Peau de fleur

Je remonte à la racine de mes pensées intimes quand je pleure. Pleurer me fait grandir. Pleurer me fait pousser comme une fleur.
Une danse en transe, une transcendance quand ma sève pense ma substance

J’étais desséché, je n’avais pas pleuré depuis longtemps. Je suis ton pot de fleur, je suis à fleur de peau, si tu savais.
Une danse en transe, une transcendance quand ma sève pense ma substance

Peau de fleur

Peau de fleur

Chanté par Stromae

Les jours passent mais ça ne compte pas

Les jours passent mais ça ne compte pas, j’ai tant de mal à vivre, ivre de ce parfum si différent du tien. Pire, j’ai compté chaque minute qui me retient à lui comme si j’étais ma propre prisonnière; ça fait bientôt un an qu’il m’a sauvé de toi. Souvent je me demande où j’en serais pour toi, souvent je me demande ce que tu fais, où tu es, qui tu aimes…

Sors de mes pensées, j’ai changé d’adresse, de numéro merci. J’ai balancé tes lettres et tes défauts même si j’ai fait semblant d’avoir trouvé la force, je garde au plus profond de moi tout ce que tu m’as aimé.

J’essaye de t’oublier avec un autre, le temps ne semble pas gommer tes fautes, j’essaie mais rien n’y fait je ne peux pas, je ne veux pas, je n’y arrive pas, je ne l’aime pas comme toi. J’essaye de me soigner avec un autre qui tente en vain de racheter tes fautes; il semble si parfait mais rien n’y fait je capitule, je ne peux pas je ne l’aime pas comme toi

Lui, il a tenté de me consoler, même s’il n’a pas tes mots ni ton passé, c’est vrai, mais il n’a pas ton goût pour la fête, pour la nuit pour les autres, pour tout ce que je hais
Il a séché toutes mes larmes, tu sais, il a ramassé tes pots cassés et il a réglé tous tes impayés, tes impostures, tes ratures, tout ce que tu m’as laissé. Il m’aime comme un fou et me connaît par cœur, il me dit je t’aime parfois durant des heures, mais il ne sent pas ton odeur.

Pourquoi je te respire dans ses bras, sors de mes pensées. Je ne l’aime pas comme toi, dis moi seulement pourquoi ?
Tu me restes comme ça… Je veux t’oublier, reprends tes rêves et disparais car je veux l’aimer comme toi…

Chanté par Stromae

 

Un deux trois… fleurs

Un deux trois… fleurs

Un jour dans mon jardin, J’ai planté deux jonquilles, Puis un peu plus loin j’ai vu trois petites pâquerettes, Que j’ai cueillies pour faire une carte postale. J’ai collé quatre, cinq, ou six pétales pour orner ma carte. Puis un autre jour j’ai dessiné sept jolies tulipes que j’ai peintes pour faire une assiette décorative. Je me rappelle, quand j’étais petite, ma grand-mère avait brodé une nappe où elle avait décalqué des bleuets. Il y en avait peut-être huit ou neuf, je ne sais plus. Et moi j’avais brodé les dix serviettes.

Un bouquet de lilas et le printemps est là. Deux roses s’y blottissent et le bouquet grandit. Trois roses éclatantes relèvent le défi de resserrer le lien qui déjà les unit. Quatre boules de neige posent leurs taches blanches au milieu du bouquet qui voudrait être beau au milieu de la table. Vers cinq heures, quand le soir nous apporte brume et brouillard ce bouquet de fleurs éclaire la maison.

Un deux trois fleurs

Un deux trois… fleurs

J’ai une pensée pour toi, Je prends deux coquelicots, J’y associe trois boutons d’or, J’ ajoute quatre pervenches et cueille cinq marguerites, J’y joins six jonquilles et coupe sept lilas, Je cueille huit capucines, Je taille neuf roses et enfin dix iris…. C’est mon bouquet de l’amitié.

Comme le dit la chanson : je suis une fleur de province… Mais quelle belle région que la notre , pas loin du 07, Chez moi j’ai trois cotés de maison à exploiter pour des milliers de fleurs. Les premières qui ont investi cet espace sont mes quatre filles qui y ont couru, gambadé. Elles m’ont aidé (euh ! pas toujours) à bêcher, semer et planter cinq rosiers, rouges roses jaunes ,parfumés. Que j’aime mon jardin ! tous les ans il change d’aspect, tous les printemps j’y installe de nouvelles variétés. Des massifs en forme de huit avec des plants tout neufs. Avec mes petits-enfants, nous pourrons, quand le soleil sera là, faire une ronde à dix. Calculez : papy, mamie, 6 petits enfants, un qui va arriver et le soleil. Ce sera un beau bouquet , coloré, gai, joyeux.

Fleurs Un deux trois

Un deux trois… fleurs

Cet après-midi j’ai acheté une rose pour ma grand-mère, Sur la clématite deux abeilles butinaient, Et sur les pavés de la terrasse j’ai écrasé trois vers de terre, J’ai beau regardé dans la pelouse, je n’ai jamais trouvé de trèfle à quatre feuilles, Mais j’ai aperçu cinq clochettes sur chaque brin de muguet, En soulevant un pot j’ai découvert six escargots bien cachés, Et en faisant sept pas sur la droite, J’ai pu cueillir huit framboises, Ce ne sera pas assez pour le dessert du soir Je pense que nous serons neuf ou dix… alors, j’ouvrirai la boite de Vache-qui-Rit, Il y a douze parts, je crois

Un bouton vert, Deux petites feuilles naines, Trois fleurettes blanches, Quatre gouttes de rosée, Sur cinq corolles irisées, Six ornithogales, Déploient leurs pétales autour de sept pistils, A huit heures le soleil commence à décliner, Neuf fourmis, à la queue le leu vont rejoindre leur fourmilière, Dix coups sonnent au clocher, tous pétales repliés les fleurs sont endormies depuis longtemps

Atelier des fleurs et d’écriture spontanée…

En regardant des photos de fleurs…

En regardant des photos de fleurs…

C’est le printemps, promenons nous dans les bois. Le loup n’y est pas mais la vie bruisse sous les bois. C’est le printemps, tout renaît dans la nature et soudain entre bois et jardin, sous nos yeux un champ de tulipes unies ou bicolores, toutes droites sur leurs tiges. Profitons en, il n’y a pas de vent, elles vont peut-être rester fleuries quelques jours encore. Devant elles, de grosses jacinthes blanches odorantes nous font tourner la tête. Leur parfum est entêtant alors nous nous réfugions à l’ombre des arbres au milieu des camélias roses et tranquillement reprenons notre balade. C’est le printemps.

regarder photos fleurs

En regardant des photos de fleurs…

Que de jolies couleurs sur cette photo. Un gros dahlia est ouvert comme un soleil et derrière chaque autre fleur , on peut discerner une émotion, une joie, une culpabilité de la couper de ses racines, car on sait qu’elle va mourir. C’est aussi du bonheur pour leur parfum et leur palette de couleurs.

regarder fleurs photos

En regardant des photos de fleurs…

Je m’attarde un peu sur celle-ci, ce n’est qu’un dégradé de verts. En regardant de plus près, les fleurs me sont inconnues. A mon avis, ce sont des plantes exotiques aux feuilles brillantes et luisantes qui se plaisent à l’humidité. Certaines aux lianes et chevelures traînantes envahissent et habillent l’espace. D’autres sont fleuries et couvertes de milles pétales blancs. Un semblant de cactus s’étale en étoile dans le coin droit près de moi. Chacune s’étale sur un lit de mousse, et on imagine le monde habité du dessous. Sont-ce des vers ou des insectes, et des petits lutins aux bonnets rouges sachant si bien se cacher qu’on ne les voit jamais?

photos fleurs regarder

En regardant des photos de fleurs…

Pourquoi nous fixe-elle ainsi ? cette prétentieuse orchidée au rose violacé arrogant. Au premier plan de ses consœurs jaunes et orangées, ces larges oreilles d’éléphant ne peuvent passer inaperçues même si les bourdons lourdauds les tentent en plein vol. Son pistil caché dans sa bouche bien ouverte et même sans dent essaie d’attirer sa proie.  Les pétales de roses ou de dahlias même une fois coupées se laissent visiter sans bruit par quelques fourmis. Et tapies dans l’ombre des arums malmenés dans ce bouquet déséquilibré elles déploient leur pistil en vue d’une silencieuse revanche à moins que la feuille acérée surplombant leurs têtes ne soit annonciatrice d’une splendeur inespérée.

regarder les photos de fleurs…et y voir le cœur, de l’atelier spontané d’écriture

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus bouquet serait… un grand bouquet de fleurs exotiques : rose de porcelaine, bec de perroquets, alpinia. Toutes de hautes fleurs, certaines avec des tiges épaisses, sans odeur et très colorées ; un grand et gros bouquet que l’on garde longtemps dans nos maisons. Mon plus beau bouquet serait… un petit bouquet de violettes discrètes, de tendres primevères et de pâquerettes légères, un petit bouquet dont les fleurs fanent vite mais qui amène un premier bonheur de printemps dans la maison, il signale que les beaux jours reviennent. Pourquoi choisir ce que serait mon plus beau bouquet puisque ce sont… mes trois petites filles qui ne se faneront jamais.

beau bouquet

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus beau bouquet sera… celui que j’offrirai à ma Maman pour ses 80 ans avec beaucoup d’amour. Un bouquet de glaïeuls aux larges tiges et milles couleurs, car ce sont les fleurs qu’elle préfère.

 

beau bouquet

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus beau bouquet serait… Odorant avec un lys blanc et deux roses rouges s’il était pour mon mariage… ou Composé d’une pivoine rose et de deux branches de lilas pour garnir ma table, ou de deux branches de forsythia et d’un iris bleu pour mon repas d’anniversaire… ou bien encore Fait de milliers d’œillets de toutes les couleurs, si tu me l’offres… ou simplement Parsemé de fleurs de violettes et pâquerettes cueillies tôt le matin pour un petit déjeuner… ou alors Fait d’œillets d’Inde aux pieds des plants de tomates rouges pour les soirs d’été… Et aujourd’hui, ce sont les fleurs que j’ai brodées sur mes ouvrages.

beau bouquet

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus beau bouquet serait composé de fleurs de rêve cueillies dans mon jardin secret. Je t’offrirais mon plus beau bouquet pour te parler de leur vie, de joie, de paix. Mon plus beau bouquet serait celui que tu aimerais cueillir, contempler, garder ou offrir en signe de fraternité

Des textes couchés spontanément sur une feuille.

L’air en conserve

L’air en conserve

Dans une boîte, je rapporte
Un peu de l’air de mes vacances
Que j’ai enfermé par prudence.
Je l’ouvre ! Fermez bien la porte

Respirez à fond ! Quelle force !
La campagne en ma boîte enclose
Nous redonne l’odeur des roses,
Le parfum puissant des écorces,

Les arômes de la forêt…
Mais couvrez-vous bien, je vous prie,
Car la boîte est presque finie :
C’est que le fond de l’air est frais.

air conserve

de Jacques CHARPENTREAU

Tandis qu´Anna se met à la machine à coudre

Tandis qu´Anna se met à la machine à coudre, voyez sa sœur Annie qui se met de la poudre. Tandis qu´Anna toujours nettoie le linge sale, en ascenseur sa sœur Annie s´en va au bal.

machine coudre Anna
Annie, vous êtes bien plus jolie qu´Anna.
Anna, je vous aime beaucoup plus qu´Annie.
Annie, vous avez des yeux bleus qu´Anna n´a.
Anna, je préfère vos jolis yeux gris.
L´amour est entré dans mon cœur depuis le jour béni où je vous vis.
Annie, vous avez séduit un maharajah.
Anna, eh bien vous n´avez séduit que moi.
Tandis qu´Anna dans sa maison fait la lessive, dans les salons, sa sœur Annie fait la lascive. Le maharajah met des bijoux sur sa poitrine, cette poitrine m´a tout l´air d´une vitrine

Anna machine coudre
Annie, tous vos amis font du cinéma.
Anna, je suis vraiment votre seul ami.
Annie, cet hindou vous dit toujours « Ça va »
Anna, il ne faut pas envier sa vie.
Rajah, je préfère aux trésors d´un jour un bel amour qui dure toujours.
Annie, vous sortez en robe d´apparat.
Anna, vous restez toujours seule à Paris.
Un jour la pauvre Annie vient frapper à ma porte. Elle a des yeux qui font des plis, l´air d´une morte. Le maharajah vient de partir pour Singapour en emportant ses bijoux faux comme son amour.
Annie, vous vous êtes jetée dans mes bras.
Anna, tous trois nous avons pleuré sans bruit.
Annie, vous êtes restée trois jours dans le coma.
Anna, hier vous avez épousé le commis
Et moi qui ne suis pas un maharajah. Mais un ami, je suis parti, parti. Je suis parti pour Bratislava, là-bas. Je vais essayer de refaire ma vie, en oubliant Anna-Annie.

Chanté par C Trenet

J’ai caché mieux que partout ailleurs au jardin de mon cœur une petite fleur

J’ai caché mieux que partout ailleurs au jardin de mon cœur une petite fleur.
Cette fleur plus jolie qu’un bouquet; elle garde en secret tous mes rêves d’enfant, l’amour de mes parents et tous ces clairs matins faits d’heureux souvenirs lointains.

fleur coeur jardin caché ailleurs

Quand la vie par moment me trahit, tu restes mon bonheur, Petite fleur. Sur mes vingt ans je m’arrête un moment pour respirer ce parfum que j’ai tant aimé
Dans mon cœur tu fleuriras toujours au grand jardin d’amour

caché ailleurs jardin coeur fleur

Petite fleur, prends ce présent que j’ai toujours gardé même à vingt ans je ne l’avais jamais donné. N’aies pas peur, cueillie au fond d’un cœur  une petite fleur jamais ne meurt.

Si les fleurs qui bordent les chemins se fanaient toutes demain

Si les fleurs qui bordent les chemins se fanaient toutes demain, je garderais au cœurœ celle qui s’allumait dans tes yeux lorsque je t’aimais tant au pays merveilleux de nos seize printemps

fleurs bordent chemin fanaient demain
Petite fleur d’amour t u fleuriras toujours pour moi quand la vie par moment me trahit
Tu restes mon bonheur petite fleur
Sur mes vingt ans je m’arrête un moment pour respirer ce parfum que j’ai tant aimé

fleurs chemin demain
Dans mon cœur  tu fleuriras toujours au grand jardin d’amour petite fleur…

Les rencontres de l’Atelier vont reprendre

Les rencontres de l’Atelier vont reprendre dès la semaine prochaine.
Je préparerai ma clé avant de partir, et je passerai chercher Jo. Ou c’est elle qui viendra.
On part ensemble depuis qu’elle a rejoint le groupe il y a bien deux ans maintenant. Et on papote, bien sûr, tout au long du chemin. On descendra du trottoir parce qu’une voiture sera garée dessus pour faire le guet sans doute, et on remontera pour en éviter une autre qui arrive trop vite.
On ne croise pratiquement aucun piéton. Après avoir traversé la grande cour non éclairée, j’ouvrirai la porte à tâtons comme d’habitude, alors que les peintres sont encore dans l’atelier qui leur est réservé, là-haut, dans une pièce à côté de la nôtre. Un rapide salut et un sourire par la porte ouverte leur signale notre venue. Ils partiront quand nous serons presque toutes arrivées, avec un petit mot d’encouragement et un petit tour curieux autour de notre table.
On sera en pleine discussion, sûrement, car chacune racontera ce qu’il s’est passé pendant ces deux semaines de pause. Je sais que le beau temps aura été apprécié. On s’inquiètera de celle qui ne nous aura pas rejoint, si c’est le cas. La bonne humeur est toujours au rendez-vous. On montrera l’avancement de nos travaux. L’humour fait partie de nos conversions.
On admirera l’association de couleurs sur tel ouvrage ou les finitions originales sur tel autre. On échangera de nouvelles idées vues ici ou là. L’amour se lit sur nos sourires. Et après quelques nouvelles consignes, nos doigts ne cesseront de courir sur nos tissus, comme ceux du pianiste sur le clavier, jusqu’à ce que les yeux de l’une ou l’autre soient fatigués. Celle-ci nous proposera de préparer alors une boisson chaude, qu’il faudra boire très vite, parce que… ces soirée passent toujours très vite en leur compagnie…

rencontres Atelier

La dernière soirée partagée ressemblait plus à du jardinage, je crois.

Douces comme un cœur et belles comme les fleurs

De passage comme le vent d’ici, douces comme un cœur et belles comme les fleurs d’un bouquet qui égaie la maison, j’aime mes filles et mes sœurs.
J’aime les fleurs et j’en confectionne de toutes sortes ces temps-ci
J’aime sortir dehors à cette saison et admirer les petites fleurs qui jonchent le sol.
J’évite et préserve les primevères et les violettes et je découvre les premiers pissenlits.
J’apprécierai la salade que je prépare pour le soir accompagnée de lardons ou d’œufs, de viande froide ou de poisson fumé, de fromage sec ou crémeux.
J’aime la vie et tout ce qu’elle veut m’offrir.

Douce cœur belles fleurs

Voici les règles imposés:
1)Afficher le logo sur votre blog pour signaler votre participation.
2)Faire un lien vers le blog de la personne nominée.
3)Écrire 7 « choses » à propos de vous ou de vos amours.
4)Nominer autant de bloggeurs ou bloggeuses que vous le voulez, pour recevoir un lien de leurs blogs sur le vôtre.
5)Informer ces bloggeurs-bloggeuses de leur nomination ainsi que des règles.

1) Je le fais ci-dessous
2) Elle appelle ce défi « The-cracking-chrispmouse-bloggywog-award » , plaisant et curieux, allez la voir ici
3) J’ai parlé de mes amours
4) Vous tous, les commentateurs de mes précédents articles
5) Vous tous, mes lecteurs de cet article

J’avais fait des crêpes parfumées

Il a plu hier, toute la journée. J’avais fait des crêpes parfumées et les ai toutes mangées. J’avais le choix entre plusieurs alcools, mais j’ai ignoré cette idée et j’ai préféré la fleur d’oranger. Aujourd’hui dimanche, il pleut encore et j’ai fait à nouveau des crêpes, si des fois quelqu’un me rendait visite.

crêpes parfumées

Sale temps dehors et ça n’a pas l’air de vouloir se calmer. Je n’arrête pas de bâiller depuis le début de l’après-midi. Je brode des traits, des brins, des tiges et des poils encore et encore avec des aiguillées rigides et aussi moches que le fil à dent, je dessinerai peut-être un jour avec de la craie à tifs.

Les gouttes battent les carreaux, ça n’a pas arrêté de toute la journée. Quel emm… tout de même. Je ne ressens pas l’ennui, ni la fatigue, mais là, je suis figée devant la table depuis deux jours sans pouvoir mettre le nez à l’extérieur. J’ai hésité à sortir tantôt, pendant une toute petite éclaircie que le ciel nous a offert. Et le temps que j’enfile mon ciré, l’azur s’est voilé, ce qui m’a obligée à rester dans l’intimité de la maison. Je crains que cette morosité m’empreigne et m’oppresse à mourir.

J’ai encore des ressources mais elles s’amenuisent. Je ne suis pas souvent en panne dans ma façon de penser. Toutefois cette pluie qui ne cesse de tomber me mine.  J’ai de quoi être satisfaite pourtant, j’ai pu mettre en exécution des projets qui attendaient depuis longtemps.

Le vent souffle fort, l’atmosphère est monotone et moi, je sens que mes mouvements vont au ralenti. Et Celui d’en haut, qui nous impose cette routine! Comment savoir s’il m’entend et comprend ce que je ressens?

Je vois par la fenêtre que les arbres se courbent et les branches applaudissent. J’étais seule aujourd’hui et le silence règne dans la maison. Je croyais entendre de la musique il y a peu, et maintenant je ne perçois qu’un vague bourdonnement dans la tête. Je me redresse et tends l’oreille. Un gros soupir sort de ma poitrine. Il n’y a plus de crêpe, j’ai tout mangé petit à petit. Oh mon verre est vide et ma bouteille de whisky aussi. Quelle misère, mais tout ça est xyste, ici et ailleurs, simplement parce que le ciel est couvert et que mon esprit est embrumé. Je sens que si je me lève et arrive à marcher, je vais zigzaguer…

J’avais fait des crêpes parfumées pour les 22 Plumes d’Asphodèle avec tous les mots imposés (à ma façon) et par ordre alphabétique, eh oui! comme quoi…

Fête des fleurs

Quand je leur ai dit que notre participation serait active à la fête des fleurs et qu’il fallait être prêtes peu après carnaval, elles n’ont pas su dissimuler une grimace. Je lus rapidement l’interrogation sur leurs visages devenus jaunes par l’émotion, mais je les sentais unies et armées de courage pour entendre quelques explications.

Fête fleurs

Le mystère s’éclaircit et les idées fusèrent. Elles allaient se déguiser. Ça n’allait pas être un camouflage complet, elles avaient plutôt envie de fabriquer des masques, et des vêtements avec des décors pailletés, en ajoutant quelques plumes et en s’inspirant des farandoles vénitiennes. Celles qui avaient des mains de sculpteur étaient disposées à montrer comment manipuler l’argile.

Elles s’activaient et distribuaient les rôles pour cette grande comédie. Le lieu embaumait la bonne humeur tout à coup. Sans hypocrisie, ni mensonge, elles organisaient leurs semaines de travaux, et pour que cette journée reste unique elles avaient penser à un bal en soirée. Une très forte amitié celait ce groupe où l’usure ne se lisait jamais.

C’est ma participation à des Plumes 20 chez Asphodèle, avec les mots imposés et c’est ma façon de leur dire que je pense à Elles.