Humeur taquine dans un silence blanc

Un peu tard lundi soir, d’humeur taquine dans un silence blanc, j’ai soulevé les plumes et ramassé les mots. J’ai vu la liste des retenus et l’ai copiée. Mais pas retenue le lendemain matin et j’ai relu. Entre les mots, j’ai peint des idées avec ma plume en petites touches sur mon clavier.

Toujours d’humeur et jamais bonne, ou pas souvent, ce jour là encore, la gentillesse n’avait pas été sa principale motivation. Elle avait été prise, enfin, la main dans le sac, ou plutôt une barre de fer à la main debout sur l’almanach jeté au sol. Elle sera coupable cette fois-ci. Mais pourquoi tenait-elle une serpillère dans l’autre main ? Ces visites dans les maisons, elle les faisait de nuit lors de ses insomnies, entrait sans passe-partout évidemment, et y menait une folle farandole. On l’aurait cru dilettante, son visage éclairci d’un sourire de plaisir. Elle chantonnait une poésie qu’elle émiettait mélancolique, quand ils sont venus la chercher. Avait-elle conscience de la tempête qu’elle avait créée ? ou était-ce la chaleur et l’agacement de l’instant qui la firent respirer en secousses minuscules et syncopées ?…

Mais comme elle n’aime pas jeter les mots à la poubelle, et moi non plus dans la corbeille, j’ai lu l’autre liste, celle des mots non-retenus, ou écartés comme elle l’écrit. Alors je les ai bien écartés avec des blancs, et des espaces pour faire de la place, et l’ai comblée pour vous combler, et tout poster ce matin.

Dès l’aube, elle était d’humeur à l’inspiration. Contente de pouvoir agir en toute liberté et adepte de la procrastination, elle allait flâner dans son pyjama et faire le pingouin. Pour se détendre elle leva les bras et pandicula. De bonne heure et de bonne humeur, elle s’installa face à la fenêtre pour admirer le manège olympien des oiseaux du matin. Leur va et vient en fantaisie lui fit prendre conscience de son bonheur passé. Des images défilèrent en majuscules dans sa tête,  et lui firent battre le cœur. Elle voyait très nettement le diaporama de leurs sorties pédestres en famille et un air de mélancolie s’afficha sur son visage. Son regard se portait sur ce qui lui restait: la wassingue à essorer et le linge à laver.

C’était mon humeur taquine dans un silence blanc pour les 48 Plumes et l’humeur chez Asphodèle, sinon tu meurs sous les coups de règle!  Ben, je m’y suis mis avec bonheur et aucune peur.

Les autres participants sont là: Asphodèle, Marina Chili (ex VDM), Nunzi, Ghislaine, Thiébault de Saint-Amand, Soène, Mind The Gap, Carnets Paresseux, Martine, La plume et la Page, Célestine, Valentyne, Claudialucia, BrizeMarie-Jo64, Domicano, EmilieBerd, Monesille, Nadège, Modrone-Eeguab , Cériat , LilouSoleil, MerquinJacouDimDamDom

Et les participants à l’Agenda Ironique du mois blanc sont ici.

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51 réflexions sur “Humeur taquine dans un silence blanc

  1. Et le ruban des mots se dévide tranquillement, tricoté en blanches mailles; le corps prend forme, texte maillé à l’endroit; et un envers sans laisser tomber aucune maille. 🙂

  2. je ne me rappelle plus (je ne sais même pas si j’avais compris ou lu un règlement quelconque sur cet agenda 😀 ) de ce qu’il faut faire ! Il doit bien y avoir un truc bidule qui l’explique à celle qui comme moi arrive comme un cheveu sur la soupe ! 😀 Help me ! 😉

      • je note. Tout en préparant ma valise car nous partons skier 5 jours en Espagne, dès dimanche soir. J’emporte l’ordi mais ne sais pas si j’aurai beaucoup de temps pour regarder attentivement ! Déjà que cela m’est difficile quand je ne fais pas autre chose 😀 Je regarde vite fait avant d’aller (aussi ! 😀 ) porter les galettes de rois faites par mon mari, au club de tennis. Ce n’est pas parce que je me suis mise « au vert », par force, que je ne peux pas aller participer aux agapes joyeuses de ce jour. Bisous

  3. ah je regrette de n’avoir même pas lu les mots « rejetés », tu en fais de si belles phrases ! Juste un petit coup d’oeil sur eux mais je les ai reconnus chez toi. Et la photo d’un bel ouvrage. Bisous Patchcath

  4. zut mon commentaire a disparu !
    Je disais donc, plaisir des mots joint à celui du tricot, je vois que tu t’affaires aussi bien d’un côté que de l’autre. Les mots coulent tout seul sans anicroche, pas d’épine qui dépasse, joli prouesse ; j’aurais tendance à préférer le premier, mais vive le recyclage !-)

  5. Tu es une artistes et tu nous tricotes des mots de bonne ou mauvaise humeur avec une aisance déconcertante ! Bravo pour les deux textes, moi non plus je n’aime pas jeter les mots d’où cette seconde liste facultative ! Et qui a plus à certains ! 😉
    Je vois que tu es dans le blanc à fond les ballons (de blanc 😉 ) ! et ça te va plutôt bien ! Moi aussi j’adore ce tricot-tissu, j’aimerais bien voir le rendu final ! 😉
    Dans un autre domaine, Je voulais te demander, fais-tu des petites brassières brodées aux initiales du prénom du bébé ? Je risque d’avoir besoin de toi le mois prochain, je pourrais te demander maintenant mais étant superstitieuse, je préfère attendre que cette petite fille ait pointé son museau ! 😉 Si tu pouvais m’envoyer des modèles (par mail) quand je dit brassières, ça peut être un gilet … et bien sûr les magnifiques chaussons hollandais assortis (qui plaisent tant) ! 😀 Petite fée aux mains d’or ! ^-^Gros bisous et bon dimanche (on fait la paix, je n’ai pas envie de m’énerver aujourd’hui, la règle est rangée dans le tiroir : :lol:)

    • Merci Aspho. Non je n’ai pas encore fait de brassière aux initiales du bébé. Je t’envoie des modèles. Je plaisante avec ta règle, et là, les textes sont nombreux et originaux plus beaux les uns que les autres. J’aime bien ce RV

  6. Hello Patchcath
    Un travail de patience pour tes textes, les mots et tes rubans 😉
    Si j’ai bien tout compris, ce n’est pas de la laine mais des bandes de tissus que tu as préalablement découpées ?
    J’adore ce tricot, vraiment.
    Bon dimanche au coin du feu et gros bisous

  7. Je viens de finir un petit manteau pour ma chichi de 1 kilo à peine !
    J’aurai aimé ta pelote tiens !!
    Fichtre, tu as les 2 toi aussi, quelle feignasse je fais !! lol

    • Merci Gigi, les mots que notre Aspho avait écartés me plaisaient mieux, alors…
      et avec une plume par mois, on ne risque pas d’avoir un bel oreiller en fin d’année !-)

    • J’étais imprégnée des mots, sans doute, et j’ai confondu mes aiguilles et mes plumes…
      une maille à l’endroit, une maille à l’envers…
      et toujours blanc, as-tu vu? 😉

  8. Pingback: Agrypnie en mer océane – Écri'turbulente, c'est en écrivant qu'on devient écrevisse.

    • Tu as l’air déçue, mais ne t’en fais pas, ce n’était pas demandé par Asphodèle… et d’ailleurs je vais lui casser sa règle, n’aies pas peur. Avec tout mon sourire, je vais prendre mon temps pour lire les textes, et bien en profiter, c’est tellement beau et original à chaque fois.

      • Hu hu Patch !!! Mais…mais y aurait-il de la rébellion dans l’air ? Tu joues à la super-héroïne comme celle de ton premier texte ? Comment ça casser mes règles ? Elles sont in-cas-sa-bles d’abord !!! Et attention, je sens outrage à agent là, je vais faire pleuvoir des amendes plutôt que de donner des petites tapettes indolores ! 😆 Ça sent la punition , hi hi ! 😀

      • Et voilà, je savais. J’ai parié et j’ai gagné. J’ai pensé à ta règle en écrivant « barre de fer », je me posais d’ailleurs la question, elle est en « bois flotté » ta règle, ma poule? Oh j’abuse 😉
        Je me suis régalée de ces mots. Merci Asphodèle. Et quels beaux textes que les autres ont pondus!

      • Non Patch, j’en ai deux ou trois en plastiques et une en bois (pas flotté hein) mais que des double-décimètres, avec ça…je ne vais pas faire de mal à quiconque ! Oui les textes étaient chouettes, je me suis régalée moi aussi ! Bisous 🙂

      • Rien ne sert d’attendre, j’ai confié la poursuite de cet Agenda Ironique de février 2016, au vu des résultats du sondage et de sa proposition. 😉

    • Merci Albine, tes mots ici sont bien doux aussi. Je tricote des « rubans » que j’ai découpés dans des T-shirts, ces temps-ci, et ça me plait bien pour faire des tapis, par ex.

  9. Y pas que les plumes m’aperçois-je ici. Y a aussi l’agenda ironique plus blanc que blanc ! Bravo à cette jolie écriture taquine que je découvre comme un nid douillet en ce samedi matin pas si endormi que ça sous la première neige de janvier…

  10. Pingback: LES PLUMES 48 – LES TEXTES DE JANVIER 2016, selon l’humeur du jour… | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

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