Oiseau d’aout

Oiseau d’aout. Il tapait le sol avec son bec, il cognait et heurtait la terre dure comme de la pierre. Ça résonnait terriblement sous les branchages.

Oiseau d'aout

Il s’acharnait et décollait juste un peu de poussière. Cherchait-il à boire ou un peu de nourriture? Il n’avait pas plu depuis longtemps. L’air était chaud et l’atmosphère écrasante. Son œil brillait mais ne me voyait pas. Il ne griffait pas le sol de ses pattes, son bec tapait simplement le sol avec entêtement.

Oiseau d'aout

Dans l’ombre des arbustes, j’admirais sa robe bleutée. Son plumage avait de jolis reflets roses sur la gorge et la tête. Soudain son seul œil visible eut des couleurs aquatiques, et l’oiseau se mit à picorer de plus en plus vite. Il suivait une procession de fourmis qui avaient pris possession d’une figue trop mûre tombée à terre. Il les engloutissait rapidement.

Oiseau d'aout

Je l’avais bien observé et j’ai vite crayonné les motifs qu’il avait sur les ailes pour ne pas les oublier. Je ne sais trop s’il était vraiment comme ça. J’ai trouvé à peu près les tissus aux couleurs de ses plumes.

Oiseau d'aout

Oui, il avait cette attitude là. Et la queue fine, bien droite et plus blanche que tout le reste du corps. Je broderai les feuillages qui l’abritaient, et quelques fourmis pour finir cet ouvrage comme les perles d’un trésor qu’il avait trouvé.

Oiseau d’Août pour répondre à Albine et sa belle collection d’oiseaux. Voici ceux de ce mois, .

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Mon plat préféré, ma gourmandise favorite, ma recette fétiche

Mon plat préféré, ma gourmandise favorite, ma recette fétiche, c’est ce dont il faut parler pour cette semaine pour les 53 billets en 2015;  j’aurais tendance à dire que ce sont trois choses bien distinctes pour moi.

Tiens voici d’abord deux dessous de plat qu’elle a taillés et poncés cet été, en fin de journée après le travail. Pyrogravure malgré la chaleur qu’il faisait encore bien tard le soir. Pour offrir et faire plaisir à deux copines à l’occasion de rencontres estivales.

Mon plat préféré c’est la choucroute, sans hésiter. Bien sûr par ce temps et cette chaleur d’été, on y pense pas beaucoup, mais l’automne et l’hiver vont revenir, et je me régalerai à nouveau. Je n’ai jamais essayé la choucroute de la mer. Sans doute, parce que je n’ai pas encore trouvé de poisson fumé assez fort. Pour moi, c’est du chou salé sorti de sa saumure cuit avec de la viande fumée, telle que saucisses (je préfère la Montbéliard à la Morteau), lard et palette (tous fumés) quand on est beaucoup, avec les patates aussi, évidemment. Je ne cuisine jamais ce chou salé autrement.

Ma gourmandise favorite, c’est le chausson aux pommes. C’est un délice pour moi et un bonheur, je crois.

Ma recette fétiche, c’est le tiramisu. C’est une copine qui m’a donné cette recette et c’est tellement facile à faire que je la suis régulièrement et l’ai modifiée à souhait. Je le fais dans un plat à bords hauts ou dans des verrines. Pour une boite de 250 grammes de mascarpone, il faut une vingtaine de biscuits à la cuillère de genre boudoirs, Un fond de café fort, quatre œufs et quatre cuillères à soupe de sucre en poudre. On aligne d’abord les boudoirs au fond du plat après les avoir trempés dans le café additionné d’un bouchon d’alcool fort (cognac ou rhum) ou pas. On monte les blancs en neige, on mélange les jaunes et le sucre, puis à la crème, et on associe délicatement ce mélange de crème aux blancs que l’on verse sur les boudoirs. Vous pouvez ajouter quelques fruits (framboises ou pêche coupée en dés ou grains de raisin frais épépinés et pelés) entre les boudoirs et la crème mélangée.

Cet article pour répondre cette semaine aux  53 billets en 2015 chez Agoaye , en toute liberté.

Si vous voulez me faire plaisir

Si vous voulez me faire plaisir, ne vous levez pas en même temps que moi le matin, j’aime prendre le temps de me réveiller et me considère comme agressée si je dois vous écouter et vous répondre de suite…

Si vous voulez me faire plaisir, laissez-moi aussi entendre la radio du matin… Ça rythme le début de ma journée et, de grâce si vous voulez vraiment me faire plaisir, ne touchez pas le bouton de la station.

Si vous voulez me faire plaisir, permettez que j’étale mon ouvrage sur la table et que je prenne la place qu’il me faut. Je sais que ce n’est pas toujours agréable de restreindre la sienne, mais j’aime profiter de la lumière. Les idées viennent avec le jour, et les fils ont de très belles couleurs. Mes yeux les voient mieux, sans doute.

Si vous voulez me faire plaisir

Si vous voulez me faire plaisir, ne me forcez pas à trop manger à cette saison. A cette chaleur, trois bouchées suffisent. Je boirai, je vous le promets, je boirai beaucoup d’eau tout au long de la journée. Apportez vos ouvrages, partageons nos idées, étalons nos tissus, découpons nos envies, y aura matière à manger, à croquer et à se nourrir.

Si vous voulez me faire plaisir, parlez-moi de vos promenades et vos lectures, décrivez-moi vos balades et vos romans. Emmenez-moi avec vos mots, emportez mon esprit sur vos traces, mes oreilles seront toutes ouïes. Montrons-nous nos croquis et leurs couleurs, nous les broderons de perles et de points avec bonheur.

Si vous voulez me faire plaisir, ne partez pas, restez tout près. Racontez-moi vos plus belles histoires sous les étoiles de la nuit. Parlez de tout, refaites le monde à votre gré. Gardez longtemps cette lueur de bonne humeur. Je perçois encore votre sourire et votre joie.

Quoi? Il ne fait pas nuit! Ben oui, je le vois bien puisque je suis avec toi ici! Mais elle reviendra, la nuit. Attends ici, et souris bon sens, on nous regarde. Vois! Tourne-toi vers l’ouest et quitte un peu ta lune, Vénus et Jupiter ne feront bientôt qu’une.

C’était juste pour répondre aux 53 billets en 2015 chez Agoaye en toute liberté.

Fallait la voir croiser le fil et courber le fer

Fallait la voir croiser le fil et courber le fer, « Facile » qu’elle disait avec un grand sourire,
Accrochant les boucles entre elles, Agile de ses doigts magnant les pinces
N’hésitant pas à cacher les extrémités dans les vrilles, N‘évitant rien pour les croquer
Ni le gros nez des uns, Ni les grandes oreilles des autres
Y en avait pour tout monde, « Yaka bien regarder les gens » qu’elle disait sans jamais vouloir froisser quelqu’un

Juste pour elle qui est venue nous rendre visite ce dimanche. Juste pour toi que j’aime.

Si un jour un fil dépasse d’une couture

Si un jour un fil dépasse d’une couture,
Et qu’arrive l’envie de tirer doucement dessus,
Ne le fais pas, disait maman, ne le fais pas,
Parce qu’un fil rebelle comme ça qui dépasse,
On ne va pas se voiler la face,
C’est pas toujours une couture mal cousue…

Si un jour un fil dépasse de son cœur,
Et que vient l’irrésistible tentation de tirer dessus,
Ne le faites pas, disait ma mère, ne le faites pas,
Parce qu’un fil qui dépasse comme ça,
Sur la poche avant de son pardessus,
C’est pas toujours une couture mal cousue…

Si un jour un fil dépasse d'une couture

J’ai saisi ce petit fil hirsute insignifiant
J’ai tiré encore et encore, délicatement,
C’est le fil de ton corps et de ta vie que tu vois là,
Dépassée, je n’en voyais pas le bout,
Une grosse bobine de fil qu’on déroule,
Un tricot qu’on détricote rang par rang…

Un fil dehors, un écheveau dedans,
Et plus je tirais, plus le fil se déroulait,
Ça ne se fait pas, que tu disais, ça ne se fait pas,
J’avais décousu peu à peu mon cœur,
Effiloché, pêle-mêle, un fil enchevêtré.

Si un jour un fil dépasse d'une couture

Le passé, le présent, le futur proche,
Mes peines tissées avec mes joies,
Mes passions brodées avec mes rêves,
On peut y laisser son âme et son corps à cette beauté là
Le fil de la vie sous toutes ses coutures.
Le cœur battu à plates coutures…

Au fil du temps, le cœur recousu,
Tiré à quatre épingles à ce que j’ai cru,
Juste un petit fil invisible à l’œil nu,
J’y fais attention, maintenant,  à ce petit truc-là
Un rêve qui ne tient qu’à ce fil,
Ça j’y tiens.

C’est ma participation au challenge AmeGraphique chez le carré jaune pour ce jeudi d’après le joli poème de Capucine, un billet illustré de mon « paillasson » de pied de biche et ma souris-dé pique-aiguilles.

Toute une nuit pour

Il lui avait fallu toute une vie pour réaliser son rêve. Il lui faudrait bien plus que toute une nuit pour terminer cet ouvrage!

Toute une nuit pour

Elle était penchée sur son ouvrage et le pinceau balayait la terre qui s’était accumulée sur la pierre tout au long des siècles, s’insinuant dans les pores les plus minuscules. Lorsque le nuage de poussière brune se dissipa, elle approcha ses yeux verts de la pierre, telle une myope inspectant son travail. Elle soupira et passa le dos de la main sur son front, s’efforçant de reprendre courage. Avant de s’y remettre, elle s’offrit une courte pause.

Elle tourna la tête et admira la pleine lune, se redressa et se passa la main plusieurs fois au milieu du dos où elle avait ressenti une douleur. La nuit était sans doute le moment qu’elle préférait pour travailler ici. Elle regarda sa montre. Il était déjà une heure du matin. Elle allait continuer encore une heure peut-être si son dos le lui permettait. Elle reprit son pinceau et se remit à épousseter. En voyant le nuage s’élever de ce pan de ruine, elle pensa que la prochaine fois, elle apporterait un masque. Ou le mieux, à son âge, c’était peut-être d’échapper à cette corvée et de se consacrer aux reliefs à l’autre bout de la pierre.

Elle leva les yeux. . Un halo de brume enveloppait l’astre. Demain, c’est sûr, il allait pleuvoir. Elle se releva, et cette fois-ci la douleur dans son dos fut plus forte. Elle sourit malgré tout et recula un peu pour apprécier ce qu’il restait à faire. Elle examinait l’ouvrage dans son ensemble et réalisait en fin de compte qu’il n’avait pas fallu plus de toute une vie pour que son corps soit transformé en baromètre.

C’est ma participation pour cette semaine au défi des 53 billets pour 2015 d’après ma lecture du moment (de « l’ultime secret du Christ » de Dos Santos) et ce détail d’un tableau que j’ai réalisé à l’aiguille, pour un autre défi de groupe à l’Atelier.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte.
Est-ce un cauchemar ou un mauvais conte? Il manque aujourd’hui trois moineaux, un pinson et quatre colombes. Certains tombent,
d’autres ont volé si haut, la nuit, volé si haut, les étourdis, qu’à l’aube ils n’ont plus trouvé trace de notre terre dans l’espace.
Pourvu qu’une étoile filante les prenne sur sa queue brillante et les ramène !
C’est leurs crayons qu’on a trouvés, j’ai insisté pourtant, je n’ai pas su les faire marcher
et cet oiseau que j’ai brodé ira sûrement les rechercher. Il fait si doux quand les oiseaux chantent pour nous.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

 

Pour 2015, Albine propose un nouveau défi dont le thème sera L’OISEAU… Vaste programme, ajoute-t-elle. Elle précise et étend le sujet à la nature… la mythologie… la peinture… la sculpture…  avec l’oiseau d’ici et d’ailleurs. Elle parle de variété… même si le choix est peut être difficile… Les techniques à utiliser pourront être la broderie… la peinture… l’application… le patchwork… l’impression du tissu… l’art textile, avec une multitude de possibilités et d’interprétations pour que les petits doigts fassent des merveilles. Elle prévoit que pour Janvier la date est fixée au 25. Les photos seront postées sur les blogs et pour celles qui n’en ont pas, elle se fera un plaisir de les recevoir.

Le matin compte ses oiseaux et ne retrouve pas son compte

 

Cette première participation m’est inspirée par l’oiseau dans les dessins de Geninne, là.