Le peintre et le cuisinier

Le peintre et le cuisinier pour la poésie du jeudi chez Asphodèle , c’est peut-être le froid qui revient qui m’a fait choisir ce poème.

Par un jour froid d’automne aux paysages de feu,
souhaitant se mettre au chaud et se détendre un peu,
un peintre d’aquarelle, l’estomac affamé,
entra dans une auberge, souhaitant se restaurer.

Dès le pas de la porte il reconnut l’ambiance
des endroits où le goût ne doit rien à la chance.
Le cadre, chaleureux, faisait du restaurant
un lieu de pur plaisir, de bien-être accueillant.

Alors qu’il prenait place, il remarqua aux murs,
placées avec talent, de très belles peintures.
Voulant de la cuisine tester la qualité,
par le menu du jour, il se laissa tenter.

Ce fut une explosion de goûts et de couleurs,
ravissant son palais et ses yeux amateurs.
Lors, il voulut connaître le gérant de ce lieu,
découvrir le talent qui rendait si heureux.

Se dirigeant vers lui, pour s’asseoir à sa table,
le cuisinier, souriant, avait un air affable.
En le félicitant pour ses plats délicieux,
notre homme l’interrogea sur l’aspect harmonieux :

« Vous inspireriez-vous des tableaux sur vos murs
pour présenter vos plats avec un goût si sûr ?
Et d’où viennent ces toiles qui décorent en douceur
et chaleur cet endroit, quel en est donc l’auteur ? »

Le peintre et le cuisinier

« Vous posez deux questions, elles n’ont qu’une seule réponse :
il m’arrive de croquer paysages ou mêmes ronces !
La nature fait parfois de si beaux assemblages
qu’elle se retrouve aussi aux plats que j’aménage ! »

« Ah, quel talent, Monsieur, pour pratiquer si bien
deux arts très différents quand je n’en connais qu’un ! »

« Mais, ne voyez point là, Monsieur, trop grand mystère
et je m’en vais vous dire le fin fond de l’affaire :
Dans peinture et cuisine, je ne vois que deux sœurs,
il faut juste des deux, savourer les couleurs ! »

d’après Thierry Boulier