On coule des jours heureux

« Tout est tranquille à cette adresse. On coule des jours heureux. Les habitants se sentent bien.

On coule des jours heureux

C’est une résidence sans histoire, Les immeubles ont toujours abrité une petite dizaine de familles. Avec le temps, les parents ont vu leurs enfants quitter le nid. Restent désormais des vieilles dames seules, dans des appartements devenus trop grands pour elles.

On coule des jours heureux

Dans la courette, seuls résonnent les ronronnements du chat de ma voisine, ou les chants des canaris de la concierge, ou encore les bruits de mastication gourmande de son chihuahua, engloutissant les biscuits de sa maîtresse.

On coule des jours heureux

Chaque jour, après le déjeuner, on peut entendre le caquètement d’un attroupement de vieilles dames, qui, attablées dans la cour intérieure, papotent au soleil, une tasse de breuvage chaud au creux des mains. Elles passent des heures à piailler, à partager les derniers potins, à refaire le monde. Une tradition établie depuis des décennies.

On coule des jours heureux

Tous ces gens semblent être faits pour vivre ensemble. Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais un son plus fort que celui du téléviseur. C’est le paradis sur terre. »

On coule des jours heureux

Extrait de « Mémé dans les orties » de Aurélie Valognes. Elle sait rudement bien observer et écouter les gens. C’est un pur bouquet de vie.

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