Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile.

Je suis arrivée dans la cuisine à la vitesse d’une automobile

J’ai atterri sur la table. Juste à côté d’un accroche-cœur ambré. Ça m’avait l’air comestible. Et alléchant, en tout cas.
Je m’agenouillai et goûtai. C’était du jus d’abricot. Et délicieux en plus de ça ! J’aspirai et me délectai.
Je m’abreuvais, et ça me détendait. Je fermai les yeux un moment pour mieux apprécier.
Quand je les rouvris, quel fut mon étonnement d’apercevoir l’anamorphose de ma face ahurie sur le dos d’une cuillère.
Cette surprise fut de courte durée. J’aspirais encore, car la soif ne me quittait plus.
L’ambiance était calme dans cette maison, et je sentis soudain ma fatigue.
C’est que j’avais arpenté la campagne tout l’après-midi. J’avais viré de ci de là et zigzagué en tous sens.
J’aime ma vie en plein air. Je peux même ajouter que j’adore quand le vent promène mon arrière-train sur un itinéraire approximatif aux allures d’arabesques.
D’ordinaire, on dit affirmativement de moi que je suis une abeille active. Mais là, je suis toute azimutée. J’ai surtout le ventre bien plein. Et il va falloir repartir. Vite, il faut agir avant que quelqu’un ne rentre dans la pièce. Ouf! me voilà ressortie d’où j’étais venue: par la fenêtre.

Oui, je me suis prise pour une abeille gourmande le temps d’écrire ces phrases pour les Plumes 51 chez Asphodèle avec les mots qui étaient ici. Et un gros plan sur un sac à tissus en crazy et brodé de petites bêtes, de feuilles et de fleurs.