Fabriquer une marionnette

Ingrédients pour passer de bonnes vacances, fabriquer une marionnette et profiter de la vie.

Mémé, pourquoi doit-on faire la sieste ?
Alors, on n’est pas obligé de dormir
Rarement, mais là je pense à rien
Ici, en vacances, pleuvra-t-il demain ?
Oh des mots comme ça, je dois pas les dire
Non, jamais « hop ton père »
N’empêche que ça ressemble à « N’ta mère »
Et pourra-t-on avoir de la glace au dessert ?
Trop de temps à discuter ! je réponds et toi, tu contestes.
Tricotes-tu, Mémé,ou fais-tu la sieste toi-aussi ?
Et diras-tu à mes parents que j’ai été sage et gentil ?

Tranche de vie pour acrostiche, prendre le temps de profiter de la vie et fabriquer une marionnette.

Fabuleuse ambiance du mois chaud

Fabuleuse ambiance du mois chaud s’est estompée,

la maison s’est vidée, les deux A sont arrivées, venues hier soir pour souper, les mains chargées, une pour le père, une pour la mère, il a tout sifflé, elle a partagé, ils ont apprécié, et pour discuter avec N surtout, qui était là depuis peu elle-aussi, mettre au point certaines choses et écouter pour réussir leur voyage et leurs vacances, puis partir sous l’orage et la pluie de la nuit. On a parlé de mémoires, on a souri de nos histoires, elle a demandé à les avoir et j’ai cherché, n’ai rien trouvé, en ai rêvé, n’ai pas dormi. Seule la pluie est restée ce matin et apporte la fraîcheur dans l’air et dans ma tête. Pain et café chauds, idées fraîches et nouvelles recherches, grand sac coincé dans petit coin, perles brodées sur velours défraîchi à raccourcir. L’autre N va être contente, depuis deux ans allait nue sans doute.

Aujourd’hui 21 juillet

Aujourd’hui 21 juillet, tout est préparé depuis si longtemps…


Concentré et toujours au même rythme, il exécute à nouveau, face à son coéquipier comme dans un miroir, les mêmes gestes pour la centième ou millième fois peut-être.
Seulement, ce n’est plus une répétition, c’est pour de bon et la dernière fois.
Sans voir, il sait que la ruche des photographes et journalistes est là sur le pont prête à saisir et immortaliser le plus original des clichés et que les humains terriens rêvent d’eux et les envient.
Quand il ajuste et verrouille la fermeture de sa combinaison au niveau du cou, il perçoit des senteurs légères de verveine et citron. L’eau de toilette préférée de son épouse dont il a emporté deux ou trois gouttes avec lui rien que pour ce jour. Il prend soudain conscience de son absence.
Toujours discrète et tellement peu exigeante, elle n’avait émis qu’une seule doléance avant son départ : « Là-haut, pense aux enfants du monde entier ». Ça allait être un événement pour tous, dont ils allaient être les vedettes, mais pour que ce moment soit juste de lui à elle, il lui avait fait livrer, ce jour-même, un bouquet de roses rouges et de lys blancs. La fleuriste du coin de l’avenue était-elle sur le pas de leur porte à cet instant ?
Trente secondes avait suffi pour penser à elle. Il respira en fermant les yeux, vit le regard interrogateur de son collègue en les ouvrant et lui sourit. Il était prêt et fit un geste de la main pour dire OK. Il se remémorait déjà les actions qu’il aurait à faire et la phrase qu’il devait dire lorsqu’il poserait le pied sur la lune. Il se devait d’être l’interprète de toute une équipe et d’une nation dans cette mission devant des milliards de spectateurs.

C’est ma participation à des mots, une histoire chez Olivia avec les mots proposés de la récolte 11, comme Apollo11 car c’est ça qui m’a inspiré, illustrée de bleu comme la Terre que voyaient ces cosmonautes, il y a cinquante ans déjà.

Ah j’en ai connues des lunes

Ah j’en ai connues des lunes…

L’une et l’autre se ressemblent vraiment, tellement pareilles, quasi identiques,
L’autre lune est plus grande et grosse, volatile et liquide, presque élastique
Blanche et bleue et fort sympathique.

Toutes trois se tournent autour depuis toujours sur des orbites concentriques,
Les jumelles dans un sens et l’autre dans l’autre, à des distances kilométriques
Comme des êtres excentriques.

L’une et l’autre en lucioles évoluent au-dessus du sol
L’autre lune si énorme ne montre d’une partie de sa fiole,
Juste une coupole.

Fallait-il être jobastre pour venir ici sur l’aire et vivre sur cet astre.
Au début ça m’a flanqué les boules et des coups dans l’hypogastre,
Mais avec quelques piastres, on y est arrivé sans trop de désastres.

L’important ce n’est pas d’où l’on vient, de Castres ou d’ailleurs
C’est d’être bien à l’intérieur, et respirer à pleins poumons un air meilleur
Pour être gai dans notre cœur.

« Surprise » m’avait-il dit et me l’avait promis pour mon anniversaire,
Dam’ sans penser à la pierre angulaire, j’espérais pas plus qu’une soirée culinaire,
Mais trois lunes à la fois, et la lumière à mes pieds, quelle affaire
Car depuis, nous vivons sur Sol’aire.

Je n’ai rien demandé, et sans la décrocher, il a su m’y emmener,
Loin de ce monde vain, quand d’autres y sont restés et peuvent tous aboyer,
Mais à ce roc doré, mon cœur s’est accroché,
Et reste énamouré.

Si pour être en équilibre, il faut trois pattes à un canard
Ou pour sembler heureux, se goberger de caviar,
Pour moi, c’est simple, pas compliqué et sans homard
ce sera choucroute au lard… et beaucoup d’art.

Le hasard nous a déposés là, au gré des vents et sans tourment.
Nous sommes partis avec un chien, un chat et avons eu trois enfants
Un noir, un blanc et le troisième, j’sais plus comment,
On a plus la forme d’antan, mais avant c’était avant assurément,
Et tous sont bien contents, puisqu’ils ont fait nos petits-enfants.

Ce dont j’vous cause, c’est y a longtemps, car aujourd’hui
Les lunes sont là en plein midi et même la nuit… pour faire joli
Dans le décor. Le sol, l’aire et l’air en sont remplis
De gens d’ici, des autres d’ailleurs et ceux qui rient
Et moi je prie

Je n’ai rien pris, il a suffit d’un pas, un pas de toi vers moi, et un de moi vers toi, nos doigts levés montraient ce là, pour un voyage de miel on y rêvait déjà. Quand l’un posa le pied, l’autre l’a suivi, toi et moi ici de là-bas partis.
Pourtant le 21 ils étaient trois, partis de là et aluner ici. Ils parlèrent d’un sol gris et tout dégarni, ils n’ont pas vu tout ce qu’on voit, surtout celle-là, toute verte à deux pas, et qu’il y en avait trois.
Au fait, trois quoi ? Trois lunes ? trois astres ? trois pas ? Les valeurs d’ici on ne les connait pas, mais en tous cas, on est tous là, venus y vivre et on mourra. Loin de tout ça, Belle Bleue là-bas, on la voit notre Terre d’avant derrière nos toits.

Ce sera ma participation à l’Agenda Ironique de Juillet en hymne à la Lune proposée par Louise deMathurinades. En illustration, quatre petits falzars que j’ai cousus pour cacher quatre petits pétards. Ah j’en ai connues des lunes !

et les autres textes sont là.

Une île sur laquelle une petite communauté vit

Une île sur laquelle une petite communauté vit

de la pêche, de la vigne, des oliviers et des câpriers, à l’écart du fracas du monde. Jusqu’au jour où trois cadavres s’échouent sur les rives. Que faire d’eux ? Bousculés dans leur tranquillité, les habitants se trouvent alors face à des choix qui révèlent leur petitesse, leur humanité ou leur égoïsme.
Roman policier tout autant que conte philosophique, l’Archipel du Chien s’inscrit dans la veine des Âmes grises et du Rapport de Brodeck.

Ce sont les mots que l’on peut lire sur la quatrième page de couverture. Et voici un petit extrait :

… Le Curé, qui avait ôté ses culs de bouteille vitrifiés par la vapeur glacée, voulut faire disparaître ce regard vide, si peu humain, et avant même que le Maire pût l’en empêcher, il tenta de faire glisser les paupières sur les yeux morts sans songer que son geste était vain puisque la chair du malheureux avait désormais acquis la dureté du marbre.
Et ce à quoi le Curé n’avait pas songé non plus, c’est que la peau de ses doigts se collerait en un millième de seconde aux grands yeux blancs, le froid agissant comme le plus efficace des glus, et il se retrouva donc avec la pulpe du pouce et du majeur de sa main droite soudée aux billes pâles.
Il émit un petit gémissement, de peur et de surprise, et essaya de retirer sa main mais ses deux doigts demeuraient attachés aux yeux du mort. La panique ne lui fit pas entendre ce que disait le Maire, qui lui ordonnait en hurlant de ne surtout rien faire, de ne pas bouger et demandait au Spadon d’aller vite chercher un broc d’eau chaude : d’un geste sec du bras et dans une cri de douleur, le Curé arracha ses doigts du cadavre.
On vit alors une chose qui parut à tous irréelle et fantastique : un visage mort, d’un noir tirant sur le gris, couvert de cheveux crépus blancs de givre, dont les yeux soudain se mirent à pleurer des larmes de sang que le froid immédiatement figea en de minuscules perles écarlates.

Pour parler de l’Archipel du Chien de Philippe Claudel et montrer ma couverture de la canicule aux couleurs de l’océan.

Des mots dits et une histoire chez Olivia

des mots dits et une histoire chez Olivia

La canicule plombe l’atmosphère cette semaine encore, et je reste au frais dans la cuisine dont la large porte-fenêtre s’ouvre au nord et donne directement sur le jardin ensoleillé. Avec ses rosiers, hortensias et buddleias tous fleuris, et le gros figuier portant ses fruits presque mûrs et étendant largement son ombre sur la pelouse, ç’aurait pu être comme un conte de fées ce weekend, s’il n’y avait pas eu ce clébard qui aboyait chez les voisins depuis vendredi soir. C’est comme ça toutes les fins de semaine quand il fait beau. Ils partent et se moquent pas mal de l’animal.

Alors, fatiguée de l’entendre, je suis allée avec mon arrosoir plein d’eau fraîche pour vérifier s’il avait à boire. Mais il avait tourné tant et tant de fois autour du piquet qu’il avait raccourci sa longueur de corde et ne pouvait plus atteindre son auge dont l’eau s’était évaporée. Quelle misère ! Et quelle odeur ! son enclos, jamais nettoyé, est un vrai crottoir. Il ne faut pas être expert en la matière pour constater que ce chien n’est pas aimé de ses maîtres.

J’ai hésité, puis j’ai ouvert la porte. La pauvre bête n’aboyait plus, se tenait plutôt tranquille, soufflait fort et souffrait terriblement apparemment. Je suis rentrée à côté de lui, mais sa corde était trop entortillée et je ne pouvais pas défaire tous ces nœuds sans tirer sur le cou de l’animal et lui faire mal. Je le détachai. Merde, je n’avais pas refermé la porte derrière moi et il s’est barré, le con… pour aller se rouler dans l’herbe fraîche sous les arbres. Ah oui, comme je le comprends. Ça y est la corde est dénouée… et le toutou revient à toute vitesse et me saute dessus sans que je puisse me protéger… Patatras… puis se retourne vers l’auge que j’ai remplie et lape, lape tant qu’il peut.

Bon, je suis toute sale, mais il est revenu et je peux le laisser là, rassurée. Comment ne pas s’émouvoir de ce gros merci chavirant.

C’est pour répondre à des mots dits et une histoire chez Olivia avec les mots proposés et en pensant à tous les êtres vivants touchés par la canicule de ce début d’été, et les textes des autres participants sont là.