Respecter les traditions

C’est qu’elle avait passé sa vie sans suivre les habitudes ni respecter les traditions de la vallée…
Hop, aujourd’hui encore elle décidait sans hésiter et bourra sa nuisette dans un coin de valise.
Après les noirs tréfonds de la loose qu’elle avait connue suite aux assises
N’oubliant pas l’abonnement au trente-sixième du quai des orfèvres qu’elle avait eu
Désormais elle allait aspirer la vie qui lui restait, musarder sans doute, respirer un peu plus
Et effacer de sa tête cet envers du décor. Une arnaque encore ? ou une arcane enfin !
La main gauche rajusta sa bretelle et la droite glissa dans sa poche de tablier, sans s’affoler.
Elle chercha, farfouilla et trouva une fève. Elle la tint. Une envie de sucré lui vint soudain.
Une caresse en passant sur un tarabiscot qu’elle avait toujours vu là
Ronronnant comme un chat et savourant déjà les crêpes qu’elle ferait ce soir loin du froid.

Cet acrostiche et une grosse envie de crêpes pour répondre aux Cahiers d’Emilie et Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et des mots proposés.

La recette de la jumeleine

La recette de la jumeleine

La recette de la jumeleine

La vraie recette, je doute que quelqu’un la connaisse réellement bientôt…
Ah il y a bien celle de la rouste, qu’on reçoit un peu trop vite pour l’avoir goûtée trop tôt.
Rares sont ceux qui oseront parler des lilas, des « je t’aime » et des frites chez Eugène
Et bien là, ça vaut le cinéma en semaine car je vous parlerai de mes jumeleins et jumeleine.
C’est pas que je sois spécialiste, ai creusé la chose, non, ils m’ont été offerts par la vie,
Et ça n’a rien à voir avec la laine, bien que ce soit doux et le plus gros de mes penchants.
Tout est venu subitement, c’était l’année de mes soixante ans,
Trente ans s’étaient écoulés depuis ma primiparentalité assouvie et suivie.
En cette année donc, mes aînées eurent alors la même idée,
Deux d’entre elles, à six mois d’intervalles, commandèrent un bébé
Et deux ans plus tard, leur vint la même envie.
Juste qu’en première cavale le cadeau de la vie m’offrit deux cousins jumeleins,
Une seconde expérience m’apporta une poupoule et un poulain germains.
Mémé que je devins, fut comblée de ces petits biens, j’admirai leurs doigts, leurs mains…
Et depuis qu’ils grandissent, Jumala se nourrit de leurs mots malins et regards coquins,
Liens devenus passion, derrière cette fantaisie, énorme réminiscence du lien maternel,
Émotion, la plus innocente des origines, aspect charmant d’un fantasme réel.
Ici, saveur du moment, odeur du bonheur, pour sûr qu’homo sapiens est un croque mitaine,
N’ignorant pas la mauvaise haleine des juments et des baleines, ni celle des bas de laine.
Et si, chez vous, la clef reste introuvable, voyez Red Hat ou Pinocchio, ils vous conteront la vie.

Cet acrostiche pour répondre à l’Agenda Ironique de Janvier sur une idée de Carnets Paresseux ici et là, et clin d’oeil à celui de l’Aönd, douce prose illustrée de mes dernières mitaines dont le modèle est ici.

La grande traversée

Mémé s’est réveillée tôt ce matin pour la grande traversée.

Comme tous les matins, elle ouvrit les volets et les fit claquer sur le mur de deux grosses poussées de main pour aérer sa chambre, revint faire son lit et tapota longuement son traversin et l’énorme édredon aux motifs fleuris.

Quand elle retourna vers la fenêtre, les rayons du soleil pointaient juste à l’horizon, la vallée était noyée sous les nuages, les lueurs roses et bleues de l’aube coloraient cet océan cotonneux. Neptune allait pouvoir étendre la grande voilure. La tempe appuyée sur le chambranle, elle resta là derrière la vitre close un instant, admirant ce désert luisant et mystérieux. On ne voyait pas le bout du jardin ni son portail et encore moins la petite passerelle recouverte de mousse qui donnait sur la rue.

Un chien aboya soudain, un froncement d’inquiétude sur son front accentua ses rides. En une enjambée, elle passa la porte et se dirigea vers la cuisine. Il allait falloir déjeuner bien vite et s’apprêter plus rapidement que d’habitude. Il n’était pas question d’être en retard. Elle y avait bien réfléchi et avait fait le voyage dans sa tête. Son sac était prêt dans l’entrée, elle n’avait rien oublié, pas même son ouvrage du moment. Elle était en éternelle vacance depuis bien longtemps maintenant et avait tendance à vieillir un peu trop ces temps-ci. Aujourd’hui, elle s’était enfin décidée et allait franchir le grand passage…

Pour répondre aux Cahiers d’Emilie et Plumes d’Asphodèle sur un thème choisi et des mots proposés. Les autres textes sont là.

Meilleurs vœux pour l’an dit neuf

Adieu l’an dit huit et lundi vieux, et Meilleurs vœux pour l’an dit neuf

Meilleurs vœux pour l'an dit neuf

 

J’avais écrit tout au long de décembre pour l’Aönd et annoncer la fin du mois, de l’année et le début d’une autre saison : Quand la nuit tombe, en fin de journée, la maison est tranquille, on entend la neige tomber doucementTout le monde s’affaire pour confectionner un bon repas, préparer des chants et décorer le sapinDes petites choses à ne pas oublier : écrire une lettre au Père Noël, emballer les cadeaux, accrocher les chaussettes à la cheminée, allumer les bougiesUne fête sous les lumières, une arrivée préparée tout au long du mois. Avec des gourmandises, des douceurs, de la tendresse et la fête sera parfaite. Avent, il y a l’après : Hiver de ma vie. Dans l’interminable jardin d’hiver, un peu avant minuit, nous irons où le soleil vient tard .

Je fais le vœu de ne pas perdre de temps, faire ce que j’aime, suivre mes désirs, profiter de la vie jusqu’au dernier flocon… Je vous souhaite une très belle et bonne année 2019.

Adieu l’an dit huit et lundi vieux, et Meilleurs vœux pour l’an dit neuf, que cet an dit neuf apaise nos peines et nos douleurs, qu’il fasse rejaillir sourires et rires et bonheur dans notre cœur pour toute une année de douceur… ¸¸.•*¨*• ☆

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