Une agilité qui collait parfaitement avec sa nouvelle personnalité

Elle avait agi avec une agilité qui collait parfaitement avec sa nouvelle personnalité.

Depuis son retour, elle avait changé, mais on ne s’en étonnait pas vraiment, elle était tellement serviable.
Seulement aujourd’hui, tout le monde l’a vue partir en ambulance.

Ça s’est passé lors d’une maintenance logicielle, chez un particulier.
Se sent-elle dans l’illégalité ?
Elle a mal tourné, c’est sûr, mais personne ne semblait s’en tracasser jusqu’à maintenant, car elle a gardé son visage innocent.
Dans une toute autre localité, elle aurait risqué la potence, mais dans notre contrée, tout devait se faire en douceur.

C’est à l’étranger, dans une ferme gallicole, qu’elle avait acquis ce savoir-faire carrément fou, à manipuler l’électricité sans provoquer aucune blessure visible.
Mais profonde était la douleur. Les cris des animaux en ce lieu étaient si perçants et différents que nul n’entendait une variante.
Elle avait continué ensuite sur ses amants. Selon un processus dynamique et au cours de pratiques intimes, elle était arrivée à les amener dans une pulsion ultime au paroxysme du priapisme. Ils en étaient morts bien sûr.

Elle disait avoir vécu sa vie là-bas comme dans un songe sur cet îlot lointain. Avait-elle vraiment tout oublié ?
Elle avait décrit l’endroit calme où l’odeur d’œillet et d’armoise envahissait l’air en été et semblait persister en hiver. On aurait pu la croire seule. Avec toutes ces bestioles, ça n’étonnait personne !?

Elle y avait également travaillé à récolter l’écorce des arbres, avec des outils spéciaux. Une fois taillée finement, roulée et ligotée fermement, celle-ci devait être trempée dans l’eau jusqu’à ce qu’elle prenne cette couleur de meringue.
Était-ce uniquement l’eau qui lui donnait cette couleur ?
Elle avait omis de raconter ce qu’elle avait fait subir au personnel intérimaire et permanent qui avaient disparus petit à petit de cet îlot sous prétexte qu’ils ne s’y plaisaient plus.

La dernière personne qui avait tout découvert et qui aurait pu tout dire, avait subi le même sort que les autres, et avait été enterrée dans le grand verger, sous un arbre qui donnait aujourd’hui les plus beaux fruits destinés à l’export.
Quelqu’un allait s’en étonner un jour, c’était une évidence, non ? Car celle-là, par contre, avait eu la bonne idée de tout écrire dans son journal qu’elle avait enfoui dans un coffre métallique sous ce même arbre, avant d’y être à son tour.

Avec beaucoup de plaisir j’ai mêlé ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots de la récolte 35 ( fruit, ambulance, électricité, meringue, écorce, armoise, innocent, douceur, retour, potence et priapisme ), à  l’atelier 111 chez Ghislaine avec les mots proposés ( blessure, étranger, songe, fou, tourner, subir, écrire, savoir ) et au moins 5 commençant par P ( pulsion, provoquer, prétexte, particulier, parfaitement ), et à l’anagramme de collégiale chez Violette (comme illégalité, logicielle, gallicole, localité, agilité, celle-là, collait, ligotée, taillée, œillet, îlot).