Lorsque les bergers s’en furent allés

« Lorsque les bergers s’en furent allés, l’enfant de la crèche leva sa tête et regarda vers la porte. Un jeune garçon timide se tenait là…

– Approche, j’aimerais tant que tu me fasses un cadeau, dit le nouveau-né. As-tu peur ?
– Je n’ai rien à te donner, répondit le garçon.
Il rougit.
– Je n’ai vraiment rien… rien ne m’appartient ; si j’avais quelque chose, je te l’offrirais… regarde.
Et en fouillant dans les poches de son pantalon rapiécé, il retira une vieille lame de couteau rouillée qu’il avait trouvée.
– C’est tout ce que j’ai, si tu la veux, je te la donne.
– Non, rétorqua l’enfant de la crèche, garde-la. Je voudrais tout autre chose de toi. J’aimerais que tu me fasses trois cadeaux.
– Je veux bien, dit l’enfant, mais que puis-je pour toi ?
– Offre-moi le dernier de tes dessins.
Le garçon, tout embarrassé, rougit. Il s’approcha de la crèche et, pour empêcher Marie et Joseph de l’entendre, il chuchota dans l’oreille de l’enfant de la crèche :
– Je ne peux pas… mon dessin est trop moche… personne ne veut le regarder !
– Justement, dit l’enfant dans la crèche, c’est pour cela que je le veux… Tu dois toujours m’offrir ce que les autres rejettent et ce qui ne leur plaît pas en toi. Ensuite, poursuivit le nouveau-né, qu’as-tu eu à manger? pourrais-tu partager ton repas?
– Je n’ai plus rien, j’ai cassée mon assiette ce matin ! bégaya le garçon.
– C’est pour cela que je la veux… Tu dois toujours m’offrir ce qui est brisé dans ta vie, je peux le recoller… Et maintenant, insista l’enfant de la crèche, répète-moi ce que tu as dit à tes parents quand ton assiette fut cassée.
Le visage du garçon s’assombrit, il baissa la tête honteusement et, tristement, il murmura :
– Je leur ai menti… J’ai dit que l’assiette m’avait glissé des mains; mais ce n’était pas vrai… J’étais en colère et j’ai poussé furieusement mon assiette de la table, et elle s’est brisée sur le carrelage !
– C’est ce que je voulais t’entendre dire ! dit l’enfant de la crèche. Donne-moi toujours ce qu’il y a de méchant dans ta vie, tes mensonges, tes calomnies, tes lâchetés et tes cruautés. Je peux t’en décharger… Tu n’en as pas besoin… Je veux te rendre heureux et sache que je te pardonnerai toujours tes fautes.
Et en l’embrassant pour le remercier de ces trois cadeaux, L’enfant de la crèche ajouta :
– Maintenant que tu connais le chemin de mon Cœur, j’aimerais tant que tu ne m’oublies pas. »

Lorsque les bergers s'en furent allés
Un conte après Noël pour le challenge de #3xNoël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et Samarian.

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