Il était grand temps de me préparer

Il était grand temps de me préparer. Je chassai une mèche de mon front et j’écrasai ma cigarette .

Il était grand temps de me préparer

Je me levai et me déshabillai, ouvris ma penderie et en sortis plusieurs accessoires. J’optai pour une culotte flottante de soie iridescente, décorée de larges rubans de gros-grain, à pièce centrale en velours dévoré, avec des centaines et des centaines de fleurs médiévales violettes entrelacées qui explosaient sur la soie comme une enluminure de livre de prières. Je l’enfilai en la tirant le plus haut possible de manière que ‘élastique me couvre le nombril. Puis je me retournai pour étudier mon reflet. Mon ventre était entièrement recouvert, du nombril au haut de mes cuisses. J’enfilai une robe de velours noir moulante. Je m’assis sur le tabouret, les talons légèrement écartés, me mis la tête entre les genoux et secouai mes cheveux de telle sorte que, quand je me redressai, ils avaient gagné en volume et en brillance, profondément noirs sur ma peau blanche. Je vérifiai méticuleusement mon rouge à lèvres, choisis une petite pochette en cuir verni que je calai sous mon aisselle, enfilai une paire de talons aiguilles, quittai ma chambre et descendis en léger déséquilibre sur mes talons, les épaules en arrière, la tête haute.

Extrait de « Tokyo » de Mo Hayder, une ville où on ne connaît personne.

Enregistrer

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s