Des mots dits et une histoire chez Olivia

des mots dits et une histoire chez Olivia

La canicule plombe l’atmosphère cette semaine encore, et je reste au frais dans la cuisine dont la large porte-fenêtre s’ouvre au nord et donne directement sur le jardin ensoleillé. Avec ses rosiers, hortensias et buddleias tous fleuris, et le gros figuier portant ses fruits presque mûrs et étendant largement son ombre sur la pelouse, ç’aurait pu être comme un conte de fées ce weekend, s’il n’y avait pas eu ce clébard qui aboyait chez les voisins depuis vendredi soir. C’est comme ça toutes les fins de semaine quand il fait beau. Ils partent et se moquent pas mal de l’animal.

Alors, fatiguée de l’entendre, je suis allée avec mon arrosoir plein d’eau fraîche pour vérifier s’il avait à boire. Mais il avait tourné tant et tant de fois autour du piquet qu’il avait raccourci sa longueur de corde et ne pouvait plus atteindre son auge dont l’eau s’était évaporée. Quelle misère ! Et quelle odeur ! son enclos, jamais nettoyé, est un vrai crottoir. Il ne faut pas être expert en la matière pour constater que ce chien n’est pas aimé de ses maîtres.

J’ai hésité, puis j’ai ouvert la porte. La pauvre bête n’aboyait plus, se tenait plutôt tranquille, soufflait fort et souffrait terriblement apparemment. Je suis rentrée à côté de lui, mais sa corde était trop entortillée et je ne pouvais pas défaire tous ces nœuds sans tirer sur le cou de l’animal et lui faire mal. Je le détachai. Merde, je n’avais pas refermé la porte derrière moi et il s’est barré, le con… pour aller se rouler dans l’herbe fraîche sous les arbres. Ah oui, comme je le comprends. Ça y est la corde est dénouée… et le toutou revient à toute vitesse et me saute dessus sans que je puisse me protéger… Patatras… puis se retourne vers l’auge que j’ai remplie et lape, lape tant qu’il peut.

Bon, je suis toute sale, mais il est revenu et je peux le laisser là, rassurée. Comment ne pas s’émouvoir de ce gros merci chavirant.

C’est pour répondre à des mots dits et une histoire chez Olivia avec les mots proposés et en pensant à tous les êtres vivants touchés par la canicule de ce début d’été, et les textes des autres participants sont là.

18 réflexions sur “Des mots dits et une histoire chez Olivia

    • Merci Olivia 😉 je dirais que pour ce chien, en vrai, ce fut « une délivrance », je sais c’est moche de parler comme ça, enfin non, ce sont ses maîtres qui sont très moches !
      Je ne sais pas pourquoi, mais c’est souvent comme ça: un des mots m’interpelle plus particulièrement et le texte se construit autour. A bientôt

  1. ceux qui n’aiment pas les animaux n’aiment pas les humains et vice versa …tandis que nos amis les  » bêtes » aiment sans besoin de retour , c’est pur !
    Bonne nuit Cath sans aboiements ( j’ai vécu aussi souvent ce cas )
    😘

    • Je pense qu’on ne se rend pas toujours compte, quand on adopte un animal de compagnie, de la responsabilité, de la tâche et du coût qui incombent 😉 Merci Juliette, la nuit a été douce, et orageuse dans le ciel, et c’est un bonheur de déjeuner à la fraîche.

  2. Ce pourrait être une histoire vraie. Il doit y avoir beaucoup d’animaux qui sont livrés à eux-mêmes pendant que leurs maîtres batifolent ailleurs. Le pire, c’est de constater que leur chien ne leur en veut pas une seconde de ces abandons. Qu’ils partent une heure ou deux jours, leur joie de les retrouver est la même. Joli texte. Bisous.

    • Merci MJo 😉 mais j’en veux quand même à ces maîtres qui ne savent pas combien j’ai de siestes écourtées, depuis que je suis en retraite, à cause de leur clébard.

      • Ah mais c’est donc vrai ce que tu as écrit ? Ah les saligauds ! Mais comment empêcher un chien de faire son boulot ? Difficile quand les maîtres ne sont pas là de leur expliquer qu’il ne faut pas aboyer après tout ce qui bouge. Nous avions un petit labrit des Pyrénées. Un gardien de première. Pas de brebis à l’horizon pourtant mais le facteur qui est à la retraite depuis longtemps doit s’en rappeler. Ah bazar ! Patiou, c’était son nom, était content puisqu’on le faisait entrer dans la maison et qu’il pouvait se prélasser sur mes tapis…en y laissant pas mal de poils ! Oh bazar ! On a usé de plusieurs systèmes pour l’empêcher de regarder sur la rue, une impasse où peu de voitures se fourvoyaient. Heureusement les chiens reconnaissent très vite les moteurs des voisins. Fallait pas changer de voiture, c’est tout ! 😀 allez, bonne sieste. Une chose que je ne fais jamais. Je n’arrive pas à dormir en dehors des heures « adéquates » 😂 bisous.

      • La sieste, c’est une boutade MJo 😉 c’est synonyme de « tranquillité » et j’aime quand même bien qu’on respecte ma tranquillité, comme prendre un bouquin, un ouvrage et en profiter dans le calme d’une musique douce.

    • Ce sont mes enfants qui ont vécu à peu près cette même histoire en rentrant de la fête de l’école, mais la fin est beaucoup plus triste et je voulais m’émouvoir sur quelque chose de beau, juste pour penser que ce chien avait été heureux au moins une fois 😉 Merci Adrienne

  3. Pingback: Je ne m’attendais pas – Olivia Billington

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