Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette.
Elle vit l’insecte s’étirer de sa larve à demi-prisonnier,
Et dans l’instable circonstance, à une herbe, s’agripper.
Elle l’observa puis salua cette fée vrillée d’un signe de tête.

Dans un délire évanescent de liberté,
Une libellule un peu froissée était née.
Encore nouée, elle hésitait entre voler et respirer.
Elle admirait
Ses ailes dépliées et irisées
Elle ignorait
Les bovins qui pacageaient
Et remarqua deux yeux tout près
Qui la lorgnaient.

Avec enthousiasme, ce fut l’oiseau qui lui parla
D’errance et de bohème. Il en causait comme un paria,
Il débitait et promettait
De baguenauder.

Un vent léger se mit à souffler,
Le temps était à la flânerie et au vagabondage,
Ils montèrent en vol céleste entre prairies et blancs nuages,
Mais cette rencontre ne put durer,
Gironde était l’une, trop belle était l’autre
Et c’est la faim de l’une qui fit la fin de l’autre.

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Avec les mots et pour les Plumes chez Asphodèle, c’est ma participation pour ce mois-ci. C’est « la colombe et la fourmi » de Jean de la Fontaine qui m’a inspiré aujourd’hui, avec un clin d’œil au thème du mois pour AmeGraphique chez le petit carré jaune.