Le mois était presque à son terme

Les jours passaient et le mois était presque à son terme
On attendait, on en avait pris l’habitude
Un vent d’automne avait aidé le soleil à dorer les feuilles des arbres,
Il les arrachait aujourd’hui et les faisaient courir dans la rue
Si vite et si joyeusement qu’on les froissait sous nos pas
On riait et elle se bidonnait, plus pour très longtemps,
Ne nous déplaise, car Bébé est née samedi

Le mois était presque à son terme

Bien sûr que ça me dit, je suis comblée, j’adore ce bébé Louison.

Parfait

-Parfait, dit-il d’un ton piquant.

Parfait

Son expression est froide et la fossette qui a pour habitude de réchauffer son visage au coin des joues n’apparaît pas. Plus, en ma présence. Il est rasé de frais, mais ses traits tirés me laissent deviner que ce rendez-vous l’affecte autant que moi. Nous nous saluons sans s’épandre, il me colle une bise rapide sur la joue puis se dirige vers notre avocat pour échanger une poignée de main virile et s’éclipser par l’ascenseur.

Maître Morgan me raccompagne jusqu’au parking souterrain. Il joue avec son trousseau de clés avant de m’adresser un sourire en coin. Si cette mimique vise à me réconforter, elle n’y parvient pas. Ce rendez-vous m’a chamboulée et au vu de la mine compatissante qu’il m’adresse, mon visage doit transpirer la tristesse que j’éprouve en ce moment. La nostalgie des bons moments passés ensemble me revient comme un boomerang et je m’en veux de faire subir tout ça à Anna-Belle. Je ressasse rapidement le fil de ces douze années passées et l’inquiétude s’empare de moi quand je réalise que je suis maintenant seule. Toute seule pour la première fois et mère célibataire qui plus est. Anna-Belle fait partie de ma vie, elle y a une place toute particulière, mais c’est à moi de prendre mes responsabilités. Trouver un boulot et un appartement pour lui assurer le meilleur avenir possible.

Le grand blond continue de m’inspecter de tout son haut en s’attardant furtivement sur ma poitrine. Je croise les bras pour lui faire comprendre qu’il n’a pas été des plus discrets. Toujours affublé de sa robe, il se racle la gorge quand nous arrivons à hauteur de sa Ford Capri fraîchement lustrée.
– Maître Morgan, merci pour votre implication.

– Je vous en prie, appelez-moi Niklaus.

Certes, j’ai sûrement du oublier, par manque de pratique, les codes de séduction mais je sais encore reconnaître quand un homme me fait du gringue. En l’occurrence, cela n’a pas l’air de déranger l’avocat chargé de mon divorce. Il extrait d’un petit étui argenté une carte de visite. Il attrape dans son attaché case le premier stylo venu et griffonne des chiffres au verso.
– Mon téléphone perso, si vous voulez vous changer les idées, me lance-t-il tout en m’adressant un clin d’œil charmeur.

Il me tend le petit carton en papier glacé noir coincé entre son majeur et son index. Je le regarde hésitante avant qu’il ne lève les yeux au ciel et glisse ses coordonnées dans la fente de mon sac.
– Allez de l’avant, ce serait un beau gâchis sinon.

Il lance par dessus la portière sa mallette qui s’écrase côté passager et ôte sa robe pour laisser apparaître un jean noir ajusté et un tee-shirt blanc usé. Il secoue son paquet de cigarettes niché dans sa poche arrière pour en coincer une derrière son oreille. Son allure décontractée contraste tellement avec ses fonctions d’avocat que j’en reste surprise. Il s’installe au volant, apparemment peu affecté par mon manque d’enthousiasme pour sa proposition. Sa voiture démarre sur les chapeaux de roue et je le regarde s’éloigner au loin.

Une fois dans ma voiture, je me hâte de rejoindre le petit immeuble de brique. Par chance, je trouve une place libre dans la rue. Je monte rapidement les trois étages pour arriver chez Fathi. Cela fait maintenant deux mois que nous vivons toutes les trois dans son logement. Fathi a le cœur sur la main, elle n’a pas hésité une seule seconde quand je lui ai demandé de l’aide. Nous nous connaissons depuis longtemps maintenant…

Extrait de « Double appel » de Kalvin Kay.

Pourquoi cet extrait ? Ce qui me tracassait le plus à ce moment-là, c’était de gérer le double-appel dans un ascenseur. Du point de vue purement téléphonie. Tout était bon pourtant. Ç’aurait pu être parfait. Mais…oui il y a toujours un mais. Là c’était un peu gros. L’autre justement, Gros n’avait pas passé la commande. Pas de ligne T0 ! Je ne riais pas, j’en avais gros sur la patate j’peux vous le dire, j’avais pris ça à coeur… Et j’ai pianoté…
cet extrait n’a rien à voir, bien sûr, mais j’ai retrouvé le sourire… et je partage 😉