Le boulet

Le boulet


Les ouvrages sont ainsi, certains traînent dans les paniers
Et tardent à être terminés.
Bien que la couleur plaise énormément,
Ou que le fil soit de bonne qualité,
Une non-envie de continuer s’installe et dure…
Le tricot devient boulet, est laissé de côté,
Enfoui dans un sac profond, et oublié,
Tandis que les jours passent et les saisons reviennent…

Je viens d’ouvrir le sac et de ressortir le seul morceau… ah oui, en effet, je n’étais pas allée bien loin. Un dos, même pas fini !
Et finalement je me suis attelée, ai mesuré à nouveau et commencé les devants de ce gilet, oui oui ensemble, avec quelques rais de côtes sur le côté presque sous les bras, pour « donner de l’aisance », et aujourd’hui, je fais les manches en demi-raglan.
Je souris, car je ne suis pas la seule à avoir des boulets dans mes sacs, voyez.

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15 réflexions sur “Le boulet

  1. Pingback: Patience active – patchcath

  2. Bel effort que de sortir de l’ombre ce boulet qui ne demandait qu’à y rester. Comme quoi tout vient à point …
    Bonne continuation à toi et merci pour le lien 😉

  3. Il n’y a pas que la laine … j’ai tant de boulets qui me traînent dans la tête, des mots à tricoter qui restent là, inutiles … jusqu’au moment qui sans raison véritable me pousse à rouvrir ma tablette et me remettre à l’ouvrage.
    N’avons-nous pas tous nos boulets ?

    • Oui, André, il y en a de toutes sortes, mais les encombrants se voient 😉 Chez moi c’est textile mais il y a des blocs que je ne jetterai pas non plus, où j’ai croqué des idées ;-)Des idées de tout, avec des mots et des dessins.

  4. Tailleurs de pierre

    Vous avez peut-être vu le thème que j’ai proposé de façon un peu rapide: « Analyse structurale et métapsychologie ». Ça peut sembler un peu rébarbatif. Mais c’est pour donner le ton! Vous savez peut-être que ça fait soixante ans que je suis interné, jour et nuit. Une sorte d’expé- rience! Bien que ce mot soit un peu frelaté. Notre ami Henri Maldiney parle souvent, dans ses livres, de quelque chose qui l’avait beaucoup séduit: une réflexion d’Eschyle: « patei matos ». Ça doit vouloir dire: « C’est par l’épreuve qu’on apprend quelque chose, qu’on peut articuler quelque chose ». Dans l’épreuve ne veut pas dire faire des prouesses, mais une sorte de patience, « au jour le jour, à la nuit la nuit », comme l’écrivait Jacques Prévert! Ce n’est pas toujours très glorieux d’être là jour et nuit; il y a de tout. En réalité je n’ose pas employer des mots comme « expérience ». C’est par l’épreuve de tous les jours… Je dis souvent que ce qui est en question c’est une sorte de « patience active ». On peut accoler ces deux termes. J’avais trouvé d’ailleurs une logique similaire dans un séminaire à Saint-Anne (que je fais maintenant depuis 28 ans; c’est incoercible, je ne peux pas m’arrêter; une fois par mois de 21h à 23h30). Dans les premières années un type était venu, par hasard. Il est venu deux ans, trois ans. Puis il m’a écrit. Comme d’habitude je n’ai pas répondu. Il a insisté. C’était Damien Cru, un « pierreux », un tailleur de pierre. « Pourquoi je suis resté? Apparemment ça n’a rien à voir avec mon métier, mais c’est la même logique que la logique des tailleurs de pierre. » Alors je lui ai dit de faire, un soir, le séminaire à ma place. Magnifique! Un soir, il nous a parlé « pierreux ». C’est un langage. Il disait que – quand c’est encore possible à condition de ne pas avoir la bureaucratie derrière soi – l’équipe des pierreux, quand ils avaient une façade à refaire, ce qui est très délicat (il faut sept ans de formation), ils restaient une semaine, devant, sans rien faire. Apparemment sans rien faire – à condition qu’on ne les dérange pas. A parler de tout et de rien. De temps en temps de la façade. Mais très peu. Puis au bout d’une semaine, parfois plus, parfois moins : « Allons-y ».
    Chaque pierreux avec ses propres outils qu’il fabriquait lui-même: une boîte à outils personnelle. C’est très important d’avoir des instruments adaptés à sa main, d’avoir les échafaudages adaptés pour les grands, les petits et les gros, afin d’éviter les accidents mortels! Et pour éviter, comme ils disaient en langage de pierreux, d’envoyer le caillou au cimetière. Pour ça il faut « louper », c’est-à-dire regarder, tranquillement, pendant huit jours; et après, ça y est, c’est juste là! On n’envoie pas le caillou au cimetière… Ça m’avait frappé. C’est vrai que c’est la même logique! Quand on est en train de « louper » la façade, c’est ce que j’appelle la « patience active ». Ça gagne du temps. Ce n’est pas en ordonnant des trucs qu’on gagne du temps; au contraire, on s’emmêle dans ce qui va se présenter par « hasard ». C’est un mot un peu frelaté aussi; il vaut mieux dire « inattendu ». Et là ça vient d’une façon extrêmement précise; ça y est, on y est! Alors il faut transposer toute cette affaire. Moi, je ne suis pas un pierreux, je n’y connais rien. J’esquinterais la façade en cinq minutes! Il ne s’agit donc pas d’une attente quelconque mais de « patience active ». Et il se passe des choses, à condition de ne pas vouloir tout réglementer, de tout mettre en fiche, de tout « DSM-iser ». Je vais vous le dire tout de suite: toutes ces imbécilités, toutes ces classifications sont faites pour les assurances mais pas pour la psychiatrie… C’est un peu dans ce sens-là que je parle de la « patience active ».

    Jean Oury

    • Oh Merci Jo (as-tu vu que ce sont les initiales de ce Jean Oury ?)
      « Patience active » comme c’est bien expliqué et comme ça me plait.
      Plus de honte, ni de complexe ! ça me donne presque un élan nouveau… 😉
      Belle journée

      • Oui, c’est rigolo pour les initiales, je n’avais pas noté cette petite particularité.
        Chouette pour l’élan nouveau. Comme quoi, suivant de quel angle on se place… 😉 😀
        Bises bises.

  5. Oh, boulet ? Pour ma part, j’ai un ouvrage en cours que je pourrais considérer comme fini si ce n’est que le désir d’en faire un petit « chef d’oeuvre » me fait différer en attendant l’inspiration et le passage à sa réalisation. Je préfère dire que c’est une construction en voie d’inspiration plutôt qu’un boulet, car l’idée flotte, légère, en attente de sa maturation, dans le plus profond des silences de recueillement.
    Connais-tu Jean Oury ? Il a écrit un texte sur les tailleurs de pierre qui est d’une grande sagesse. Je te le transmets dans un second commentaire. Tu comprendras pourquoi en le lisant.
    Belle journée Patchcath.

    • Ah oui, quand c’est un chef d’oeuvre, il peut attendre, mais je fais une différence avec un ouvrage devenu boulet parce que quand je l’ai commencé, il était utile ! 😉 Merci Jo, je vais lire le pavé de Jean Oury

    • à condition de les finir ou de les transformer, sinon on est vite envahit par les paniers et les sacs qui les contiennent 😉 mais celui-ci avance bien, est-ce le fait d’en avoir parlé ?

      • Jo (Bougon) me dit que ça s’appelle la « patience active » 😉 j’aime mieux cette image positive, c’est subitement moins moche et plus léger ! et tu as doublement raison Max Louis 😉 puisque… l’ouvrage est presque terminé

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