Parangouinage pour un agendappliqué

Parangouinage pour un agendappliqué

 Parangouinage pour un agendappliqué

Il commençait toujours sa journée comme ça. Après un café qui aurait réveillé n’importe quel délibule épuisé, il s’assit à sa table de travail et réfléchit à la créaginaire quasi préhistorique dont il allait relater le drôlatour.

Je m’avançais pour le saluer et lui rappeler les rendez-vous de la matinée, quand il eut ce visage possédé entre le patibulaire et le l’abomifreux. J’osai tout juste lui serrer la main de peur qu’il brisa ma confiance en moi, et que son obsession de l’éléphantastique ne fut qu’une fantasmagorie d’enfant.

A ce moment-là une enchanquise nous déposa une tarte à la crème de bambou, celui comestible au nord ouest du pays des Polpilles et celui que j’affectionne pour mon fil à tricoter.

Heureusement, d’autres y mettaient plein de délicaristique, en sirotant leur café tout juste tiré et en tirant les chaises autour de la table pour s’y installer.

– Tu entends ce grondement sourd ? fit remarquer Rosalie en jetant des regards gourmands sur nos tasses pleines.

– C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux, répondit B au ventre rebondi admirant le cœur que la crème dessinait au-dessus du mien.

– En tout cas, c’est mirififique ! s’enquit P d’une intonation marquée sans qui B ne l’eut pas remarquée.

– Ha tu m’énerves avec tes doigts qui charonnent sur la table et ton petit sourire satisuffisant, et maintenant, si tu ajoutes le dandinement conventionnel à cause des chociles  :  le prénom, la couleur des rideaux, le parfum du p’tit pot…

Elle s’arrêta là et c’est tant mieux car je lui aurais bien planté la cuillère dans la bouche et ramené mon grain de sel dans sa tasse à celle-là, mais pas de bol, mon côté nounours me fit prendre le parti de l’autre.

– Allez viens, Pimprenelle, tu vois bien que le marchand de sable est atteint de polimalie aiguë.

Si l’une était molasse, l’autre, un peu trop remuante à mon goût. Elle gesticulait, brassait du vent et appréciait l’effet produit de ses grands ongles rouges sur les récipients, tous de différentes couleurs. C’est vrai qu’elle avait de belles mains, mais on n’était pas là pour ça, et ce qui devait arriver arriva, à pencher les contenants comme ça, elle fit presque chavirer le mien et le sien s’écrasa au sol avec son contenu.
– Fais voir ? Mais tu te trompes, cette tâche est mergnifique ! criait-elle laissant le liquide s’étendre devant elle.

– Même si la jumeleine n’est plus ce qu’elle était, elle y a gagné en aisance et en amplitude de sauts d’obstacles, affirma gentiment Barn à B, récipiendaire lui-aussi, tâtant sur son pull et vantant la texture du morceau.

– Tu as vu l’agengouin qui fait traverser les enfants ? dit U lorgnant par la fenêtre entre-ouverte pour aérer la pièce et remplir son récipient d’air.

– Non mais, ça va pas ? Tu vas pas épouser un vieux brumageux comme ça ! répliqua C ramassant les bris à terre.

– C’est, comment dit-on… ??? Hum, voyons… La fatalimace peut-être ? suggéra Barn à B brisé de cette réplique.

Regarde ton cousin, tu vois comme il est amupliqué en faisant des rubiks cube ou des mots croisés? B étonné, ouvrait grands ses yeux globuleux et lorgnait dans son gobelet.

– Dans les espaces d’insolitude, tu peux glisser de la machine à trucs à la moulinette métaphorique. Essaie un jour, tu verras la différence, conseilla Barn à B.

L’autre montrait des signes d’impatience face aux allers et retours incessants des midinettes devant la turbinelle à papier, alors il posa sa tasse et sa question préférée :

– Dans la pièce que nous étudions, qui peut me donner la signification de la réplique suivante : « Loin de l’existancié, le tartuffolique ne voit que le bout de son escarcelle » ?

Le petit nouveau se crut malin et répondit du tacotac :

– Si c’est pas dans le bec, c’est pas la peine de te tortillonner la tête comme un gymnasticot !

Ma voisine, qui ne voyait justement pas que l’ambiance se dégradait, pensa tout haut en rajustant ses bas :

– Demain la saison de la couettivité débute ! ça te dit d’y participer ?

Il suffisait d’un bref coup d’œil pour que des éclats de rires artificellent devant cette BA et que le bât blesse l’autre béat, un peu con, para :

– Tu as terminé ta thèse sur les écriames ?

– Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps.

 C’est ma participation à la 3ème étape, à quand la 4ème ? Ils sont venus pour une rencontre autour d’un café et les consignes ressemblent aux explications que j’utilise souvent pour tricoter; ça disait à peu près ça: pour 11p ou 10p, suivant la grosseur de votre laine, prenez 2m pour 7p ou 4p et 3m pour 4p ou 6p, le résultat est simple, on doit toujours avoir 26m au final, comme les lettres de l’alphabet. La formule est la suivante : 2 X 7 = 14 ; 3 X 4 = 12 ; 14 + 12 = 26 ou 2 X 4 = 8 ; 3 X 6 = 18 ; 8 + 18 = 26.

Les p correspondent aux points, phrases, personnages, purées ou pingouins et les m sont des mailles, mots, Mémé, marmelades ou moutons, c’est comme vous voudrez, et c’est ça qu’est bien pour déguster un bon Kfé. C KiKféKoi?

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26 réflexions sur “Parangouinage pour un agendappliqué

    • Tu ne penses pas si bien écrire, moi,, je suis allergie à la pure laine, comme l’angora, cachemire… certaines fibres sont intricotables et je le regrette beaucoup… Oups! tu as fait une petite faute, un espace de trop dans un joli mot, au tricot ça s’appelle « un trou-trou » 😉

  1. « Un pull-texte rayé de phrases qui se porte aussi bien à l’endroit qu’à l’envers et que personne ne portera ». Moi, je suis preneuse ! J’adore les rayures ! Il me plaît beaucoup, ce pull !
    Bravo car le défi n’était pas simple.
    😉

    • Avec des mots qui ont ni queue ni tête, comment ne pas tricoter un pull-texte rayé de phrases qui se porte aussi bien à l’endroit qu’à l’envers et que personne ne portera 😉 Si tu écris « bravo » c’est que tu me trouves aussi zinzin que les autres !? Merci… quand même

  2. J’adore comment, en plus des mot-valise, tu as généreusement émaillé ton texte de tes trouvailles ! Je me suis régalée !
    Une maille en avant, une maille en arrière, tu as assuré le tricot façon patchwork. : )

  3. Les mots-valise fusent, parafusent, tout en profusion !
    Mais sans concaféïner, quel talent !
    Achille Talon n’aurait pas fait mieux.
    Merci Patchcath de cette miririfique partercipation qui va figurer à la une du magazine pingouinpilote de cet automne.

    • Waouh, ben j’y compte bien 😉 Je savais bien que j’avais quelque chose d’achi…, heu d’achillée millefeuille (ou mille mots)
      Non, je rigole.
      On se croirait chez les oufs, heureusement qu’il n’y a pas de 4ème étape ! 😉
      Quelle partie de rires. Un grand Merci

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