Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette.
Elle vit l’insecte s’étirer de sa larve à demi-prisonnier,
Et dans l’instable circonstance, à une herbe, s’agripper.
Elle l’observa puis salua cette fée vrillée d’un signe de tête.

Dans un délire évanescent de liberté,
Une libellule un peu froissée était née.
Encore nouée, elle hésitait entre voler et respirer.
Elle admirait
Ses ailes dépliées et irisées
Elle ignorait
Les bovins qui pacageaient
Et remarqua deux yeux tout près
Qui la lorgnaient.

Avec enthousiasme, ce fut l’oiseau qui lui parla
D’errance et de bohème. Il en causait comme un paria,
Il débitait et promettait
De baguenauder.

Un vent léger se mit à souffler,
Le temps était à la flânerie et au vagabondage,
Ils montèrent en vol céleste entre prairies et blancs nuages,
Mais cette rencontre ne put durer,
Gironde était l’une, trop belle était l’autre
Et c’est la faim de l’une qui fit la fin de l’autre.

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Avec les mots et pour les Plumes chez Asphodèle, c’est ma participation pour ce mois-ci. C’est « la colombe et la fourmi » de Jean de la Fontaine qui m’a inspiré aujourd’hui, avec un clin d’œil au thème du mois pour AmeGraphique chez le petit carré jaune.

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46 réflexions sur “Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

  1. Pingback: Plumes vagabondes – Écri'turbulente, c'est en écrivant qu'on devient écrevisse.

  2. Les histoires d’amour finissent mal en général – enfin, du moins, pour un des deux protagonistes. Ne jamais aller se promener avec un(e) inconnu(e) !

  3. Pingback: LES PLUMES 49 – LES TEXTES DES PLUMES VAGABONDES ! | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

  4. Ca, je l’aurais juré que ça allait mal finir, ton histoire, Patchcath 😉
    Mais c’est bien cousu, que dis-je, brodé, que dis-je écrit 😆
    Belle semaine et gros bisous

  5. Le premier vers est un alexandrin parfait
    Et le dernier une chute très bien trouvée
    Entre les deux, un texte bucolique à souhait.
    ¸¸.•*¨*• ☆

    • Pourtant la gironde lui a fait découvrir le monde, mais elle ne connaissait rien à la vie, cette libellule, et elle n’a pas choisie la bonne copine. Il ne faut pas s’aventurer avec n’importe qui! 😉

  6. Oh! quel doux poème bucolique et printanier, hélas qu’elle est triste la fin quand la faim est au rendez-vous d’une gironde et d’une petite libellule. Très beau poème patchcath

  7. Rhhhôôô tu as osé ! Faire grossir la gironde affamée dans un craquant jeu de mots de la fin ! Bien menée, cette balade le long du ruisseau clair. En finir faute de mots voilà un argument inattaquable.
    Bon dimanche de ma part aussi.
    Bises

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