Délices de mon été

Délices de mon été

Délices de mon été

Aux premières lueurs du jour tous ont bien peu dormi et sont encore tout étourdis de cette folle nuit.

Blessés dans leurs cœurs et mal en point dans leurs têtes, les Minuscules se rendent à l’évidence qu’ils sont encerclés et otages d’ ESON et de ses Majuscules et il est clair qu’aucune sortie facile ne sera possible.

Couverts de boue et d’épines, l’imposant personnage et son armée de géants ne sont pas plus présentables que les petits toujours valides et forts en nombre.

Dans les ronces, les Minus restent tapis, respirent un peu et discutent avec ruse, car s’il y a conflit entre un gros et un petit qui sort vainqueur à votre avis ?

Et oui, un gros costaud, ça fait buz mais bravo à vous !

Fatalement, même si aucune évasion n’est réalisable ni à l’est, ni à l’ouest, pas plus au sud qu’au nord, ce monde des petits a hâte de retrouver sa tranquillité.

Gravement, le chef Tom-pouce s’avance et affirme d’une voix claire au clan adverse que lui et son peuple veulent défendre leurs droits à leur manière pour retrouver leur liberté sans contrainte.

Humblement mais rassuré, il s’avance encore un peu et confirme d’une voix forte que ça doit se faire de façon originale et régulière, puis énonce alors des arguments de poids, malgré sa petite taille, en suggérant d’appliquer les règles de grammaire et du dictionnaire entre eux dans l’écriture de messages sans faute et sans prétention.

Immédiatement, les géants bougent, car seules les phrases commencent pas une majuscule, et s’emportent alors zt bavardent fortement, bien trop sûrs d’eux quand leur chef hoche la tête pour approuver et engager l’autre à développer.

« Justement, voyez-vous, quand vous êtes côte à côte pour écrire les points cardinaux aux quatre coins du terrain, c’est une aberration car en fait ces mots s’écrivent en minuscules, et d’ailleurs le terme et mal choisi, car vous êtes dans ce cas-là des lettres capitales » ajoute-il, en faisant signe aux siens de pousser discrètement les adversaires pour prendre leur place.

Képi sur la tête, les grands placés aux frontières du territoire relèvent la tête et bombent le torse, comme s’ils étaient tous des enluminures, très belles certes mais encombrantes, et rient fort et ne réalisent pas que les petits les poussent au centre et prennent l’endroit.

Lents à se mouvoir, maladroits mais surtout trop fiers et soucieux de se faire voir, ESON et ses sbires cèdent petit à petit sans s’en apercevoir.

Maintenant conforté dans la réussite de son action, le chef des petits ose leur parler des accents et les oblige à les porter ou à se déplacer pour éviter les contre sens.

Néanmoins, pour les aider, il leur cite quelque exemple choisi qui fait rire l’assemblée.

Où étaient bien passés ces attributs qui ne leur servaient à rien d’habitude ?

Pourquoi cet intérêt soudain à ces choses envolées et égarées ?

Quelle importance y a-t-il tout à coup à montrer ces accents disparus ou tordus pendant leur pagaille nocturne ?

Réellement, les minuscules y tiennent, et c’est même un atout de taille.

« Si je demande d’écrire UN CHEF INDIGNE, continue Tom-pouce, comprenez bien qu’il pourrait y avoir erreur d’interprétation »

Toujours dans sa lancée, il donne des exemples et à chaque fois une lettre minuscule remplace une lettre capitale, alors que ce concile s’esclaffe.

Unanimement ils plaisantent et s’égayent, parce qu’ils se trompent et qu’ils dérapent et ils sont sales et restent parfois collés à terre.

Vifs et lestes à la répartie, les mignons gagnent des places et de l’espace alors que les gros glissent et tombent.

Warrantant leur territoire, le petit peuple a finalement gagné et retrouver leur liberté.

Xénophile, tout à coup, il se met à rire et à crier de joie :

« Youpi, regarde ESON, nous te laissons notre pays que tu convoites tant et partons sur le net et sa toile acheter tes pets (*) ».

« Zut, dit l’autre en se retournant vers les siens pour n’en voir que trois debout et valides prêts à écrire le mot FIN.

(*)  http

C’est Martine qui propose le thème de l’Agenda Ironique de ce mois d’aout, ici, alors parmi tous les loisirs et les délices de mon été en voilà un qui m’a bien plu et m’a beaucoup fait rire. Même si au début, je me suis sentie contrainte par cette règle de 26 phrases et des limitations de lettres. Joli défi!

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13 réflexions sur “Délices de mon été

  1. Joliment joué ! Excellent recours à la loi grammaticale, avec, en cerise sur le gâteau le rappel des accents… après ça, les majuscules ont du se sentir toutes petites 🙂
    Je ne sais pas encore comment je vais me sortir de ce piège là, moi….

    • Bien vu, oui, elles se sont rangées devant les minus, juste en début de phrase, pas plus, pour cette fois-ci 😉
      C’est vrai qu’en lisant la consigne, je ne voyais que le piège des « interdits »…
      et j’ai gambergé depuis…
      alors ce week end, je me suis remise à lire du Georges Perec…
      Il me tarde de lire ton texte!

      • Je devais faire drôle mine quand j’ai lu les consignes de Martine pour la toute première fois. Je gambergeais, oui, et me disais que sous le soleil d’été, je n’étais pas la seule à avoir les idées fondantes… Et c’est à ravir, chez tous. Ce fut consignable et productionable!

  2. Dis-donc ! C’est Epictètement concocté, j’en suis à la renverse tellement c’est géant minuscule. Brovas admiratifs de la performance.
    Je rame encore, pour ma part, mais je suis sur l’eau. C’est déjà ça.
    🙂

    • ça m’a découragée quand j’ai lu les consignes et règles éliminatoires (ça me faisait l’effet de la guillotine), pour un mois d’été ça n’avait pas l’air de vacances (surtout que je travaille tout l’été), un peu « chiadé » ce qu’elle demande, non?(ne dis rien à Martine)… et puis j’ai trouvé le corps de l’histoire, enfin l’introduction pour expliquer à celui qui arrive ici sans connaitre l’écriturbulente (je n’aimerais pas y confier mon panier à laine, elle aurait tôt fait de tout mélanger) et une suite de 26 phrases pour une fin et ne plus y revenir. Ce qui était bizarre c’est quà chaque fois, je ne trouvais que des mots avec la majuscule interdite pour la phrase. J’ai souffert pour les e, i et n. Mais j’en ris maintenant, c’est un très bon exercice. il me tarde de lire les textes…

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