Prendre le temps et regarder les gens

Prendre le temps et regarder les gens.

Ce matin je suis en gare et j’attends que la grisaille se lève. Les horaires ne sont pas affichés. Ou plutôt si, mais c’est un vrai capharnaüm ici. Les destinations et les heures sont mélangées. Le premier élément de la première colonne correspond au deuxième élément de la deuxième colonne. Et ainsi de suite, et ce grand tableau comporte une bonne dizaine de colonnes et autant de lignes. L’ordinateur qui travaille dans cette boite a-t-il voulu nous taquiner un peu ? Bien sûr, je comprends que j’ai raté mon train.
Laisser alors les trains et le temps passer, c’est un peu procrastiner ! Dans cette gare grise, il y a autant de quais que de lettres dans notre alphabet et les voyageurs, à l’heure qu’il est, sont innombrables. L’humeur est grise, un peu comme sur les photos d’antan. Certains sont perdus, affolés, circulent en tous sens, d’autres, qui ont pigé le truc, maintenant sans doute, restent sur place et laissent les premiers danser. Le fou-rire me prend.
Le gamin à côté de moi se met à rire lui-aussi et agite le petit drapeau qu’il tient dans sa main libre, l’autre étant fourrée dans celle de sa mère. Elle lui sourit. Ils ont de jolis T-shirts décorés sur le devant. Un bel ara multicolore précédé d’un L majuscule orne le sien, et un arc d’indien précédé d’un M embellit celui du petit. On peut deviner leurs prénoms. Je regarde celui du mari, qui leur sourit à son tour, il est orné un grand C suivi d’un éléphant caché dans un arrosoir. Là je reste perplexe.

Pour répondre à Des mots, une histoire chez Olivia avec les mots récoltés de la semaine : procrastiner – drapeau – ara – boîte – séparément – capharnaüm – taquiner