Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette.
Elle vit l’insecte s’étirer de sa larve à demi-prisonnier,
Et dans l’instable circonstance, à une herbe, s’agripper.
Elle l’observa puis salua cette fée vrillée d’un signe de tête.

Dans un délire évanescent de liberté,
Une libellule un peu froissée était née.
Encore nouée, elle hésitait entre voler et respirer.
Elle admirait
Ses ailes dépliées et irisées
Elle ignorait
Les bovins qui pacageaient
Et remarqua deux yeux tout près
Qui la lorgnaient.

Avec enthousiasme, ce fut l’oiseau qui lui parla
D’errance et de bohème. Il en causait comme un paria,
Il débitait et promettait
De baguenauder.

Un vent léger se mit à souffler,
Le temps était à la flânerie et au vagabondage,
Ils montèrent en vol céleste entre prairies et blancs nuages,
Mais cette rencontre ne put durer,
Gironde était l’une, trop belle était l’autre
Et c’est la faim de l’une qui fit la fin de l’autre.

Le long d’un clair ruisseau buvait une alouette

Avec les mots et pour les Plumes chez Asphodèle, c’est ma participation pour ce mois-ci. C’est « la colombe et la fourmi » de Jean de la Fontaine qui m’a inspiré aujourd’hui, avec un clin d’œil au thème du mois pour AmeGraphique chez le petit carré jaune.

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Dialogue avec le Sphinx

La fée vrillée va bientôt nous quitter et je dois un dialogue avec le Sphinx. Cette pauvre bête m’accompagne dans tous les mouvements que je fais et je n’en suis pas toujours consciente. J’étais trempée quand je suis rentrée ce soir, je rouspétais tout haut quand j’ai senti sa présence.
– Ah tu es là toi, et depuis quand ?
– Je suis rentré comme toi, pourquoi ?
– J’ai vu ta maison aujourd’hui.
– J’en ai plusieurs, tu sais. Où es-tu allée ?
– Je te propose une devinette et tu sauras dans quelle ville je suis passée.
– D’accord, mais énonce ta question en trois parties, comme les parties de mon corps.
– On y trouve quelque chose de blanc comme tes ailes, cette chose a la douceur de ton visage, mais elle demande parfois des dents de fauve. As-tu une réponse ?
– Je peux te répondre avec une charade, le veux-tu ?
– J’aime le jeu et tu le sais, vas-y et je te montrerai la photo que j’ai faite
– Mon premier est le contraire de descendre, il fait bon s’allonger sur mon deuxième et les canards se plaisent dans mon troisième.
– Tiens, regarde ! quand j’ai vu ça, j’étais contente d’avoir mon téléphone à portée de main. La reconnais-tu ?
– Oui, me dit-elle, bien sûr, elle a un peu vieilli comme mon poil chenu. Et toi, je vois que tu restes dans le blanc, encore ce mois-ci !

Dialogue avec le Sphinx

C’est juste pour répondre au dialogue avec le Sphinx pour l’Agenda ironique de février, et les autres textes sont listés ici.

 

Je t’offrirai

Je t’offrirai la pluie dans les plus grands déserts,
T’offrirai le soleil au milieu de la nuit,
T’offrirai le silence et ses plus grands concerts,
T’offrirai l’horizon qui au lointain s’enfuit.

Je t’offrirai des fleurs aux parfums inconnus,
Je t’offrirai le froid au milieu des volcans,
T’offrirai la chaleur quand l’hiver est venu,
T’offrirai des poèmes, t’offrirai des romans.

Je t’offrirai la mer au beau milieu du ciel,
T’offrirai l’océan au dessus des étoiles,
T’offrirai un baiser au petit goût de miel
Et l’oiseau qui s’envole pour terminer la toile.

Je t’offrirai le monde et bien plus grand encore,
T’offrirai l’univers au-delà du néant,
Si ce n’est pas assez je t’offrirai de l’or,
Et t’offrirai mon cœur, mon amour est dedans.

Je t’offrirai

de Alain Verdure. Un poème pour ce mois de février que j’aurais bien aimer écrire.
Un poème d’amour infini.
Ce poème pour la poésie du jeudi chez Asphodèle

In Memoriam pour la poésie du jeudi

In Memoriam pour la poésie du jeudi chez Asphodèle

In Memoriam pour la poésie du jeudi

Il s’appelait
Mohammed Sceab

Descendant
d’émirs de nomades
décéda
parce qu’il n’avait plus
de Patrie

Il aima la France
et il changea de prénom

Il fut Marcel
mais n’était pas français
il ne savait plus
vivre
dans la tente des siens
où l’on écoute la cantilène
du Coran
en savourant un café

Et il ne savait pas
délier
le chant
de son abandon

Je l’ai accompagné
avec la maîtresse de l’hôtel
où nous habitions
à Paris
du numéro 5 de la rue des Carmes
allée flétrie et en pente

Il repose
au cimetière d’Ivry
faubourg qui ressemble
toujours
en un jour
à une
foire décomposée

Et peut-être moi seul
sais encore
qu’il a vécu

Traduit d’un poème en italien qu’avait écrit le 30 septembre 1916, Giuseppe Ungaretti, quatre après la mort de l’ami égyptien, qui l’avait accompagné dans son déménagement d’Alexandrie à Paris, en 1912. Ce sont sûrement les actualités de la semaine qui m’ont fait choisir cette jolie page d’écriture, In Memoriam pour la poésie du jeudi chez Asphodèle