Spa

Spa, trois lettres pour un nom court… très court.

Un spa ou SPA. Juste un mot, ou doit-on lire lettre après l’autre ? Est-ce une abréviation ou un acronyme ? Le deuxième en est un, je le sais. Là où je suis à l’instant, je profite de l’eau de l’un et me moque complètement du second. Ce n’est pas que je n’aime pas les animaux, j’en ai à ma maison. De ceux qui ne me feront pas mettre en procès par mes voisins pour leurs cris du matin. On a une tortue, un poisson rouge, non, pas de chien, ni de chat, même si c’est le sud et on n’a pas de spa à la maison.

Ce sera une belle journée bien chaude, car à l’heure qu’il est, le thermomètre atteint déjà la graduation du nombre de jours maximum dans un mois d’été. Eh, j’entends qu’on s’affaire en cuisine, il est temps que je sorte du bain et mette la main à la pâte. A mon tour, je pouvais profiter, m’avaient-elles dit, c’est un fait, j’ai eu chaud, mais quand même. Tout ça pour spa… Mes pensées gambergent d’une légèreté sans scrupule, il faudra que je mène ma petite enquête, car là, je n’ai pas de dictionnaire sous la main.

Je suis prête et place les assiettes et les couverts sur une belle nappe aux couleurs de l’arc-en-ciel, on va tous s’attabler à l’ombre, sur la terrasse où les bonnes odeurs arrivent, jouent dans nos narines et petit à petit ouvrent nos appétits… A propos de spa, je poserai la question à Marjo au repas de midi. Son nom est un diminutif de Marjolaine, ç’aurait pu venir de Marie-Josée aussi. C’est joli un nom de fleur comme prénom. Tiens, pour l’anecdote, elle m’a avoué un jour qu’elle a laissé tomber la fin car deux syllabes, elle trouva ça mieux et surtout qu’elle n’a jamais supporté la laine, elle a toujours eu trop chaud et ça la piquait, à ce qu’elle disait, et de ce fait, elle n’a jamais appris à tricoter non plus. Elle a une sœur, Rosa, que je ne connais pas, quand elle m’en parle elle dit que Rosa lit. Est-elle vraiment toujours plongée dans ses livres ou est-ce une boutade ? C’est vraiment très bien cette idée de spa avec cette location pour un weekend prolongé entre amies. Ça aurait pu vouloir dire « sortie plaisante et amicale ».

Pour répondre à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés de la récolte 8, et je ne pensais pas faire tout un plat autour d’un tout petit mot, que je n’ai d’abord pas vu, puis mal lu…

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Faudra-t-il taire cette conspiration jusqu’aux élections ?

Faudra-t-il taire cette conspiration jusqu’aux élections ?

Pourtant depuis qu’il s’est initié à dire la vérité, il a très fortement envie de dévoiler le truc. Sans trahir ses grands principes et à vouloir protéger la cachette, il n’a réussi qu’à percer le coffret, c’est tout ce qu’il a fait. Alors soudain, il fait un clin rapide de son œil gauche et dit chut de son index droit devant sa bouche, puis court pour fuir.  Polichinelle monte à l’échelle, mais un vent de liberté l’en fait tomber.

Pour répondre aux Plumes d’Asphodèle de la semaine chez Emilie avec les mots proposés sur le thème de la récolte: le secret, et tous les textes sont .

 

Palette et Plume d’expression fragile

Palette et Plume d’expression fragile

Pour nourrir l’âne, on devait aller chercher le foin,
Alors on a marché longtemps, pourtant ce n’était pas loin.
Là dans l’air brûlant de l’après-midi, elle a perdu ses escarpins,
Et les moustiques dansaient avec les maringouins,
Tourbillonnaient et nous piquaient avec soin sans besoin,
Tant et si bien qu’on a fini par arriver chez les pingouins.
Enfin, on vit leurs œufs.

Elle les a peints de couleurs vives, fallait voir ses frusques.
Trop pressée, elle faisait des mouvements brusques,
Puis se grattait la tête, mettait ses cheveux en lambrusques,
Lentement elle se grimait la face comme chez les étrusques,
Une envie soudaine de se donner un air de mollusque !?
Magnifique Apolline que rien n’offusque
Et n’émeut, ou juste un peu.

D’ailleurs il faudra la convaincre et qu’on l’emmène
Effectivement dans cette maison spéciale pour schizophrènes
Xénélasie exigée de ce monde par de méchantes graines.
Patiemment on en a déjà parlé de sa dégaine et de cette gêne
Ressentie, rarement appréciée de certains par dizaines.
Elle paraît prendre ces remarques comme une rengaine,
Semble se jouer de tout ce qui se dit autour de ça, l’inhumaine.
Seulement le jour viendra, elle sait, en est certaine,
Ici, avec les gens qui l’aiment, elle se sent forte comme un chêne
Oublie qu’elle n’est pas reine dans son domaine,
Nargue d’un pied de nez et fait un vœu.

Faut pas croire, elle se battra, se démènera l’énergumène.
Rien ne sera facile, faudra peut-être demander de l’aide urbaine.
A moins que… j’ai une idée ! aucune n’est vaine.
Gauchement, mais rapidement je lui tricoterai une mitaine
Illico elle l’enfilera voulant ressembler à Philomène
Lèvera la main et prendra, encore une fois, son air froid qui m’enchifrène,
En attendant, on ne fait pas toujours ce qu’on veut.

C’est ma participation à L’agenda Ironique de mai proposé et hébergé cette fois-ci chez Palette d’expressions et la Plume Fragile au rythme résonnant des mots perdus et retrouvés, imposés pas facile à placer avec une certaine idée d’Apollinaire, mais là on fait ce qu’on peut !

Ivre dans sa tête et l’air fantoche

Ivre dans sa tête et l’air fantoche,

elle laissait son esprit tanguer comme le corps des matelots sur un bateau dans la tempête. Elle savait broder, coudre et tricoter dans la divinité. Placée très jeune par ses parents pour des travaux manuels chez les uns et les autres, elle vécut longtemps comme ça, puis ils vieillirent et disparurent. Alors, elle n’est plus allée chez les uns ou les autres, erra dans les rues de la ville et s’installa près du théâtre, au bout du pont. Là-dessous, elle partageait sa bicoque de cartons et de chiffons. Et c’est une voiture dorée roulant à vive allure par une nuit d’été qui finit par la ramasser. On la reconnut à ses mitaines tricotées aux mains et elle avait laissé son petit stock de laines en pelotons et ses chaussons sous le pont.

Pour répondre à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés, et si le récit est triste, c’est que le ciel pleure ici.

Il fait encore froid ce soir

Il fait encore froid ce soir.

Si nous avions une cheminée, je crois qu’il aurait aimé allumer un bon feu, et j’aurais passé tout mon temps à admirer la flamme et la voir frôler la bûche, puis éclairer la pièce et la réchauffer et finir par consumer entièrement le morceau de bois. Au lieu de tout ça, il est allé prendre sa douche comme tous les soirs. Il est réapparu avec les cheveux encore mouillés qui froufroutaient sur le dessus de sa tête et, dans un réflexe habituel, il s’est assis devant son ordinateur. J’ai entendu le grincement de la roulette de sa souris qu’il actionne sans fin comme ça chaque soir, jusqu’à me donner le vertige. Il faudra que je le lui dise, gentiment, avec des mots trempés dans du sirop… seulement je n’en prends pas le risque ce soir, ce n’est pas le moment. J’ai simplement tendu le bras vers le duvet que j’ai étalé sur mes jambes et choisi de regarder un film d’horreur pour avoir d’autres frissons…

Pour répondre aux Petits Cahiers d’Emilie et aux Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et les mots proposés.

Point de départ

Tout peut être point de départ de quelque chose.

Ce matin était justement celui d’une fameuse journée. On s’était inscrit pour ce marathon et on avait rendez-vous à dix heures ce dimanche. Assises et silencieuses, nous étions détendues et soulagées d’avoir mené à terme ce défi. On était dans une attente confiante. Tout allait pour le mieux pour chacun, on était fier de participer. Avec les vacances scolaires d’avril et ce jour férié de début mai, ç’avait été un peu agité dans nos têtes et nos actions. Mais nos gestes avaient été précis et ordonnés, ç’avait été formidable à les entendre et on avait bouclé tout ça en un temps record. Une fois installé sur son support, notre ouvrage avait de la gueule. Oui, on peut le dire. Non ce n’était pas une sculpture en argile, je vous vois venir, pas un patchwork non plus, ni du tricot. C’est un livre d’une dizaine de pages découpé de nos quatre mains, avec du collage, de la peinture, des photos, des couleurs, du tissu et des brins de laines (ben oui, petite touche personnelle), etc… sans première ni dernière page, il n’y a pas de début ni fin, ça se regarde indéfiniment… on tourne en rond autour de la table où il est posé… très chouette, je vous dis « point de départ ».

Même si ces jours derniers, les brins de muguet ont été rendus chauves de leurs clochettes par un vent qui n’a pas cessé de mettre le cahot au dehors, c’est une évidence, la journée fut excellente. Notre espérance de cette grosse semaine avait payé. On est revenu avec un premier prix. Enfin, tous en ont eu un, mais nous avons été cités en premier parce que… bla bla bla… on avait pensé à un truc auquel personne d’autres n’avait pensé. Ça mis à part, c’était quand même la présence de tous, les sourires de chacun et cet élan de solidarité qui nous rassemblait, qui faisaient que ce jour fut tellement ensoleillé, comme si un remède avait débarrassé le ciel de ce phlegmon de nuages gris.

Pour répondre aux mots, une histoire chez Olivia et sa récolte-6 et pour parler du marathon de la créativité, avec une illustration d’une des dix pages de ce fameux livre. Celle-ci, d’après l’origine de GC, n’est pas encore finie sur la photo. C’est fou comme tous ces mots collaient bien à l’actualité de ma semaine !

Elle avait une petite étincelle au fond de ses yeux

Elle avait une petite étincelle au fond de ses yeux aussi vive que la flamme rouge du camion jaune de son petit fils.

Elle aimait la vie et passait des heures à contempler les enfants jouer et les gens discuter entre eux. Elle était discrète et n’avait cesse de sourire de les voir vivre ainsi. Cette « vieille branche » (c’est comme ça que ses amies de toujours la nommaient avec tendresse) était pourtant de santé précaire. Son cœur était fragile et elle savait qu’il ne faudrait pas grand chose pour qu’il se brise à jamais. Sans se plaindre et allant bon train, cette femme était empreinte d’une grande générosité et son combat le plus fort dans la vie, ça n’était de se garder en bonne forme pour elle-même, ni de veiller à la fragilité de son cœur. L’essentiel de sa vie c’était le bonheur des autres, de donner de la joie à ceux qui l’entouraient et de les préserver pour continuer à les regarder rire.

C’est ma participation aux mots, une histoire chez Olivia  dont la récolte des mots avait été pour beaucoup inspirée de l’incendie de Notre-Dame de Paris en début de semaine.