C’était un soir doux et triste

C’était un soir doux et triste comme un soir après l’orage où les nuages d’un gris laiteux éteignent toute espérance de soleil.

C'était un soir doux et triste

J’ai jeté un regard par la fenêtre, le vague à l’âme. Les feuilles semblaient pendre des arbres, toutes neuves pourtant mais comme endolories. Alors j’ai ouvert mes malles. Des malles où reposent mes pelotes. J’en touche une, je sais que c’est la seule de ce coloris-là. C’est un cadeau d’une de mes mignonnes quand elle était encore enfant. Le ciel insensiblement s’enfumait de tons sombres et exquis au fur et à mesure que la nuit tombait.

C'était un soir doux et triste

Les autres pelotes sont pour la plupart toutes uniques et orphelines. Des petits cadeaux de fête des mères, pour beaucoup. Je souris. Je vais faire de leurs petits présents un gilet bien chaud. Et ce mois-ci, ne dit-on pas « en avril ne te découvre pas d’un fil »? Ce sera un mariage de couleurs vives et de fils soyeux pour la fraicheur des jours de printemps et des soirs d’été sur un modèle original.

C'était un soir doux et triste

C’est une alternance de quatre rangs d’une pelote et deux ou trois mètres d’une autre, comme la vie sait le faire avec les jours ensoleillés qui suivent les jours de pluie. Commencement au milieu du dos, sans avoir trop bien mesuré et évalué les dimensions. Alors jai défait et recommencé, deux fois. Mon ouvrage est presque fini à cette heure.  Le soir s’annonce au blondissement de la lumière.

C'était un soir doux et triste

Par la fenêtre entrouverte, mon regard se porte vers la ligne invisible et mystérieuse où les nuages et les monts de l’horizon se confondent. Des corbeaux crient haut dans le ciel en direction des grands arbres. Je sens la caresse du vent infatigable ici. Le temps s’attarde. J’ai pris l’aiguille à coudre maintenant pour bâtir grossièrement le gilet et l’enfiler. L’effet est joli. Je le finirai de deux coutures le long des manches et des épaules, un tour de cou et quelques boutons sur le devant.

Un petit texte qui s’inscrit bien « Agenda ironique – En Avril, suivez le fil » de l’ami Dodo Carnets Paresseux.

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21 réflexions sur “C’était un soir doux et triste

  1. Pingback: Lire, relire et élire le fil d’avril (agenda ironique) | Carnets Paresseux

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