L’escargot et la chenille

L’escargot et la chenille

Un matin de printemps, juste après la rosée
Un escargot persan
Cheminait.
L’escargot, le cœur gros
Pensait à sa belle en querelle :
Escar-Paulette
Balançait.

D’un brin d’herbe à l’autre
Vers un champ d’épeautre
Escar-Paulette la coquette
Se défilait,
La fine mouche
Craignait l’escarmouche.
Elle voulait voir du pays.

L'escargot et la chenille

Une chenille, gentille fille
Vint à passer :
« Compère escargot tu sembles penaud !
— C’est Escar-Paulette qui part en goguette,
Elle m’a ce matin posé un lapin.
— Mon colimaçon,
Tu files un mauvais coton,
Chausse tes escarpins
Brille tes escarboucles
Prends-la par la main
Promets-lui l’Espagne…
Et tu gagnes ! »

C’est ainsi que l’on vit
Bras dessus, bras dessous
L’escargot et sa compagne
Battre la campagne :
« Allez donc mes mignons,
Je file mon cocon »
Dit la chenille gentille,
« Viens mon Escar-Paulette,
Viens mon Espagnolette »
Disait l’escargot
Sur le chemin de Saint-Jacques.

de Hermeline. Fraiche et tendre poésie pour le printemps qui revient, et pour la poésie du jeudi chez Asphodèle.

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