Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison

Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison.

Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison

Faire la conversation à ces imbéciles, snobs de surcroît, était une épreuve dont il se serait bien passé. Après qu’il eut gratifié Jean-Claude d’un sourire crispé, il referma la double porte du salon et s’affala sur le canapé. Il disposait d’une heure pour évacuer les tensions de la journée.
De la poche de son pantalon, il sortit la feuille sur laquelle la femme de l’aéroport avait griffonné son nom et son numéro de téléphone. Il fixa les dix chiffres, puis jeta le papier dans la cheminée d’un geste rageur. Que fabriquait donc sa femme ?

Depuis que les enfants étaient partis étudier à l’étranger, il habitait avec un fantôme. Ils lui manquaient, et leur absence creusait le fossé entre leur mère et lui. Ils s’efforçaient, en société, de donner l’image d’un couple uni, mais ils se confrontaient au silence et à la solitude. Pourtant sa femme le bouleversait toujours.

Lorsqu’elle le rejoignit sur le canapé, elle lui sembla plus radieuse que jamais, quand elle chuchota son bonjour. Il vit, après lui avoir demandé qui étaient les invités du soir, qu’elle s’accommodait de mieux en mieux de son manque d’enthousiasme et il y voyait, bien là, un signe supplémentaire de son désamour. Comme elle était sottement mondaine, mais comme il la trouvait adorable !

Au moins ses commentaires qui précédaient et suivaient les dîners meublaient nos rares conversations. Il avait les yeux rivés sur un cheveu collé à ses lèvres. Il avait envie de le lui enlever délicatement. Il sentait son parfum, fort et fleuri. Ses bracelets s’entrechoquaient dans un gracieux mouvement de bras. La couleur des pierres de ses bagues était assortie à la couleur de ses ongles. Elle le surprit quand elle lui demanda ce qu’il pensait de son ensemble, en faisant un tour sur elle-même. Il lui allait très bien, mais elle avait encore fait des dépenses inouïes pour de nouveaux vêtements dont il était incapable de distinguer en quoi ils différaient des autres.

Il comprit que le dîner aurait lieu à la maison

Extrait de « lundi noir » de Dominique Dyens . Je l’ai relu et j’ai souri du frisson ressenti.

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Une bûche

C’était plutôt perturbant de voir ce bol là, taillé dans une bûche par les mains de son père et ayant appartenu à sa mère.

Une bûche

Quand il était encore tout petit, son père leur servait du gruau de maïs ou de la bouillie d’avoine, et pendant que les aînés mangeaient, il restait là à les surveiller, une tasse de café fumant entre ses mains burinées par le soleil, et il ne manquait jamais de leur rappeler qu’il fallait prendre soin de la vaisselle de leur mère.
Le vieil homme s’était mis à protéger ce qu’il restait d’elle avec une vigilance maniaque et quasi démente. La vaisselle. La couture en tricot pliée sur le dossier du grand fauteuil à bascule en chêne dans la salle de séjour. Le minuscule vase en cristal taillé sur le rebord de la fenêtre de la cuisine dans lequel on plaçait chaque année une fleur légère de la première hellébore rosée trouvée dans les prés juste derrière l’écurie au début de l’hiver.
Il souleva le bol avec précaution, les recommandations de son père lui revenant aux oreilles. Il se raidit sous l’effet de la pression qu’il ressentait au fond de son ventre et frotta la peau sèche de son cou déformé.
Il leva les yeux vers le large ruban de lumière qui tombait du grenier, là ou il avait lui-même parfaitement empilé les balles de foin. On les avait repoussées par deux ou trois sur le côté, révélant ainsi la cachette des tonneaux de bière qui avaient disparu…

Extrait de « le sillage de l’oubli » où se suivent les scènes tendres et dures de la vie quotidienne et difficile.

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Il leva son verre

…L’homme souriait maintenant. Il leva son verre et examina le rond humide qu’il avait laissé sur le bois de la table astiquée.

Il leva son verre

Puis il le reposa exactement au même endroit et se mit à le faire tourner. Du coin de l’œil, il guettait l’autre qui se força à sourire à son tour avant de boire une longue gorgée de bière. Il ressentait le début d’un pincement sec et persistant dans les tendons de son cou, le genre de raidissement qui n’avait rien à voir avec le mauvais temps, et il aurait juré que son oreille s’était encore plus rapprochée de son épaule que d’ordinaire…

Extrait de « le sillage de l’oubli » de Bruce Machart.

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Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance

Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance.

Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance

Quarante ans plus tôt, ses parents l‘y avaient emmené en randonnée et ils avaient séjourné dans un palace au cœur d’une forêt nichée entre deux lacs. Rien n’avait changé. Ni le parquet ciré, ni les vitraux, ni la sévère châtelaine qui le conduisit à sa chambre. Allongé sur le transat du balcon, il regardait aujourd’hui les mêmes lacs brasiller au soleil couchant, le même pêcheur se blottir dans sa barque au milieu de la brume. Les jours passaient, innombrables, ponctués par ses séances à la cure thermale et le glas de la loche le conviant à ses repas solitaires parmi les vieux couples qui chuchotaient. La nuit, son monde intérieur le réclamait depuis la mort de son épouse. Penché sur son bureau en marqueterie devant la baie vitrée, il écrivait obstinément malgré sa main droite meurtrie, lisait la transcription des épreuves, puis reprenait avec soin son dur témoignage d’amour, en éprouvante une impression croissante de complétude.

Extrait de « la constance du jardinier » de John le Carré, une magnifique histoire d’amour.

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Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale

Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale des écureuils dans les arbres.

Il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale

Il ne pouvait néanmoins pas s’empêcher de remarquer que ses vaches meuglaient dans la pâturage. On ne s’était pas occupé d’elles, et il allait falloir vérifier que le tout jeune veau allait bien. Tout à l’heure il irait leur distribuer du foin. Très souvent il passait ses journées à faire la liste des taches qui restaient à accomplir tout en menant d’autres à bien, et il ne put s’empêcher d’en dresser mentalement une nouvelle tandis qu’il fixait la porte de l’écurie entrebâillée d’une bonne trentaine de centimètres. En approchant de l’allée de graviers, il s’appliqua à marcher sans bruit, percevant tout de même dans la friction des petits cailloux écrasés sous son poids l’inventaire de tout ce qu’il lui faudrait faire le lendemain avant l’aube. Du bois pour les deux poêles. Le lait. Les œufs. Le bétail à déplacer d’un pré à l’autre et les cendres à ramasser dans le fumoir.

Extrait de « le sillage de l’oubli » de Bruce Machart. Je me suis laissée tomber dans ce livre à l’écriture vertigineuse.

Tandis qu’à l’horizon apparaissait la première lueur rose d’une nouvelle aurore

Tandis qu’à l’horizon apparaissait la première lueur rose d’une nouvelle aurore et que les oiseaux moqueurs s’éveillaient dans les poiriers, il attisa le feu qui crachait déjà et grésillait bien jusqu’à ce que s’élèvent de hautes flammes jaunes et d’épaisses volutes blanches.

 

Tandis qu’à l’horizon apparaissait la première lueur rose d’une nouvelle aurore

Dans le pâturage tout proche, les bêtes meuglaient près de la clôture, et s’il avait été aussi attentif que d’ordinaire, leur comportement l’aurait étonné. Il se serait demandé pourquoi elles s’attroupaient ainsi au bord du pré plutôt que dans la partie centrale, près des trois balles de foin rectangulaires qu’il avait sorties pour elles la veille. Au lieu de cela, il restait là à regarder le feu, fixant les flammes pour ne pas poser les yeux sur ses mains crevassées et sillonnées d’entailles profondes.

Extrait de « le sillage de l’oubli » de Bruce Machart que j’ai découvert avec délice.

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Une douceur avait été annoncée

Une douceur avait été annoncée.

Une douceur avait été annoncée

C’était comme un de ces matins brumeux du début de l’été, quand le ciel nocturne devient à l’est d’un bleu clair et pâle tandis qu’à l’ouest il reste intense. Le genre de moment où on a tendance à s’imaginer que toutes sortes de danses païennes stupéfiantes se déroulent juste derrière l’horizon, là où le soleil va apparaître. L’herbe était encore verte, une légère brise soufflait et on distinguait au loin le murmure de la circulation. En tournant mon regard, j’aperçus le fond de la vallée et les formes blanchâtres, spectrales de mégalithes.

Extrait de « Tokyo » de Mo Hayden que j’ai relu avec plaisir. Je vous souhaite un très joyeux Noël.

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Il était grand temps de me préparer

Il était grand temps de me préparer. Je chassai une mèche de mon front et j’écrasai ma cigarette .

Il était grand temps de me préparer

Je me levai et me déshabillai, ouvris ma penderie et en sortis plusieurs accessoires. J’optai pour une culotte flottante de soie iridescente, décorée de larges rubans de gros-grain, à pièce centrale en velours dévoré, avec des centaines et des centaines de fleurs médiévales violettes entrelacées qui explosaient sur la soie comme une enluminure de livre de prières. Je l’enfilai en la tirant le plus haut possible de manière que ‘élastique me couvre le nombril. Puis je me retournai pour étudier mon reflet. Mon ventre était entièrement recouvert, du nombril au haut de mes cuisses. J’enfilai une robe de velours noir moulante. Je m’assis sur le tabouret, les talons légèrement écartés, me mis la tête entre les genoux et secouai mes cheveux de telle sorte que, quand je me redressai, ils avaient gagné en volume et en brillance, profondément noirs sur ma peau blanche. Je vérifiai méticuleusement mon rouge à lèvres, choisis une petite pochette en cuir verni que je calai sous mon aisselle, enfilai une paire de talons aiguilles, quittai ma chambre et descendis en léger déséquilibre sur mes talons, les épaules en arrière, la tête haute.

Extrait de « Tokyo » de Mo Hayder, une ville où on ne connaît personne.

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Celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine

Corps de moineau dans l’embrasure, celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine avec des motifs à fleurs.

Celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine

Cheveux bouclés et permanentés, le visage de Madame Tout le monde préparant tranquillement le repas du soir. Elle devait avoir quarante-cinq ans et vivait dans une HLM qui n’avait rien à voir avec les barres sombres parasitant les banlieues des grandes villes. L’immeuble, à quelques minutes du centre, était situé face à l’océan et abritait quelques commerces au rez-de-chaussée.

Un vent chaud s’engouffrait dans l’entrée principale, tandis qu’à quelques kilomètres seulement le tonnerre grondait, accompagné d’éclairs. L’orage se gonflait d’électricité, soulevant les vagues à coups de bourrasques.

Extrait de [Angor] de Franck Thilliez, un livre qui se laisse dévorer. Ne vous en faites pas, ici, pas de vague, juste un peu de brouillard et sans vent, si bien qu’on attend les rayons du soleil… et le réveillon. Ben oui, je fais encore mes boutonnières à la main.

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La clarté s’insinuait par les fenêtres

C’était l’aube. La clarté s’insinuait par les fenêtres cassées de la galerie et projetait des formes déchiquetées sur les tatamis poussiéreux.

La clarté s’insinuait par les fenêtres

Je restai un moment sur le seuil à scruter le long corridor. Hormis le ploc-ploc d’un robinet, tout était immobile et silencieux. Toutes les pièces servant de débarras avaient été visitées, toutes étaient ouvertes avec des meubles vétustes et poussiéreux renversés un peu partout. Quasiment toutes les portes étaient ouvertes, sauf une : celle du fond du corridor. Il y avait quelque chose de bizarre dans la façon d’être fermée.

Extrait de « Tokyo » de Mo Hayder.

Le traîneau continuait de filer

Le traîneau continuait de filer. Le fouet claqua, les chiens répondirent par des hurlements.

Le traîneau continuait de filer

La neige formait un rideau épais, le ciel était noir. Pour la première fois, elle fut tentée de se lamenter sur son sort. Elle glissa la main sous ses épaisseurs de fourrure, lentement, pour s’assurer que l’aléthiomètre était toujours là, puis, avec la plus grande prudence, elle sortit le petit tube de la mouche-espion, qu’elle introduisit à l’intérieur de sa botte fourrée et adopta une position mi-confortable mi-utile pour le laisser glisser tout au fond, jusqu’à le coincer sous le pied de son caleçon long en peau de renne. Épuisée par la peur et le froid, elle se recoucha et ne tarda pas à sombrer dans un sommeil agité.

Elle fut réveillée par un changement de rythme du traîneau. Il avançait doucement et, en ouvrant les yeux, elle vit filer au dessus de sa tête une succession de lumières éblouissantes, à tel point qu’elle dut abaisser sa capuche sur son front. Malgré le froid glacial et la raideur de ses membres engourdis, elle parvint à se redresser suffisamment pour constater que le traîneau passait entre deux rangées de grands poteaux, dont chacun supportait une puissante lampe ambarique. Puis il franchit un portail en métal, situé tout au bout de cette avenue de lumières, pour pénétrer dans un immense espace dégagé, semblable à une place de marché déserte ou à une arène. Le sol était entièrement plat, lisse et blanc, sur une centaine de mètres. Tout autour se dressait une haute clôture métallique.

Extrait de « A la croisée des mondes » de Philip Pullman, un autre monde pas si loin du nôtre.

Un dédale de rues étroites

Elle s’engouffra dans un labyrinthe obscur, un dédale de rues étroites qui la conduirait où elle voulait se rendre.

Un dédale de rues étroites

Marchant à grands pas, elle avait tourné le dos au fleuve dont les rives lui semblaient trop dégagées et trop éclairées. Dans cette nuit glaciale, les ruelles noires qui l’entouraient grouillaient de mouvements, animées d’une vie secrète. Les ténèbres étaient pleines de bruits : des éclats de rire avinés, deux voix rocailleuses qui beuglaient une chanson, le fracas et les gémissements d’une machine mal huilée dans un sous-sol. De temps à autre, elle devait traverser une rue plus large, mieux éclairée, où les tramways passaient dans un vrombissement continu et des jets d’étincelles sous leurs câbles ambariques. Il existait des règles pour traverser les rues, mais elle s’en manquait, et quand quelqu’un se mettait à vociférer, elle prenait ses jambes à son coup. A un carrefour, au coin d’un grand magasin dont les vitrines brillamment éclairées se reflétaient sur la chaussée mouillée, se trouvait une buvette ambulante : une petite cabane montée sur des roues et dotée d’un comptoir, protégé par un volet en bois qui se relevait comme un auvent. Une lumière jaune éclairait l’intérieur de la buvette, d’où s’échappait une délicieuse odeur.

Autre extrait de « la croisées des mondes », belle histoire et pur rêve… pour retrouver la joie et la bonne humeur, faire fuir la tristesse et la peur.

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Les mondes invisibles

Les mondes invisibles ?

Les mondes invisibles

Et si c’était faire un sapin pour Noël et décorer la maison comme on ne le fait jamais tout au long de l’année.
Entre nous, c’est vrai qu’en juillet ça serait bizarre. Et, on passerait pour original. Aux yeux des adultes, surtout.
Tiens, laissez les petits choisir des boules rouges pour décorer l’arbre, et ça n’est pas grave s’ils caressent les guirlandes dorées et charnues. Elles se dépoilent un peu, et alors?
C’est le pied de ne pas voir que la journée est passée quand le soleil va bientôt se coucher.
Et rire et apprécier la compagnie des petits et grands jusqu’à penser très fort et dire tout haut qu’on coule des jours heureux, c’est encore mieux.
Et vous verrez qu’ouvrir des livres et raconter des histoires, c’est le summum. Regardez les yeux émerveillés des enfants quand vous leur dites que leur doudou vit la nuit et qu’il parcourt à pas pressés et trotte dans les sentiers.
Il faisait bon hier, quand on a visionné en famille un documentaire et admiré l’arrivée des radeaux de bois flotté à l’entrée des rapides, pendant que de la cuisine s’échappait l’odeur alléchante de gâteaux chauds que j’avais mis à cuire.

Et si les mondes invisibles, c’était la lumière que renvoient des étoiles accrochées au sapin ou le regard rieur et lumineux de celui qui vous tend un bouquet dont le parfum des fleurs lui chatouillait les narines en attendant sur le seuil.
C’est toute la face du monde qui serait changée si l’on vivait chaque jour dans un univers de paix et de joie.

J’ai découvert les mondes invisibles dans les livres, le jour où j’ai aimé lire. Il y a eu celui où l’histoire se passait dans un village de la campagne russe où vivait une petite fille, dont la vie fut un vrai conte de fée. C’est parce que le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé, qu’un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage, elle a su recevoir un cadeau et quelques luxes de la vie.

C’est ma concierge, aussi, qui en a plein la bouche, de ces mondes invisibles. Elle me parlait de son père hier encore. Ses paroles deviennent  tout de suite des histoires extraordinaires. Son père, donc, dont le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin arriva jusqu’ici, et lui offrit, à elle et sa famille, une vie de princesse. L’appartement du boulevard était prêt à les accueillir, quand ils sont arrivés, celui même qu’elle habite à son tour aujourd’hui… Et, comme toujours, la conversation s’est interrompue. Elle était pressée. Heureusement. Ça tombait bien pour moi-aussi. Elle a dit subitement qu’elle devait cuisiner la volaille alors que l’oie battait puissamment des ailes, bien vivante encore dans ses mains.

Ils étaient dans ma tête et ma mémoire, les mondes invisibles d’odeurs et de bruits que je reconnaissais quand il me semblait entendre dans un dédale de rues étroites, le traîneau qui continuait à filer, alors que déjà la clarté s’insinuait par les fenêtres de ma chambre.
Soudain, je ne sais plus si j’avais passé beaucoup de temps à lire, ou si je lisais encore, en tout cas, celle qui venait d’ouvrir la porte portait un tablier de cuisine, et surtout, il était temps de me préparer car une douceur était annoncée.

Les mondes invisibles

J’avais juste l’impression de revenir du futur quand je lus ces lignes « Tandis qu’à l’horizon apparaissait la première lueur rose d’une nouvelle aurore,  il se glissa dans le verger sans prêter la moindre attention à l’agitation hivernale. Ce pays avait toujours été un rêve d’enfance. Quand il revint les invités étaient là, il leva son verre une fois seulement après avoir déposé une bûche dans la cheminée et alors il comprit que le dîner aurait lieu à la maison. »

C’est sur une fameuse idée de Bizarreries & Co pour l’Agenda ironique de décembre que j’ai fait une histoire de tous les titres de mes articles de ce mois de décembre jusqu’à Noël. C’est dans les livres et dans les histoires que l’on raconte, ou dans la mémoire des jours vécus, que se trouvent les plus beaux mondes invisibles et propres à chacun.

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L’oie battait puissamment des ailes

L’oie battait puissamment des ailes, projetant de la neige sur les traces qu’ils avaient laissées.

L’oie battait puissamment des ailes

 

Autour d’elle s’étaient regroupés les daemons abandonnés, , mais d’autres s’éloignaient à pas lents, en poussant des petits cris de désespoir. Une fois toutes les empreintes effacées, l’oie se retourna pour rassembler les daemons livides. Elle leur parla et, un par un, ils se métamorphosèrent en oiseaux, au prix d’un terrible effort, et tels des oisillons, ils suivirent le daemon de la sorcière, battant maladroitement des ailes, trébuchant, courant dans la neige, pour finalement réussir, non sans mal, à s’envoler. Ils formaient une ligne irrégulière, pâle et spectrale, sur le fond noir du ciel, gagnant peu à peu de la hauteur, malgré la faiblesse et la confusion de certains d’entre eux ; d’autres privés de volonté, chutèrent, mais la grande oie grise fit demi-tour pour aller les rechercher, en les prenant dans son bec, et les emmener en douceur, jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans le noir intense du ciel.

Autre extrait de « à la croisée des mondes » de P Pullman, découverte d’un univers extraordinaire.

L’appartement du boulevard était prêt à les accueillir

L’appartement du boulevard était prêt à les accueillir. Les domestiques les attendaient dans le vestibule.

L’appartement du boulevard était prêt à les accueillir

Ils étaient là, comme à la parade, les hommes en jaquette noire, les femmes en tablier de dentelle. La propriété vers laquelle ils se rendaient serait probablement tout aussi bien installée et le séjour de cure qu’elle ferait en montagne parfaitement organisé. Depuis son arrivée, elle allait de surprise en surprise. Elle avait l’impression d’être à l’intérieur d’un mécanisme bien huilé ; que tout avait été préparé d’avance par son mari, qu’elle n’avait plus rien à faire qu’à se laisser mener. Elle n’aimait pas rester passive. Elle aurait choisi plutôt un endroit à la mode et non le quartier des affaires. Quant aux meubles, ça sentait aussi son mari. Elle en était persuadée, il l’avait fait sans qu’elle le sût. Ça faisait bientôt dix ans qu’ils vivaient ensemble, et elle s’aperçut soudain qu’elle ne connaissait rien de lui. La veille, ils avaient invité à dîner un ami de jeunesse de son mari et son épouse. Elle aurait espéré que les deux hommes échangent des souvenirs. Pas du tout. Ça n’avait été qu’une conversation ennuyeuse sur l’avenir de l’aéroplane et les possibilités scientifiques du cinématographe. Elle avait bien tenté de bavarder avec l’épouse de l’autre, mais cette dame sèche prenait de haut son franc-parler, ne lui répondant que par des politesses guindées. Et elle s’était sentie de plus en plus maladroite…

Autre extrait de « L’homme de Porquerolles – chapitre Un rastaquouère à Paris » de William Luret. L’auteur nous fait découvrir, là, l’authentique odyssée de l’un des plus extraordinaires aventurier du siècle dernier.

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Le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin

… Le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin.

Le cheval le mena par un chemin tapissé d’aiguilles de pin

Le soleil jouait entre les branches, posant de loin en loin des nappes de lumières. Puis lentement, il escalada une colline couverte de buissons d’un vert profond aux reflets d’argent. Perchée tout là-haut, une baraque flanquée d’une tourelle blanche et d’un haut pylône : le sémaphore. De là on dominait toute l’île.

On devinait parfois derrière les pins quelques petites plages tendrement léchées par la mer. L’île s’inclinait en pente douce du coté du continent. Son extrémité est semblait vouloir s’accrocher à la presqu’île. A l’autre bout, au contraire, derrière la foret et précédée d’écueils tels des poissons pilotes, la pointe se gonflait de désir de partance, vers le couchant, vers le grand large. Étrange île ! Ses quatre plaines en friche appelaient, en une supplication muette, le soc de la charrue, le sabot du cheval et le chant des vendangeurs. Mais les crêtes qui les séparaient, s’opposaient, sentinelles de la nature, à la marche des hommes. Insaisissable île ! Sa côte tournée vers le continent, douce et paisible, parée parfois de palmiers, s’offrait sans coquetterie ni fausse pudeur à ceux qui venaient jusqu’à elle. Mais au sud, elle se dressait avec fierté, hérissant ses falaises grises aux calanques secrètes, bouclier contre la mer et ses morsures.

Il était venu là, en haut de la colline, pour admirer et contempler le paysage, l’œil vissé à sa longue vue. Il dégustait son île. Il la jaugeait. Il examinait les quatre plaines en jachère, les arbres tordus par le vent, étouffés par le maquis. Quatre plaines… ce n’étaient que des clairières, mais son œil les modelait déjà. Ici, il replanterait des forets. Là, dans les plaines, le travail dominerait la nature : des jardins, des champs, des vignes, des pâturages. Il inventait sa demeure. Ici, il la réussirait…

Extrait de « L’homme de Porquerolles – chapitre L’hacienda » de William Luret. L’auteur nous fait là, le portrait d’un entrepreneur fabuleux qui ne sacrifiera jamais son idéal et son rêve de paix.

Quelques luxes

J’apprécie les quelques luxes auxquels nous avons droit. On nous a donné des couvertures et des peaux de bison pour ne pas mourir de froid cette nuit.

Quelques luxes

Il y a un foyer pour le feu au centre de la tente et, juste à l’extérieur, une pile de petit bois et des bouses sèches de bovins qui tiennent lieu de combustible.
On a droit à une promenade quotidienne à la rivière où nous brisons la couche de glace et nous aspergeons d’eau glacée.
Nous avons également une outre, confectionnée à partir d’une panse de bison, pour rapporter de l’eau.
On nous apporte des lapins, des castors, des pièces de cerf, de wapiti, de bison, des racines comestibles et des fruits sauvages, des tranches de viande séchée, crue ou cuite, en petites quantités qui représentent notre nourriture de chaque jour.
Nous faisons cuire les racines et les fruits dans une casserole en fer-blanc qu’on nous a confiée, afin de les rendre plus tendres.
Nous préparons des sortes de ragoût.
J’ai grandi dans une ferme, au nord, et je sais ce que c’est de compter sur ses propres ressources, élever des animaux, jardiner, préparer des conserves en prévision des longs hivers.
Comme pratiquement tous les fermiers, mon père était chasseur et m’a montré comment dépecer un animal et cuisiner la viande. Je dois avouer que je suis incapable d’identifier certaines des choses qu’on nous apporte.
L’autre jour, j’ai du inventer une histoire et j’ai feint de reconnaître un animal des plaines, de ceux qui se cloîtrent dans leur terrier.
Nous n’avons pas tant de nourriture que ça et nous avons toujours faim, alors nous mangeons ce qu’il y a sans poser de questions, que cela soit agréable au goût ou pas.
Je me suis aperçu qu’on s’adapte avec une vitesse surprenante aux changements les plus contraignants et à toutes sortes de privations.
Nous essayons de garder les idées claires, de trouver des raisons de penser qu’un jour ou l’autre, nous serons libérées. Jusque là, nous pouvons au moins nous féliciter d’être toujours en vie, et c’est déjà encourageant.

Extrait du journal de Molly McGill écrit en hiver 1876, paru dans « La vengeance des mères » de Jim Fergus. Est-ce ce froid persistant qui me fait lire des livres de la sorte ? Est-ce les bombardements dans des pays voisins qui me chagrinent autant ? Est-ce le sort des exilés ?

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Recevoir un cadeau

« Mémé, que faut-il faire pour recevoir un cadeau pour Noël ? »

Recevoir un cadeau

– Eh bien, il faut écrire une lettre au Père Noël, pour lui faire ta demande…
– C’est tout ?
– Et je pense qu’il faut avoir été sage. Très sage et obéissant, et il faut le lui écrire aussi.
– Ah ! Tant pis alors… mais j’aurais bien aimé des patins à roulettes. Seulement…

Recevoir un cadeau

– Quel est ton problème ?
– Et bien, pendant que tu cousais j’ai piétiné sur les plates-bandes de Papilou et il s’est fâché, alors je suis rentré tout seul, et j’ai laissé des traces dans l’entrée avec mes chaussures crottées que je n’ai pas pu enlever…
– Oh ! Petit garnement, il faut que j’aille voir ça…
– Attends Mémé, c’est qu’après, j’ai eu l’envie de me préparer tout seul un chocolat chaud, mais la boite de cacao était trop lourde et elle tombée par terre
– Oh misère, il faut aller nettoyer…
– Pas tout de suite Mémé, j’ai pas fini…
– Quoi ?
– C’est une blague Mémé ! Je voulais te raconter une histoire qui te fasse peur. Et c’est réussi, non ?
– Peur ou colère, je ne sais pas. Mais viens que je t’embrasse, Petit Filou de mon cœur.
– Mémé, m’aideras-tu à écrire ma lettre sans faute?

Recevoir un cadeau
– Oui, bien sûr, donne-moi juste le temps de finir cette petite couture, et ensuite on se fera un bon chocolat chaud.

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Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage, à force de patauger dans l’eau glacée, l’ours brun s’est enrhumé. De retour dans sa grotte, il se met à éternuer.

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage
Une fois, deux fois, trois fois… Tant et tant de fois, qu’un rocher finit par se décrocher et boum ! vient bloquer l’entrée de sa grotte. L’ours pousse et pousse encore, mais rien à faire, le rocher ne bouge pas d’un poil.
– Au secours ! crie l’ours brun paniqué. Aidez-moi ! Je suis coincé dans ma grotte car un rocher est tombé et l’air va me manquer.
– Me voici ! dit une petite voix
– Qui donc ?
– Moi, la petite fourmi, je vais t’aider !
– Toi ? mais tu ne sauras jamais t’y prendre. Il faut aller chercher quelqu’un de plus gros et de plus fort. Fais vite, sans quoi, je serai bientôt mort !
– Ok, ok, ne t’inquiète pas, ours brun, je vais trouver un animal plus gros et plus fort.

Aussitôt la fourmi grimpe sur une branche et appelle à l’aide :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
– Pas de panique, me voici, clame le blaireau. Laisse-moi régler cette affaire.
Le blaireau tire, tire et grimace d’effort. De son côté, l’ours pousse et pousse encore, mais rien à faire le rocher ne veut pas bouger.
– Il nous faudrait quelqu’un d’autre et plus gros, bougonne le blaireau. Tout seul, je ne suis pas assez fort.

La fourmi grimpe à nouveau sur sa branche et appelle au secours :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
– Rassurez-vous, je suis là, dit une grosse voix, et à pas de velours, le loup rejoint le blaireau.
– A deux, cela ne devrait poser aucune difficulté, dit-il. Blaireau et Loup tirent de toutes leurs pattes. De son côté, l’ours pousse et pousse encore, mais rien à faire le rocher ne bouge pas d’un millimètre.
– A deux, nous ne sommes pas assez forts à deux, il nous faudrait quelqu’un d’autre et plus gros, avoue le loup.

La fourmi grimpe encore une fois sur sa branche et appelle au secours de toute sa voix :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
– Ne vous inquiétez pas, me voilà, dit un élan qui arrive à grandes enjambées.
– Vous allez voir, à trois, le rocher ne devrait pas résister. Blaireau, Loup et Élan s’essoufflent à tirer. De son côté, l’ours s’épuise à pousser, mais rien à faire le rocher ne veut toujours pas bouger.
– Nous ne sommes pas assez forts, il nous faudrait quelqu’un d’autre et plus gros pour venir à bout de ce rocher.

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage

La fourmi se précipite à nouveau sur sa branche d’arbre et hurle aussi fort que possible :
– Vite, vite, l’ours est coincé dans sa grotte, un rocher est tombé et l’air va lui manquer.
Son cri retentit dans toute la forêt et même au-delà jusqu’à la prairie et jusqu’aux oreilles d’un bison. Personne dans les environs n’est aussi fort et aussi puissant que lui. En quelques instants le voilà prêt à apporter son aide.
– Avec moi, le rocher va bouger, affirme-t-il, et l’ours sera bientôt délivré. Blaireau, Loup, Élan et Bison tirent, les muscles tendus et les mâchoires serrées. De son côté, l’ours pousse de ses pattes, de sa tête et de son nez, mais rien à faire le rocher reste bloquer.

Sur sa branche, la fourmi n’a plus de voix tant elle a crié. Que faire ? Que va devenir l’ours brun ? Ils essaient à nouveau tous ensemble, des fois et des fois… Le temps passe, le soleil descend, descend vers l’horizon… et bientôt, c’est la nuit. Le rocher n’a toujours pas bougé. Blaireau, Loup, Élan et Bison, épuisés, se sont endormis. Dans sa grotte, Ours brun s’est assoupi aussi. Mais la fourmi le sait bien, si le rocher reste là, l’air va lui manquer et l’ours va s’étouffer. Alors, elle s’élance dans la forêt pour trouver de l’aide. Elle y passera la nuit…

Au petit matin, le soleil à peine levé, chacun se réveille et … Surprise !
– Incroyable, s’exclame l’élan.
– Le rocher a bougé, s’écrie le loup.
– Qui donc a pu faire ça ? s’étonne le blaireau.
– Certainement pas l’ours, regardez, il dort encore, constate le bison.
– C’est moi, répond la fourmi, Moi et mes amies !

Et aussitôt on entend cent mille petites voix qui crient :
– Oui, c’est nous, c’est nous. Toute la nuit, nous avons œuvré et rassemblé nos efforts pour déséquilibrer le rocher et le faire basculer et rouler.
Sous ces cris, l’ours se réveille, heureux de voir le jour et de pouvoir respirer à pleins poumons. Il remercie ses nouveaux amis, gros et petits, ému de s’être trompé sur la force de chacun et émerveillé par tant d’entraide.
Blaireau, Loup, Élan et Bison, éberlués, restent bouche bée et les yeux ronds.

Un jour comme aujourd’hui par un ciel clair et sans nuage

 

Décidément, la tâche n’était pas pour eux, pourtant gros et forts. C’était un vrai travail de fourmis. C’est une histoire de Zemanel, que vous pouvez raconter aux tout-petits et un peu plus.

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Le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé

Il y a un problème sur ma ligne. Le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé, alors ses passagers ont investi mon train, il n’y a plus que quelques places debout.

Le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé

Heureusement, j’ai un siège, mais c’est côté couloir et non côté vitre, et des corps s’appuient contre mon épaule, mon genou, envahissant mon espace. Je réprime l’envie de les repousser, de me lever et de leur mettre un bon coup. La chaleur n’a cessé d’augmenter toute la journée, j’ai l’impression de respirer à travers un masque. Toutes les fenêtres sont ouvertes, et pourtant, alors même qu’on avance, pas le moindre courant d’air ne circule, cette voiture est une boite en métal hermétique. Je n’arrive pas à prendre suffisamment d’oxygène dans mes poumons. J’ai la nausée. Je n’arrête pas de me rejouer la scène de ce matin, quand je suis allée au café, je ne peux pas me débarrasser de l’impression d’être toujours là-bas, face à leurs visages. C’est la faute de Jess. Ce matin, j’étais tellement obsédée par Jess et Jason, par ce qu’elle avait fait et ce qu’il allait vivre, la confrontation qui surviendrait quand il découvrirait la vérité et que son monde, comme le mien, serait détruit. Je suis sortie du train à Londres et j’ai commencé à déambuler, confuse, sans me concentrer sur l’endroit où me menaient mes pas. Sans réfléchir, je suis rentrée dans la café où vont tous les employés de Huntington Whitely. J’avais passé la porte quand je les ai vus, et à ce moment-là il était trop tard pour faire demi-tour. Ils m’ont dévisagée, les yeux très légèrement écarquillés, avant de se rappeler de sourire poliment. Martin Miles, Sasha et Harriet, triumvirat de l’embarras, m’ont fait signe de m’approcher.

– Rachel ! s’est exclamé Martin en s’avançant pour m’étreindre.

Je ne m’y attendais pas et mes bras se sont retrouvés coincés bêtement entre nous deux, contre son corps. Sasha et Harriet ont souri et semblé hésiter avant de me faire la bise, de loin, sans même m’effleurer.

– Qu’est-ce que tu fais là ? a repris Martin.

Je suis restée muette un long moment. La tête baissée, j’ai senti le rouge qui me montait aux joues, puis j’ai compris que je ne faisais qu’empirer les choses, alors j’ai eu un petit rire qui sonnait faux et j’ai dit :

– Entretien. Un entretien.
– Oh ! a fait Martin sans parvenir à cacher sa surprise, tandis que Sasha et Harriet acquiesçaient en souriant. Avec qui ?

Je n’ai pas réussi à retrouver le nom d’une boite de relations publiques. Pas une seule. Ni d’une société immobilière. Sans compter qu’il m’aurait fallu en trouver une vaguement susceptible d’embaucher en ce moment. Je suis restée plantée là, à me frotter la lèvre inférieure du bout de l’index en secouant la tête et au final c’est Martin qui a repris :

– C’est top secret, c’est ça ? Il y a des boites comme ça, un peu bizarres, hein ? Elles ne veulent pas que tu parles de quoi que ce soit tant que rien n’est signé et que ce n’est pas encore officiel.

C’était des conneries et il le savait, il n’a dit ça que pour me sauver la mise et personne n’y a cru, mais tout le monde a joué le jeu en hochant la tête.

Le direct de 17h56 à destination de Stoke a été annulé

Extrait de « La fille du train » de Paula Hawkins, un livre que j’ai reçu en cadeau l’année dernière. Sur la quatrième de couverture, on lit: « mieux qu’un thriller exceptionnel, un piège paranoïaque et jubilatoire. Lisez-le, vous comprendrez pourquoi ». Oui, j’ai lu, sans pouvoir m’en détacher jusqu’à la dernière phrase. Ce livre a été adapté au cinéma par Steven Spielberg et sorti dans les salles il y a peu. Je l’ai relu cette semaine, et l’ambiance y est froide et mordante comme le temps, ici.

 

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