Si c’est possible en septembre

Si c’est possible en septembre parle de tes lectures de l’été, avais-je noté sur mon agenda

Si c'est possible en septembre

et ça tombe bien car chez Syl, Titine et Bidip, septembre est le mois américain et des contes et légendes. J’ai donc choisi Le Mayflower ou l’odyssée de Pères pèlerins et la naissance de l’Amérique de Nathaniel Philbrick.

Quatrième de couverture :
Automne 1620. Les cent deux passagers du Mayflower débarquent sur la côtes américaines. Affamés, craintifs mais forts de leur foi, ils entrent en contact avec les tribus indiennes, elles-mêmes fragilisées par les maladies et les conflits. Que s’est-il vraiment passé ?
L’histoire américaine, qui narre cette aventure comme une conquête âpre et glorieuse, a été en partie transfigurée par la légende. Nathaniel Philbrick revisite magistralement cette épopée grâce à de nombreux documents, portraits, journaux, des épisodes et des points de vue mal connus voire totalement méconnus. Il insiste en particulier sur les raisons pour lesquelles, après cinquante ans de cohabitation pacifique, l’une des guerres les plus sanglantes jamais menées sur le sol américain va opposer les Pères pèlerins à toutes les tribus de la région.
Le destin de la colonie de la Nouvelle-Angleterre prendra alors une autre tournure, plus complexe, troublante et foisonnante.
Nathaniel Philbrick est l’auteur de La véritable histoire de Moby Dick (National Book Award). Le Mayflwer a été finaliste de nombreux prix littéraires. L’auteur vit avec sa femme et ses enfants sur l’île de Nantucket.

Ce qu’on peut en dire:
L’île de Nantucket, à quelques encablures au sud du cap Cod, là précisément où aborda le Mayflower, en 1620.
C’est dans les archives que Nathaniel Philbrick est ­tombé sur le personnage de Philippe, chef de la tribu des Indiens wampanoag, qui mena une guerre contre les colons en 1675. Décidant de remonter le temps jusqu’au père de Philippe, Philbrick en vint à étudier l’arrivée puis l’installation des immigrés du Mayflower. Et c’est cette histoire qu’il nous conte ici, en confrontant les récits des contemporains de cette période avec les recherches historiques et archéologiques récentes.

Ce n’est pas anodin si mes lectures se sont portées sur ce récit, car depuis quelques années mon conjoint en retraite maintenant passe la plupart de son temps à répertorier les migrants de France métropolitaine vers les Amériques et ailleurs. Oui, oui, on a tous des cousins en Amérique. L’été dernier, j’ai enfin pu rencontrer quelques uns de ses collaborateurs sur ce sujet au grand congrès de généalogie qui avait lieu au Havre.

Ça n’a sûrement pas été une restitution facile à faire pour l’auteur car traiter du mythe fondateur de son propre pays est un exercice délicat. La date de 1620 à laquelle le Mayflower entreprit ce périple incroyable de Southampton en Angleterre jusque sur la côte est de l’Amérique du Nord, avec sa cargaison de femmes et d’hommes en quête de liberté religieuse, reste le moment du Début pour les Etats-Unis.
Artisans de toutes sortes, tisserands, cardeurs de laine ou cordonniers quittèrent l’Angleterre pour refaire leur vie en territoire inconnu. Après 5 000 kilomètres de navigation sur un océan cruel, ils ont abordé le 9 novembre 1620 au cap Cod. Soixante-cinq jours de traversée, à affronter les tempêtes, les maladies, la faim, et à tâtonner jusqu’à un abordage définitif en raison de l’imprécision des cartes. Des moments vraiment difficiles allaient seulement venir : le choc de l’exil, l’apprentissage matériel de la condition de colon, les conflits et combats avec les Indiens mais sans qui ces immigrants n’auraient pas survécu à un hiver rude et sans ressources.
Pourtant cinquante ans plus tard, une guerre meurtrière entre immigrants et autochtones, allait durer quatorze mois et faire cinq mille victimes dont les trois quarts indiennes. Ce conflit changea la face de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre. C’est en tout cas la conviction de l’auteur. Un demi-siècle après le rêve de liberté qui habitait les passagers du Mayflower, un peuple en exterminait un autre et le déportait par bateaux vers les Antilles. Et c’est là que le mythe des Pères pèlerins vivace aux Etats-Unis est malmené, renversé, inversé… ou une belle manière pour l’auteur de saluer ceux qui parvinrent, malgré les événements, à ne pas considérer l’autre comme mauvais par nature qu’il soit Indien ou Anglais.

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