Magie Noire

Magie Noire

Prises dans un tourbillon de pelotes orphelines, les mailles courent sur les aiguilles, se suivent et s’empilent, et voilà ce que ça donne pour le dos aux coins des épaules.

La nuit descend et toi tu prends ma main
Poupée vaudou à quoi tu joues ? A rien
Ça c’est toi qui le dis
Mais moi je te suis quand même
Au bout de la nuit et parce que je t’aime
Tu files et tresses comme une araignée
Des toiles de caresses ça peut se déchirer

Magie Noire

Ça c’est toi qui le dis
Mais moi je te suis quand même
Au bout de la nuit et parce que je t’aime
Je suis pris au piège dans ton manège
Ça tourbillonne comme dans un rêve
Minuit s’enroule noyé d’ivresse
De mes yeux coule un S.O.S.

Ta magie noire ah ah
C’est juste une ombre dans ton regard
Ta magie noire
Comme des aiguilles sur ma peau
Ou des caresses sur tes ailes
Tu vois bien que ça m’ensorcelle
Maintenant tu me serres comme un dessert c’est mieux
Et puis tu me manges comme une orange des yeux

Magie Noire

Ça c’est toi qui le dis
Mais moi je te suis quand même
Au bout de la nuit et parce que je t’aime
Y’a sur tes lèvres des maléfices qui brillent
Comme des prisons dorées
Des paillettes comme sur du pain d’épices
Qui fondent quand on peut y goûter

Ta magie noire ah ah
C’est juste une ombre dans ton regard
Ta magie noire
Comme des aiguilles sur ma peau
Ou des caresses sur tes ailes
Tu vois bien que ça m’ensorcelle

Chantée par Philippe Russo, pour répondre avec beaucoup d’humour à la poésie du jeudi chez Asphodèle et à AmeGraphique du  le petit carré jaune.

Chaussons verts et oranges

Chaussons verts et oranges

Il fallait que le lapin de Pâques ait des chaussons rudement chauds pour déposer ces si jolis œufs dans les coins du jardin, tous décorés et si différents pour notre grand plaisir. Ses chaussons ressemblaient peut-être à ceux-ci, du vert pour qu’on ne le repère pas dans l’herbe haute et du orange pour qu’il le retrouve si toutefois il en déchaussait un…

Chaussons verts et oranges

On commence le tricotage par la semelle :
Monter 48m.
R1 et R2 : tricoter au point mousse.
R3, R5, R7 et R9 : tricoter au point mousse, en augmentant 1m en début et en fin de rang et 2m en milieu de rang (+ 4m à chaque rang)
R4, R6, R8 et R10 : comme R1 et R2. On a 64m au total.

Pour le bourrelet de bordure de semelle :
Changer de couleur
R11 à R14 : tricoter en jersey.
Reprendre couleur1.
Relever les mailles du R10 sur envers du travail sur une aiguille annexe.
R15 : tricoter ens simultanément les mailles des 2 aiguilles pour former un ourlet.

Hauteur de pied :
Continuer en jersey sur 10rgs et tricoter 2rgs au point mousse.

Dessus de pied :
On le tricotera au point mousse et sur 12m.
Tricoter 26m puis * tricoter 12m en tricotant cette 12ème avec la suivante et retourner le travail* et reprendre de * à * 11 fois,
Puis terminer le rang.
Tricoter 2rgs au point mousse sur tour de cheville, puis 1rg de trou-trous et 1rg end.

Pour la tige ou jambe :
Continuer en jersey sur 10rgs, puis 10 autres rgs en jersey env.

Pour le revers de jambe :
Changer de couleur et tricoter 4rgs au point mousse.
*Reprendre la couleur1 et tricoter 4rgs jersey env, changer de couleur et tricoter 4rgs jersey env* et reprendre 1fois de * à *.
Reprendre la couleur1 et tricoter 3rgs mousse, puis arrêter toutes les mailles.

Chaussons verts et oranges

Tricoter un deuxième chausson. Fabriquer 2 petits cordons à passer dans le rang de trou-trous de chaque chausson.
Crocheter 4 petits ronds et les coudre à chaque extrémité des liens, Bébé pourra s’amuser sans retirer les cordons de ses chaussons.

Tiens, une goutte au coin de mon œil

Tiens, une goutte au coin de mon œil, le vent souffle et la pousse sur mon nez. Pleut-il ou est-ce une larme ? L’air est frais et je suis frigorifiée . Je sens une autre goutte couler sur ma joue. Je ne pleure, il pleut. Oh zut, il faisait si beau hier, et j’avais pensé étendre la lessive à l’extérieur. J’avais encore tant de choses à couper au jardin, juste pour profiter du dehors. J’avais repéré quelques pissenlits pour me faire une salade. Avec des œufs durs.

Tiens, une goutte au coin de mon œil

Il est temps de rentrer, j’ai les épaules trempées. La pluie s’est intensifiée et le vent souffle très fort. Les gouttes pleurent sur les vitres et je vois les jonquilles s’incliner jusqu’à terre pour embrasser le sol qui les nourrit. Mon tricot m’attend au coin du fauteuil. Il ne me reste plus beaucoup de rangs pour le terminer. Il est bien gonflé, il me semble. Je crois bien qu’il me regarde. Me reprocherait-il de lui avoir préféré le jardin ? Je ne le regarde pas plus. Mes yeux se posent sur mon livre dans mon sac béant. Lui aussi a un air de reproche. Plus que quelques pages, mais c’est toujours comme ça à la fin d’un livre. Je freine toujours ma lecture. D’ailleurs, comment se fait-il que mon sac soit ouvert ?

Je file dans la cuisine. Faute de pissenlits aujourd’hui, je ferai une entrée de carottes râpées, ou de betteraves rouges. Avec des œufs durs, ça mettra des couleurs dans mon assiette. Mayonnaise ou vinaigrette ? Un peu trop d’œufs, non? Surtout que j’ai une très forte envie de faire un gâteau. Tiens, et pourquoi pas un cake aux carottes ? Je mettrai les carottes râpées dans le dessert. Et pour le repas, j’ai préparé un navarin d’agneau au gingembre et oignons avec un riz cantonnais.

On a changé d’heure. Il est bientôt midi et je n’ai pas faim malgré tout ce que j’ai préparé. Je vais aller la chercher à la gare dans une heure. J’ai posé un petit paquet d’œufs en chocolat au coin de son assiette et j’ai plié les serviettes en silhouette de lapin. Juste pour la voir sourire.

Tiens, une goutte au coin de mon œil

Elle me parlera de ce qu’elle aura vu et vécu, elle me montrera ces nouvelles photos. Je lui montrerai ce que j’ai rangé ou découpé, de ceux que j’ai rencontré sur le livre de ma soirée. Elle aura son sourire moqueur sur mes rencontres de la nuit. On trinquera sur un sirop à la châtaigne, ou une bière peut-être, enfin, comme elle le voudra. Elle croisera les bras pour entendre la suite. Et puis on parlera de ceux-ci, de ceux-là tout au long du repas. On rira, car le soleil reviendra.

Voudrais-tu que je sois

Voudrais-tu que je sois
Un lacet de chausson,
une fine bretelle,
un joli pompon,
Des gants de dentelle
Ou un foulard de soie…

Aimerais-tu que je sois

Un battement de cil
Un souffle délicat
Une caresse subtile
Pour un doux émoi
Un sourire fragile
Un frou-frou parfumé
Une voix
La chemise que j’enfile,
Ou que j’enlèverai ?
Dis-le moi.

L’escargot et la chenille

L’escargot et la chenille

Un matin de printemps, juste après la rosée
Un escargot persan
Cheminait.
L’escargot, le cœur gros
Pensait à sa belle en querelle :
Escar-Paulette
Balançait.

D’un brin d’herbe à l’autre
Vers un champ d’épeautre
Escar-Paulette la coquette
Se défilait,
La fine mouche
Craignait l’escarmouche.
Elle voulait voir du pays.

L'escargot et la chenille

Une chenille, gentille fille
Vint à passer :
« Compère escargot tu sembles penaud !
— C’est Escar-Paulette qui part en goguette,
Elle m’a ce matin posé un lapin.
— Mon colimaçon,
Tu files un mauvais coton,
Chausse tes escarpins
Brille tes escarboucles
Prends-la par la main
Promets-lui l’Espagne…
Et tu gagnes ! »

C’est ainsi que l’on vit
Bras dessus, bras dessous
L’escargot et sa compagne
Battre la campagne :
« Allez donc mes mignons,
Je file mon cocon »
Dit la chenille gentille,
« Viens mon Escar-Paulette,
Viens mon Espagnolette »
Disait l’escargot
Sur le chemin de Saint-Jacques.

de Hermeline. Fraiche et tendre poésie pour le printemps qui revient, et pour la poésie du jeudi chez Asphodèle.

Je suis née un mardi

En mars, je suis née un mardi comme cette année.

Je suis née un mardi

Maman douceur m’admirait. Papa chanteur répétait « Ma petite vedette, la célébrité toi, tu auras, car la voix de diva tu l’as déjà » en s’étendant pour accrocher une belle étoile lumineuse au mur du local.
Ni chacal, ni paparazzi ce jour-là, ni de film de tout ça, ou alors, tout est parti en fumée, car je n’en a jamais rien vu.
J’étais sortie du bocal et arrivée nue sans fortune et sans prétention, mais très vite comme une météorite pour une fameuse réputation.
Serrée dans les bras de ma fée encore fragilisée, je m’étais réchauffée de sa chaleur et reposais allongée comme sous un gros projecteur.
Elle m’avait vêtue de fanfreluches et posée dans mon lit, entourée de peluches et barricadée aussi.
Éblouie par son petit talent, elle avait tout oublié maintenant et dormait auprès de lui, enfin de moi.

Avec les mots et pour les Plumes 50 chez Asphodèle, c’est ma participation pour ce mois de mars.

Tricotage

Tricotage

Tricotage

Maille à l’endroit, maille à l’envers,
J’ai tricoté un pull-over
Pour le puma et la panthère,
Frais en été, chaud en hiver.

J’ai tricoté un cache-nez
Pour l’épervier et le coucou,
M’ont fait un baiser dans le cou
Et un second au bout du nez.

J’ai tricoté deux bonnets verts,
Un pour mon chien, un pour mon chat.
« Je n’en veux pas, tu le mettras »
M’a dit mon chat, c’est un ingrat.

Pour le boa et pour l’orvet,
Comme ils avaient ce qu’il fallait
Je n’ai rien tricoté du tout,
Ni à l’endroit, ni à l’envers.

de Camille Vinassac. Un poème qui illustre bien la jacket surprise que j’ai commencée. A partir du milieu du dos sous les bras, j’ai tricoté les devants en même temps, puis j’ai repris les mailles du départ au milieu du dos en sens envers en tricotant les manches en même temps cette fois-ci. Où me mènera cette surprise ?